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Full text of "Bibliographie anecdotique du jeu des échecs par Jean Gay"

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BIBLIOGRAPHIE ANECDOTIQUE 

DO 

JEU DES ÉCHECS 



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Édition tirée d 260 exemplaires. 



N» 




farif. — Imprimerie de Pillet fils aîné, 5, roe des RraDds>AngustiDs. 

« 



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BIBLIOGRAPHIE ANECDOTIQUE 



DU 

JEU DES ÉCHECS 



PAR 



JEAN GAY 




CHEZ JULES GAY, ÉDITEUR 

QUAI DES ADGUSTINS, 41 



1864 



« 






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BIBLIOGMPHIE ANECDOTIQUE 



DU JEU DES ÉCHECS 



AFRIQUE 



FjEon (Jean), né à Grenade, et qui se retira en Afrique 
après la prise de cette ville en 1 492, dans son ouvrage 
Africæ Descriptio, Lib. III, nous dit qu’en Afrique, où 
l’on vit beaucoup enfermé pendant les grandes cha- 
leurs, on joue fréquemment aux échecs. 

Dans la traduction française faite par Jean Tem- 
poral, Lyon, 1556, in-fol., et dans celle publiée à 
Anvers, la même année, par Plantin, on trouve les 
passages suivants : 

« A quels jeus s’adonnent les citoyens de Fez ? 

R Cens qui, entre la modestie et civilité, ont prins 

1 



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i AFRIQUE. 

lifiu, ne s’exercent à autre maniéré de jeu qu’aus 
escliez, imifans en cela la coutume qui leur a été dé- 
laissée par leurs ayeuls d’ancienneté, etc. » 

M. Henri Sait, secrétaire de lord Valentia, fut chargé 
d’aller en Abyssinie, afin d’acquérir des lumières sur 
un pays qui, pendant le cours du siècle dernier, n’a- 
vait été visité que par Bruce. 

M. Sait fut très-bien accueilli par le Ras, ministre 
tout puissant de ce pays, et, à la suite d’un copieux 
repas, il fut témoin d’une partie d’échecs jouée à l’an- 
cienne manière, telle que nous 1 avons reçue des orien- 
taux. 



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ALLEMAGNE 



Anecdotes historiques. 



Hyde, de Ludis orient., raconte que les marchands 
qui se rendaient aux foires d’Allemagne, lorsqu’ils 
étaient pressés par leurs aflaires et n’avaient pas le 
temps de finir la partie, la remettaient à la foire sui- 
vante ; alors on appelait un notaire qui prenait acte 
delà situation respective des pièces de l’échiqnier. 

Un duc de Brunswick donna à une ville de ses états 
le nom de Schachstadt ou Ville des échecs, et lui accorda 
en même temps certains privilèges, à condition que 
chaque chef de famille serait tenu d’avoir chez lui un 
échiquier, pour défier à ce jeu tout étranger qui vien- 
drait. 

P. Mallet, dans son Traité du jeu de Dames, p. 272-74,. 



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ALLEMAGNE. 



■» 

4 

raconte cette histoire et donne à la ville le nom de 
Volfpergan. 

Stroebeck. — Au commencement du xi® siècle, le 
comte de Gungelin fut envoyé prisonnier par ordre de 
Henri II, d’Allemagne, à l’évêque de Stroebeck, avec 
ordre de le garder trôs-éiroitement. Le comte fut en- 
fermé dans une vieille tour qu’on voit encore aujour- 
d’hui. Pour adoucir sa captivité, Gungelin, qui aimait 
passionnément les échecs, se construisit un échiquier 
et toutes les pièces nécessaires. D’abord il joua tout 
seul; puis, il s’avisa d’apprendre ce jeu aux paysans 
qui gardaient alternativement la porte de son cachot. 
Les paysans, dans leurs familles, enseignèrent ce jeu à 
leurs femmes et à leurs enfants. Bientôt le goût en 
devint une passion, un besoin dans Stroebeck; il se 
mêla à toutes les habitudes de la vie, il fit partie de 
l’éducation et se transmit de génération en généra- 
tion jusqu’à nos jours. Aujourd’hui encore, il est d’u- 
sage, à la fin de chaque année, d’ouvrir un concours 
d’échecs. Quarante-huit élèves prennent part ordinai- 
rement à ce tournoi; le vainqueur des vainqueurs 
remporte le prix, qui est ordinairement un beau jeu 
d’échecs, et il est reconduit en triomphe dans sa fa- 
mille, dont il est désormais l’orgueil et la gloire. 
Quand une fille du village doit épouser un étranger, 
elle est tenue, avant son départ, déjouer une partie 
d’échecs avec le premier magistrat de la commune, 
pour prouver qu’elle n’a pas oublié les vieilles tradi- 
tions. Cette cérémonie a lieu ordinairement dans une 
des salles de l’auberge qui a pour enseigne: Aux 
Échecs. 

La Bibliothèque de Stroebeck ne se composait, vers 



Dig:' . 



f M 




ALLEMAGNE. S 

1836, que de deux ouvrages, celui de f-elenns (Bruns- 
wick), et le Recueil de Koch. 

Stroebeck esl situé à un mille à’HalbeistaJt, dans le 
district de Magdebourg. 

Extrait du rapport de M. Lewis, intitulé : Acœunt of 
the Chess Playing vidage of Stroebeck, inséré dans the 
Chess Player’s chron., dans le Palaméde, 1836, dans la 
Schachzeüung der Berliner et dans celle de Magdebourg, 

En Allemagne, la règle du jeu ne permet pas de faire 
deux dames, trois cavaliers, etc.; mais, en échange, 
on a inventé, pour multiplier les combinaisons, dès 
le début, de nouvelles pièces ajoutées aux anciennes; 
de même que la dame réunit la marche de la tour et 
du fou, ou a créé des pièces réunissant les marches du 
fou et du cavalier, de la tour et du cavalier, et qui peu- 
vent ainsi faire mat sans le secours d’aucune autre 
pièce {le Palaméde). 



Poésies. 



CoNBAü DE Ahmenuusen, poëtc vivaut au xiii* siècle, 
donna une traduction, en vers allemands, de la Moralité 
du jeu des échecs de Jacques de Cessoles. (Un exemplaire 
manuscrit se trouve à la Bibliothèque Impériale.) 
M. Van der llagen, dans son Résumé (en allemand) de 
l'histoire de la poésie germanique, a donné des extraits 
de ce poème. Grafl’ en parle aussi dans ses Diustihos, 
t. IV, p. 430, et A. Schmid, dans sa Literatur des Schach- 
spiels, entre à cet égard dans des détails étendus 
(p. 44-34). 



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ALLEMAGNE. 



Fi=chrti, rectfiur allemand, conseiller du consistoire 
d’HalbersIadt, composa le poëme : Die Erflndung des 
SchaciispieJs (l’invention du jeu des échecs), imprimé 
dans le Deutsche Monatsschrift, en 1797, p. 271 ; dans 
Koch, Codex dcr Schdchspielkunsl, Magdebourg, 1813, 
p.7; dansNctto, DnsSchachspiel, p. 12, et dans Waidder, 
Dos Schachspiet, Wien, 1837, in-8 de 4-H pages. Alliey 
en a donné une traduction française, en prose, dans 
la ly’gcnce, 1830, p. 104-109, et imprimée à Paris, en 
1831, in-8. 



Bibliographies spéciales. 

Gesehichte des mittelalterlichen, torzusgweise des deut- 
schen Schachspiets {Histoire et Bibliographie des Echecs, 
par Massmaun). Quedlimburg, Gottfr. Basse, 1839, gr. 
in-8 de 8-224 pages et 14 tableaux. Ouvrage fait avec 
soin et exactitude. 

Bibliotheca shahiludii. — Bibliothèque du Jeu des 
échecs. — Bibliothek des Schachspiels ; von Ed. Maria 
OEltinger. Leipzig, Engelmann, 1844, gr. in-8 de 
40 pages. Cette bibliographie se compose de 270 arti- 
cles; c’était, lors de sa publication, une des meilleures 
et des plus estimées. 

Literatur des Schachspiels, von Anton .Schmid (Lit- 
térature des échecs). Wien, Cari Gerold, 1847, in-8 de 
10-402 pages. — Bouillct, Dictionnaire des sciences, 183.3, 
en cite une édition do Vienne, 1840, in-8, qui, nous le 
croyons, n’a jamais existé. 



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ALLEMAGNE 



Journaux spéciaux. 

I.a Schachzeitung der Bei'lincr, journal mensuel, ré- 
digé successivement par MM. de Hanstein, Andersson, 
Nathan, Max Lange et Hirschfeld, avec la collabora- 
tion de MM. de Oppen, Heydebrand, de Maycl, Franz, 
Dufresne et autres. Berlin, tS4fi. Première année. 
Chaque année forme un volume in-8 de 400 pages 
environ. 

Neue Berliner Schachzeitung, par Anderssen et Du- 
fresne, 1864. 

La Schachzeitung, de Magdebourg, in-8. 

Le Cercle Sophrosyme de celte ville publiait, en 
1849, un journal mensuel rédigé par M. Max Lange. 
Ce journal était principalement consacré aux leçons 
élémentaires d’échecs et destiné aux commençants et 
aux membres du cercle. (La Bégeucc, 18.I0.) 

Illustrirte Zeitung, de Leipzig, comprend une co- 
lonne d’échecs. 

Cercles, Réunions et Joueurs d’échecs. 

Altembourg kn TnuRiNGE : Sommation à tous les amis 
des échecs de se réunir dans cette vitle, le 5 avril 18o0, 
imprimée dans la Schachzeitung, de Leipzig, le 3 no- 
vembre 1849. 

L’auteur, M. Murner, convoque un congrès l’eflet 
de discuter sur l'introduction du jeu des Échecs dans 
les écoles, comme branche obligatoire de l’instruction, 
d’en faire un jeu national allemand et de fondre tous 
les cercles d’échecs germaniques en une académie 
échiquienne, etc. 



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ALLEMAGNE. 



Berlin. Club fondé par Frédéric le Grand. 

Magdebourg {Sophrosyne, ou sagesse, modération). 

Ce cercle fut fondé en 1848, par M. Lange, connu 
par ses problèmes d’échecs, et était composé d’élèves 
de l’Ecole supérieure. 

PEsrn, en Hongrie. 

PoTSDAM, fondé vers 1850, par M. Greulich, qui en 
fut le président jusqu’en 18î)l. 

Vienne. Les joueurs d’échecs de cette ville se réu- 
nissaient, en 1850, au café Neumer *. 



1. Oii nous communique une liste complète des cercles d’é- 
checs en Allemagne; nous la reproduisons ici textuellement; 
Aachen, Verein, Hôtel Habcts; D. u. F. 

Altona. 

Ansbach, Club, bei Strassberger; M. u. F. — Hptm. Geretb. 
Bautzen, Club, M. Gasth. zur Weintraube. — Banquier 
Reinhardt. 

Berlin, a) Gesellscb. Café Belvédère; M. Mws u. Do. — Df R. 
Franz. — b) Akademischer Club im Mohrenkelier, Mohrenstr. 
Bonn. Café Bœnhoff. 

Braunschweig. 

Breslau, a) Ges. Concordia, bei Oppler am Ring, im Sommer 
bei Pietsch Gartenst. tægl, 5 Chr. Prof. Anderssen und Gutsbes. 
Friedlænder. — b) Akadem. Club, M. Do. u. F. im Warschauer 
Relier. — S. Mieses. 

Buchholz, Club. — Vorst. Bürgermeister Heppe. 

Bukarest, Deutscher Club im Café Concordia. L. Wiest. 
Gamenz, Club. F. im Gasth. zum Hirsch. — v. Larisch, 
Carlsrnhe, Club im Café Beck. 

Cassel, Club. S. D. F. Mittelgasse 12t>. 

Chemnitz, Club. D. Sd. im Salon Société. E. Dœring. 
Coblenz. 

Coeln, Club. 

Crefeld, Club, Café Reich. — Brüggemann. 

Danzig. 

Dresden. 

Düsseldorf. Café Jungius. 



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ALLEMAGNE. 



9 



M- Ern. Falkbeer est auteur d'un article sur le jeu 
des échecs à Vienne en 1849, imprimé dans la Schachzei- 
tung, 1850, et dans la Régence, 1850. 



Duisbnrg, Club. M. u. Mw. bt i Kleff — Dr. Lange. 
Elberfeld, Club. S. Mw. im Casino. Schlicper. 

Emden, K. bei Vries ira Heerenlogement. — Knrlkaraiif. 
Frankfurt a/M., Ges. im Café Parrot. — R. VV. .Meuscli. 

Frankfurt a/0. 

Freiberg. 

Friedland, Verein fiir Vierschach. 

Giessen, Ges. M. u. Do. bei G. Ebel. — Access. Weidig. 
Glogau. 

Gœrlitz, Club, M , Mw. u. F. Held. 

Gustrow, Verein Mw. u. So. im Hôtel de Russie. 

Halle. 

Hamburg, Club, alte Bœrse No. 5. — Njegaard. 

Hanau. 

Hannover, FreierCirkel im Künstierverein. 
Idar-t)berstein, Club, bei E. Wild. — Rector Sægelken . 
Jena, Club, M. Zur Sonne. — Prof. Scheidler. 

Insterburg, Club. 

Kœnigsberg, a) Club bei Dombrowski Mw. u. Sd. — Asses- 
sor Gœtz. — b)' Ges. Harmonia, im Kneiphœfiscben Garten. — 
c) Cirkel im Siegel’schen Café. — d) Akad. Club. 

Leipzig, Ges. Augustea ira Café français. D. u. D.— Dr. Ploss. 
Statuten. 

Lommatzsch, Club. M. u. Do. bei Kœnig. — Rector Morilz. 
Lübtck. 

Hagdeburg, Ges. — Sd. in Schnallehn’s Condit. Rector 
Strœhmer. Statuten. 

Mühlheim a. d. Ruhr, Club im Hôtel Sœding. D. n. Do. — 
Lehrtr Seelhotî. Statuten. 

München . 

Nordhausen, Ges. S. u. .Mw. ira Erbprinz. — Kfm. Dornstein. 
Statuten. 

Oberstein, siehe Idar. 

Oels. 

Potsdam, Ges. im Gaslh. zur Stadi Magdeburg. Mw. — Gært- 
ner. Zirkel, bei F. A. Hoffmann. 

1 . 



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ALLEMAGNE. 



Célébrités de l’Echiquier. 

Alexandeb (Rabbi-Aaron), bavarois, mort à Londres, 
en 1850. 

Fort joueur d’échecs, fondateur d’un hôtel, d’un café 
et d’un cenle d’érhecs. 

Auteur de deux traités sur ce jeu : 1® son Enct/clo- 
•pcdie... Paris, 1837, in-fol.; et 2® sa Collection des plus 
beaiux problèmes... Paris, 1846, gr. in-8. 



Reichenbach i. Schl., Club zum Ritter St. Geurg. — A. 
Reigrnann. 

Rochlitz. 

Rostork, Gps. Do. bel Coud. Heintz. — H. Hall. 
Saiigerhausen, Club iin ScbüLzenhauÿe Mw. u. Sd. — O. 
Wolf. 

Schlücbtern. 

Schwerin, M. b. Ditmami. — Juslizr. Schlieraann. 
Stargardt, Club, Lokal vonGiose. D. u. F. — Leu. 

Stettin, a) Club im llAtel de Russie, D. u. D. Kfm. Waller. 
— b) Ges. Hermania. Mw. u. Sd. bel Gond. Hôlz. 

Strœbeck bei Halberstadt. 

Stuttgart. 

Tarvis, Club. M. u. F. beim Vorst. Esterl. 

Thorn, Club. Mw. bei Coud. Frilsch. — Dr. Kutzner. 

Tilsit, Club. D. in der neuen Bürgerhalle. 

Torgau, Club. M. beim Coud. Meun. Audi Gaslh. Saussuuci 
V. d. St. — V. Funck. 

Vegesack, Club, besteht zurZeit nicht inehr. 

Wesel. 

Wien, Ges. im Café Sauer, Stadt Goldschmiedegasse. — Ma- 
jor Ritter V. Haymmerle. 

Wittstock, Club D. u. F. bei Gebr. Kersten. — Conrect, 
Cammler. 

Zittau, Club. F. im Café Rindfluigcb. — Kfm. Wehle. 



ALLEMAGNE. 



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Praktische Sammlung bester u. hocfist intcressanler 
Schachspiel Problème. Leipzig, 1840. 

On a aussi de cet auteur un travail intéressant sur 
le Problème du cavalier aux échecs, et une Lettre sur les 
Echecs en Palestine, publiée dans la Schachzeilung der 
Bei'Uner, The Chess Player’ s chronicle of London, la Ré- 
gence, journal des échecs de Paris, et les Archives des 
Israélites, ISoO. 

Au.gaieh (Joh.). Neue theorisch praktische Anweisimg 
zum Schachspiel. Wien, 179o, in-8, de 296 pages; 1796, 
de 122 pages; 1802-1811, de 140 pages et 1 frontis- 
pice; 1819, de 189 pages; 1823, de 12-141 pages; 1824- 
182.1,2 t. in-8; 1834, de 222 pages cl grandes planches. 
Cette dernière est la meilleure édition allemande. 

L’ouvrage contient un bon travail sur le gambit de 
cet auteur. 

Nixie Anweisung zum Schach‘^piele, in Tabellen, 4* édit., 
Wien, 1819; 5' édit., Wien u. Prag., 1823; le même, 
id., 1825. 

Anweisung zum Scha'hspiele, herausgogeben von C. 
de Sanio Vilo. Wien, 1841, 2 part., 1 vol. in-8. 

Anderssen (A.), de Breslau. Son portrait se trouve 
dans le Schiick-Ahnanach. Leipzig, 1846, in-12. Fort 
joueur d’échecs allemand. Rédacteur, avec MM. Na- 
than et I.angc, à partir de 1 850, de la Schachzeitung der 
Berliner. 

Plusieurs de ses problèmes ont été insérés dans le 
Palamède, 2“ série; son match avec M. P. Morphy est 
reproduit dans le Choix des parties les plus remar- 
quables. 

La Régence, 1860, contient la relation du voyage 



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ALLEMAGNE. 



qu’il fit à Paris dans le courant de cette année et les 
belles parties qu’il joua à cette occasion., 

11 fut vainqueur du grand tournoi de Londres en 1 862. 

On a de lui un traité d’échecs paru à Bresîau, en 
1842, in-8 de 64 pages, intitulé : Aufyaben für Schach- 
spieler, etc. (Problèmes sur le jeu des échecs.) 

Bilguer (Paul-Rudolph von), fort joueur d’échecs 
allemand, auteur : Dos Zwei springerspiel iiiNuchsuge... 
Berlin, 1830, in-8, comprenant environ 300 variantes 
et débuts de Gioachino Greco, dit le Calabrois. 

Handbuch des Schachspiels, publié par Bilguer, avec 
la collaboration de Heydebrand von der Lasa. (Manuel 
bibliographique sur les échecs, le plus méthodique et le 
plus complet.) Berliner, 1842-1843. Nouvelle édition 
en 18.')8. — 11 y a eu trois éditions antérieures à 1860. 

Bledow (L.), bon joueur d’échecs, auteur d’une 
bonne défense d'échecs, et de Zwei niid fùnfzig Cor- 
respondenz-Partien, mit Anmerkungen und Yartanten, 
herausgegeben von L. Bledow. Berlin, 1843, in-8. 

M. Bledow serait possesseur d’une belle bibliothèque 
d’ouvrages sur le jeu des échecs. 

Brunswick (duc de Lunebourg, Aug. de), mort en 
1606, donna, sous le pseudonyme de Gustave Selenus, 
un traité d’échecs assez curieux : Dos Schach- oder 
Kœnigspiel (Les Échecs, ou le Jeu des rois), publié à 
Leipzig, en 1616, chez Gross, in-folio, figures. 

Une deu-viéme édition a été faite, dans la même 
ville, avec un nouveau titre, en 1017, chez Kober, 
in-fül., fig. 

Une édition abrégée a paru sous le titre de Selenus 
Contractus, Ulm, 1722, in-12, de 96 pages; mais elle ne 
parle plus du jeu pythagorique (Rythmomachia), sur 



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ALLEMAGNE. 



13 



lequel Selenus donnait de grands détails tirés de Ba- 
rozzi, lequel n’avait fait que traduire en italien l’ou- 
vrage de Boissière. 

L’ouvrage de Selenus a été réimprimé par Koch, 
t. 2, p. 127-154, Dïe Schachspielkunst. 

Il aurait été traduit en français, à Kœnigsberg, 
mais cette traduction Serait restée manuscrite. 

Ce jeu n’a qu’un rapport éloigné avec les échecs. 

Frédéric Alliey, dans la Régence, 1849, p. 261, croit 
pouvoir attribuer à Selenus l’ouvrage publié sous le 
titre : Ludus latmnculorum, Stein- oder Schachspiel, etc. 
(Le Jeu des latruncules, ou le Jeu des échecs, augmenté et 
amélioré.) Une édition, sans lieu ni date ; une autre à 
Francfort, 1647; une, môme ville, 1650, in-12; et une 
autre, môme ville, 1663, in-12, de 102 pages. 

Cet ouvrage, qui aurait été désigné à tort comme 
commentaire du poëme de Vida, comprend : cha- 
pitre 1", des réflexions sur l’utilité des jeux et parti- 
culiérement de celui des échecs ; chapitre 2, de l’Ori- 
gine du jeu des échecs; chapitre 3, un traité du jeu 
et des noms des pièces. 

On trouve dans cet ouvrage de nombreux passages 
en vers latins, ce qui le fit regarder comme un com- 
mentaire de Vida, tandis que deux vers seulement ap- 
partiennent à ce poète. 

Gustave Selenus raconte la légende allemande sui- 
vante : 

« O’Karius avait un fils à la cour de Pépin, qui 
jouait souvent aux échecs avec le fils du roi ; et comme 
il le gagnait souvent, le jeune prince, dans son em- 
portement, lui donna un coup à la tempe et le tua. » 

Conrad-Bayeh , d’Olmutz, célébré compositeur de 



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ALLEMAGNE. 



problèmes, premier prix du concours de la Rt'ijence, 
en 1860, et du concours de Londres, en 1862. 

Frédéric i.E Grand , roi de Prusse, était un bon 
joueur d'échecs, fondateur du Cercle des échecs de 
Berlin et acquéreur de l’automate du baron de Kem- 
pelen. 

Dans GoTFHiED,HistoriscAerCAromcften,publiéen 1674, 
in-folio, on trouve une gravure représentant l’em- 
pereur Valentinien jouant aux échecs avec le consul 
Maxime à Rome, en 455. 

L’empereur était amoureux de la femme du consul ; 
en jouant avec ce dernier, il lui gagna son argent et sa 
bague, laquelle il envoya immédiatement à la dame 
comme un avis pour venir chercher son mari dans le 
palais. 

Elle n’y fut point plutôt arrivée que l’empereur 
profita de l’occasion pour satisfaire ses désirs avec elle. 
Le maii offensé souleva une rébellion dans laquelle 
l’empereur fut tué. Dans ce dessin, la partie est très- 
clairement représentée dans le moment où l’empe- 
reur gagne. 

Heinse (W). Anastasia und dan Schachnpicl (Anastasie 
et le je,i des échecs, lettres écrites de l’ilalie par l’au- 
teur d’Ardingcllo). I'” édition, Francfort, 1803, 2 vol. 
in-S; les autres éditions sont de Francfort 1815, 1820 
et 1831. An-:stasia forme également les tomes VI et VII 
des (Etivrcs de Heinse, Leipsig, 1838, 10 volumes. 

Le premier volume est destiné A la manière ita- 
lienne de jouer aux échecs, avec observations sur la 
valeur de chaque figure cl sur l’art de diriger leur 
marche. Dans le second, ou trouve des règles particu- 
lières peu connues. On a ajouté une critique fondée 



ALLEMAGNE. 



15 



de la manière de jouer de Phüidor, et trente-trois 
nouvelles manières de terminerle jeu, parmi lesquelles 
on en trouve une très-ingénieuse, inventée par Giam- 
battista Lolli. 

Heydebrand von der Lasa, auteur et fort joueur d’é- 
checs contemporain. 11 était un des rédacteurs de la 
Schachzeümg der Berliner, en 1849 et 185t. 

II a coopéré dans l’ouvrage du major Jænisch : Am- 
lyse des ouvertures. 

Plusieurs de ses mats ont été reproduits dans nos 
recueils d’échecs. 

Il travailla avec M. Bilguer, dans son Eandbuch des 
Schacfispieïs. 

Hirschbach, fort joueur d’échecs, rédacteur de la 
partie des échecs dans la Gazette illustrée de Leipsig, en 
1846, 1847, 1848 et 1849. 

Hoffmann (Ernest-Théodore), mort à Berlin en 1822, 
s’adonna au jeu des échecs. Il eut la prétention d’être 
un fort joueur, mais battu par un vieil amateur, 
élève de l’école de Philidor, il se vengea de sa défaite 
en publiant un conte fantastique plein d’originalité : 
Le Joueur d'échecs. Le Palaméde, 1837, p. 270-277, arc- 
produit ce conte, avec les solutions des problèmes. 

HoRwrrz, de Hambourg, joueur de première force, 
ses parties d’échecs se trouvent pour la plupart repro- 
duites dans les recueils spéciaux. 

11 était, en 1850, rédacteur de la partie des échecs 
du Family Friend, et, en )851, avec M. Kling, du 
Chess Player. 11 est auteur, avec ce dernier, du Chess 
studies or Endings of games. London, 1851 ; bon traité 
contenant plus de 200 situations figurées par des 
tableaux et traitant spécialement les fins de parties 



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16 



ALLEMAGNE. 



d'échecs. Une analyse de cet ouvrage, par Saint-Elm- 
le-Duc, est imprimé dans la Régence, 18üi . p. 113. 

Je\n Frédéric^ électeur de Saxe, fait prisonnier en 
1347 par Charles V, fut condamné à mort. II était A 
jouer aux échecs lorsqu’on vint lui annoncer la sen- 
tence : après quelques observations sur l’irrégularité 
des, procédés de l’empereur, il continua tranquille- 
ment sa partie avec Ernest de Brunswick, son com- 
pagnon de captivité, et, l’ayant gagnée, il en exprima 
sa satisfaction et se retira dans son appartement pour 
se livrer aux exercices religieux propres à sa situation. 

Kæfer (Victor), officier autrichien, auteur de VoU 
stændige Anweisung zum Schachspiele (cours complet du 
jeu des échecs), publié à Grætz, en 1842, in-8. 

Dans cet ouvrage, l’auteur critique une partie d’é- 
checs jouée par correspondance entre le club de Lon- 
dres et les rédacteurs du Palamède à Paris. 

L’annotation de ce traité est le numérotage des 
cases de 1 à G4, mais à rebours de ce qui s’était pra- 
tiqué jusqu’alors. 

Voici le jugement du Palamède, 1843, p. 70-71 : « Cet 
ouvrage renferme des fautes impardonnables; faible 
sur la matière, il parle un peu légèrement de beau- 
coup de choses qu’il ne connaît pas. 11 y a plus d’er- 
reur et d’ignorance que de malice. 

Kiéséritzky (Lionel), collaborateur dans la rédaction 
du Palamède, 1842. 

En 1846, il donna le Recueil de cinquante parties 
jouées... 

11 fut le fondateur et le rédacteur de la Régence, 
1” série, 1849 à 1832. 

Kocu (J. F. W.), auteur d’un recueil imprimé A 




ALLEMAGNE. 



17 



Magdebourg, S0U9 le titre: Codex der Schachspielkunst... 
recueil publié successivement en 1801, 1813, 1828 et 
1833-34. 

11 commence par l’histoire du jeu des échecs et 
l’explication des règles du jeu. On y trouve ensuite 
les ouvrages suivants: 1® celui deSelenus; 2® le traité 
des amateurs, traduction allemande; 3“ celui de Phi- 
lidor; 4® de Gioachino Greco ; 5" les 100 lins de parties 
de Stamma, et 8» les exemples du jeu de dames, par 
Théolden. 

Le second volume contient : 1® le poème des échecs 
de Vida ; 2® des extraits tirés de l’ouvrage d’Àllgaicr ; 
3® additions et corrections pour le tome I; 4® une ma- 
nière de jouer aux échecs, et S® la rhythmomachie, 
jeu très-compliqué de Selenus. 

Koi.isch (Ign.), de la Hongrie, fort joueur d’échecs, 
auteur d’une Lettre au sujet du cercle des échecs de Bar- 
celone, imprimée dans la Régence, 1860, p. 234. 

Lange (Max.), fort joueur d’échecs, rédacteur en 1850 
d’un petit journal mensuel d’échecs, publié par le 
Cercle Sophrosyne, auteur du Sammlung neuer Schach- 
partien, Leipzig, 18.59, in-12 ; d’un Eandtmch der Schach- 
aufgaben, Leipzig, 1 862, in-8, et du Jahrbuch des west- 
deutschen Schachbundes, Leipzig, 1862, in-8. 

Leibnitz (Godefroy Guill., baron de), né en 1716. 
Auteur d’une dissertation latine: Annotatio quibusdam 
ludis, etc., sur diverses sortes de jeux, particulièrement 
sur un jeu chinois, sur celui des échecs, des latruncules, 
et sur un jeu naval, imprimé dans le premier recueil 
de la Société royale des sciences de Berlin : Miscella- 
nea berolinensia ad incrementum scientiarum... 1710, 
in-4. 



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18 



ALLEMAGNE. 



Leibnitz dit dans sa 8* lettre à M. Hemond, t. V, p. 
28, « que les hommes n’ont jamais montré tant de 
sagacité que dans l’invenlion des jeux. » 11 propose 
d’en renouveler un que l’on prétend ne ressembler à 
aucun de nos jeux modernes, celui des latruncules, 

Lœwenthat,, fort joueur d’échecs hongroise! président 
du club Saint-James de Londres, donna une analyse 
complète d’une défense, insérée dans the Chess MonthJy, 
en janvier 1859, p, 111, et août même année p. 225, 
et dans le Recueil des parties de P. Morphy, par M. Préti, 
p. 68. 

11 rédige depuis dix ans la colonne d’échecs du 
journal anglais VEra. Il a fait paraître dernièrement 
The Chess’ Congress... (le Livre du congrès de 1862), 
ouvrage contenant les parties jouées dans les deux 
tournois qui eurent lieu à cette occasion, et la collec- 
tion des problèmes du grand concours de Londres. 

Luthrb (Martin) . Dans ses Discours divins, on trouve 
mentionné un passage mystique sur les échecs. 

Mauvillon (Fréd.-Guillaume de), mort en 1851, bon 
joueur d’échecs et auteur d’une Anweisung zur Erler- 
nung des Schachspiels,elc. (Instructions pour appreudre 
le jeu des échecs). Essen, 1827, grand in-8 de vin- 
382 pages et un portrait de Stein. Ouvrage assez bon. 
Sa notation était en chiffre. 

Mendhein (Jules), fort joueur d’échecs et auteur du 
Taschenbuch fur Schachfreunde... Berlin, 1814, in-8, et 
Aufgaben fûr Schuchspieler... Berlin, 1832, in-S. 

Mennel (Jacques), docteur in utroque jure, pre- 
mier greffier de la ville de Fribourg (dans le Brisgau), 
et qui vivait à la fin du xv' siècle, est auteur de deux 
ouvrages sur les échecs : l’un en latin, dédié à Tempe* 



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ALLEMAGNE. 



19 



reur Maximilien I*', est resté manuscrit; il existe à la 
bibliothèque de Vienne. L’autre est en allemand, il 
a été imprimé sous les titres suivants : t® Auslegung 
fies Schachspiels , etc. Constanz, 1507^ petit in-4 ; 
— 2'^ Schachzabelspiel, Undenceysung desz hittèrlichen- 
kùnstliche Schachzabelspiels, etc. Oppenheim (1550), in-4, 
gothique de 22 feuillets numérotés, contenant un 
grand nombre de gravures sur bois, parmi lesquelles 
se trouve la figure de différentes pièces du jeu, telles 
qu’on les faisait alors ; — et 3® Des Altenn ritterlichen 
Spieh des Scfuichznbels, etc. Francfort, 1536, petit in-4 
de 24 feuillets. La bibliothèque de Vienne possède un 
exemplaire de ce volume, devenu fort rare ; Sebmid 
en donne une analyse, p. 70-73. 

Dans cet ouvrage se, trouve une curieuse description 
de l’échiquier et des pièces d’échecs. Alliey en fait 
mention dans son Mitsée de l’échiquier. 

Mosleh, Dos Schachspiel..., Coblentz, 1822. En Alle- 
magne, dans ces derniers temps, l’étude des classiques 
italiens étant devenue assez générale, on s’est laissé 
entraîner, par leur exemple, jusqu’à adopter leurs 
règles, tant à l’égard du passar battaglia, qu’à la ma- 
nière de roquer et du pion arrivé à la 8' bande. 

L’ouvrage de Mosler a été écrit dans le but de ré- 
pandre les doctrines italiennes sur ces points; il a sou- 
levé contre la prise des pions en passant, une objec- 
tion d’une nouvelle nature. 11 prétend qu’en admet- 
tant la règle française, le giuoco piano ne serait plus 
susceptible d’une bonne défense. (Jipuisch, Introduc- 
tion de son analyse nouvelle, 1842, t. 1, p. 37. 

Oppen (de), membre de la !'• chambre de Prusse, 
conseiller supérieur à la Cour de cassation, et prési- 



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20 



ALLEMAGNE. 



dent du cercle des échecs de Berlin, en 185i ; il est 
auteur d’un article sur la Valeur d'échange des pièces; 
dans la Schachzeitung der Berliner, en janvier, mars et 
mai, 1847, et la Régence 1850, p. 65, 70, 110 à 114 
et 132 à 134. 

En réponse à cet article, Alexander écrivit une lettre 
qui fut imprimée dans la Régence, môme année. 

P.... (le baron), chambellan de l’empereur d’Au- 
triche, auteur de la Mnemonik des Schachspiels (mné- 
monique des échecs, ou l’art de rendre accessible aux 
sens l’échiquier et les traits). Vienne, 1842-43, 2 par- 
ties in-8. 

Le Pataméde, 1843, P . 69-70 donna une analyse de cet 
ouvrage. 

Paulsen (L.), Hongrois, fort joueur contemporain. 
La Régence, 1860, page 373, publia une lettre de cet 
amateur, adressée à M. Morphy, dans laquelle il lui 
offre un défi, que ce dernier a refusé. 

Le Monde illustré, 21 octobre 1861, reproduisit une 
des cinq parties qu’il joua simultanément, sans voir 
l’échiquier, contre cinq adversaires différents. 

Dans le tournoi de Londres, juin 1862, il gagna onze 
parties sur treize, et obtint le second prix. 

Ries, de Stuttgart. — Problèmes insérés dans le 
Monde illustré. 

Seeberger (J.), de Graetz, a donné des problèmes in- 
sérés dans le Monde illustré, 1864. 

SiLBERscHMiDT est auteui' de plusieurs traités alle- 
mands estimés : Die Neuentdeckten Geheirmisse im Ge- 
biete des Schachspiels, etc. (Nouveaux mystères du jeu 
des échecs.) Cet ouvrage, reproduit Selenus (Bruns- 
wick), Philidor, Stanuna, Gioachino Gréco, etc., avec 



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ALLEMAGNE. 



81 



quelques changements : Brunswick, 1826, grand in-8 
de 192 pages; 2‘ édition en 1839. 

Bas Gambit... Brunswick, 1829, in-8. 

Lehrbuch des Schaehspiels mit dem Gambit-Spiele, etc 
Wolfenbuttel, 1845, in-8. 

Stavendteb, de Hambourg. On a de lui des problèmes 
insérés dans le Monde illustré. 



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AMÉRIQUE 



Anecdotes historiques. 

Le père J, Fr. Lafitaü, jésuite, mort en 1755, dans 
ses Maurs des sauvages américains, 1724, nous apprend 
que, loi-s de la découverte de l’Amérique, l’on a re- 
trouvé chez les naturels du pays un jeu analogue à 
ceux des latruncules et des fessas. 

Réunions et cercles d’échecs. 

Nfw-orceans chess ci.ob, 

New-York, le cercle, présidé en 1849 par M. Schul- 
ten, fort joueur d’échecs. 

Piiii.ADEi.pniE possède un grand cercle d’échecs, qui 
compte de nombreux et forts joueurs. Il a gagné en 
1863 un match par correspondance contre le cercle de 
New-York. 

Il a été fondé dernièrement à Philadelphie un 





AMÉRIQUE. 3S 

club d’échecs pour daines. Le règlement exclut for- 
mellement les hommes. Ceux-ci ne peuvent entrer 
dans l’établissement qu’autant qu’ils sont requis pour 
reconduire les dames. 11 est fait défense expresse de 
fumer dans les salons [Petit journal, 30 mars 1864). 



Journaux spéciaux. 

Chess magazine, rédigé par M. Stanley, à New-York, 
en 1847 et 1848, dernière année. 

Chess Monthly, publié à New-York, par M. Daniel 
Fiske etP. Morphy, 1858, 1859, 1860 et les six premiers 
mois de 1861, in -8. Le prix annuel de l’abonnement 
était de 20 francs pour la France. 

L’Evening Bulletin, de Philadelphie, contient une co- 
lonne d’échecs importante, rédigée par M. Franck 
Wells. 



Célébrités de l’échiquier. 

Agnel (H. R.) est auteur d’un assez bon ouvrage : 
— Chess for wiuter evenings (F.checs pour les soirées 
d’hiver). New-York, 1848, in-8 de 510 pages, figures. 
La Schachzeitung, mai 1849, en donna une analyse. 

Ai.len (Georges), professeur à l’Université dePensyl- 
vanie, grand amateur d’échecs et auteur d’une Vie de 
Philidor; il possède une bibliothèque remarquable sur 
les échecs, comprenant environ six cents volumes, 
parmi lesquels il y en a de très-rares et d’un haut 
prix. 

Benjamin Franklin ayant observé que le seul ineon* 



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24 



AMÉRIQUE. 

vénient du jeu des échecs était de froisser l’amour- 
propre et de le rendre irritable, crut devoir adresser 
quelques avis bienveillants aux amateurs de ce jeu 
dans un ouvrage qu’il publia sous le titre de The ma- 
rais of chess, ouvrage inséré, en 1797, dans The me- 
moirs of the life and writings of B. Franklin, London, 
B. d. Tome 3, p. 322-25. Une traduction française en a 
été donnée dans les Mélanges de morale, etc., par 
B. Franklin, Paris, 2 vol. in-18, et en 1853, in-12. 

Harrwitz, bon joueur d’écbecs. 11 figure, dans l’ou- 
vrage de Kiéséritzky: Cinquante parties jouées..., pour 
les 5% 8* et 15* parties. Dix-neuf de ses parties, jouées 
avec M. P. Morphy, se trouvent insérées dans le Choix 
des parties les plus remarquables. Paris, 1859. 

Lloyd, de New-York : on a de lui des problèmes in- 
sérés dans le Monde illustré. 

Morphy (Ernest), de la Nouvelle-Orléans, fort joueur* 
d’échecs. Lettre imprimée dans la Régence, 1851, p.23-24, 
sur une partie d’échecs jouée par son neveu, M. Paul 
Morphy. 

Morphy (Paul), né à la Nouvelle-Orléans en 1837. En 
1 858, il joua aux échecs sans voir les échiquiers, au café 
de la Régence, contre huit adversaires à la fois : MM. 
Bauchcr, Birwith, Bornemann, Guibert, Lequesne, 
Potier, Préti et Seguin, tous joueurs distingués, placés 
devant leur échiquier. A cette même époque, il défia 
et battit quelques-uns des plus célébrés joueurs de 
l’Europe, et ses victoires, aussi bien que la beauté de 
ses combinaisons, le placèrent au rang des plus grands 
maîtres qui aient existé. 

Vers 1858, il prit, avec M. Daniel Fiske, la rédaction 
du Chess monthly. 




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AMÉRIQUE. 26 

Un ouvrage intitulé : The Exploits and Triumphs in 
Europe ofV. Morphy, etc., a paru sur ce joueur célèbre, 
à Londres, en 1859, in-12. Une traduction française a 
été faite sous le titre : Choix des parties les plus remar- 
quables..,, à Paris, la même année. 



2 



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ANGLETERRE 



Anecdotes historiques. 

Le jeu des éehecs aurait été introduit en Angleterre 
vers 925-940 sous Âthelstane. (Comte de Basterot, 2* 
édition, 1863, p. 41.) 

Les usages et les mœurs chevaleresques pénétrèrent 
en Angleterre avec les Normands, au xi* siècle. Le 
jeu des échecs et celui des dés occupaient presque en- 
tièrement les loisirs des grands. Les horreurs même 
de la guerre civile ne purent amortir cette passion. 
(J. Petit Andrews, Traits caractéristiques des coutumes 
des Anglo-Saxons.) 

On y jouait aux échecs des successions, et certaines 
familles n’y jouissaient de leurs terres qu’à condition 
de se les disputer à ce jeu, tous les ans. (Thou. Hvde, 
De lud. oriental.) 

Cantorbéry (l’archevêque de). Le Mercure de France, 
novembre 1768, raconte le trait d’un voleur anglais 



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ANGLETERRE. 



27 



de grands chemins, qui, pour dévaliser l’archevêque 
de Cantorbéry, se mit en embuscade sur le bord d’un 
• chemin par où celui-ci devait passer et revenir en 
peu de temps. Dès qu’il aperçut la voiture, il s’agita. 
L’archevêque en voulut savoir la cause: Qu’avez-vous? 
lui dit-il. — Beaucoup de malheur ; je me ruine ici. 
— Comment cela? —Vous le voyez, je joue. — Quoi, 
seul? — Pardonnez-moi, je joue contre Dieu, et je 
perds cinquante guinées : tenez, monseigneur, faites- 
moi la grâce de les donner aux pauvres, car c’est là 
ma convention avec l’Être suprême. 

L’archevêque le prit pour un fou. Ce fou, menaçant, 
voulait être obéi. L’arebevêque accepta, et continua 
sa route. Le soir, il retrouva son joueur au même en- 
droit, et qui venîlit, disait-il, de faire Dieu échec-et- 
mat, pour la sixième fois : Dieu perdait cinq cents 
guinées. Le voleur, un pistolet à la main, somma le 
prélat de les lui payer. 

Les échecs ne sont pas en Angleterre ce qu’ils sont 
en France, un passe-temps. C’est une science à la- 
quelle on ne se livre qu’avec un grave recueillement. 
Aussi, rien ne scandaliserait plus un joueur d’échecs 
anglais pur sang que l’hérésie érigée, en France, en 
article de foi : qu’il vaut mieux faire quatre parties 
médiocres en s’amusant que d’en jouer une bonneen 
travaillant. En jouant aux échecs, les Anglais ne jouent 
pas, ils s’appliquent, et, suivant leur proverbe : « Si 
une chose vaut le moins du monde la peine d’être 
faite, il faut la faire de son mieux. » Aussi apportent- 
ils sur l’échiquier l’esprit de suite, la ténacité et la 
circonspection qu’ils déploient dans les affaires. 



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2S 



ANGLETERRE. 



La Grande-Bretagne est, sans contredit, le pays 
de l’Europe qui renferme le plus de joueurs d’é- 
checs, et où ce jeu est le plus pratiqué, non-seule- 
ment par les hommes, mais aussi par les femmes. Il 
n’est pas rare de rencontrer, dans les sociétés, des 
dames jouant fort bien aux éiliecs. 



Poésies. 

Anonyme : A Mate in Five Moves. By Rook, imprimé 
dans The Chess player’s Annual. Londres, 1856, in-8. 

Abbi.ay (The Rév. A. G. L.}, est auteur d’un poëme 
composé sur une partie d’échecs gagnée par Mac- 
Donnel, publié à Londres, sous le titre de Cassa redi- 
viva;or the Muzio Gambit, an heroic-comical poem, dans 
The Asiatic journal vol. VIII (1819), p. 347-463; vol. IX 
(1820), p. 16-134-376; vol. X (1820), p. 34-130-340, et 
séparément à Londres, en 1836, in-18. • 

CowLEY, dans son Ode à la destinée, parle des échecs. 

Drvden mentionne les échecs dans son chant : On the 
young Staiesmen, 1680. 

H. A. K. — A Fatal Remembrance, imprimé dans 
The Chess player’ s Annual. Londres, 1856. 

Hawkins, en 1764, publia un poëme sur les échecs, 
in-4,dans lequel il décrit le combat d’un cavalier avec 
une amazone. Cité dans Twiss, Chess, 1787, 2" partie, 
p. 63. 

Jones (sir William), célèbre orientaliste, mort en 
4794, est auteur: d’une imitation médiocre, écrite en 
anglais, du poëme de Vida, intitulée : Caissa, or the 
Game of chess ; a Poem of 334 Unes, writen in the year 



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ANGLETERRE. 



29 



1763, etc.; by William, aflerward sir William Jones' 
Dans les Œuvres de Jones, London, 1799, vol. IV, 
p. 497-512. Voir Pkatt (Peter), Studies ofchess, London, 
1803, 1817 et 1823; et Ghess analysed, etc. London, 
1814, 2 vol. in-8. 

Ce poëme a été traduit en français par Alliey, et 
imprimé en 1851, avec 3 autres poèmes sur les échecs, 
Paris, in-8, et dans la Régence, môme année, p. 261. 

JusTYNB (W.). Life and chess, imprimé dans The Ghess 
player’s Ghron. p. 109. 

Mortimeb Collins. The Magic chessmen, a legend of 
Guernsey, pt Chess-Skolia‘, tous deux ont été imprimés 
dans The Ghess-playcr’s Annual, Londres, 1856. 

Thürston (Joseph), donna en 1737, un poëme anglais 
sur les échecs, de 72 vers. 

Tomlinson. Ghess, a poem in four parts, imprimé dans 
The Ghess player’s Annual. Londres, 1858, et séparément 



petit in-8. 




1" 


partie The spirit ofchess. 


2e 


id. 


The practice ofchess. 


3« 


id. 


The victim of chess. 


4‘ 


id. 


Employment ofleisure. 



Bibliographies spéciales. 

Ghess, by Richard Twiss.Parl. I and II, London, 1787- 
89, 2 vol. en 1, in-8. 

Intéressant recueil d’anecdotes et d’aperçus biblio- 
graphiques. 

Dans le deuxième volume des Miscellanies, de cet 
auteur (Londres, 1805, 2 vol. in-8), il ya des additions 
intéressantes à cet ouvrage. 



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30 ANGLETERRE. 

Biographical U7id rétrospective miscellany^ London , 
1830,in-8. 

Revue périodique où se trouve une notice biblio- 
graphique des ouvrages d’échecs. 

A Treatise of the game of dæss, by W. Lewis; London, 
* 1843, in-8; autre édition 1844, même format. 

Cet ouvrage comprend à la fin une bibliographie 
écbiquienne. 

The chess Plaijer's Ch'onkle, t. 5, 1844, décembre, 
p. 353 et suivantes. 

My chess library, by G. Walker. Cet ouvrage a été 
annoncé pour paraître, vers 1842, en 2 volumes, mais 
il n’a pas été publié. Des extraits ont été insérés dans 
le journal le Palaméde, 2* série. 

Catalogue of boohs on the origin, history, and practice 

ofthe game of chess. (Bibliothèque de M ). Londres, 

Richard Simpson, 1863, in-16 de 50 pages. 

Catalogue à prix marqués d’une collection très-cu- 
rieuse, probablement celle de M. Walker. 

Journaux. 

En 1850, il y avait à Londres plus de six journaux 
s’occupant des échecs, et 30 environ pour le reste de 
l’Angleterre. 

Les principaux sont : 

The Chess player’s Chronicle, journal hebdomadaire, 
!’• série. London, 1841 à 1853; 2* série, commencée 
en 1853 ; M. Adolphe Zytogorski en était l’éditeur pen- 
dant les années 1859, 1860, 1861 et 1862. 

The Philidm'ian. London, 1853. Rédigé alors par G. 
Walker. 



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ANGLETERRE. 



31 



The Chess -player' s magazine y\o\. I. Juillet à décembre 
1863, in-8 de 192 pages avec un portrait de P. Morphy. 
Prix du numéro, 1 schilling. 

. Les principaux journaux s’occupant d’échecs sont : 
The Bell’s life in London, hebdomadaire. 

Family Friend, petit journal bi-mensuel. 

Glasgow Citizen, hebdomadaire. 

The lllustrated London News. 

L’£ra, la partie des échecs est rédigée par M. Lœ- 
wenthal. 



Anciens clubs et réunions de Joueurs 
d’échecs. 

En 1770, un club d’échecs fut formé dans un café 
de Charing-Cross. En 1774, un autre cercle fut fondé 
à Thatched-house, dans Saint-James-Street, le nombre 
des membres était limité à cent, et les membres d’un 
club étaient admis de droit dans l’autre. Le prix de la 
souscription était de 3 guinées. 

Twiss, dans ses Chess, 1787, p. 162-164, cite parmi 
les joueurs célèbres qui se sont distingués en Angle- 
terre, durant le xviii» siècle : Cunningham, lord Sun- 
derland, lord Godolphin, lord Elibank, Cargyll, sir 
Abraham Janssen, P. Stamma, IK Black, D' Cowper, 
Salvador, le comte Brühl, the hon. Henri Conway, 
lord Harrowby, Bowdler et Jenning. 

Plusieurs de ces gentlemen se réunissaient au café 
Old-Slaughter, Saint-Martin’s lane, dans une salle par- 
ticulière. 

En 1807, le Chess club in London fut fondé par Phi- 



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ANGLETERRE. 



lidor, les membres se réunissaient dans l’origine dans 
le Coffee-house de Parsloe. 

En 1821, ce club engagea avec celui de Paris une 
lutte par correspondance. Cinq parties d’échecs du- 
rèrent 5 ans. 

Westminster chess club, Bedford Street. Ce club a 
cessé d’exister. 

11 commença, en février 1834, un défi contre le club 
d’échecs de Paris : les deux parties jouées simultané- 
ment furent gagnées en octobre 1836 par le club de 
Paris. 

Cela fut le sujet d’une brochure : The match played 
défi entre le cercle des échecs de Paris et le club de 
Westminster), London, 1837. LePalaméde, 1837, p. 10 
à 16, a donné les parties jouées. 

Les autres anciens clubs sont ceux de Birmingham, 
Blackheath, Cambridge, Exeter. 

Norland chess club. Union terrace, Norland Notting- 
Hill. Fondé en 1849 par M. G. Walker, qui en fut le 
président. 

Glasgow, Regents-hOtel, Buchanam Street. 

City of London chess club, Fleet Street. 

Islington, City Road. 

Backney club. 

Entre les joueurs anglais, il y en a beaucoup de pre- 
mière force qui se sont pour ainsi dire retirés de la 
. lice, notamment MM. Lewis, Walker, Staunton, Slons. 
Les joueurs du jour sont MM. Boston, Macdonald, 
Mongredien, Medley, Owen, Birch, Hampton, Fon- 
blanque, Blackburn dans Londres. Dans les provinces, 
il y a MM. Gordon, Donaldson, Fraser, Kipping et les 
frères Gocher. Il y a, en outre, les étrangers qui rési- 




ANGLETERRE. 



33 



dent en Angleterre, et dont les noms sont connus en 
Europe, comme MM. Harrwitz, Horwitz, Steinitz, 
Falkbeer, Kling, Zytogorski, Hirschfeld. 



Clnba contemporains en Angleterre, Irlande 
et Ecosse. 



BRISTOL. — Athenæum, Corn Street; le club est ou- 
vert tous les jours de 10 heures du matin à 10 heures 
du soir. Capt. Kennedy, Près. W. Thompson, Esq., 
Vice Près. G. Philipps, Esq., Sec. 

Bristol Chess club (^Souvenir of the), containing one hun- 
dred original games played by the best players in 
that society; petit in-8. 

COVENTRY. — Assembly Room, Corn Exchange; les 
mardis et vendredis soir. J. Wat.ker, Esq., Hon. Sec. 

CARDIFF. — Literary Institute, St. Mary Street; les 
lundis et jeudis soir. R. F. Langley, Esq., President. 
Mr. T. G. Glass, Hon. Sec. 

DUBLIN. — Dublin Library Society, Dolier Street ; les 
mercredis et samedis soir, de 8 à 1 1 heures. The Rev. 
G. Salmon, F.T.C.D., President. Robert F. Hünt, 
Esq., Vice President, i. A. Conroy, Esq., Hon. Sec. 

DUBLIN. —The Victoria Chess Club, Northumberland 
Hôtel, Beresford Place; les lundis et vendredis à 
7 heures du soir. George Frith Barry, Esq., Presi- 
dent, JosHüA Fox, Esq., Vice President. Robert Col- 
lins, Esq., Treasurer. -Ioseph Walker, Esq., Hon. Sec. 

EAST SUFFOLK and IPSWICH. — The Saloon at the 
Mechanics’ Institute, Ipswich ; les lundis, mercredis 
et vendredis, de 7 à 10 heures du soir. Mr. Thomas 

2 . 




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34 



ANGLETERRE. 



Cocher, President. Mr. H. A. Byng, Hon. Treasurer 
Mr. J. H. Standon, Hon. Sec. 

EDINBURGH. — Philosophical Institution, 4, Queen 
Street; tous les jours de 2 heures à 10 heures 1 /2. 
James Rose, Esq., Pre. George Gibson, Esq., Hon. Sec. 
GLASGOW. — Tous les jours. Henry Glassford Bei.l, 
Esq., Sheriil’ Subslitute of Lanarkshire, President. 
William Wetr, Esq., M. D,, Vice President. A. G. 
M’Combe, Esq., Secretary and Treasurer. ' 
HANLEY, STAFFORDSHIRE. — At the Mechanics’ Ins- 
titute; tous les jours, de 6 à 10 heures du soir, et le 
jeudi, un club spécial de nuit. A. M. Dix, Esq., Près. 
Mr. T. Simpson, Sec. and Treas. 

HUDDERSFIELD. — The Impérial Hôtel ; le jeudi, à 
7 heures du soir. D. Marsden, Esq., Près. D. A. Coo- 
per, Esq., and John Watkinson, Esq., Vice Presidents. 
Mr. Walther Parratt, Hon. Sec. 

LEAMINGTON. — Newbold Grove, opposite the Royal 
Pump Room; tous les jours, de 2 heures à 10 heu- 
res. The Rev. J. H. Smith, President. J. Carr, Esq., 
Hon. Sec. H. Sümmerfield, Esq., Treasurer. 
LIVERPOOL. — Anderson’s Chess Rooms, Slater Court, 
Castle Street; les lundis et vendredis soir. B. T. 
Poeschmann, Esq., President. J. Penny, Esq., Vice 
President. Morton Sparke, Esq., Sec. 

LONDRES. — St. Georges’s Chess Club ; tous les jours, 
depuis U heures du matin. President, lord Cre- 
morne. Hon. Sec., J. J. Hampton. 

En 1831, un prospectus fut envoyé, à Teffet d’orga- 
niser un grand congrès d’échecs, qui devait se réunir 
au club Saint-Georges. 

Les membres du comité central anglais étaient : 




ANGLETERRE. 



35 



MM. MM. 

Le duc de Marlborough. W. Lewis, Esq. 

Le vicomte de Cremorne. A. Fonblanque, Esq. 

Lord Walden, m.p. H. G. Cattley, Esq. 

C. R. M. Talbot, Esq., m.p. H. Staunton, Esq. 
Marmaduke, Esq., m.p. Benj. Smith, Esq. 

J. Milnes Gaskell, Esq., m.p. H. T. Buckle, Esq. 

Sir Ch. Marshall. Miles Gerald Keon, secr. 

H. T, Liddell. Le capit. Kennedy. 

Le Comité de Paris était composé ainsi : 

MM. MM. 

Le duc de Caraman. Crampel. 

Devinck. Seguin. 

Le général baron de Varaigne. Journoud. 

Le comte de Pontalba. Desguis. 

Le vicomte de Vaufreland. Borely. 

Chamouillet. Delannoy. 

Sasias. Kiéseritzky. 

Il devait être question dans cette réunion de la 
fondation d’un empire universel d’échecs ; 

D’un conseil d’état ou parlement échiquien ; 
D’élection d’un empereur, ou lutte à ce jeu pour 
la couronne échiquienne ; 

D’une uniformité de langage, notation et lois d’é- 
checs ; 

Formation d’un code civil et d’un tribunal échiquien 
dans les états particuliers et d’une cour suprême pour 
l’empire cosmopolite. 

St. James’s Chess Club ; les mercredis et samedis, à 
7 heures du soir. President, J. Lcewenthac. Hon. Sec., 
H. C. Stewabt. Treasurer, Ch. Barthès. 





36 



ANGLETERRE. 



London Chess Club ; tous les jours, à 1 heure de l’après- 
midi. President, A. Mongbedien. Bon. Sfc., G. W. 
Medi.ey. 

Fondé en décembre 1837, il comptait, en 1847, 115 
membres; la souscription annuelle était de 12 francs 
environ. Son secrétaire honoraire et directeur était, 
en 1849, M. G. Spreckley; le président, M. A. Mongré- 
dien. 

Grand cigar divan, 101 et 102 Strand. — On y trouve 
la collection des journaux d’échecs : le Falaméde, 1” et 
2' séries; /a Régence, 1", 2' et 3' séries; Chess Player’s 
Magazine, Schachzeilung, etc., etc., et plusieurs traités 
curieux sur ce jeu. Le prix de l’abonnement annuel 
est de 2 liv. 2 sh.; par semestre, 1 liv. 15 sb.; un tri- 
mestre, 15 sh.; un mois, 6 sh., et un jour 6 d. 

Nous recommandons la table d’hôte aux étrangers, 
le dîner coûte 3 shillings. 

MANCHESTER. — Booms at BakeweU’s Restaurant, 
St. Mary’s Gâte; chaque jour, à 3 heures. H. Hasché, 
Esq., President. J. S. Kippi.\g, Jun., Esq., Bon. Sec. 
NEW’CASTLE-ON-TYNE.— Wilcke’s Hôtel, Grey Street; 
les jeudis et vendredis, à 7 heures du soir. Silas 
Angas, Esq., Près. Mr. P. T. Dufft, Bon. Sec. 
NORWICH. — Sutton’s Hôtel, Exchange Street; le 
mardi, à 8 heures du soir, d’octobre à mars. Rev. 
A. Roi.ton, Bon. President. Mr. F. G. Raingeh, Sec. 
NOTTINGHAM. — Public Library; les mardis et ven- 
dredis soirs. S. Newham, Esq., President. S. P. Shel- 
TON, Esq., Bon. Sec. 

PENZANCE. — Commercial Buildings; J. Ralp, Esq., 
Près. Mr. H. Pascoe, Sec, 

REAÜING AND BERKSHIRE. — Athenæum, Friar 




ANGLETERRE. 



37 



Street, Reading ; les lundis et jeudis soir, à 6 heu- 
res. W. Hodges, Jun., Esq., and Charles Oades, Esq., 
Bon. Secretaries. 

SHEFFIELD. — The Athenæum, George Street; ouvert 
tous les soirs jusqu’à 1 1 heures, et, en outre, les 
mardis et jeudis, clubs spéciaux de nuit. E. Tho- 
ROLD, Esq., Près. Mr. T. Coceing, lion. Sec. 
SOUTHAMPTON. — M. Parker’s, 39, Above Bar; le ven- 
dredi, à 6 heures du soir. W. Sharland, Esq., Sec. 
STAMFORD. — Institution; les lundis et jeudis, à 
7 heures du soir.WvNN Hill, Esq., Près. Mr. J. E. 
Bradgen, Sec. 

WAKEFIELD. — Bai'stow Square ; les mercredis et ven- 
dredis, de 7 heures à iO heures du soir. E. Sher- 
PHERD, Esq., President. W. H. B. Tomlinson, Esq., 
Hon. Sec. 

WORCESTER. — Rooms of .Nalural llistory Society; 
le lundi, à 7 heures du soir, lord Lyttelton, Près. 
H. D. Garde.n, Esq.. and J. Loxgmore, Esq., Vice Près. 
J. F. Gillam, Esq., Hon. Sec. 

Der Schachcongress su London im J. 18(i2, nebst dem 
Schachcongresse su Bmtol. Dos grosse Schachtumier zu 
London im Jahre 1862. Berlin, 1864, gr. in-8. {Journal 
de la librairie, 1864, Chronique, p. 112, col. 2.) 

British Chess association. Report of the annual Mee- 
ting held at Cambridge in August 1860. Cambridge, 
1861, in-8. 

Les Clubs d’échecs de la Grande-Bretagne {Chess-Clubs 
of Great-Britain), par G. Walker, impr. dans la Ré- 
gence, 1842. 



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38 



ANGLETERRE. 



Célébrités de l’échiquier. 



Bernard (Ed.). Dans le Commercium epistolicum, re- 
cueil de lettres écrites par Th. Hyde et par ses amis, 
on remarque une lettre curieuse d’Ed. Bernard à 
J. Ludolst sur le jeu des échecs. 

Boden (Samuel-Standidge), fort joueur d’échecs, est 
auteur d’une Popular introduction to the Study and 
Practice of Chess, by cm amateur. (London) 1851, in-8. 
Le journal la Régence, 1851, en donne une analyse. 

Bf.ACK obtint du roi d’Angleterre, à la sollicitation 
du duc de Mirepoix, ambassadeur français à Londres, 
une pension annuelle de 200 liv. st. (5,000 fr.). 

Bohn (IL G.), éditeur du The Chess Playefs companion, 
dontM. Staunton est l’auteur, etc., London, 1849, et de 
The Hand book ofgames... London, 1850. 

Boswell (Sir Alexander), est éditeur de The Buke of 
the Chess, composé au xvi* siècle et réimprimé par J. 
Sloune en 1818, in-4, goth. à 40 exemplaires seule- 
ment. 

Bdcki,e (Henri-Thomas), joueur de première force, 
mort à Damas en 1 862, auteur d’un ouvrage qui eut 
un grand retentissement, intitulé : Histoire de la civi- 
lisation en Angleterre. 

Caxton (William), imprimeur de The Game of Chess, 
fit passer en langue anglaise la traduction française de 
l’ouvrage latin de Jacques de Cessoles. 

Cet ouvrage est le premier imprimé en Angleterre. 

Lord Chatam, dans un discours qu’il prononça à la 
Chambre des lords, le 20 janvier 1775, après avoir parlé 



ANGLETERRE. 



39 



des affaires d’Amérique, compare le jeu des échecs à 
un gouvernement constitutionnel, dans lequel le roi, 
quoique étant la pièce la plus importante du jeu, n’a 
cependant aucun pouvoir sans l’assistance des autres 
pièces. 

CocHRANE (John), Esq., du Service civil de Madras, 
est auteur d’une analyse du Gambit Muzio, imprimé 
à Madras en 1829. Il avait déjà publié à Londres, en 
1822, un Treatise on Chess... in-8 de 366 pages. 

C’est un des meilleurs traités sur ce jeu, on y trouve 
un e.\trait du Traité des amateurs, un e.vtrait de celui 
d’Ercole del Rio, une bonne défense du gambit du roi, 
inventée par l’auteur, et plusieurs parties jouées par 
lui. Le Palaméde, 1843, a reproduit la défense de cet 
ouvrage. 

Crampel. Avis aux amateurs d’échecs (sur le projet 
d’une réunion internationale des joueurs de ce jeu, à 
Londres), imprimé dans la Régence, 1850. 

La reine Ei.isabeth était amateur d’échecs. 

Fci.ke (Will.). The Most ancient and leamed play, 
called the philosopher’s game, invented for the honest ré- 
création of the studious; by W. F. (Will. Fulke). Im- 
printed by Rowland Hall, 1363, in-16 goth. de 40 ff., 
fig. et tables. 

Ouvrage très-rare, dédié à lord Robert Dudley. 

Güili-aume de Granvii.i.e, qui commandait les troupes 
d’Édouard III, roi d’Angleterre, voulant s’emparer du 
château d’Évreux, invita courtoisement le gouverneur 
à venir chez lui prendre connaissance d’un beau coup 
d’échecs ; celui-ci, grand amateur de ce jeu, s’y rendit, 
fut l'etenu prisonnier, cl son château devint la proie 
des Anglais. 



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40 



ANGLETERRE. 



Harvey (lord), dans le 37' numéro du Craftsman, dit 
quCj quoique le jeu d’échecs n’admette pas d’enjeu, 
personne n’est insensible au gain ou à la perte, et 
qu’il est rare qu’une personne d’une grande vivacité 
y devienne bon joueur. 

Jacques I'"", dans un discours qu’il prononça à la 
Chambre des communes, en 1 609, dit que les rois ont le 
pouvoir d’élever ou d’abaisser leurs sujets et de faire 
d’eux, ainsi qu’au jeu des échecs, d’un pion un fou ou 
un chevalier. 

Jean-sans-terre (en 1204). Pendant que les Français 
faisaient tous les jours de nouveaux progrès dans la 
Normandie, Jean s’occupait de ses plaisirs : « Laissons 
faire les Français, disait-il, j’en reprendrai plus en un 
jour qu’ils n’en ont pris en un an. » Dès qu’il fut in- 
formé de la capture du ChAteau Gaillard, il prit la fuite 
et se retira à Londres. Les députés de Rouen allèrent 
l’y trouver, et lui déclarèrent qu’ils seraient obligés 
de rendre leur ville aux Français, s’il ne leur envoyait 
du secours dans un mois. Ces députés prenaient mal 
leur temps. Jean était alors occupé à jouer une partie 
d’échecs, et il n’avait pas beau jeu. 11 répondit aux 
députés, d’un ton chagrin : « Vous vous êtes bien mal 
avisés de venir m’interrompre; je n’ai point de se- 
cours à vous donner; faites comme vous l’enten- 
drez. » 

C’est ainsi que ce prince perdit la Normandie, qui 
rentra sous la domination française, deux cent quatre- 
vingt-douze ans après qu’elle eut été cédée à Rollon 
par Charles-le -Simple. 

Kennedy (capitaine H. A.), dans son ouvrage Waifs 
and Strays, chiefly from the Chess board, Londres, 1862, 




ANGLETERRE. 



«1 



In 12 de 246 pages, parle de Napoléon !•', de Bertrand 
et d’autres personnes célèbres joueurs d’échecs. 

Kenny (Charles). Manuel of Chess for beginners, II- 
lustrated... Londres, 1846, In-12; 1859, in-12. 

Kenny (W. S.). Fractical Chess Grammar, etc. l" édi- 
tion, Londres, 1816, in-4; 2® édit,, 1817, in-4 de 57 
pages; 3® édit., 1818, in4; 5® édit. (1823), in-4. Une 
traduction allemande a été faite à Leipzig, en 1821, 
in-8. 

— Fractical Chess Exercises, a Sequel to the Fractical 
Grammar. Londres, 1818. ln-8 de 240 pages, un fron- 
tispice et 22 diagrammes. 

— Analysis of the game of Chess. London, 1819. In-8 
de 264 pages, et 2® édition en 1824, in-8. 

Kling, fort joueur d’échecs et compositeur de pro- 
blèmes. 

11 entre dans les cinquante parties recueillies par Kié- 
séritzky pour les 13® et 16® parties. 

Son Almanach des échecs, problèmes et solutions, où 
les blancs font mat en 365 coups, après avoir forcé les 
noirs de passer avec le cavalier sur toutes les cases de 
l’échiquier, mais une fois seulement sur chacune, a 
été imprimé dans la Régence, 1850. 

On a aussi de lui plusieurs mats, imprimé dans la 
2® série du Falamède et dans plusieurs recueils d’échecs. 

The Chess Euclid, a collection of two hundred chess Fro- 
blems and End games. Belle collection de diagrammes 
coloriés. (London), 1849. In-8. 

Le Même avec Horwitz. Chess Studies illustrated by 
diagrams; also the defeat of the Muzio Gambit, Edited 
by H. C. Mott. Londres, 1851. In-8. 

— The Chess Flayer... Londres, 1853. In-8. 



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ANGLETERRE. 



A3 

Lahbe (Robert), vicaire à Norham, est auteur d’une 
histoire du jeu des échecs, assez bien faite et très- 
curieuse, parue sous le titre History of chess, together 
with short and plain Instructions, etc. t" édit., London, 
1764, in-8 de ISO pages. 2® édit., London, 1765, in-8 
de 148 pages. London, 1775, et London, 1778. 

Lewis (William), fort joueur d’échecs anglais, auteur 
des ouvrages suivants ; 

— Oriental Chess, publié à Londres, en 1817, 2 vol. 
in-12. Ce petit livre renferme des positions extraordi- 
naires prises d&ns l’ouvrage de Trevangadacharya. 

— Translation of Gioachino Greco, of Carrera, of 
Stamma d’Alep. London, 1818, 1821. 

— Eléments ofthe game of chess. London, 1818, in-12 ; 
1822, in-12. New-York, 1827, in-12 de 240 pages. 

— The Game of the match at chess played between the 
London and the Edimburgh chess clubs... Londres, 1828, 
gr. in-8 de 8-131 pages. Les parties du défi aux échecs, 
jouées entre les clubs de Londres et d’Edimbourg, de 
1 824 à 1 828, avec variantes et remarques. 

— On the report of the committee of the Edimburgh 
chess club, etc. London, 1829, in-8. 

— A sériés of progressive lessons on the game of chess. 
London, 1831, in-8 de 320 pages; 1833, in-8, et 1842, 
gr. in-8 de 14-223 pages. 

— A second sériés of lessons, etc. London, 1832, in-8 
de 424 pages; 1834, 1843, in-8. Seconde série de le- 
çons sur le jeu des échecs, contenant plusieurs nou- 
velles méthodes à l’usage de la classe élevée des 
joueurs, et cinquante parties jouées, ainsi qu’une re- 
lation du voyage de Stroebeck. Bon ouvrage renfer- 
mant plusieurs débuts bien analysés. 



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ANGLETERRE. 43 

— Chess problems. London, 1827, gr. in-12 de 2 feuil- 
les, 164 pages. 

— Fifty games of chess, etc. London, 1832, in-8. 
Un choix de cinquante parties jouées par l’automate, 
durant son séjour à Londres en 1820. L’automale était 
alors dirigé par MM. Lewis et Mouret. Il donnait le 
pion et le trait à tout le monde. Ce choLx de parties à 
pion et à trait est assez intéressant. 

— A sélection of games at the chess, played at the 
Westminster chess clvh. London, 1835. 

— Chess for Beginners (pour les commençants). Lon- 
don, 1835, 1837, in-12 obi. 

— Sélection of games at chess, played between M. Lor 
bourdonnais and an English amateur, London, 1835, 
in-8 de 132 pages. Choix des parties jouées à Londres, 
au club de Westminster entre MM. Mac-Douncll et de 
La Bourdonnais. 

A Sélection of games at chess... played in London, by 
Alexander, Mac'Donnell, Deschapelles and Leicis. Lon- 
don, 1836. Publication intéressante. 

Treatise on the game of chess... London, 1843 (1842), 
in-8; 1844, in-8, de 20-531 pages. Contient une bi- 
bliographie échiquienne. La traduction française de 
Witcomb ne l’a pas reproduite. 

Locke, dans son Essai sur l’entendement humain, se 
sert des échecs comme terme de comparaison. 

Penn (R.), est auteur de Maxims and hints for an 
Angler, and miseries of fishing... To which are added 
Maxims and hints for a chess player (Maximes et Con- 
seils pour les pêcheurs et les joueurs d’échecs) ; pu- 
blié à Londres, en 1833, in-8. 

Praït (P. ', auteur d’ouvrages estimés sur les échecs: 



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U 



ANGLETERRE. 



The Theory of chess... Londres, 1799, in-8, froiitisp. ; 
même ville, 1801, 1803; édit, revue et augmentée 
du poëme de sir W. Jones, Caîssa, Londres, 1814, 2 vol. 
in-8; 1817 et 1819, 2 vol. in-8 avec portrait; sixième 
édition, revue et corrigée en 1823, in-8. 

La Régence, en 1830, a reproduit les études d’échecs, 
pages 110 et suivantes. 

Sarratt (J. H.) était un fort bon joueur d’échecs et 
auteur d’un traité assez estimé : On the game of chess, 
publié à Londres en <1808, 2 vol. gr. in-8; en 1809, 
2 vol. in-8; en 1821, 2 vol. in-8; édition revue avec 
notes et additions de W. Lewis, etc. Bagster, 1822, 
1823, 3 vol. in-8. Assez bon ouvrage tiré de Ponziani, 
Ercole del Rio et autres. Il a donné aussi des traduc- 
tions anglaises de Damiano, Ruy-Lapez, Salvio, Gianu- 
tio, Gust. Selenus (duc de Brunswick), publiées à Lon- 
dres en 1813, 1816, 1817. 

Dans Shakespeahe’s Tempest, acte V, on voit Ferdi- 
nand et Miranda jouant aux échecs. 

Staunton (Howard), Esq., un des plus forts joueurs 
d’échecs d’Angleterre, auteur de plusieurs bons traités 
sur ce jeu, éditeur du Cftess Player’ s ckronicle. Le Chess 
illustrated in London, 24 février, 3 et 10 mars 1849, 
publia plusieurs de ses problèmes. 11 coopéra dans les 
Cinquantes parties... recueillies par Kiéséritzky ; ouvrage 
publié à Paris en 1846. 

On a de lui : Le Jeu des échecs, historique de la lutte 
entre l’éditeur du Palaméde et l’éditeur du Chess 
Player's chronicle. Paris, 1843, in-8. 

— The Chess Player's Text-Book. Londres (1849), 
in-12. 

— Chess Player’s companion, comprising a new Trea- 



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ANGLETERRE. 



45 



lise or collection of Match Games played with Mr. 
Saint-Amant, etc. London, 1849, in-12. 

Cet ouvrage fait suite au Handbooh, il en est le com- 
plément nécessaire. Divisé en cinq livres, le premier 
livre renferme 121 parties, dans lesquelles l’auteur 
donnait la tour de la reine. Parmi les joueurs qui re- 
cevaient cet avantage, on y voit figurer MM. Harwitz et 
Kiéséritzky ; mais ils jouaient, sans regarder l’échi- 
quier, deux parties à la fois. — Le chapitre II contient 
cinq parties, dans lesquelles l’auteur faisait l’avantage 
du cavalier et du fou du roi. — Le chapitre III contient 
dix parties à l’avantage du fou de la reine. — Le cha- 
pitre IV comprend 72 parties à pion et 2 traits. 

Le livre II renferme 70 parties jouées, par l’auteur, 
sans faire avantage. — Le chapitre P’’ de ce livre ren- 
ferme 40 parties, début du cavalier du roi. — Le cha- 
pitre II, 16 parties, début du fou du roi. — Les cha- 
pitres III et IV, divers gambits. 

Le livre III comprend 18 parties à débuts irréguliers. 

Le livre IV, un match entre l’auteur et M. Saint- 
Amant, publié déjà dans le Paîaméde en 1 844. 

Le livre V se divise en vingt-deux chapitres ; Choix 
de problèmes d’échecs. 

— The Chess Tournament, etc. (le Tournoi d’échecs, 
ou Recueil de coups avec notations). Londres, 1852, 
in-12. 

— The Chess Praxis, a supplément to Ilandbook, etc.; 
by Staunton, 1859. 

La Régence, 1860, page 97, a donné une analyse de 
cet ouvrage. 

Staunton et Saint-Amant. Chess Player’s Handbook. 
Londres, 1847, in-12; 1862, in-8. 



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46 



ANGLETERRE. 



Ouvrage très-estimé. 

Tomlinson (Ch.), est auteur, 1“ d’un poème anglais 
Chess, en 4 parties, publié à Londres, petit in-8. 

2“ des Amusements in chess, ISiifi, petit in-8. 

3® de The Chess Player' s annual, London, 1856, in-8. 
de xii-260 pages, avec dédicace à lord Lyttelton, 
contenant : 

The False Move, a spanish Taie of time of Ruy 
Lopez. 

The Professor’s Daughter, by the éditer. 

The Promissory note, by the éditer. 

The position, by Andrews, esq. 

The study, by Henry Horwitz. 

The position, by Herr King. 

Essays, dialogues, and sketches. 

Poetry, by the Editer, Mortimer Collins, anonymous 
and H. A. K. 

Chess Aphorisms : by the éditer, T. E. Cour ; anec- 
dotes. 

Cames. 

Chess studies; by Horwitz and Kling. 

Cet intéressant annuaire du jeu des échecs n’a pas 
continué à paraître les années suivantes. 

Walker (George), était un des plus forts joueurs 
d’échecs et des plus féconds auteurs dans ce genre, 
rédacteur, en 1843, de la revue anglaise le Philido- 
rian. 

On a de lui : 1® un New Treaties on chess (Nouveau 
Traité sur les échecs, contenant les préceptes du jeu 
avec les plus brillants débuts et les fins de parties les 
plus difficiles, et une collection de 50 nouveaux pro- 
blèmes, etc.). Cet ouvrage donne quelques débuts de 



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ANGLETERRE. 



*7 



Mac-Donnel et autres, et a été publié à Londres en 
1829; 5* édition en 1832, in-8 de 80 pages; en 1833, 
in-8 de 160 pages; en 1841, in-8 de 16-296 pages, etc. 

2® Nouvelles Variantes sur le gambit Muzio, Londres, 
1831, brochure anglaise assez curieuse. 

3® Ouvrages sur Philidor, publiés à Londres en 1834, 
et en 1836. C’est un choix départies jouées parce 
joueur célèbre avec ses contemporains. M. Walker, les 
donne comme extraites d’un manuscrit original décou- 
vert par lui en 1833. 

4® Chess made easy (les échecs rendus faciles), petit 
traité à l’usage des commençants, imprimé à Londres 
en 1835, 1836, 1837; à Philadelphie, en 1837, et à Lon- 
dres en 1830, in-8. 

5® Chess studies (études d’échecs composées de 1,000 
parties jouées), publiées à Londres, en 1844, gr. in-8 
de vi-86 feuillets. Ouvrage contenant 1,020 parties, im- 
primé sur six colonnes, tout chiffres et initiales. Ce 
qui lui manque, ce sont des notes explicatives. 11 con- 
tient des parties dePhilidor, de Labourdonnais, de Mac- 
Donnell, les 50 parties de l’automate, jouées à Londres 
en 1820, etc. Ouvrage cité dans le Palamêde, 1844 et 
dans la Régence 1849. 

6® The Art of chess play (art de jouer aux échecs), 
4® édition, Londres, 1846, grand in-8 de 380 pages; 
prix : 12 sh. (15 fr.). 

L’auteur dit dans sa préface qu’il n’est pas un seul 
répertoire sur les échecs qui ne lui ait passé par les 
mains et qui n’ait été condamné à payer tribut au pro- 
rata de son avoir. 

7® Chess and Chess Players (les échecs et les joueurs 
d’échecs), Londres, 1850. 1 vol. in-8 de 388 pages. 



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48 



ANGLETERRE. 



Cet ouvrage contient : l’Automate joueur d’échecs ; 
Deschapelles; Une Nuit à York ; les Echecs avec et sans 
l’échiquier; le Café de la Régence; Ruy-Lopez, évéque 
aux échecs; Mal et Échec-et-mat, nouvelle orientale; 
Napoléon I", joueur d’échecs; Vincenzio le vénitien; 
la Lumière et lustre des échecs ; Batailles de Labour- 
donnais et Mac-Donnell. 

Ces nouvelles ont été reproduites en français dans 
le Pdamède, 1837, p. 219 à 223; 1842, t. I", et t. II; 
1843. 

8® Lettre à M. de LabourJonnais, imprimée dans le 
Palamède, 1836, p. 323 à 329. 

Dans cette lettre, l’auteur donne un extrait d’un 
manuscrit persan relatif aux échecs, il dit que la Bi- 
bliothèque du Muséum britannique possède un assez 
grand nombre de manuscrits, sur ce jeu, des xn® et xiii* 
siècles qui contiennent des positions assez curieuses, 
annonçant qu’à cette époque les échecs étaient déjà 
fort bien connus ; mais dans tous ces écrits la marche 
des pièces est différente de la nôtre. 

9“ La Dame contre deux Cavaliers, comprenant onze 
positions, Londres, août 1837, imprimé dans le Pala- 
mède. p. 323 à 342. 

10® Défense des deux Cavaliers contre la Dame {Pala- 
mède, 1837). 

11® Derniers moments de Labourdonnais {Bell’ s life in 
London et Palamède, 1842). 

Les Echecs en Espagne au xvi® siècle, nouvelle parue 
pour la U® fois dans le Frazer’s Magazine de Londres, 
août 1841, et dans le Palamède, 1842, p. 63. 

Welleh (Samuel), dans ses Becherches sur les cartes à 
jouer, Londres, 1816, in-4, imprimé à 230 exemplaires. 



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ANGLETERRE. 



49 



regarde l’origine des cartes à jouer, comme invention 
indienne, de môme que celle des échecs ; comparant 
ensuite les deux jeux, il pense que les cartes pourraient 
bien être une imitation du second jeu. On y trouve le " 
Bot des échecs ; la Dame, les cavaliers se trouvant dans 
les anciens jeux, fabriqués entre autres par Jean Noblet, 
au faubourg Saint-Germain, et aujourd’hui encore en 
usage chez les Espagnols; les Varlets ou Fous des 
échecs et les as, pouvant être comparés aux Tours. 

Walter Raleigh, était amateur d’échecs. 

Walter-Scott. Article sur Hoffmann et ses composi- 
tions fantastiques, imprimé dans le Falamède, 1836, p. 
263. 



l 



3 



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ARABES, PERSANS, TURCS 



Anecdotes historiques. 



« Les échecs, auxquels les Turcs jouent beaucoup, 
n’ont point de figures d’hommes ni d’animaux. J’en ai 
vu de morceaux d’agathe orientale enrichis ‘d’or. Il 
n’y a pas non plus de figures aux échecs des Arabes. 
Chez les Persans, les pièces sont figurées. L’éléphant 
que j’ai vu était avec deux hommes sur le dos. Le Roi 
était dans un kiosque ou belvéder. La promptitude 
avec laquelle j’ai vu quelques turcs jouer aux échecs, 
m’a surpris. » (L’abbé Toderini, Littérature des Turcs, 
trad, en franç. par l’abbé Cournaud, i 789.) 

« Les Arabes passent quelquefois les journées en- 
tières sur l’échiquier. » (Niebuhr, Voyages en Arabie, 
Amst., 1776, t. 1, p. 138.) 

« Parmi les jeux ordinaires des femmes, dans les 
harems, se trouve celui des échecs. » (Russell, Détails 
sur les harems d’Alep.) 



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A 



ARABES, PERSANS, TURCS. 5t 

« Les Turcs aiment beaucoup les échecs. Ce jeu est 
en rapport avec leur gravité habituelle. On me racon- 
tait dernièrement une anecdote qui montre à la fois 
leur passion pour ce jeu et leur indifférence pour la 
vie. Un Aga avait encouru la disgrâce du sultan, et 
Tordre de le mettre à mort arriva tandis qu’il était 
occupé à une partie d’échecs. La partie était avancée, 
la position était fort intéressante, et il supplia les mes- 
sagers de mort de lui permettre d’achever là partie. 
Ils y consentirent. 11 gagna; et ensuite, après avoir re- 
mercié les officiers de leur politesse, il baisa Tordre 
qu’ils lui apportaient et reçut 1e coup mortel avec un 
sang-froid parfait. » Cette anecdote, qui ressemble 
beaucoup à celle de Julius Canus dont il sera question 
plus loin, se trouve dans l’ouvrage de W. Hunter, in- 
titulé : Traveîs in the year 1792 through France, Tur- 
hey, etc. 

Les Arabes et les Persans divisaient les joueurs d’é- 
checs en cinq classes. D’abord les Aliyat ou classe des 
grandeurs, dont il existait rarement trois à la même 
époque. La seconde classe se composait des joueurs 
pouvaat gagner deux ou trois parties sur dix en se 
mesurant à but contre un Aliyat. 

Teweddoud,ou la docte esclave, conte faisant partie des 
Mille et une nuits, est ce qu’on peut nommer un en- 
nuyeux récit, mais curieux pour Taperçu qu’il donne 
des connaissances qui formaient au commencement 
du X* siècle ainsi que de nos jours, en Orient, l’éduca- 
tion complète d’une femme. Voici le passage relatif au 
jeu des échecs : « Étonné de tant de sagacité et de 
tant de connaissances, le khalife permit à la belle 
Teweddoud de s’emparer du manteau d’ibrahim, fils de 



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52 ARABES, PERSANS, TURCS. 

Nasami, qui s’avoua vaincu Iui-m6me. « Maintenant, 
dit Haroun, il ne me reste plus qu’à vous voir jouer. 
Voici l’un des plus habiles joueurs d’échecs qui va se 
mesurer avec vous. » Teweddoud se mit à jouer, et en 
un instant, elle fit échec et mat son adversaire. A la 
seconde partie, elle lui donna un cheval (cavalier) et 
un rokh (tour) ; à la troisième le vizir (la reine) ; ce- 
pendant tout cela ne put empêcher qu’elle ne gagnât 
son adversaire. Le grand joueur d’échecs s’arracha la 
barbe, déchira ses habits et jura qu’il ne rejouerait 
tant que Teweddoud serait à Bagdad. » 

Extrait des Contes inédits des Mille et une nuits, tra- 
duits en français par G. S. Trébutien. Paris, 1828, t. I, 
p. 139-140. 



Poésies. 

Ferdoussy ou Fibdaüsi (Âbou-l-Cassem-Hassane), 
mort l’an 411 de l’hég. (1020 de l’ère chrétienne). 11 
entreprit par l’ordre du sultan Mahmoud, de versifier le 
Bastan-Nama, en un poème de 120,000 vers qui fut 
intitulé Shahnama (Livre des Rois). Cet ouvrage, où il 
est parlé des échecs coûta à Ferdoussy plus de 30 ans 
de travaux. 

Un exemplaire manuscrit, écrit il y a environ 140 ans, 
se trouve au Muséum britannique, n® 18,804, f» 260. 

M. Langlès dans sa traduction de Contes et fables orien- 
taux, Paris, 1788, 2 vol. in-18, a donné une analyse de 
ce poème. 

Une autre traduction française a été faite par M. J. 
Mohl, et imprimée à Paris à l’Imprimerie royale en 
1838. 



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ARABES, PERSANS, TURCS. 53 

Mohamed (Abu-Abd-Allah), 81s de Achmed-al-Cheyat, 
de Damas, est auteur d’un poème arabe sur le jeu des 
échecs. Une traduction latine en a été donnée dans 
Mandragorias..., t. Il, p. 275-406. 



Célébrités de l’échiquier. 

Aahon-Raschyd, voir Harodn-al-Raschid. ' 

Abüi.-Abbas-Ahmed-Ben-Mohamed-es-Serchasi-el-Tha- 
LiB, médecin arabe, mort en 899, écrivit un traité sur 
les échecs. 

Adau, arabe, vivant dans le x* siècle. Un vieux ma- 
nuscrit arabe de l’époque, conservé à la Bibliothèque 
asiatique de Londres, rapporte que ce joueur resta 
pendant cinq ans le seul de sa classe (1'* classe, dite 
Aliyat). Une de ses 8ns de partie se trouve décrite 
au f“ 4. A. du manuscrit conservé dans la bibliothèque 
de la Société Asiatique. 

11 est auteur d’un traité du jeu des échecs. 

Almanont, Almanodn ou Abdallah III, 7' calife de la 
maison des Abbassides, mort en 833, disait qu’il était 
malheureux de ce qu’il savait mieux gouverner les 
peuples, que conduire les pièces d’un échiquier. 

Al-Amin-Ben-Haroün, 6* calife de la maison des Ab- 
bassides, succédaà son père Haroun-el-Raschid, en 809. 

Lors du siège de Bagdad, un exprès l’avertit que 
la ville était assiégée. « Tais-toi, lui répond le calife, 
ne vois-tu pas que je suis sur le point de faire Cuter 
échec et mat? » Historia saracena, lib. II, cap. ni. 

On raconte qu’il se faisait envoyer des différentes 
provinces de son empire les plus forts joueurs d’échecs. 



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54 ARABES, PERSANS, TURCS. 

auxquels il donnait des pensions et avec lesquels il pas- 
sait une partie de son temps. 

Amurath, ou Amodrath ou Mourad IV, empereur des 
Turcs en 1622, prit Bagdad en 1633, mourut en 1640. 

Les historiens ottomans ont conservé une singu- 
lière dépêche poétique que le grand vizir Hafiz (qu’il 
ne faut pas confondre avec le poète persan de ce nom) 
adressa à Amurath IV quelque temps après la prise 
de Bagdad par les hérétiques de la Perse : u Hafiz est 
entouré d’ennemis ; n’a-t-il donc aucun secours à at- 
tendre ? Personne ne se dévouera-t-il à la foi musul- 
mane ? Dans le jeu d’échecs des combats les tours en- 
nemies s’avancent ; que nos cavaliers marchent. Ne se 
trouvera-t-il pas untnziV pour les commander, etc.?» 

Amurath répondit : « Si les tours ennemies s’avan- 
cent, c’était à toi de donner échec et mat au shah de 
Perse, tu as manqué de confiance dans tes troupes et 
tu n’as pas fait marcher tes pièces quand il le fallait, 
etc. (Extrait de lailevwe brit., 3' série, t. V, p. 30.) 

Arabs-chah (Ahmed-Ben), historien et docteur mu- 
sulman, mort en 1430, dans sa Vie de Timur ou Tamer- 
lan, parle d’un célèbre docleur>rabe, qui, tout à la 
fois, dictait une leçon, dirigeait une partie d’échecs, 
une partie de trictrac et composait une pièce de 
vers. 

Al-Ari, vivant dans le x® siècle, fut pendant quelque 
temps le plus fort joueur d’échecs arabe. 

Un sarrazin nommé Buseca, vivant au milieu du 
XIII® siècle, jouait sur deux échiquiers à la fois, contre 
deux des meilleurs joueurs d’Italie. 

Giovanni Villani, dans son Histoire de Florence, nous 
apprend que ce joueur est venu dans cette ville jouer 



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ARABES, PERSANS, TURCS. S5 

aux échecs, l’an 1266; il s’y faisait surtout remarquer 
par son jeu sans voir l’échiquier. 

Büzurdjemehir ou Borzo, savant médecin, vizir de 
Cosroés ou Kisra Nouchywan, et gouverneur de son 
fils Bomouz. 

Envoyé aux Indes par son maître, pour y apprendre 
le sanskrit et en traduire les ouvrages les plus intéres- 
sants, il entreprit de recueillir les histoires des rois 
persans'et forma un recueil, écrit en prose, sous le 
titre de BasUm-nama (livre de l’antiquité), qui ne fut 
complété que sous le règne de Yazdijird, vers le milieu 
du vu* siècle. 

' On l'egarde Borzu, comme inventeur du trictrac et 
comme ayant découvert de lui-méme la marche des 
échecs, sur un échiquier avec ses pièces envoyé à son 
souverain, sans aucune instruction, par le roi Hind. 
Cet envoi était accompagné d’une lettre qui commen- 
çait ainsi : « O roi I puissiez-vous vivre aussi longtemps 
que les sphères célestes continueront leurs révolutions 1 
Je vous prie d'examiner cet échiquier, et de le mettre 
sous les yeux des plus savants et des plus grands sages 
de votre royaume. Laissez-les délibérer avec soin tous 
ensemble, et découvrir, s’ils le peuvent, les principes 
de ce jeu merveilleux... Et si vous réussissez à en pé- 
nétrer le secret, je vous promets de me reconnaître 
tributaire de Votre Majesté ; sinon, comme il sera clair 
que vous ne nous égalez pas en science, c’est vous qui 
devrez vous soumettre à me payer tribut, car ta véri- 
table grandeur de l’homme consiste dans son savoir, 
et non dans le territoire et les trésors, choses péris- 
sables 1 » Tous les conseillers et ministres se mettent 
à l’œuvre, mais l’énigme parait insoluble, et les sept 



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56 ARABES, PERSANS, TURCS. 

jours, demaudés par le roi pour réfléchir, étaient près 
de leur terme quand le premier des conseillers, Bu- 
zurdjemehir se lève et s’engage à découvrir le mystère 
en un jour et une nuit, il s’enferme avec l’échiquier 
dans un appartement, examine chaque pièce, se pé- 
nètre des probabilités de la marche jusqu’à ce que la 
vérilé lui apparaisse. La cour s’assemble, l’envoyé du 
roi de Hind est introduit et Buzurdjemehir expliqua so- 
lennellement l’échiquier, l’arrangement des pièces et 
leur marche. Noushiwan, pour le récompenser de son 
savoir, le combla de faveurs et de dignités. 

Habocn-ai.-Raschu), ou âabon-Raschyd, ou mieux, 
Haboon-el-Raschvd, 5 ® calife abbasside, né eh 766 , 
monta sur le trône en 786 , mort en 809 . 

Prince remarquable par ses qualités ; il fit présent à 
Charlemagne d’un échiquier, donné plus tard à l’ab- 
baye de Saint-Denis, et dont il ne reste plus aujour- 
d’hui qu’une seule pièce qui se trouve au cabinet des 
médailles à la Bibliothèque impériale. 

C’est sous ce calife, que les Arabes apportèrent en 
Europe les chiffres indiens, dont l’usage fut substitué 
peu à peu à celui des chiffres romains. 

Ibn-Dandan, vivant au xi® siècle, fut pendant un 
temps le plus fort joueur d’échecs de Bagdag. 

Khaja-Ali-Shatbanji, joueur d’échecs de première 
force de la cour de Tamerlan. 

Plusieurs de ses problèmes d’échecs sont conservés 
dans un manuscrit sur ce jeu, appartenant à la Société 
Asiatique de Londres. Ce traité est anonyme, assez in- 
complet, et semble avoir été écrit à cette époque. On 
y trouve trois versions différentes sur l’origine des 



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57 



ARABES, PERSANS, TURCS. 

échecs. Manuscrit 260 de la Bibliothèque Asiatique de 
Londres. 

Al-Künaf fut pendant quelque temps le plus fort 
joueur d’échecs de Bagdad. 

Lajlaj, persan, vivant au x* siècle, fort joueur d’é- 
checs et auteur d’un traité sur ce jeu. 

Mohdy (Cheykh-El), auteur de contes arabes, traduits 
en français par J. J. Marcel et publiés en 1836. On en 
trouve un intitulé: L'Amour et le jeu des échecs, t. I, 
p. 283 à 297. Le Pa/améde, • même année, p. 161, l’a 
reproduit. 

Müstasih-Biu.ah, calife de Bagdad en 833, mort en 
842, fils du célèbre calife Haron-al-Raschid, était très- 
habile aux échecs. Un de ses problèmes conservé 
dans le manuscrit de la société asiatique, f’ 29 B., a été 
reproduit dans le Nouveau Manuel illustré du jeu des 
échecs, Paris, 1860, p. 25-26. 

Ai.-Rhazi est auteur de traités arabes sur le jeu des 
échecs: Apologeticus pro ludentihus al Shatrangi, et de 
Arte Nerdiludii. mentionnés dans l’ouvrage du D’’ Hyde. 

SoKEiKER, ancien historien arabe, parle des échecs 
en Orient, de diverses personnes qui y jouaient sans 
voir l’échiquier. 

Stamma (Philippe), né à Alep, en Syrie, au commen- 
cement du xviii® siècle, est auteur de l’ouvrage sui- 
vant : 

Essai sur le jeu des échecs, où l’on donne quelques 
règles, pour le bien jouer, et remporter l’avantage par 
des coups fins et subtils, que l’on peut appeler les se- 
crets de ce jeu, par un natif d’Alep en Syrie. 

Ouvrage contenant une centaine de positions très- 

3. 



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f 

58 ARABES, PERSANS, TURCS. 

ingénieuses. Sur 100 de ses parties, il y en a une 
vingtaine qui sont remarquablement belles, et bien 
d’autres sont dignes d’être connues ; mais plusieurs 
sont fausses ou en double. Son début favori était le 
gairibit de la Dame, qu’il regarde comme la meilleure 
manière d’ouvrir le jeu. 

La 8' partie de Philippe Stamma ayant été jugée im- 
possible, en comparant la position des pièces avec la 
marche que l’auteur indiquait; l’édition de Paris (1844) 
ne l’a pas donnée. 

Un amateur prétend qu’il n’est pas possible, en 
jouant les coups tels qu’ils sont indiqués dans la 
4* partie, que le blanc puisse gagner la partie, à moins 
de supposer que le noir sera tout à fait étranger au 
jeu, et qu’il fera faute, alors qu’il peut se défendre et 
même battre son adversaire ; car, dit-il, si au lieu de 
prendre le cavalier avec le pion, le cavalier noir prend 
le cavalier blanc, le noir gagnera indubitablement, 
mais il approuve la variante qui la suit. — Cet ouvrage 
a été publié successivement à Paris, 1737, petit in-12; - 
— à La Haye, 1741 ; — à La Haye, 1745; — à Amster- 
dam et à Leipzig, 1732, in-12; — à Hambourg, 1770, 
in-8; — et, sous les titres: Nouvelle manière de jouer..., 
Utrecht, 1777, in-12; — et le Jeu des échecs selon la 
méthüde..., Paris (1844), etl848, in-12. 

Al-Sulj (x* siècle), arabe célèbre comme joueiir d’é- 
checs et auteur du meilleur ouvrage qui eût paru 
jusqu’alors sur ce jeu : Liber arabicus de Shahiludio ; 
voir Th. Hyde, Mandragorias 1694, t. I, p. 182 et Syn- 
tagma. 1767, t. II, p. 156. 

Tamerlan, empereur des Tartares, mort en 1405, 
grand amateur du jeu des échecs, ne trouvant pas l’é- 




ARABES, PERSANS, TURCS, 5S 

chiquier assez compliqué, il l’arrangea à sa façon, 
mais sa méthode s’éteignit avec lui. 

11 y avait alors un grand et un •petit jeu des échecs, 
l’empereur jouait de préférence sur le grand ou por- 
f ait jeu des échecs. Ce dernier échiquier avait 10 cases 
sur 11 cases. 

Schahrok Behadir ou Schahrokh Mina, est le 4* fils de 
Tamerlan. Ce monarque lui donna ce nom, ayant reçu 
la nouvelle de la naissance de son fils, comme il jouait 
aux échecs et qu’il avait fait le coup que les persans 
appellent Schahrokh qui est lorsque le Boc que nous 
nommons la Tour, a donné échec au Roi. Ce fut aussi 
pour cette raison qu’il donna le nom de Schah- 
rokhiad, à la ville que Mohammed-Ben-Gehanghir, 
son petit-fils, faisait bâtir par son ordre sur la rivière 
de Khogend, que les Arabes appellent Sihon, et que 
les anciens ont nommée Jaxartes. 



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BELGIQUE 



Anvers possédait, en 1847, un cercle d’échecs. 

Bruxelles, en 1815, avait un cercle d’échecs assez 
renommé. En 1852-53, un autre cercle fut fondé place 
de la Monnaie ; le président de ce dernier cercle était 
M. Michael, alors le plus fort joueur de Belgique. Au- 
jourd’hui les joueurs d’échecs se réunissent à la Ta- 
verne de Munich, rue d’Aremberg et au café des Mille 
Colonnes, place de la Monnaie. Les principaux joueurs 
contemporains sont MM. Rive, propriétaire de la Ta- 
verne de Munich, A. Bastin, de Stropper, Verachter, 
Cambier, Clairman, Solvyns. 

Saint-Josse-ten-Noode, cercle des Canaris (cité dans 
V Illustration, 1864). 



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CHINE ET JAPON 



L’échiquier chinois se compose de 64 cases, toutes 
de la môme couleur. Au milieu se trouve une large 
bande qu’on nomme ho, rivière qui divise le champ de 
bataille en deux camps de 32 cases chacun. Les pièces 
de chaque camp sont d’une couleur particulière, d’or- 
dinaire rouge et noir, et se placent au point d’inter- 
section des cases, et non sur leur surface, d’où il ré- 
sulte que, sur l’échiquier, bien qu’il ne renferme que 
huit cases, on place neuf pièces par ligne. 

Pour gagner une partie, il faut mettre en échec et 
mat le général ennemi {siang en chinois, le roi de nos 
jeux européens), lequel doit changer de place, comme 
chez nous, toutes les fois qu’il est menacé de prise 
(échec) par une pièce ennemie. 

Voici l’ordre des pièces : 

char cheval, éléphant, ofBcier, général, officier, éléphant, cheval, 
de 

gnerre, 

canon. canon, 

soldat. soldat, soldat. soldat. 



char 

de 

guerre 

soldat. 



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6S 



CHINE ET JAPON. 



La mâme disposition est adoptée dans le camp ad- 
verse. Le canon répond aux cavaliers de nos échiquiers; 
il porte ses coups à distance, en passant par-dessus les 
pièces qui le séparent de l’objet attaqué : il faut même, 
pour qu’il puisse faire une prise, qu’il soit séparé de 
cette prise, par une pièce, soit de son camp, soit du 
camp ennemi, qui, comme disent les Chinois, lui sert 
d’affût, sans quoi il ne pourrait tirer juste et obtenir 
le résultat voulu. 

Le roi, les canons et les chars ne peuvent passer la 
rivière; les soldats ne peuvent avancer que d’une case 
et font leurs prises en biais à droite ou à gauche; ils 
ne peuvent pas reculer. 

Le jeu d’échecs se nomme ki en chinois et les ama- 
teurs de ce jeu ki-tsze. 11 existe plusieurs sortes de ce 
jeu : l’une d’elles, appelée tcei-Ai, a été imaginée, d’a- 
près les auteurs chinois, l’an 2200 avant notre ère. 

Les Japonais appelent go le jeu des échecs. 

Suivant la grande Encyclopédie japonaise, livre XVII, 
p. 1, l’empereur Yao inventa le jeu d’échecs appelé 
wei-ki pour servir à l’instruction de son fils. D’autres 
auteurs disent que ce fut l’empereur Chunqui inventa 
ce jeu dans le môme but. 

On doit l’introduction du jeu d’échecs au Japon au 
fameux Ki-bi-kO, Cepersonnage, l’un des plus illustres 
de l’histoire ancienne du Nippon, naquit en 602. A 
l’âge de vingt-trois ans, il se rendit dans le royaume de 
Chine pour y faire ses études. De retour dans son pays 
natal, en 733, il y introduisit un grand nombre de 
sciences et d’arts chinois, notamment le syllabaire coiï- 
nu sous le nom de Kata-kana et le jeu d’échecs. 

L’Encyclopédie japonaise s’exprime à ce sujet dans 



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CHINE ET JAPON. 



63 



les termes suivants : « La tradition rapporte que le jeu 
d’échecs fut originairement introduit au Japon par 
Ki-bi Sama. Or, ce Ki-bi Sama avait résidé dans 
l’empire chinois pendant vingt années. 11 revint à la 
cour du Nippon dans la septième année de l’ère im- 
périale de la Paix-Céleste (en japonais ten-fei, 735 de 
Jésus-Christ). A cette époque l’empereur de Chine 
était Hiouen-tsoung et l’empereur du Japon Seï-mou *. » 

En Chine on fait apprendre de bonne heure au.x 
filles à jouer aux échecs, avec le même soin qu’on 
leur apprend ailleurs à chanter et à danser. 

Origines chinoises, extrait du Concum ou Annales chi- 
noises : 

« Trois cent soixante dijc-neuf ans après Confucius, 
Hung-Cochu, roi de Kian-Guan, envoya contre le pays 
de Shensi une armée sous les ordres d’un mandarin, 
nommé Hansing, dans le but d’en faire la conquête. 
Âpj'ès une campagne heureuse, les soldats furent mis 
dans les quartiers d’hiver. Là, souffrant du froid et 
n’étant pas accoutumés à une saison si rude, privés 
de leurs femmes et de leurs familles, ils commen- 
cèrent à s’impatienter et demandèrent hautement 
qu’on les ramenât dans leurs foyers. Hansing n’était 
pas un simple guerrier, c’était aussi un homme de 
génie : ayant rêvé quelque temps sur ce sujet, il in- 
venta le jeu des échecs, autant pour amuser ses gens 
dans leurs heures de loisir , que pour accroître 
leur ardeur guerrière; car ce jeu est entièrement 
fondé sur les principes de l’art militaire. Le stratagème 



1. Nous devons ce renseignement à l’obligeance de M, Léon 
de Hosny. 



64 



CHINE ET JAPON. 



réussit au gré de ses désirs ; le jeu plut aux soldats. 
Ces combats, où chaque jour ils se disputaient la vic- 
toire, leur firent oublier les désagréments de leur si- 
tuation, Le général entra en campagne au printemps, 
et en peu de mois, il ajouta au royaume de Kian-Guan, 
le riche pays de Shensi, par la défaite et la prise du 
roi de ce pays, le fameux Choupaynen * ; à l’occasion 
de cette conquête, Hung-Cochu prit le titre d’empe- 
reur^ et Choupaynen réduit au désespoir, termina 
volontairement sa vie. » 

Dans Hai-Piém, grand vocabulaire chinois, au mot 
Siangtirki, l’invention des échecs est donnée comme 
d’origine indienne, et ce jeu aurait passé en Chine 
sous le règne de l’empereur Vou-ty, l’an 537 environ, 
de l’ère chrétienne. 

Le jeu d’échecs chinois ne le cède en rien, pour la 
beauté et la richesse des combinaisons, à notre jeu eu- 
ropéen ; il paraît môme se prêter à des complications . 
plus grandes. La reine n’existe pas dans le jeu chinois, 
on y trouve à sa place deux ministres, ou officiers, ou 
fils du roi; sur la troisième ligne horizontale et devant 
les cavaliers se trouvent placés les deux artificiers 
(office existant encore dans les armées chinoises). Ces 
dernières pièces sont très-importantes et d’un jeu tout 
à fait original; elles marchent en ligne droite et à 
angle droit, comme nos tours, mais elles mettent en 
échec et prennent d’une manière toute différente. 
(Voir la Nouvelle Régence, 1862, p. 196 et suivantes.) 



1. On cite, sur ce prince, des prodiges de valeur que les ro- 
manciers chinois se sont plu à exagérer. 

2. C’est le premier empereur de chine. 



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CHINE ET JAPON. 



65 



Traités spéciaux sur les échecs. 

La Bibliothèque impériale possède un manuscrit 
chinois, en 4 vol. sur le jeu des échecs. 

Rouan tseu phou [Traité du jeu des échecs). Une seule 
page de texte en chinois, et le reste en tableaux re- 
présentant les diverses combinaisons de ce jeu. Un 
cahier grand in-8. (Catalogue Bailleul, 1856.) 

Traité du jeu des éléphants, ou jeu d’échecs chirwis (en 
chinois), en X livres. 5 vol. in-8. 

Suite du traité du jeu des échecs chinois, contenant les 
règles et les e.xemples d’un autre jeu de combinaison 
appelé Gouei-ky, en chinois. (Catalogue de M. Char- 
din, 1823.) 



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ÉGYPTE 



Aben Ezza, dans son poëme hébreu sur les échecs, 
cite une opinion d’après laquelle Moïse aurait inventé 
le jeu des échecs à la cour des Pharaons. 

Les Égyptiens possédaient un jeu de combinaison, 
qui paraît être fort ancien et avoir été très en vogue. 
On le voit représenté sur les peintures des hypogées 
de Beni-Hassan qui date d’Osortasen P', et sur les pa- 
rois du pavillon de Ramsès-Meiamoun à Médinet- 
Habou. Ce tableau, qui représente un Pharaon jouant 
à ce jeu avec une de ses femmes, est une des plus 
gracieuses compositions de l’art égyptien. Ces repré- 
sentations étant toujours figurées de profil et sans au- 
cune notion de perspective, il est impossible de voir 
la forme de l’échiquier, le nombre des cases. 

L’échiquier du jeu égyptien, comme on peut le voir 



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ÉGYPTE. 



67 



au musée du Louvre, avait la forme d’une boité de 
28 centimètres de longueur environ, sur 7 de large. 11 
portait sculptées sur les deux faces, des cases qui pa- 
raissent avoir servi à un jeu analogue à celui de nos 
échecs; d’un côté, la surface est divisée en 30 cases; 
sur la face opposée, douze cases forment un carré qui 
occupe l’extrémité et dont la ligne médiane est aug- 
mentée de 8 cases. Un petit tiroir tenant à la boîte, 
renferme les différentes pièces, souvent en terre 
émaillée de diverses couleurs, ayant quelque analogie 
avec celles des pessos et des latruncules. 

Cette description est celle donnée par M. Prisse 
d’Avesne, dans son article sur la collection d’antiquités 
égyptiennes du Caire, inséré dans la Revue archéologique 
de Leleux, i 846. M. Prisse d’Avesne regarde ce jeu égyp- 
tien comme une variété ancienne du jeu de dames; 
les pièces ressembleraient à celles qu’emploient en- 
core aujourd’hui les Orientaux dans ce jeu. « 11 est pro- 
bable, nous dit ce savant archéologue, que ce damier 
égyptien, fort différent de celui dont nous nous amu- 
sons en Europe, et qui n’offre pas à beaucoup près 
autant de combinaisons, a servi de modèle au diagram- 
mismos des Grecs et au duodecim scripta des Romains, 
qui, dit-on, ressemblait au jeu de dames. » 

Nous citerons aussi le passage suivant d’une cause- 
rie de M. Doazan, publiée à Paris, en 1860, sous le titre 
d’Un rêve : o... Nous possédons dans nos musées, parmi 
les antiquités égyptiennes, des boîtes d’échecs en bois 
et en faïence, et des pions en verre coloré, en os et en 
ivoire. Les uns représentent des esclaves africains et 
asiatiques ; les autres ont justement des formes que 
l’on a cru inventer récemment. Tous remontent à plus 



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68 



ÉGYPTE. 



de trois mille quatre cents ans. L’une de ces boites 
appartenait à la fille de Toutmës 1", qui se nommait 
Ha-t-Àsou. Elle a gouverné après la mort de son 
père. » 



ESPAGNE ET PORTUGAL 



Journaux. 

El Ajédrez, journal publié à Barcelone, 1" année, 
1862, mensuel par liyraisons de 16 à 20 pages. (La 
Nouvelle Régence, 1862, p. 218.) 

Célébrités de l’éohiquier. 

Blasco-Isfab (Don), fort joueur d’échecs du xvi* 
siècle, célèbre surtout, pour jouer sans voir l’échi- 
quier. 

Don Cablos, fameux joueur d’échecs, voyagea en 
Portugal, en Italie, en Hollande et en France. Partout 
il fut vainqueur. A Paris, il fit connaissance d’une de- 
moiselle Minette, qui jouait souvent aux échecs avec un 
abbé peu galant qui la gagnait toitjouis; il enseigna à 



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70 



ESPAGNE ET PORTUGAL. 



cette demoiselle à gagner cet abbé. Peu de temps 
après, il reçut un défi qu’il accepta, l’adversaire était 
masqué et il fut maté pour la première fois. Démora- 
lisé par cet échec, il se retira dans un couvent où, six 
mois plus tard. Minette vint le chercher et se fit con- 
naître à lui comme ^tant son vainqueur. 

Lucena, auteur espagnol dont les prénoms ne nous 
sont pas parvenus, auteur du traité Repetidon de 
Amores, y Arte de Axedres, con CL juegos de partido : 
s. 1. n. d. (vers 1495), in-4 goth. à longues lignes. 

Au recto du premier feuillet, on trouve un échi- 
quier gravé sur bois, et au verso de ce feuillet une 
épigramme latine de neuf distiques. 

La partie de cet ouvrage concernant les échecs est 
intitulée : Arte breve, e introduecion muy necessaria para 
saber jugar al axedres, con ciento y dncuenta juegos de 
partido, etc. 

Cette seconde partie comprend 87 feuillets imprimés ; 
elle enseigne l’art de jouer aux échecs; on y trouve 
150 positions différentes indiquant la manière de don- 
ner échec et mai, le tout expliqué par 164 fig. sur bois. 

Le commencement du volume, qui comprend une 
espèce d’introduction, composée de vers et de récits 
d’amour, ne concerne nullement les échecs. 

M. Walker pense que Damiano aurait emprunté à 
cet ouvrage 120 fins de parties d’échecs. 

Ce traité n’a pas été traduit; il contient de très-belles 
fins de parties: parmi les maximes que Lucena donne, 
il s’en trouve de fort plaisantes ; il dit, par exemple : 

« Si vous jouez le soir, à la lueur d’une seule chan- 
delle, mettez-la du côté de la main gauche, parce que 
votre vue en sera moins gênée ; dans le jour, placez 






.1 



:)y 



ESPAGNE ET PORTUGAL. 



71 



votre adversaire en face de la lumière, ce sera pour 
vous un grand avantage, etc., etc. » 

C’est le premier traité où la marche des pièces est 
la même que de nos jours. On peut conclure de là 
que les changements opérés dans la marche de la 
dame et du fou ont pris naissance en Espagne. 

L’on ne connaît aujourd’hui que trois exemplaires 
de cet ouvrage ; l’un se trouve à la Bibliothèque im- 
périale de Paris, l’autre à celle du British Muséum et 
le troisième à la Bibliothèque royale de Bruxelles. 

Arte para saber jugar al axedres : por Lucena; s. 1. n. 
d., in-4 fig. vêtus editio. (Catalogue du maréchal d’Es- 
trées, en 1740, n* 9190.) 

Philippe II, mort en 1598, était grand amateur du 
jeu des échecs; c’est sous son règne que Hérissaient 
Leonardo de Cutri, Boï de Syracuse, don P. A. Salvio, 
et autres fameux joueurs. 

Amelot de la Houssaic, dans YHomme de cour, de Gra- 
cian, Paris, 1690, p. 7, note 2, raconte l’anecdote sui- 
vante : « Un seigneur espagnol ayant joué longtemps 
aux échecs avec Philippe II, gagna toutes les parties ; 
au sortir du jeu, il s’aperçut que le Roi était fort con- 
trarié; dès qu’il fut de retour à sa maison : « Mes en- 
fants, dit-il, nous n’avons plus que faire ici, car le Roi 
est offensé de ne m’avoir pu gagner aux échecs. » 

Quevedo, dans sa Caso de los Locos de amor, dit que 
l’homme va comme le pion dans le jeu des échecs, de 
case en case, sans pouvoir attraper la Dame. 

Ruv-Lopez de Sigura, habile joueur d’échecs, connu 
pour jouer sans voir l’échiquier, auteur du Libro de la 
invendon liberal y arte del juego del axedrez. 

La 1'* édition, imprimée en 1561,in4 de 168 feuiln 



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7S 



ESPAGNE ET PORTUGAL. 



lets. 8 feuillets pour le titre, une épUre dédicatoire et 
un errata assez fort. Ensuite le traité du jeu. Â la fin 
du volume : Âlcala de Hénares en casa de Andres de 
Angulo, anno de MDLXI. (Debure, Sciences, p. 601-602, 
Ant. Crevena, p. 236. Antonii, Biblioth. hisp. nm. t. II, 
p. 216. Clodius, Biblioth. lus. p. 96. Schmid, p. 231 et 
Buiv.) 

Son début des pions du centre est assez estimé ; 
Philidor avança un peu légèrement qu’il faisait perdre 
l’avantage du trait. L’anonyme de Modène (Ercole), 
essaya de le réfuter, mais sa démonstration renfermait 
une faute qui a été corrigée par les auteurs récents. 
(Jænisch, Analyse..., p. 95.) 

La 1'* édition de la traduction française estintitulée : 
Le jeu des eschecs avec son invention, science et pratique . . . , 
traduit de l’espagnol (sans nom d’auteur). Paris, J.Mi- 
card, 1609, in-4 de 4 feuillets non chiffrés et 44 chif- 
frés, plus le privilège. 

Ancien traité n’offrant rien de bien curieux : les édi- 
tions de la traduction française qui suivent celle-ci 
sont très-nombreuses et n’ont que peu de valeur. On 
les confond souvent avec celles de Gréco et récipro- 
quement. Ruy-Lopez regarde Palamède comme in- 
venteur du jeu d’échecs. 

VicENT {Francesch). Libredelsjochs,partitis del schaehs, 
en nombre de 100; en Valencia, Lope de Roca, 1495, 
in-4. Ouvrage rarissime et peu connu. Ce petit volume 
enseigne la manière de jouer aux échecs, avec une 
explication de 100 parties différentes. On lit à la fin 
cette souscription : « A loor gloria de nostre Redemtor 
Jesu Christ MCCCCLXXXXV. (Santander, Diction- 

naire bibliographique, t. III, p. 132.) 



ESPAGNE ET PORTUGAL. 73 

Damiano est l’auteup du fameux Libro da imparare 
giochare a scacchi, et belîissimi partiti, revisli et recor- 
retti, et con summa diligentia da molti famosstmi gio- 
catori emendati, in lingua espagnola et itaîiana (da Da- 
miano), Novamente slampato, s. 1. n. d. (v. 1510), petit 
in-8, goth. de 64 feuillets non paginés, une figure sur 
bois représentant un prêtre et un moine jouant aux 
échecs, et sur chaque page du texte un échiquier. 

Une deuxième édition, s. 1. n. d. (v. 1510), petit 
in-8, lettres latines, de 62 feuillets non paginés; 
même figure sur hois qu’à la r* édition. 

Une 3' édition pareille à la 2®, mais à la fin du der- 
nier feuillet on trouve le nom de l’auteur. 

Une 4' édition sous le titre : 

Libro da imparare giocare a scacchi, e dette partiti (da 
Damiano). Roma, per Stephanum Guitliretli et Herculem 
Nasi, 1512, in4, figure sur bois. 

Une 5® édition : Questo tibro da imparare giochare a 
scacchi et de te partite. A la fin : Vinisce et tibro... com- 
posto per Damiano Tortughese. Roma, J. Phil. de Nani... 
1518, in-8 de 15 feuillets. (Ant. Schmid, Literatur des 
Schachspiets, p. 158. Catalogue du Comte 'de Boutour- 
lin, en 1839, 1®* partie, p. 91, 11 fr. 50.) 

Rome, A. Btadi de Asuia, 1523, in-16 de 64 feuillets. 
(Clodius, p. 59. — A. Schmid.) 

Rome, A. Btadi de Asuta, 1524, édition augmentée; 
elle figure au catalogue d’Estrées,n® 9184. — Un exem- 
plaire se trouve à la bibliothèque de Vienne. 

Venise, Steff. Zazara, MDLXIV (1564), petit in-8 de 
62 feuillets. Cette édition, traduite en français par Car- 
lini, le d® Giovacchini, et annotée par Kiéseritzky, a 
été imprimée dans la Régence, 1849. (Un exemplaire du 

4 



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7 * 



ESPAGNE ET PORTUGAL. 



texte italien à la Bibliotb. de Vienne. — Masmann, 
p. 172. — Catalogue Piget, en 1746.) 

Bolognot G. Rossi, 1606, in-8. (Stein, Manuel. — A. 
Scbmid, p. 160.) 

Veneiia, P. Frari, 1618, in-8. (A. Schmid, p. 160. 
Régence, 1849, p. 72.) 

Damiano est le premier auteur qui ait composé un 
traité dans le but de faciliter l’étude du jeu. 11 a em- 
prunté la plupart de ses fins de parties à Lucena, 
comme nous l'avons dit plus haut. 

Cet ouvrage est le plus ancien traité publié en Por- 
tugal; il est fort intéressant et a beaucoup servi à Gioa- 
chino Greco et autres écrivains. Claude Grujet en a 
donné une traduction française en 1660. 

L’ouvrage consiste en dix chapitres : il s’y trouve 
d’abord des règles et observations générales, ensuite 
différentes ouvertures, un chmx de problèmes, et un 
chapitre sur la manière de jouer aux échecs sans voir 
l’échiquier. 



FRANCE 



Âneodotes historiques. 

La mention la plus ancienne que nous ayons trou* 
vée, relative aux échecs en France, se rapports au 
règne de Pépin, père de Charlemagne. 

Dans la relation de la translation des reliques de 
saint Austremoine, patron de l’Auvergne, de Volnic à 
l’abbaye de Moissac, on lit que cette translation eut 
lieu dans la quatorzième année (douzième année) 
du règne de Pépin, en 764, que ce monarque assista à 
cette cérémonie, et qu’il fit don, à cette occasion, au 
monastère, d’une quantité considérable de pierres 
précieuses, ainsi que de beaucoup d’or et d’un jeu 
d’échecs en cristal. {Acta sanctorum ord. S. Benedicti, in- 
fol., sec. III, part, ii, p. 191.) Les échecs n’étaient pas 
connus en Auvergne; ce jeu n’y est pas nommé par 
son n(»n, il n’y est que décrit. 



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76 



FRANCE. 



Le docteur Duncan Forbes pense qu’en France, à 
cette époque, les arts étaient trop peu avancés pour 
qu’il s’y trouvât des ouvriers assez habiles pour tailler 
un échiquier en cristal, et que, par conséquent, ce 
jeu devait venir d’Orient et aurait été donné à Pépin, 
en 7S7, par Constantin-Copronyme, empereur de Cons- 
tantinople, avec les riches présents parmi lesquels se 
trouvait un orgue, le premier qui parût en France. 

Poésies. 

ANONVHEs ; Amour jouant aux eschets, 40 vers imprimés 
dans le Labyrinthe de récréation, livre II. Paris, 1602, 
in-24. 

Dans le Cabinet satyrique, t. II, et dans la Jtfitse fo- 
lastre, I" livre (Paris, 1615), se trouve une pièce inti- 
tulée : Le Jeu des eschets, sonnet commençant ainsi : 

Çà, jouons aux eschets, et me donnez la dame... 

Dans le Choix d^épigrammes, tirées de l'Anthologie 
grecque, traduites en vers par J. D. Chopin, Paris, 1854, 
page 98, se trouvent les vers suivants : 

D’un jeu, qui des combats est l’image savante, 

Pour composer les instruments, 

Palamède, on eût dû tailler tes ossements. 

Durant une guerre sanglante. 

Le premier, tu sus autrefois 
Présenter le tableau d'une lutte innocente, 

Sur un champ de bataille en bois. 

Échecs amoureux, ou les Échecs d’amour, ancien poëme 
français, sur lequel nous reviendrons plus loin. 

Flores et Blanchefleur, poëme célèbre du xu® siècle. 



\ 



D 




FRANCE. 



77 



tiré en partie des romans grecs et orientaux et formant 
un mélange bizarre de galanterie, de superstitions, 
de chevalerie et de mœurs orientales, qui rappelle les 
anciennes histoires de la Table-B.onde, Lancelot du 
Lac, etc. 11 est difdcile do préciser la date des événe- 
ments racontés par l’auteur, mais ils peuvent être 
placés vers le ix' siècle, alors que les Maures étaient 
maîtres de la plus grande partie de l’Espagne, et que 
les chrétiens possédaient les Asturies, la Gallicie, la 
ville et le fameux pèlerinage de Saint-Jacques de Com- 
postelle. Il y avait à catte époque des califes à Baby- 
lone et des soudans en Egypte. 

Deux enfants naissent le môme jour, un garçon du 
nom de Flores ou Floire, fils d’un roi sarrazin, et une 
fille du nom de Blanchefleur ou Blancheflor, fille 
d’une princesse chrétienne réduite à l’esclavage. 

Flores devient amoureux de Blanchefleur; le roi 
son père, craignant les suites fatales de cet amour, 
éloigne son fils de sa cour et vend la jeune fille à des 
marchands étrangers. 

Le mal d’amour s’empare alors de Flores ; son père 
s’en apercevant, le rappelle chez lui et l’aide dans ses 
recherches pour retrouver Blanchefleur. 

Flores part pour Babylone, où il apprend que sa 
maîtresse vient d’étre vendue au Soudan d’Egypte et 
se trouve enfermée dans une tour mystérieuse que nul 
ne peut aborder, sous peine de perdre la vie : mais au 
moyen du jeu des échecs et de libéralités. Flores captive 
le gardien de cette tour, et, après diverses aventures, 
il finit par posséder définitivement Blanchefleur. 

L’on ne peut bien préciser quel est le texte original 
de cette histoire, dont les deux plus anciennes ver- 



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78 



FRANCE. 



dons connues sont écrites en vers français; elles sont 
différentes l’une de l’autre, et paraissent avoir été 
composées vers le commencement du xii* siècle. Les 
deux dernières éditions parues sont celle de Berlin, 
1844, petit in-8, faite sur le texte du manuscrit de la 
Bibliothèque impériale, n® 69873 et 7534“, et celle de 
Parts, Janet, 1856, avec une très-ample introduction, 
des notes et un glossaire de M. Edelestand du Méril, 
de 236-320 pages. 

Ce roman acquit de bonne heure une grande célé- 
brité, il était connu en Allemagne dès le xu® siècle, 
en Espagne dès le xiii* siècle. 

Jacques Vincent donna une traduction française en 
prose de la version espagnole publiée à. Alcala en 
1512; cette traduction parut à Paris en 1554, à Lyon 
en 1570 et en 1571, à Rouen en 1597, et, en dernier 
lieu à Paris, dans la Bibliothèque bleue, en 1 859, in-4 
à 2 col. 

Madame Le Givre de Richebourg a fait aussi une 
mauvaise traduction française du texte espagnol de cet 
ouvrage, en 1735; le passage relatif aux échecs ne s’y 
trouve pas mentionné. 

Boccace fit une traduction italienne du Roman de 
Flores et Blanckeflor, sous le titre : Il Pilocopo, etc., 
1'* édit., Venetia, 1472, in-fol., traduction qu’Adrien 
Sévin retraduisit en français, et qui parut, à Paris, en 
1654 in-folio, en 1555 in-8®, et en 1575 in-16, sous le 
titre : le Philocope. 

Garin de Montglaive ou Monglave, fils d’Aimery, duc 
d’Aquitaine, a fait le sacrifice de l’héritage paternel. 
Jaloux de signaler sa pieuse valeur contre les infi- 
dèles, il a quitté ses états et s’est présenté devant 




FRANCE. 



79 



Charlemagne, pour faire ses premières armes à cOté 
des plus fameux barons de la cour de France. L’em- 
pereur, frappé de sa bonne mine, le retient volontiers 
à ses gages ; il en fait son conseiller, son galfonnier, 
son sénéchal, et enfin «on majordome. Un jour, l’im- 
pératrice ayant pénétré dans l’appartement de Garin, 
osa lui révéler les sentiments que lui inspirait son 
mérite. Alors se renouvela la scène de Joseph avec la 
belle Egyptienne. Charlemagne, arrivant sur l’entre- 
faite, voyant la tristesse de sa femme, lui en demanda 
la cause ; celle-ci avoua l’amour qu’elle portait à Garin, 
se jeta aux genoux de son époux pour l’en convaincre 
davantage; mais l’empereur ne partageant pas les 
mêmes sentiments que son épouse, devient rêveur et 
ne songea qu’à se venger de son galant gentilhomme. 

Les amis de Garin s’étant aperçus de ce qui se pas- 
sait, en prévinrent ce jeune seigneur, qui n’alla de 
trois jours au palais; mais le quatrième, il fut pour- 
tant obligé de s’y rendre. Après avoir pris toutes les 
précautions nécessaires, il chercha à se justifier au- 
près de son monarque; mais celui-ci ne veut entendre 
raison que si Garin le mate aux échecs. L’empereur 
ayant été maté, Garin recouvra toutes les bonnes 
grâces de Charlemagne. 

Garin de Montglaive ou ilonglave, poème du xni* 
siècle, contient 14,000 vers environ. On y trouve le 
détail, en vers romans, de la partie d’échecs entre 
Garin, seigneur de la cour de Charlemagne, et ce mo- 
narque. 

Ce poème a été mis en prose dans le xv« siècle, et il 
en existe plusieurs éditions. Le Talamède^ 1836, donne 
une analyse de cet ouvrage d’après M. Paulin Paris. 



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80 



FRANCE. 



Dans le Mercure galant, juin 1683, on trouve 10 vers 
adressés à Gioachino Greco. 

Nouvelle Manière de jouer aux échecs. Paris, 1789, 
petit pamphlet en vers. 

Le Palamède, 1842, donna un Problème du cavalier 
aux échecs en 8 vers alexandrins. 

Le Poème de la Vieille, ancien manuscrit du xii' siè- 
cle, conservé à la Bibliothèque impériale (n“ 7235, anc. 
fonds), fait mention du jeu d’échecs. Voir l’édition de 
ce poème publiéeà Paris, Aubry, 180 t,in-l 6, pp. 71-83. 

On trouve dans les Pièces diverses de poésie sur les 
principaux événements, Utrecht, 1734, in-8, p. 55, la 
pièce suivante : 

Comme tous savez les échecs, 

Il faut que je vous dise un coup que j’ai sçu faire. 

Et qui mériteroit qu’on le gravit exprès. 

Sur le marbre, en gros caractère, 

Comme un des plus beaux coups qui se fassent jamais. 

Suivant nos louables coutumes. 

Nous jouâmes un jour, monsieur un tel et moi. 

Et pendant trois heures nous eûmes, 

L'un beaucoup de dépit, l'autre un plaisir de Roi. 

Son cabinet fut le champ de bataille 
Que pour notre combat nous choisîmes tous deux. 

Car les échecs sont de ces jeux 
Où, sans le tête à tête, on ne fait rien qui vaille; 

Un troisième là gâte tout. 

Il n'est pas de joueur, quand il voit un beaucoup, 

A qui la langue ne démange; 

Et s'il parle, voilà mon savoir-faire à bout. 

Aussitôt cela me dérange; 

Et puis de pester tout mon saoul. 

Car enfin, l'on n’est point un ange. 

Pour doncque revenir au fait, 

Placés l’un et l’autre à souhait. 



FRANCE. 



81 



D’une démarche grave et flère, 

Nous jouons, et bientôt je gagne la première. 

En voilà deux, en voilà trois; 

Lui me gagne la quatrième. 

Sans que j’en ressente encore aucun effroi. 

Mais à peine eûmes-nous commencé la cinquième 
Qu’une de mes tours sauta tout d’abord ; 

Il prend mes chevaliers, mes fous, ma dame. 

Comme un brave qu’on blesse à mort, 

Et qui, près d'expirer, présente encor la lame 
Je me roidis contre le sort. 

11 me pousse, je pare, il poursuit, je recule, 

Jusqu’à ce qu'enfin il m’accule 
Dans un des coins de l’échiquier. 

Il avait trois pions, la dame, un chevalier. 

Moi n’ayant qu’une tour et deux pions de reste; 

On ne saurait être plus plat ; 

Courage! lui dis-je, allons, preste; 

Son roi, pour m’enfermer, fait un pas, et puis zeste, 

Je vous fais d'un pion mon homme échec et mat. 

Interdit du revers, et l'âme toute émue, 

11 demeure muet, il admire l’exploit. 

Longtems sur l’échiquier il promène la vue, 

Et ne peut croire ce qu’il voit. 

Mais rompant son morne silence. 

Peste soit de ma négligence. 

J’eusse, s’écria-t-il, gagé mille contre un 
Gagner avec trois pions, un chevalier, la reine! 

La victoire est pourtant, lui dis-je, aussi certaine. 

Que le coup est fatal, assommant, peu commun. 

Trop de sécurité souvent tourne à dommage. 

C’est ainsi qu’à Hoogstet, fier de son avantage, 

Tallard de Malboroug méprisant les efforts, 

A vu faire des siens un horrible carnage. 

Il n’est que d’avoir du courage. 

Vous pourrez battre les plus forts. 

Dans le Recueil des pièces curieuses, La Haye, 1 695, 
in-12, t. IV, p.207, on trouve une odeàJtf. de Laroche- 

4 . 



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82 FRANCE. 

✓ 

foucault, le célèbre auteur des Maaiimes et l’un des 
plus forts joueurs d’échecs de son temps; cette ode lui 
est adressée par un poète anonyme qu’il avait souvent 
fait mat. Nous en citerons la deuxième et la dernière 
strophe : 



Contre moi dans la carrière 
A peine tu fais un pas, 

Que par ta démarche fière 
Tous mes projets sont à bas. 

Je vois, dès que tu t'avances, 

Céder toutes mes défenses. 

Tomber tous mes champions 
Dans ma résistance vaine. 

Roi, Chevalier, Roc et Reine 
Sont moindres que des pions. 

Vous, joueurs, en qui j’honore 
Cent vertus et cent talens, 

Sçaebez qu’un jeu que j’abhorre 
Souille ces dons excellens. 

O vous qui m’avez fait prendre 
Le trlsté dessin d’apprendre 
Ce jeu qui fait mon courroux 
De C..., M..., F..., 

Fussiez-vous dans la rivière 
Et les échecs avec vous ! 

Le Recueil de plusieurs petites poésies joyeuses, pour 
récréer le lisu7it, 1380, in-16, contient un petit poème 
de 22 vers, intitulé : Les Echecs. 

Frédéric Alliey donna les Poèmes sur le jeu des 
échecs, traduits ... de Vida, ...Kochanowski, ...Vf. Jonès 
et ...Fischer, en français. Paris, au café de la Régence, 
1851, in-8». Ces traductions ont été imprimées dans 
la Régence, 1850, pages 293 à 302, et 328 à 338. Celle 
de Vida est assez mauvaise ; elle comprend 734 vers, 
dont voici les premiers : 



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FRANCE. 



83 



En un jeu, des combats je présente l’image, 

J'offre sur le tapis le tableau du carnage ; 

Des troupes de guerriers se forment sous mes doigts. 

Et le docile buis se prête à mes exploits; 

Sous un panache blanc, sous une écharpe noire, 

Deux rois de triompher se disputent la gloire, 

ÀDBBRT (l’abbé J. L.). Fable sur les échecs, coaunen* 
çant ainsi : 

Certaines majestés jadis étaient fort vaines. 

Les majestés d’un jeu d’échecs. 

{Fable in, liv. I.) 

La 1” édition des Fables parut en 17S6, in-12, sans 
nom d’auteur. Une 5* édition augmentée, en 1773. 

Bahraü. La Dame et le Pion, fable (80 vers), imprimée 
dans le Palamêde, 1836, pages 69-71. 

CÉBorn (Joseph), jésuite, mort à Paris, en février 
1792. On donna son nom à la rue qui a ensuite porté 
ceux d’Artois et de Laffitte. Il est auteur d’un poème 
français sur le jeu des échecs fait à l’imitation de celui 
latin de Vida; les vers en sont assez bien tournés, 
quelques difficultés sont heureusement vaincues, mais 
la poésie est à peine au-dessus du médiocre. Le poëme 
comprend 354 vers et commence ainsi : 

Les noirs, les blancs, jadis, se disputaient la terre. 

Deux peuples de leur race éternisent la guerre : 

Opposés d'intérêt ainsi que de couleur, 

Égaux parle génie, égaux par la valeur. 

Depuis quatre mille ans, ils se battent sans cesse. 

Ils sont jaloux de gloire, et non pas de richesse ; 

L’avidité jamais n’a terni leurs lauriers : 

Une pauvreté noble honore des guerriers. 

Deux monarques fameux, chargés de les conduire, 
Triomphent tour à tour sans vouloir se détruire. 

A mesurer leur force ils bornent leurs desseins. 

Mesure délicate entre deux rois voisins. 

Le roi blanc lui-même décrit le combat. 



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84 



FRANCE. 



Ce poème a été souvent imprimé ; la première édi- 
tion est de Paris, 1770, in-8, avec portrait de l’auteur; 
en 1784, dans le Recueil de littérature, Paris et Glasgow, 
in-8, p. 59 à 80 ; dans les Œuvres diverses de Cérutli, 
Paris, 1792, in-8 de 2 feuillets pour le titre et la pré- 
face, et 9 feuillets pour le poème; dans V Encyclopédie 
méthodique, au Dictionnaire des jeux, Paris, 1792, p. 84- 
87; sans nom d’auteur, Paris, imprimerie veuve Dela- 
combc, 1834, in-8 d’une feuille; dans le Palamède, 
1836, p. 121 à 128; par M. C***, en réponse à la Re- 
vanche de Waterloo, de M. Méry, Nantua, 1836, in-8 
d’une feuille ; dans l’Introduction pratique, de Poirson- 
Prugneaux, Paris, 1840; enfin, dans les Stratagèmes des 
échecs, et dans le Manuel de Stein. 

Chamoüillet. Vers sur la solution de son mat en neuf 
coups, imprimés dans le Palamède, 1842, tome I, 
page 175. 

Davesne. Epigraphe à Philidor, joueur d’échecs 
(4 vers), imprimée dans le Palamède, 1843. 

Degrand - Boulogne. Solution poétique, imprimée 
dans la Nouvelle Régence, 1863, décembre. 

Delille (Jacques), abbé, poète et membre de l’Aca- 
démie française, mort en 1813. Dans son poème: 
l’Homme des champs, 1*' chant, sur une soirée d’hiver 
passée à la campagne, l’auteur peint d’abord* une 
partie de tric-trac, puis une partie d’échecs : le vers 
prend alors une mesure plus grave ; à la fin, l’un des 
joueurs se lève proclamant sa victoire, l’autre reste 
fixé sur l’échiquier : 

Et du terrible mat à regret convaincu 
Regarde encor longtemps le coup qui l’a vaincu. 



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FRANCE, 



85 



Depoilly (Jules), est auteur de plusieurs solutions 
de problèmes d’échecs, en vers, imprimés dans le Pa- 
laméde, 2' série, et dans la Collection... d’Alexandre. 

Louis Desmazures, secrétaire du cardinal de Lor- 
raine, est le premier traducteur français du poëme 
latin des échecs, de Vida. La première édition de cette 
traduction parut à Lyon en 1S51, chez J. de Tournes 
et G. Gazeau, in-4. La deuxième édition, publiée sous 
le titre de : Guerre cruelle entre le roy blanc et le roy 
maure, parut en 1556, à Paris, chez V. Sertenas, in-4 
de 15 feuillets (vente Solar, en 1860, n“ 1192, 147 fr.); 
et la troisième et dernière édition de cette traduction 
a été imprimée, avec titre et pagination séparée, en 
44 pages, dans les Œuvres poétiques, de Desmazures, 
Lyon, J. de Tournes et G. Gazeau, 1557, petit in-4. 
Cette édition des Œuvres de Desmazures est estimée par 
M. Brunet, dans son Manuel du libraire, de 6 à 8 fr. ; 
par M. Techener, dans son Bulletin du bibliophile, 1852, 
n“ 2279, 18 fr.; à la vente Solar, en 1860, n® 1191, 
un exemplaire vendu 215 fr., reliure de Traulz Bau- 
zonnet, en maroquin rouge. 

La traduction du poëme des échecs, édition de 1557, 
est dédiée à M. de Vandemont, l’un des protecteurs de 
Desmazures ; elle est fort bien imprimée, en caractères 
italiques. 

Vida invoque les nymphes de son pays, et fait hon- 
neur à l’Italie de l’invention du jeu des échecs. Des- 
mazures en donne l’honneur à la France et demande 
l’inspiration des nymphes du Touvre, rivière d’Angou- 
léme. Le poëte latin nomme plusieurs fois la ville de 
Rome, mais dans tous ces endroits, le traducteur sub- 
stitue celle de Parisr Voilà à peu près tous les chan- 



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86 



FRANCE. 



gements, ils ne sont pas essentiels et n’altèrent en 
rien le fond du poème latin. 

Cette traduction comprend t,255 vers de huit syl- 
labes. En voici les huit premiers : 

Je chante en jeu une guerre pourtraite : 

D'un fier combat la aemblance je traite. 

Tirée au vray une feinte en buy d'armes : 

Le jeu d'un règne et d’un camp de gendarmes. 

Comme deux rdys l’un à l’autre s’opposent, 

Et pour l'honneur au combat se disposent : 

L’un marche blanc, l'autre noir sur les rangs. 

Ainsi armés de harnois différents. 

Engrebans, d’Arras, est auteur d’un petit poème 
de 298 vers, sur le jeu des échecs, commençant ainsi : 

Cbest li jus des esquies (échecs) 

Chiex kl sens a du bien retraire. 



A la fin : 

Fausseté gouverne sans rime 
Pour ce faut des escies li rime. 

Le poète se nomme dans le 18* vers, avant la fin : 
Engrebans d’Arras fîst ce dit. 

Manuscrit in-folio, sur peau vélin, écrit vers le mi- 
lieu du xni* siècle. L’écriture est ce qu’on appelle 
lettres de forme, les pages sont à 2 colonnes (Catalogue 
La Vallière, 1” partie, dans un Becueil, n® 273633). 

Ferrand (Pierre), dans ses Vérités plaisantes... Rouen, 
1702, in- 12, p. 276 à 288, donne une pièce d’environ 
296 vers sur les échecs. 

Ce morceau est une imitation française du poème 
de Vida, mais n’offre qu’un médiocre intérêt. 

Festead (Louis). Dans ses Roturières, recueil de ses 



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FRANCE. 



87 



chansons, publié à Paris en 1859, in-32, page 152, on 
trouve celle-ci : Echec et mat ! Air : N’croyez pas, ma 
cocotte ; huit couplets ; en voici les trois premiers : 

A la paisible guerre 
La Régence ouvre un champ-clos 
Où sous mainte bannière, 

Se combattent des héros; 

Chacun jouit de sa gloire 
Sans morgue et sans apparat. 

Voilà le cri de victoire: 

Echec et mat! {ter.) 

Grâce au fil électrique. 

Les joueurs vont s’attaquer; 

L’Europe et l’Amérique 
Au jeu vont se provoquer; 

Qu’un nouveau Phüidor vienne, 

Paris pourra, sans soldat 
Crier dans Moskow, dans Vienne : 

Echec et mat! {ter.) 

Les cavaliers, au centre 
Vont dégager les abords; 

Un pion pas à pas entre... 

Un fou soutient ses efforts; 

Bref, la victoire est certaine 
Quand, pour dernier résultat. 

Le pion se transforme en reine. 

Echec et mat! {ter.) 

Jehan le Nevelais, poète du xu* siècle ; dans son 
Roman d'Alexandre le Grand, se trouve un passage in- 
titulé : Lijeus des eschis. 

Le Digne (Nicolas) donne, dans ses Fleurettes du pre- 
mier meslange, Paris, 1601, in-12, page 92, le son- 
net cxxxix, sur les échecs, les quatre premiers vers sont : 

Tout notre amour, ma belle, est un vra; jeu d’eschets. 
Nous sommes les tabliers, où le jeu se commense. 

Mille divers pensers, que mille fois l’on pense, 

Sont les petits pions aux premiers coups sujects. 



m 



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m 



FRANCE. 



M. D. C.j dont le nom ae nous est pas encore connu, 
a donné une troisième traduction française du poëme 
des échecs de Vida. Le jeu des eschets, dédié à la Royne 
(Marie-Médicis), Paris, 1605, petit in-8. Une réimpres- 
sion à 115 exemplaires, faite sur le seul exemplaire 
connu, se trouvant aujourd’hui à la bibliothèque de 
Grenoble, a paru à Paris, en 1862, petit in-12. 

En 1746, on en trouve cité un exemplaire dans le 
catalogue de Piget, libraire, à Paris, page 221, n® 3367; 
c’est, à notre connaissance, le seul ouvrage bibliogra- 
phique où il en soit fait mention. 

Cette traduction, qui comprend «26 vers, commence 
ainsi : 

En ce Jeu, nous feignons une sanglante guerre. 

Pareille aux vrais combats qu'on dresse sur la terre : 

Nous feignons, sur le buis, deux royaumes puissants, 

Qui ne servent sans plus que de passer le temps : 

Comme deux rois, l’un blanc, l’autre de couleur noire, 
Poursuivent bravement l’honneur d’une victoire. 

Le Palaméde, journal des échecs, en 1838, cite dans 
un article sur le poëme des échecs de Vida, une tra- 
duction française qui aurait été publiée en 1606 et 
dédiée à Louis XIII, encore dauphin. 11 y a er- 
reur. L’ouvrage dont il est question est : La Philoso- 
phie royale du jeu des échecs, par G. du Peyrat, aumô- 
nier de Henri IV; il est dédié à Louis Dauphin, mais 
n’a aucun rapport avec le poëme de Vida. 

Cruciman, Biblioth. galL, 296 ; Arisi Cremona, littera- 
ria III, citent Rud. Masturio comme traducteur français 
du poëme des échecs de Vida. Cette traduction aurait 
été publiée à Paris, en 1738. 

Nous avons cherché dans presque toutes les biblio- 



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FRANCE. 



89 



graphies et biographies^ consulté plusieurs savants 
bibliophiles, et nous n’avons obtenu aucun indice ni 
sur l’auteur, ni sur l’ouvrage. 

Nous ferons toutefois remarquer que Desmazures 
se traduit en latin par Masturius ; quelque bibliographe 
italien n’aurait-il pas traduit Masturius par Masturio? 
Mais la date de 1738, d’où peut-elle venir? 

Méry donna : 1“ sa Revanche de Waterloo, poème 
sur une partie d’échecs de M. de Labourdonnais, 
imprimé à Paris, en 1836, in-8 de 10 feuillets, 
avec dédicace à Madame la princesse Belgiojoso, et 
réimprimé dans le Palaméde, i8i3; 2° Une Partie d’é- 
checs, poème. Le Palaméde, 1886, en donne une analyse. 

En 1838, Une Soirée d’hermites, poème de 194 vers, 
Paris, in-8 d’une feuille, dans la Presse, 29 mars, et 
dans le Palaméde, même année. 

M. de Labourdonnais passait la soirée chez M. de 
Jouy; cédant à la demande du maître de la mai- 
son, il se plaça dans un coin du salon, joua contre 
MM. de Jouy et Jay deux parties à la fois, sans voir l’é- 
chiquier, et les gagna. M. Méry, présent à cette soirée, 
en a fait le sujet de son poème. 

M. Méry, dans sa Soirée d’hermites, attribue facétieu- 
sement l’invention de l’échec du berger au berger 
Péris, ravisseur d’Hélène. 

Meüng (Jehan de), dans son Roman de la rosi, fait 
mention du jeu des échecs. 

Nadacd. Le Prince indien, chanson. 10* couplet : 

Il g’en allait, l’oreille basse, 

Quand il vit sur une terrasse 
Des étrangers, Chinois et Grecs 
Qui, graves, jouaient aux échecs. 



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90 



FRANCE. 



Il monte et propose partie; 

On l'acoueille avec sympathie. 

Il trouve vingt joueurs tout prêts; 

On commence... dix coups après, 

Le prince était mat ; a Qu’est-ce à dire! 

Je suis le plus fort de l’empire. 

Il faut qu’on m’ait joué des tours; 

Au palais je gagnais toujours. * 

Nestor-Joly, de Bourbonne. On a de lui plusieurs 
solutions de problèmes, en vers, imprimées dans le 
Valatnéde, 2* série. 

Vasquin Philieul, né à Carpentras, docteur en 
droit, est le second traducteur français du poème la- 
tin des échecs de Vida. 

Cette médiocre traduction, comprenant 832 vers, 
est dédiée à François d’Âgoult; elle parut sous le 
litre : Le Jeu des eschez. A Paris, de l’imprimerie de 
Philippe Danfrie et Richard Breton, 1559, avec privi- 
lège du roy, petit in-8 obi. de 31 feuillets goth. mod. 

En voici les premien vers : 

Je joue icy la guerre mémorable, 

Qu’on jugerait à peu près véritable. 

Des roys de buys et de leurs bandes sainctes : 

Comment deux camps s’entredonnent altalnctes. 

Dont blanches l’un, l’autre ha rouges ses armes. 

Une réimpression de cet ouvrage rarissime, dont on 
ne connaît plus aujourd’hui qu’un seul exemplaire, se 
trouvant à la bibliothèque de l’Arsenal, a été publiée 
par les soins de M. Paul Lacroix, à Paris, chez J. Gay, 
en 1862, petit in-12, de x-26 pages, tiré à 115 exem- 
plaires. 

Pldchonneaü, Le Roi véritable et le Roi aux échecs, 
fable (29 vers); imprimée dans le Palamède, 1843. 

Rouan de Coovret (J. Jos. Thér.), mort en 1787, au- 



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FRANCE. 



91 



leur d’un poëme sur les échecs. Ce fut à Saint-Assise, 
propriété de la belle comtesse de Verrue, où ce Jeu 
obtenait la préférence sur tous les autres, que l’abbé 
Roman le composa, comme il l’avoue dans ses notes, 
page 165. Les victoires qu’il remporta emflammèrent 
son imagination. Il voulut connaître les principes et 
l’histoire de ce jeu. 11 lut ce qu’on avait écrit de meil- 
leur sur ce sujet, le poëme de Vida le charma par sa 
grâce et par son élégance. Cette lecture lui inspira le 
dessein d’un poëme français. 

L’auteur décrit la marche de chaque pièce, et at- 
tribue l’invention des échecs au brachmine Sissa. 

Dans son troisième chant, il cite les vers de J. B. 
Rousseau (épitre à Clément Marot), et dans son qua- 
trième et dernier chant, il dépeint une partie d’échecs 
qu’il a jouée à Motiers-Travers avec J. J. Rousseau, et 
une autre avec Voltaire. 40 vers sont consacrés à Phi- 
lidor. La marche du cavalier, le gambit et le pat y sont 
assez bien décrits. Ce poëme, de 1 1 30 vers, conunence 
ainsi : 

Heureux amans de la muse héroïque, 

Réveillez-vous, et remplissez les airs 
Des fiers accens de la trompette épique; 

Que votre voix franchisse les deux mers, 

Et mariez vos sublimes concerts 

Aux sons btuyans de la foudre qui gronde 

Depuis Cassel, jusqu’aux bornes du monde. 

Chantres fameux, célébrez, dans vos vers, 

Cet art fatal qui désole la terre, 

Ces demi-dieux qui portent le tonnerre. 

Et qu’à l’envi des immortels guerriers. 

Vos jeunes fronts soient ceints de verts lauriers. 

Pour moi qui, né dans un séjour tranquille. 

Rivage où croît l’olive de la paix. 



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92 



FRANCE. 



De la parasse ai chéri les attraits, 

Je chanterai, dans cet heureux asile, 

Où je sommeille, au seiu d’un doux repos, 

Je chanterai, sur mes faibles pipeaux. 

Un jeu savant, l’image des batailles. 

Une édition de ce poème parut à Paris, chez Léo- 
pold Collin, en 1807, in-18 de 184 pages. Elle com- 
prend : 1® une Dissertation historique sur ce jeu d'après 
Fréret et le chevalier de Jaucourt, par Aug. Couvre!; 
2® une Analyse détaillée du poème de Grégorio Duchi, 
et 3® le poème divisé en quatre chants et suivi de 
notes. 

Le Falamède, 1836, page 265, et l’Introduction pra- 
tique de Poirson-Prugneaux l’ont reproduit. 

Rousseau (J. B.), mort en 1741, dit, dans son épitre à 
Clément Marot : 

Minerve à tous départit ses largesses 
Tous savent l’art, peu savent les finesses. 

Et, croyez -moi, je n’en parle à travers, 

Le jeu d’échecs ressemble au jeu des vers : 

Savoir la marche est chose très-unie. 

Jouer le jeu, c’est le fruit du génie. 

Je dis le fruit du génie achevé 
Par longue étude et travail cultivé. 

Si donc Phcebus ses échecs vous adjuge. 

Pour bien juger, consultez tout bon juge. 

Pour bien jouer, hantez les bons joueurs. 

Surtout, craignez le poison des loueurs. 

Saint-Ussans (de) donna, en 1681, 16 vers sous le 
titre de: Quatrains à mettre sur l'échiquier ; le traité 
anglais de Lamb, édition 1764, le Palaméde, 1843, 
p, 519, l’ont reproduit: 

Qui joue un coup en vain 
Perd un grand avantage. 

Joueur habile et sage 
Ne fait rien sans dessein. 




FRANCE. 



93 



Quelque coup qui se fasse, 

Vois la suite avec soin. 

Si tu ne vois de loin, 

Le tems de voir se passe. 

En lieu propre à défendre 
Place d’abord ton roi. 

Et surtout garde-toi 
De trop d’ardeur de prendre. 

Distraits ne soient tes yeux, 

Ni ta main trop légère. 

Un beau coup s’offre à faire, 

Vois s’il n’est rien de mieux. 

Le Cercle de Vitry-le-Français adressa à VlUustration 
une solution en huit stances, au sujet du problème 
précédemment inséré dans ce journal. En voici les 
cinq premiers vers : 

Ce problème vous présente 
Un monarque infortuné. 

De son peuple abandonné ; 

Tel on voit, à l’heure présente, 

Guillaume, le roi prussien. 

Cette pièce de vers a été imprimée dans l’Illustra- 
tion le 7 mars 1863, 

Bibliographies spéciales. 

Bibliographie échiquienne analytique et raisonnée de 
tous les ouvrages qui ont paru jusqu’à ce jour, dans 
toutes les nations, sur le jeu des échecs ; par Fréd. Alliey, 
contenant : 1® les titres exacts (avec traduction fran- 
çaise) de 312 traités spéciaux, originaux, imprimés 
en toutes langues, et de 112 traductions de quelques- 
uns d’eux, etc. ; 2® une seconde bibliographie, comme 
complément de la première, composée de titres et ci- 
tations exactes d’environ 386 ouvrages d’auteurs par- 
lant plus ou moins dans leurs œuvres du jeu d’échecs. 



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94 



FRANCE. 



nXsnUÉ DE LA BIBLIOGRAPHIE, PAR L AOTEtIR 


|re dîTisioD, ordre de« matières. 




Théorie pratique 




... 130 


Poésie 




... 30 


Bibliographie 




... 5 


Morale-philosophie 




8 


Origine, invention, histoire. 


etc 


... 35 


Éloges, esprit, règles, etc.. 




... 30 


Manuscrits importants 




... 30 


Sur le problème du cavalier. 




... 13 


Sur l’automate joueur d’échecs 


... 30 


Jeux d’échecs modifiés, augmentés. . . 


. . . . 35 


Recueils des principaux jeux divers conte* 


nant les échecs 




.... 17 






813 


Traductions imprimées 




3 - 


Id. manuscrites . . . 




Citations 




. . . . 336 






750 


Originani. Tradoctioni. 


Citations. 


Allemands. ... 80 


33 


54 


Français 65 


15 


106 


Anglais 83 


36 


73 


Latins 36 


3 


47 


Italiens 38 


15 


33 


Espagnols. ... 5 


3 


6 


Russes 8 

Polonais 3 


4 


9 




86 




Mannscrits. . . 


36 




313 


_113 


336 


7i0 



M. Âlliey possédait ea 1838 environ 150 traités et de 
nombreuses traductions. 

Cette bibliogr^thie est restée inédite. (Extrait du 
Valaméde, 1838, p. 327.) 



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FRANCE. 



»5 



Mabcband (Prosper), dans son Dictionnaire historique, 
La Haye, 1758-1759, in-folio, tome I", pages 179-181 
et 330, tome II, pages 91-95; et édition de La Haye, 
1780, in-foUo, tome I, page 181, tome II, page 98, 
parle de Cessules, Ingold, Th. Murner, et des échecs. 

Addition de M. A. L. à la bibliothèque des livres qui 
traitent du jeu des échecs, par l’abbé Cancellieri, im- 
primé dans le Magasin encyclopédique, 1806, 1. 1, p. 48, 
et 1817, t. V, p. 214 à 228: 

Des aperçus bibliogr^hiques sur les ouvrages d’é- 
checs se trouvent dans la Bibliothèque française, de 
l’abbé Goujet, 1744, t.Vll (art. sur Vida et ses traduc- 
tions françaises); dans V Encyclopédie.., d’Alexandre, 
Paris, 1837 ; dans le Palamède, Paris, 1836, pages 228 et 
suivantes; dans le Manuel du jeu des échecs... de Stein, 
Paris, 1841 ; dans les Cinquante parties jouées... de 
Kiéséritzky, 1846; dans le Nouveau Manuel bibliogra- 
phique, de Ferd. Denis, Pinçon et de Martonne, 1857, 
articles échecs et jeux; dans le Nouveau Manuel illus- 
tré... de M. Arnous de Rivière, 1860. 

Ouvx^es publiés en français sur le Jeu 
des éobeos. 

ACADÉMIES DES lEUX. 

Sous ce titre, nous comprenons les ouvrages trai- 
tant de plusieurs jeux et particulièrement de celui des 
échecs. Les recueils de ce genre, bien qu’ils aient des 
titres différents, contiennent généralement les mêmes 
traités; celui relatif aux échecs est presque toujours 
celui de Greco ou celui de Philidor. Voici leur liste 
par ordre chronologique : 



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9e FRANCE. 

Cinquante jeux d'honnétes entretiens, par Innocent 
Rhingieri, Lyon, 1335, in-4. Ouvrage assez singulier; 
voir le Bulletin du Bibliophile, 1844, p. 880. 

La Maison des jeux académiques, Paris, 1654, 1665, 
1668; Lyon, 1674, in-12. 

Ces deux ouvrages contiennent le moyen d’exécuter 
une partie d’échecs par personnages. 

Le Jeu royal et nouveau de l’hombre... augmenté des 
échecs, etc., Paris, 1688, in-12. 

Le Jeu des échecs, trictrac, etc., Paris, 1696, in-12. 

Les Divertissemens innocens, contenant, etc., La Haye, 
Adrien Moetjens, 1696, in-12, front, grav. par Schoo- 
nebeck, xvii-324 pages. Contient le jeu des échecs de 
Gioachino Greco, pages 1 bis à 324. 

Le Jeu royal et nouveau de l’hombre, etc., Bruxelles, 
1698, et La Haye, 1700, in-12. 

Les Véritez plaisantes, ou le Monde au naturel, etc., 
Rouen, 1702, in-12. 

Le Royal Jeu de l’hombre et de piquet, augmenté, etc., 
La Haye, 1703, petit in-12; s. 1., 1712, in-12. 

La Maison académique, La Haye, 1712, in-12. 

Le Jeu des échecs, tric-trac, etc., Paris, 1713, in-12. 

L'Académie, ou Maison des jeux, etc., Paris, 1714. 

Nouvelle Académie des jeux, etc., Leyde, 1718, 2 vol. 
in-12. 

Académie universelle des jeux, etc., Paris, Utrecht et 
Amsterdam, 1718, in-12; Leyde, 1721, 2 paît., in-12, 
fig. ; Paris, 1725, in-12; Amsterdam, 1728, 2 vol. in-12. 

Le Jeu royal, etc., Amsterdam, 1735; Paris, 1730, 
1739, in-12; Amsterdam, 1739, 2 vol. in-12; Paris, 
1743, 2 part, in-12; Amsterdam, 1752, 3 vol. in-8, fig.; 
nouv. édit., 1756; Paris, 1758, 2 vol. iu-12; 1759, 3 vol. 



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FRANCE. 97 

in-8; Amsterdam, 1762, 2 vol. in-12; Amsterdam, 
1763, 3 vol. in-8. 

Almanach des pertes et gains, etc., 1765. 

Académie universelle, Amsterdam, 1770, 1777, 1778. 
Almanach des jeux, etc., Amsterdam, 1786, 1788, 
1789, 3 vol. in-12, fig. Paris, 1791, réimpr. sous le 
m6me titre en 1802, etc. 

Dictionnaiï-e des jeux, Paris, Panckoucke, 1792,1794, 
in-4, pl. grav. ; Paris, an vu (1799) et an viir, in-4. 

Le Savant de société, etc. , Paris, an ix (1801), |in-12. 
Académie nouvelle, Lyon, 1802, 3 vol. in-8, fig. 
Académie universelle, Lyon, 1805, 1806, 3 vol. in-8, 
fig.; Paris, 1807, 1808; Lyon, 1810, 3 vol. in-12, fig.; 
Paris, 1811 ; Lyon, 1812, 3 vol. in-12. 

Petite Académie, Paris, |1815, 1817; Metz, 1818; 
Paris, 1819. 

Académie des jeux, Paris, 1821, 1824. 

Le Savant de société, 4* édit., 1824, 1825. 

Manuel des jeux, Paris, 1827. 

Grande Académie, Paris, 1833. 

Académie universelle, môme année. 

Nouveau Traité, Paris, 1834. 

Académie, etc., Paris, 1835, 1836, 1837. 

Dictionnaire général des jeux, par A. Riga, Paris, 1837. 
Le Musée des jeux, Paris, 1837. 

Nouv. Manuel, etc., Paris, 1837, 1840. 

Académie universelle, 3“ édit., Paris, 1842. 

Nouvelle Académie, Meulan, 1846, in-16; Paris, 1846, 
1847, 1848, 1851, 1854, 1855, 1856, 1858. 

Le Salon des jeux, Paris, 1859, 1860. 

Pour les ouvrages qui parlent accidentellement du 

5 



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$8 FRANCE, 

jeu des échecs, nous renvoyons le lecteur à la Table al- 
phabétique qui se trouve à la fin de ce volume. 

Presque tous nos anciens romans des Chevaliers de 
la table ronde, des Douze Pairs de Charlemagne, du San- 
Graal, etc., font mention du jeu des échecs. 

Parties du jeu des échecs, de tables (tric-trac) et de la 
merelle; par Nocole de Saint-Nicolas, ou Nicholas de 
Saint-Nicholaï, clerc de Lombardie ; manuscrit in-fol., 
vélin, miniatures, lettres gravées, arabesques, à la 
Bibliothèque impériale, n“ 7391, écrit au commence- 
ment du xm* siècle, rempli d’ornements, de lettres 
initiales dorées et fig. Les planches sont encadrées de 
riches vignettes. L’auteur dit que le jeu des échecs a 
été inventé au siège de Troie par un chevalier et une 
dame lombards. 

La Bibliothèque impériale en possède aussi un exem- 
plaire manuscrit texte latin, sous le n® 7390. 

Chacun de ces deux manuscrits contient environ 
200 positions curieuses. 

Chest U jus des esquics : 

Chiex ki sens a du bien retraire... 

Pièce de vers d’Engrebans, d’Arras, que nous avons 
cité plus haut aux poésies françaises; manuscrit in-fol., 
écrit vers le milieu du xiii® siècle, se trouvant dans le 
Recueil n® 273633 ^u cattilogue La Vallière. 

CM commenche U livre de partures des esches et de 
tables et de merelles et se claime cis livres Bakot et 
le trouva Nebrote le joiant, qui fist premiers en Baby- 
tone la tour qu’on claime Babel. 

Manuscrit du xm* ou du xiv' siècle, in-8 vélin, se 



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FRANCE. 



99 



trouvant à la Bibliothèque de l’École de médecine de 
Montpellier, sous le n“ 279. Fonds de Bouhier. E. 93. 
Manuscrit fort curieux : on y a figuré la position des 
pièces dans divers cas. (Note de M. Libri, t. I, p. 400, 
du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques pu- 
bliques des départements.) 

Livre de divers jevxs partis de tablw\ Manuscrit petit 
in-fol., vél., du xiv® siècle, commençant par un traité 
du jeu d’échecs. Les premiers mots sont : Première- 
ment, le blanc... A la Bibliothèque impériale, n“ 79i8. 

Au milieu du xiv* siècle, Jean du Vignay et J. Ferron 
traduisent en français la moralité du jeu des échecs 
de J. de Cessoles. 

La fin du xv* siècle nous donne Les Echecs amoureux, 
ou les Echecs d’amour, ouvrage de pédagogie appliquée 
au jeu des échecs. 

Livre des eschez moralisés et tendant à information de 
bonnes moeurs et l’ordre de chevalerie (par J. de Ces- 
soles, traduction de Jean du Vignay). Paris, Ant. Vé- 
rard, tS04, in-4, goth. :l 2 col. 3 feuillets prél. et 
402 feuillets. Edition fort belle, mais très-incorrecte, 
comprenant le Traité du jeu des échecs, de Cessoles. Les 
deux autres parties du volume n’ont pas de rapport 
aux échecs. Le prologue de l’éditeur s’adresse à Anne 
de Bretagne. La Bibliothèque impériale en possède 
un bel exemplaire sur peau vélin, orné de 4 minia- 
tures. 

Le Jeu des eschez moralisé, suivi d’un traité de cheva- 
lerie, par Cessoles, et finissant : Cy finist le livre des 
eschez et de l’ordre de chevalerie, etc., et fut achevé 
le 28* jour de novembre 1305. Paris, Michel Le Noir, 
pet. in4 de 90 feuillets à longues lignes non chiffrés. 



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100 



FRANCE. 



Au 1" feuillet une vignette sur bois tenant la page 
entière ; au verso la marque du libraire. — Vendu à 
la vente L. C. (Cailhava), de Lyon, en 1845, 81 fr. — 
L. T. (Léon Tripier), Paris, Potier, 1854,80 fr. — La 
Valliôre, n“ 1322, l” partie. — Libri, en 1859, 5 gui- 
nées (132 fr. 50). 

Une deuxième édition du Livre des eschez, etc. (de 
J. de Cessoles), Paris, Ant.V'érard, 1514, se trouve citée 
dans Marchand, Dictionnaire historique, mais il y a pro- 
bablement erreur de date. 

Sensuit jeux, partis des eschecs composés novellement 
pour recréer tous nobles cœurs, et pour éviter oysiveté à 
ceulx qui ont voulenté, désir et affection de le sçavoir et 
apprendre, et est appelé ce livre le jeu des princes et da- 
moiselles... Paris, s. d. (vers 1534), à l’enseigne de 
saint Jehan-Baptiste, in-4 de 12 ff. {Palamède, 1836, 
p. 231.) 

En 1551, parut la première édition de la traduction 
française du poème de Vida, par Desmazures. 

Le Très-excellent et ancien Jju pythagorique, dit Byth- 
momachie, de Cl. de Boissière, Paris, 1554, et 1556, in-8. 

En 1556, il parut une seconde édition de la traduc- 
tion française du poème de Vida, par Desmazures, sous 
le titre: Guerre cruelle..., et en 1557, une troisième 
édition du môme ouvrage. 

Le Jeu des eschez (par V. Philieul), Paris, de l’impri- 
merie de Phil. Danfric et Richard Breton, rue Saint- 
Jacques, à l’Escrevisse, 1559, pet. in-8 obi., goth. mod., 
avec privilège du roy. 

Le Plaisant Jeu des eschecz remuvellé, pour facilement 
l’apprendre et le bien jouer, nagueres traduit de l'italim, 
par Claude Grujet, Paris, V. Sertenas, Guillaume Le- 




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FRANCE. 101 

noir, etc., 1660, pet. in-8 de 48 feuillets, dont 4b chif- 
frés. 

Le privilège accordé à V. Sertenas est d’une date 
postérieure à la publication ; il est daté 1661. L’im- 
pression est mauvaise, les parties sont exécutées de la 
manière la plus grossière, la préface est fort naïve, et 
les noms des pièces sont de la fantaisie de l’auteur. 
C’est une traduction fort incomplète du Libro da impa- 
rare a giocare... da Bamiano. 

Clodius, Biblioth, lus., page 77, nous donne la date 
d’une édition de cet ouvrage qui aurait été faite i Lon- 
dres, en 1552 ou 1752, in-12 de 98 pages. Le Faîaméde, 
1849, page 72, répète cette citation, mais nous croyons 
qu’il y a erreur de date ou d’ouvrage. La seule édition 
dont nous ayons connaissance de cette traduction de 
Damiano, par Grujet, est datée de 1560, citée plus 
haut. 

Description nouvelle et claire du royal jeu des échecs, 
nouvellement réduit aux régies ordinaires et nécessaires 
pour le jouer facilement, par Saint-G***. S. 1. n. d. 

Jeu des Esckets, par M. Talon, médecin. Ms. Cité par 
Montfaucon dans sa Biblioth. man., page 114, T' col., 
comme provenant de la Bibliotheca Coisliniana, et se 
trouvant alors au monastère de Saint-Germain, sous le 
n- 1065. 

Le Jeu des eschets, trad. du latin (de Vida), etc., mis 
en français, par M. D. C. A la Royne; Paris, 1605, in-8. 

La Philosophie royale du jeu des eschets, par G. du Pey- 
rat. Paris, 1608, in-8. 

Le Jeu des eschets avec son invention, science et pra- 
tique. Paris, 1609, in-4 de 4 feuillets non chiffrés et 
44 chiffrés. 



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102 



FHANCË. 



Voyages curieux d'un médecin. Paris, imp. Chevalier, 
1609, 2 vol. Cet ouvrage parle du jeu des échecs; les 
passages ont été réimprimés dans le Palamède, 1844, 
sous le titre : Fragments d'un voyage fait à la fin du 
XVI* si^cte. (Léonardo), article signé Doazan. 

Problèmes plaisants et délectables qui se font par les 
nombres, par Cl. Gasp. Bachet. Lyon, 1612, in-8. 

Le Royal jeu des échecs. Paris, 1613, in-8. 

Le Jeu des échecs avec son invention, trad. de Ruy Lo- 
pez. Paris, Robinet, 1615, in-8 de 227 pages. 

Le Jfu des échecs, 1616 {Palamède, 1842, 2“ partie, 
p. 254). 

Traitté du jeu des eschez, traduit par Guillaume-Po- 
lidore Ancel, à Nancy, 1622. Ce titre se trouve au 
4' feuillet. La dédicace est datée de Nancy, 13 juillet 
1621. Manuscrit, in-4. Catal. de la bibliothèque de 
Dresde. (Anton Schmid, Meraiwr... p. 186.) 

Les Vérités plaisantes..., par Cl. Gasp. Bachet. Lyon, 
1624, in-8. C’est la deuxième édition des Problèmes plai- 
sants, etc. 

Le Royal jeu des échets. Paris, 1633, in-8. Bruxelles, 
1633, in-8. (Anton Schmid, Litteratur des Schachspiels, 
p. 187.) 

Le Jeu des échets, traduit du Calabrois. Londres, 1633, 
in-8. (Anton Schmid, p. 188.) 

Le Royal jeu des eschets. Paris, Gourault, 1 636, pe- 
tit in-8. 

Le Jeu des eschets, trad. de l’italien de Gioachino 
Greco, calabrois. Paris, N. Pepingué, 1669, in- 12. 

Le Royal et nouveau jeu des eschets, avec son invention, 
etc., revu, corr. et augm. Paris, Ant. de Rafflé, 1674, 
pet. in-8 de 136 pages. 



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FRANCE. 



103 



Le Jeu des esehets, trad. du Calabrois. Paris, 1688, 
in-8. 

Le Jeu des eschets, par Gioachino Greco Calabrois. 
Paris, 1689, in-12. 

Lettre à M. ***, touchant le jeu des eschets. Imprimée 
dans le Mercure galant, déc. 1693, etdansle tome 1”, 
(l'“ partie, p. 186) du Recueil de pièces curieuses et nou- 
velles. La Haye, 1694, in-12. 

Le Jeu des eschets, composé par M. de Sperlin. Lau- 
zanne, s. d. (1693), in-8 de 120 pages. 

Le Royal jeu des eschets. Paris, 1696, in-12. 

Le Jeu des eschets, trad. du Calabrois. Bruxelles, 1698, 
in-8. 

Traité du jeu royal des eschets, par B. A. D. R, G. S. 
Lausanne, David Gentil, 1698, in-8 de 111 pages. 

Cet ouvrage contient quelques bons coups. 

Le Jeu des eschets. trad. de l’italien de Gioachino 
Greco, calabrois. Paris, 1699, in-12. — La Haye, 1700, 
in-8. — Paris, Lefèvre, 1713, pet. in-12. — Bruxelles, 
1713, pet. in-12. — Paris, Denis Mouchet, 1714, pet. 
in-12 de 10 feuillets et 343 pages. 

Le Royal jeu des eschets. Paris, 1726, in-12. — Paris, 
1728, in-12. 

Essai sur le jeu des eschets, par Stamma. Paris, Emery, 
1737, pet. in-12 de 146 pages. 

Une édition d’une traduction française du poème de 
Vida, par Rud. Masturio, est indiquée comme ayant 
paru en 1738, mais nous croyons qu’il y a erreur. 

Le Royal jeu des eschets. La Haye, 1740, in-12. — 
Liège, 1740, in-12. — La Haye, Ant. Van Dale, 1741, 
in-12 de 160 pages. — Liège, 1741, pet. in-12 de 
343 pages. — Paris, 1742, in-8.— La Haye, 1742, in-12. 



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104 



FRANCE. 



— Liège, 1742, in-12. — Liège, 1743, in-1-2, — Paris, 
les libraires associés, in-12 de 244 pages. — La Haye, 

1744, in-12. 

£ssat <ur le jeu des échecs, par Stamma, La Haye, 

1745, in-12 de 120 pages. (74 parties.) 

Analyse du jeu des échecs, par Philidor. Londres, 
1749, in-8. C’est la 1" édition. 

Analyse de Philidor. Âmst. et Leipzig, chez Arkstee 
et Mercus, 1752, in-8. — Londres (Hollande), 1752, in-8. 
(Scheible, de Stuttgart, 1860, p. 402.) 

Essai sur le jeu des échecs, par Stamma. Âmst. et 
Leipzig, Arkstee et Mer Kus, 1752, in-12. 

Le Jeu royal des échecs. Londres, 1752, in-8 de 
208 pages. — Amst., 1752, pet. in-8. 

Analyse du jeu des échecs, par Philidor. Leipzig, 1754, 
in-8. 

Le Jeu royal des échecs, par Calabrois. Paris, 1756, 
in-8. 

Le Jeu des échecs, par Philidor. Paris, 1757, in-12. 

La Manière d'apprendre le jeu d’échecs, avec observa- 
tions très-nécessaires, dédiée à M. de Bertinez. Amst., 
1759, in-8. 

Analyse du jeu des échecs, par Philidor. Paris, 1762, 
in-8. 

Le Jeu royal des échecs, de Calahrois. Amst., 1763, 
in-8. 

Analyse du jeu des échecs, par Philidor. Londres, 1767, 
in-8, de 308 pages. 

Essai sur le jeu des échecs, de Stamma. Hambourg, 
chez Bouchenroeder et Ritter, 1770, petit in-8 de 
72 pages. 



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FRANCE. 



105 



Lettre sur un automate..,-, par Dutens. Presbourg et 
Vienne, in-8. 

Jeu de la guerre, ou Raffinement...-, Paris, 1770, in-8. 

Poème sur les échecs, de Cérutti. Paris, 1770, in-8, 
portr. 

Solution du problème du cavalier au jeu des échecs, 
Manheim, 1773, in-8. 

Le Jeu des échecs, par Greco. Paris, 1774, in-12 de 
244 pages. — (Scheible, 1860, p. 169.) 

Traité théorique et pratique du jeu des échecs, par une 
société d’amateurs. Paris, Stoupe, 1775, in-12 de 
xii412 pages, 3 pages d’approbation et le privilège. 

Assez bon livre, destiné en partie au.v commençants, 
fait par Léger, Bernard, Carlier et Verdoni, forts 
joueurs du xviii* siècle. 

Cet ouvrage manque d’ordre et d’esprit d’arrange- 
ment. 

La notation contient 9 lettres, 8 chiffres et 1 signe, 
celui de l’échec ; elle avait été employée précédemment 
par Stamma, et elle est aussi simple qu’ingénieuse. 

Une traduction allemande parut à Berlin, en 1780. 
Une deuxième édition française a été publiée en 1853. 

Analyse..., de Philidor. Londres, 1777, in-8. 

On trouve dans cette édition : 1“ Cinq parties d’é- 
checs avec variantes et renvois; 2® les gambits de 
Salvio, Cunningham, Stamma, et autres gambits di- 
vers; 3® les fins de parties, etc.; 4® les règles du jeu au 
nombre de 17. 

C’est une des meilleures éditions de cet ouvrage, 
avec celle publiée en 1821, à Philadelphie. Elle a servi 
aux éditions de Paris, 1820, 1830, 1844, et auti’es. 

Cette édition de 1777 est divisée en deux parties, la 

5. 



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106 



FRANCE. 



première est la réimpression de l’édition de 1749, avec 
notes nouvelles; elle contient 74 feuillets; et la 2* par- 
tie comprend une suite de débuts et fins de parties 
d'échecs. 

Nouvelle manière de jouer aux échecs selon la méthode 
de Ph.Stamma. Ulrecht, V. Schoenhoven, 1777, in-12 
de 163 pages, titre gravé. Bonne édition. 

Essai sur les problèmes de situations, par Ballière de 
Laisement. Rouen, 1782, in-8. 

Le Jeu royal des échecs, de Calabrois. Bruxelles, 1 782, 
in-12. 

Lettres de Ch. Gottlieb. Basle (1783), in-8 de 38 pages. 

Traité théorique et pratique.. .desamateurs. Paris, 1786, 
in-12 de xii-440 pages, et 2 pages pour le privilège. 

Nouvelle manière de jouer aux échecs. Versailles, s. d. 
(vers 1789). Pamphlet politique en vers. 

Nouvel Essai sur le jeu des échecs, avec des réflexions 
militaires relatives à ce jeu, par Stein, La Haye, chez 
l’auteur, 1 789, in-8 de viii-2o2 pages. Avec dédicace à 
Guillaume-Frédéric et à Guillaume-Georges-Frédéric, 
princes d’Orange et de Nassau. 

Ouvrage de peu d’intérét, quoique l’auteur soit es- 
timé en Allemagne ; tiré à 230 exemplaires pour les 
souscripteurs, dont la liste se trouve en tête du vol.; 
a été reproduit sous le titre de Manuel de l'amateur du 
jeu des échecs, par Stein. 

Analyse du jeu des échecs, par Philidor. Londres, 1790, 
2 vol. in-8. 

Le Jeu des échecs, par Calabrois. Amst., 1791, in-12. 
— Amst. (Paris), 1792, in-18 de xvi-216 pages et fig. 

La Supériorité au jeu des échecs, mise à la portée de 
tout le monde, et particulièrement des dames qui ai- 



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FRANCE. 



107 



ment cet amusement, ou Méthode nouvelle...; avec un 
vol. de planches et un échiquier avec ses pièces dans 
un goût nouveau ; par Bat. General Zuylen van Nieveld. 
Campen (La Haye), J. A, de Chalmont, 1792, 2 vol. 
in-8 de 166 pages avec planches. 

La devise est : Lu bon sens ! du bon sens ! 

Ouvrage médiocre, inintelligible, et sans le volume 
de planches, n’ayant aucune valeur. 

Deuxième édition. Campen, 1797, in-8. Ne serait-ce 
pas la première, à laquelle on aurait ajouté un titre 
nouveau ? 

Le Génie et la philosophie des échecs, Hambourg, 1799. 

Le Jeu des échecs. Amst., 1800, in-18. — L’auteur, 
dans sa préface, attribue l’invention de ce jeu à Pala- 
mêde, cite tous les auteurs anciens et modernes qui en 
ont parlé, et les grands personnages qui l’ont aimé. 
Le reste du livre contient des exemples de la manière 
de bien jouer aux échecs. 

Le Joueur d^échecs, vaudeville. Paris, 1801, in-8. 

Nouveau jeu d’échecs, ou le Jeu de la guerre, par Gia- 
cometti. 

Les Quatre Jeux de dames, polonais, égyptien, échecs et 
à trois personnes, avec les damiers et pions nécessaires, 
ainsi qu’une méthode générale pour varier les jeux de 
dames à l’infini ; suivis d’un volume de planches con- 
tenant 400 coups de dames à la polonaise; par J. G. 
Lallemand. Metz, et Paris, Levrault, Lenormant, an x 
(1802), 3 vol. in-12. — Ces trois volumes, dont un de 
planches, sont accompagnés d’un porte-feuille conte- 
nant les quatre jeux de dames, parmi lesquels se trouve 
celui des dames-échecs. — Cette innovation n’a pas 
été plus heureuse que les précédentes. 



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108 



FRA.NCE. 



Les Stratagèmes des échecs, ou Collection des coups (lé- 
chées les plus brillants et les plus curieux, tant dans la 
partie ordinaire que dans les différentes parties compo- 
sées, tirés des meilleurs auteurs, et dont plusieurs 
n’ont point encore été publiés ; avec des planches où 
l’on trouve notée la position de chaque coup, par un 
amateur. (Montigny.) Paris, an x (1802), 2 parties in-16 
de 93-122 pages et planches col. 3 fr. 

Ouvrage contenant 120 positions fort jolies. 

Nouveau jeu des échecs, ou Jeu de la guerre, par Gia- 
cometti. Paris, 1803, in-8. 

Analyse du jeu des échecs, de Philidor. Nouvelle édi- 
tion, avec une nouvelle notation abrégée, et des plan- 
ches où se trouve figurée la situation du jeu pour les 
renvois et les fins de partie, par l’auteur des Strata- 
gèmes des échecs. Paris et Strasbourg, Kœnig, an xi 
(1803), in-12 de 148 pages, 41 planches et portrait de 
l’auteur. 4 fr. 

Précis des règles du jeu de la guerre, par Helwig. Pa- 
ris (1804), in-16. 

Recherches sur le jeu des échecs, par Louis Dubois. (Pa- 
ris) 1805, in-8 de 16 pages. 

Quérard, dans sa France littéraire, cite, parmi les ou- 
vrages manuscrits du fécond polygraphe Louis Dubois, 
un Traité sur les échecs. Ne serait-ce pas un travail dont 
le germe se trouvait dans la brochure que nous citons ? 

Recherches asiatiques, ou Mémoires, etc., trad. de 
l’anglais par Labaume, etc. Paris, impr. lmp. 1805, 
2 vol. in-4. 

Contient une dissertation de W. Jones, sur le jeu des 
échecs des Indiens. 

Les Echecs, poëme de l’abbé Roman. Paris, 1807, in-1 2 . 



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FRANCE. 



109 



Les Vers à soie..., suivi du Poème des échecs, par Le- 
vée. Paris, 1809, in-8. 

Eléments théoriques et pratiques du jeu des échecs, par 
L. F. J. Hocquart; avec des réflexions morales, politi- 
ques, historiques et militaires relatives à ce jeu. Paris, 
V* Hocquart, 1810, in-8 de 268 pages et planches. 

Analyse du jeu des échecs, de Philidor. Paris et Stras- 
bourg, Koenig, 1812, in-12. Tiré à 300 exemplaires. 

Les Stratagèmes des échecs, publiés en 1802, et non 
en 1812. 

Observations sur l’automate..., 1819. 

Jeu de stratégie, ou les Echecs militaires, par le comte 
Firmas-Périès. 2' édit., Paris, 1813, in-12; et 3® édit., 
Paris, 1816, in-12. 

Jeu de la guerre de terre et de mer. Paris, 1818, in-12. 

Jeu militaire sur un plan topographique. Paris, 1818, 
in-8. 

Analyse des échecs, par Philidor; revue par l’auteur 
des Stratagèmes (Montigny). Paris, 1820, in-18 de 
7 feuilles et demie et 42 pl. 4 fr. 

Analyse. .., de Philidor; Philadelphie, Johnston (1 821 ), 
pet. in-8 de 76 feuillets et 42 pl. Cette édition est esti- 
mée. 

Nouvelle notation des parties et coups d’échecs (par 
Guyot). Paris, 1823, in-8 de xvi-466 pages. 

Traité élémentaire du jeu des échecs, contenant, etc., 
par Ulysse D***. Paris, 1823, in 18 de 4 feuilles 1/2. 

Recueil de soixante parties d'échecs, avec des observa- 
tions instructives par lesquels on démontre les secrets 
de ce jeu et l’art de le jouer en perfection, par Bendix. 
Saint-Pétersbourg, 1824. r* partie de 77 pages, prix 
3 roubles. 



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110 



FRANCE. 



Ce petit livre décrit 30 parties figurées et numéro- 
tées sur autant d’échiquiers mis en tableaux. 

Art de jorier et de gagner au jeu des échecs, rendu sim- 
ple, facile et mis à la portée de tout le monde, au 
moyen de tableaux synoptiques, d’après les documents 
fournis par M. B***, habitué du Café de la Régence si- 
gné P. L. Paris, 1828, in-8 d’une feuille 7/8, plus 2 ta- 
bleaux. 

Constitution royale et impériale des échecs. Paris, 1829, 
in-8. 

Analyse du jeu des échecs, par Philidor. Paris, 1830, 
in-18 de 286 pages et portr. de Philidor. 4 fr. 

La notation est la môme que celle des Stratagèmes. 

Nouveau jeu royal et militaire. Paris, 1833. 3 feuilles 
in-plano. 

Nouveau traité du jeu des échecs, par L. C. de La Bour- 
donnais. Paris, 1833-34, 2 part, in-8 de 4-167 pages, 
204 pages et 60 pl. 

M. Fauville, d’Yvetot, donna dans le Palaméde, en 
1842, p. 173, la rectification d’une'erreur qui se trouve 
au troisième renvoi du Mat de la Tour et du Fou con- 
tre la Tour. En somme, cet ouvrage est une compila- 
tion assez bonne de tous les débuts d’alors. 

Une seconde édition. Bruxelles, 1842, in-8. 

Jeu des échecs, ou Parties du Calabrais et de Stamma, 
arrangées avec une notation facile, par Azevedo. Bor- 
deaux, 1833, in-12. 

Un Poème sur les échecs (par Cérutti). Paris, 1834,in-8. 

Nouvelle notation..., par Poirson (Prugneaux). Com- 
mercy, in-18 de 32 pp. 

Une Revanche de Waterloo, poème, par Méry. Paris, 
1836, in-8. 



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FRANCE. 



111 



Poème sur les échecs, par M. C*** (Cérulti), en réponse 
à Une Revanche (le Waterloo. Nantua, 1836, in-8. 

Cercle des échecs. Statuts, rue Richelieu, n" 89. Paris, 
1836, in-4 d’une feuille. 

Le Palamède, journal des échecs, contenant divers 
morceau.\ de littérature, d’anecdotes, de biographie 
et bibliographie sur le jeu d’échecs, rédigé par M.M. de 
la Bourdonnais, Méry, Saint-Amant, A. Pichard et de 
Tournay. Recueil des parties d’échecs jouées entre les 
plus forts joueurs contemporains, de problèmes et de 
solutions, etc. 1” année, 1836, in-8 de 464 pages et 
72 planches. 

La Partie d'échecs du diable, nouvelle flamande, pa- 
rue dans les Chroniques de Flandres en 1131, et impri- 
mée dans le journal le Palamède. 1836, p. 30o à 310. 

Encyclopédie des échecs, ou Résumé comparatif en 61 ta- 
bleaux synoptiques des meilleurs ouvrages écrits sur ce jeu 
par les auteurs français et étrangers tant anciens que mo- 
dernes, mis i\ l’usage de toutes les nations par le lan- 
gage universel des chiffres, par Alexander. (En 4 lan- 
gues.) Paris, 1837, in-fol. oblong, publié au prk de 
30 fr. 

L’annotation de l’œuvre est à peu près semblable à 
celle du Nouveau traité de La Bourdonnais. 1 feuillet 
pour le litre, .3 feuillets pour le texte (français, anglais, 
allemand et italien), comprenant la préface, l’intro- 
duction au jeu, une liste bibliographique de plus de 3o 
traités en toutes langues et une liste des 187 souscrip- 
teurs. L’ouvrage contient plus de 2,S00 parties. 

Cette encyclopédie est divisée en six débuts de par“ 
tie, savoir : 1® Le Fou du Roi au deuxième coup pour 
le premier joueur après que chacun a joué le Pion du 



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112 



FRANCE. 



Roi deux pas; 2“ le Cavalier du Roi au deuxième coup ; 
3® le Gambit du Roi en jouant le cavalier du Roi au 
troisième coup ; 4“ le Gambit du Roi en jouant le Fou 
au troisième coup ; b® le Gambit de la dame ; 6® les Dé- 
buts irréguliers. 

Toutes les parties contenues dans cet ouvrage sont à 
but. 

10 tableaux pour le Fou du roi au 2* coup. 

15 — pour le Cavalier du Roi au 2* coup. 

3 — pour le Gambit du Fou du Roi. 

1 — pour les Gambits refusés. 

1 — pour les Gambits irréguliers. 

11 — pour le Gambit du Cavalier du Roi 
(de Salvio, Muzio, Allgaier, Cun- 
ningham). 

5 — pour le Gambit de la Dame. 

6 — pour les Gambits irréguliers. 

1 — pour la Table générale des débuts- 

Découvertes sur le cavalier au jeu des échecs, par C. F. 
J. (Jaenisch). Saint-Pétersbourg, G. Graeff, gr. in-8 de 
68 pages. 

Le Palaméde, journal des échecs. 2" année. 1" série. 
Paris, 1837, in-8 de 343 pages et 104 planches. 

Le Palaméde fut mis cette année en 100 actions de 
100 fr. 

Enq/clopédie du jeu des échecs, par Alexander. Paris, 
1838, in-8. 

Cette édition, citée par Th. Schmid, p. 167, n’existe 
pas. ^ 

Jeux de la Victoire..., Marseille, 1838, in-4. 

Le Palaméde, journal des échecs, 1838, in-8, de 
336 pages et 114 planches. Cette troisième et dernière 
année est d’une rédaction assez médiocre. 

Traité élémentaire et complet du jeu d^échecs, revu et 



En tout 
52 

tableaux. 



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FRANCE. 



113 



corrigé par Jacques-François Mouret, professeur d’é- 
checs et neveu de Philidor. Paris, 1838, in- 12 de 
18-245 pages et 100 planches. 

Dans sa préface, l’auteur critique Y Analyse de Phili- 
dor et le Traité des amateurs. « Il est très-difficile, dit- 
il, d’étudier ces livres lorsqu’on est seul ; ce qui les 
rend moins utiles. Les parties en sont longues ; elles 
ont beaucoup de variantes ; et lorsqu’on cesse avant 
d’avoir fini celles qu’on a commencées, il est presque 
impossible de s’y remettre sans reprendre le début de 
la partie. 

L’ouvrage est divisé en 33 chapitres : le 1" chap. 
donne la description des pièces, leur marche et leur 
valeur; le 2', manière d’écrire sur l’échiquier; le 3', 
termes employés pour le jeu d’échecs ; le 4®, de la va- 
leur des pièces; les chap. 5 à 34 traitent du jeu ; et le 
dernier, des fins de parties au nombre de 14. 

Le Manuel de Stein, 1841, p. 152, dit que cet ouvrage 
est très-incorrect, il contient de tout, e.vcepté les dé- 
buts. 

Aux amateurs d’échecs, réponse à la Soirée d’Ermites 
(de Méry), parue dans le feuilleton du journal la 
Presse, le 20 mars 1838. Paris, 1839, in-8 d’une feuille. 

Jeu de la bataille, ou Exposition..., Paris, 1841,in-12. 

Manuel de l’Amateur du jeu des échecs, par Stein. Pa- 
ris, Delarue, 1841, in-12 de 156 pages et 34 planches. 
1 feuillet pour le titre, 4 feuillets pour l’avertissement, 
48 feuillets pour le Traité du jeu, très-annolé et com- 
prenant vingt parlies avec renvois, des mats, 7 atta- 
ques, 11 fins et 7 positions curieuses, etc. 

Edition à laquelle on a joint, en forme de supplé- 
ment : 1® une notice historique sur le jeu des échecs 



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FRANCE. 



114 

donnant une idée générale du système de ce jeu, par 
Jaucourt ; 2“ un problème fameux avec la solution (sur 
le cavalier), par Euler ; 3“ une instruction sur la 
marche et la valeur relative des pièces; 4<> un voca- 
bulaire des termes usités au jeu des échecs, avec leur 
explication; o“ des conseils par une société d’ama- 
teurs; 6“ un petit poëme sur les échecs, par Cérutti; 
7® les règles du jeu des échecs, telles qu’elles étaient 
observées au Café de la Régence ; 8® une liste des prin- 
cipaux auteurs qui ont écrit sur ce jeu (16 noms d’au- 
teurs). Le tout revu et publié, avec 34 planches, par 
Milbons. 

Analyse nouvelle des ouvertures du jeu des échecs, par 
le major C. F. de Jaenisch, auteur des Découvertes sur 
le Cavalier. A Leipzig, chez Léopold Vofs; à Saint-Pé- 
tersbourg, chez \V. Graelf, et se vend aussi à Paris, 
chez Brockhaus. Le t. 1*'', publié en 1842, in-8 de 
xii-204 pages. Le t. 2, publié en 1843, de xiv-310 pages. 

L’ouvrage est dédié : Au Philidor de la Russie, M. A, 
de Pétroff. Dans son discours préliminaire, l’auteur 
remercie M. Heydebrand de la Lasa des différents con- 
seils importants qu’il en a reçus. 

Le Palaméde, 2® série, a reproduit plusieurs passages 
de cet ouvrage. 

le Jeu des échecs, traduit de l’italien de Gioachino 
Greco. Nouvelle édition. Paris, 1843,in-12 de 5 feuilles 
1/2. 3 fr. 50 c. 

Nouveau Traité du jeu des échecs, par M. L. C. de La 
Bourdonnais. Bruxelles, Hauman et C®, 1842, in-8 de 
16-376 pages. 

Nouveau Traité des échecs, de Lewis; trad. par Calvi. 
La 1” livraison parue en 1842. 



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FRANCE. 



115 



Parties jouées, en 1842, entre MM. Schumacher, 
Johns, Bledow, Horwitz, Scmper et plusieurs autres. 
Manuscrits inédits, en 4 volumes, remplis de dia- 
grammes. (Catalogue de S. Exc. le baron W. Berlin, 
1860, n» 474.) 

Recueil de problèmes d’échecs composés et dédiés aux 
amateurs de ce jeu, par Auguste d’Orsille. Nurem- 
berg, impr. de W. Tummel, 1842, in-32 de 90 pages, 
comprenant 260 problèmes et solutions. (Anton 
Schmid, Literatur..., p. 262.) 

Le Palaméde, journal des échecs. (Revue mensuelle, 
2® série, rédacteur : Saint-Amant.) 

l” année, Paris, 1842, t. I, gr. in-8 de 340 pages, 
portrait de M. Labourdonnais et planches, t. H, gr. in-8 
de 292 pages, portrait de M. Saint-Amant et planches. 

Analyse du jeu des échecs, par A. D. Philidor, etc. Nou- 
velle édition. Paris, Warée (1844), in-18 de 7 feuil- 
les 2/3. 3 fr. 

C’est l’édition de 1830 avec un nouveau titre. 

Analyse, de Philidor. Nouv. édit. ill. de 60 planches, 
faite sur celle de 1794. Paris, Delarue (1844), in-12 de 
7 feuilles 1/3 et SO planches. 

Le Palaméde, journal des échecs. 2® année, 2® série. 
Paris, 1843, in-8. 

Le Jeu des échecs selon la méthode de Phil. Stamma. 
Edition ornée de 103 échiquiers. Paris, Delarue (1844), 
in-12 de 120 pages. 

C’est une copie annotée de l’édition d’Utrecht, 1777. 

Méthode pour apprendre seul la marche des échecs et la 
règle de ce jeu, par C. Vielle. 

Le Roi des jeux. 

Le Jeu des rois. 



116 



FRANCE. 



Paris, 1844, 1 feuille 1/2, in-8. Prix 50 centimes. 

Une deuxième édition en 1846. 

Le Palamède, journal des échecs, 3* année, 2' série. 
Paris, 1844, in-8. 

Le Jeu des échecs. Historique de la lutte entre l’édi- 
teur du Palamède (M. Saint-Amant), et l’éditeur du 
Chess Player’s chronicle (M. Staunton). Lettre à M. l’é- 
diteur du Palamède, signée Howard. Paris, 1845, in-8 
de 2 feuilles. 1 fr. 

Le Palamède, journal des échecs, 4® année, 2* série. 
Paris, 1845, in-8. 

Cinquante parties jouées au Cercle des échecs et au 
café de la Régence, recueillies par L. Kiéséritzky. Pa- 
ris, 1846, gr. in-8 de 3 feuilles 3/4. 

Les 1'®, 9® et 45* parties sont annotées par M. Walker. 

Les 3®, 8® et 35®, par M. Harwitz. 

Les 6®, 10®, 20®, 37®, 42® et 49®, par M. Laroche. 

Les 11®, 30® et 46®, par M. Sasias. 

Les 12®, 17®, 31® et 3®, par M. Alexander. 

Les 13* et 16®, par M. Henderson. 

Les 14® et 21®, par M. Kling. 

La 18®, par M. Staunton. 

Les 32® et 47®, par M. Lewis. 

La 34®, par M. Willermet. 

Et les 40® et 43®, parM. Devinck. 

Les autres parties sont annotées par M. Kiéséritzky 
et diverses personnes anonymes. 

Collection des plus beaux problèmes d’ échecs, au nom- . 
brc do plus de deux mille, recueillis dans les auteurs 
anciens et modernes, par Alexander. Paris, impr. 
Wittersheim; chez Dufour, 1846, gr. in-8 du prix de 
20 fr. 



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FRANCE. 



«7 



Le môme ouvrage existe avec un titre allemand : Il 
comprend 94 mats en 2 coups ; 358 en 4 coups; 370 en 
3 coups; 286 en 6 coups; 208 en 7 coups; 136 en 
8 coups; 94 en 9 coups; 100 en 10, 11 et 12 coups, et 
100 en 13 coups et au-dessus. 

Les problèmes se suivent dans l’ordre du nombre de 
coups il y en a depuis 2 jusqu’à 230. Les noms des au- 
teurs (environ 93 noms) se trouvent en tête de chacun, 
excepté quelques-uns qui portent le mot, amateur, et 
qui sont en partie de l’invention de l’auteur. 

Méthode pour apprendre seul la marche des échecs. Pa- 
ris, 1846, in-8 de 24 pages. 

La première édition est de 1844. 

Echec et Mat, drame en cinq actes. Paris, 1846, in-8. 

Les Echecs simplifiés approfondis, depuis les f)remières 
notions du noble jeu jusqu’à la plus grande supério- 
rité que l’on puisse y acquérir, par le comte abbé de 
Robiano. Bruxelles, Wouters frères (1846), in-8. 

Traité du jeu des échecs, par Lewis, traduit par 
Witcomb; arrangé selon le système lexicographique 
de M. Kiéséritzky. Paris, 1846, gr. in-8 de 204 pages, 
2 feuillets pour le titre, 1 feuillet pour la dédicace à 
M. Devinck, 98 feuillets de texte et 1 feuillet d’errata. 

Cet ouvrage traite le Gambit Muzio, donne des e.x- 
traits de Lopez, Salvio, Greco, Lolli, Cozio, Ponziani, 
Ghulam-Kassim, Jaenisch, Bilguer et Heydebrand de la 
Lasa. Plus 23 problèmes de M. Bolton. 

C’est un livre spécial pour les débuts. 

Le Palaméde, journal des échecs. 5* année, 2* série. 
Paris, 1846, in-8. — 6® année, 2' série. Paris, 1847 
in-8. 

Analyse du jeu des échecs, par Philidor. Paris, Delà- 



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118 



FRANCE. 



rue, 1848, in-12, fig. 3 fr. oO c. (Nouveau Manuel bi- 
bliogr. de MM. Denis, Pinçon, p. 232.) 

Historique de la lutte entre l’éditeur du Palamède et 
l’éditeur du Chess-Player’s chronicîe. Paris, 1848, in-8. 
(Bulletin du Bouquiniste, 1839, n“ 142. 73 c.) 

Le Jeu des échecs, d’après la Méthode de Ph. Stamina. 
Edit, illustrée de 103 échiquiers. Paris, Delarue, 1848, 
in-12. 3 fr. Cité dans le Noureau Manuel bibliographique 
de MM. Denis, Pinçon, p. 232. 

Introduction pratique au jeu des échecs, etc., par 
Q. Poirson-Prugneaux. Commercy, Ch. Cabasse, 1849, 
in-12 de 20-220 feuillets, fig. 

Dans ce traité, la manière de jouer les pions est 
totalement exclue ; il s’arrête beaucoup sur le mat du 
Fou et sur celui du Cavalier, ce qui n’est pas très- 
utile ; il représente le même mat sous huit faces diffé- 
rentes, et par là fatigue un peu l’imagination. 

La notation de ce recueil est obscure et surchargée 
désignés. On y trouve 16 lettres, dont 10 simples et 
6 pointées, lesquelles peuvent être suivies d’une apos- 
trophe, ce qui fait 30 lettres. Une demi-douzaine de 
signes, 1 lettre renversée et 2 lettres pour remplacer 
les mots blancs et noirs. 

Il a transcrit avec cette notation, le Gomito de Da- 
miano, portugais, où se trouve réuni : 1® la Pratique 
du Gomito, décrite par Lolli ; 2® celle de Ruy-Lopez ; 
3® celle de Greco; et 4® celle de Cozio; le tout annoté 
et commenté par l’éditeur. 5° l’Echec du berger, par 
Méry; 6° Observations pratiques, trad. de l’italien d’Er- 
cole del Rio; 7® diverses fins de parties; 8® la traduc- 
tion française de la Centurie de Lolli; 12 coups d’é- 
checs, par M. Grosdemange ; un recueil curieux de so- 



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FRANCE. 



11 » 



lutions du problème du Cavalier aux échecs; un 
extrait de l’ouvrage de Philidor, etc., etc. 

La Régence, journal mensuel des échecs, rédigé par 
Kiéséritzky (faisant suite au Palaméde, t'® et 2* série). 

f® année, Paris, Barthès, 1849, in-8 de 394 pages et 
planches. 

2* année, Paris, 1830, in-8 de 392 pages et planches. 

3* année, Paris, 1831, in-8 de 392 pages et planches. 

La notation de ce journal est la même que celle em- 
ployée dans la traduction de Lewis par AVitcomb, et 
dans les Cinquante parties jouées..,, par Kiéséritzky. 

Le Moniteur d’échecs, abonnement : 12 fr. par an. 
Paris, 1831 (cité dans la Régence, 1831). 

La Régence, journal des échecs. 1" année. Paris, 
1849, in-8. — 2® année. Paris, 1830, in-8. — 3® année. 
Paris, 1831, in-8. 

Moniteur des échecs. Paris, 1831. 

Traduction française du poëme de Vida, par Alliey. 
Paris, 1831, in-8. 

Almanach des échecs, contenant 12 parties par les 
plus forts joueurs contemporains, tels que De Labour- 
donnais, Deschapelles, Macdonnel, etc., avec l’anno- 
tation du Palaméde et celle de M. Kiéséritzky; la Mé- 
thode pour apprendre seul à jouer aux échecs, suivie 
de la règle de 'ce jeu et d’un extrait sur son origine, 
de Fréret; publié par Vielle. Paris, 1832, in-16 d’une 
feuille 1/8. 

Cercle det échecs, place du Palais-Royal. Statuts. Pa- 
ris, 1831, in-16 d’une feuille. 

Traité élémentaire du jeu des échecs, précédé de mé- 
langes historiques, anecdotiques et littéraires, par le 
comte de Basterot. Paris, 1833,m-12de 13 feuilles 2/3. 



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120 FRANCE. 

Une deuxième édition en 1863. 

Traité théorique et pratique du jeu des échecs, rédigé 
par une société d’amateurs. 3“ édition, revue et cor- 
rigée. Paris, 1833, in-12 de H feuilles 1/2, plus 1 vign. 

La première édition est de 1773. 

Leçons élémentaires sur le jeu des échecs avec exercices, 
par l’abbé Vêtu (édité et imprimé par Blocquel, de 
Lille), Paris, Delarue (1834), in-12 de 3 feuilles 1/6, 
plus un allas in-12, 1/3 de feuille et 123 planches im- 
primées en couleur. 

L’auteur, dans son avertissement, conseille auï 
joueurs d’échecs de jouer ce jeu sans passion, modé- 
rément et sans trop d’application, de perdre quelque- 
fois pour satisfaire ses adversaires : ce serait mal placer 
le point d’honneur que de le mettre dans ce jeu, vrai- 
ment la chose n’en vaut pas la peine. Ce serait y at- 
tacher trop d’importance. On joue pour s’amuser un 
instant et rien de plus. 

Le traité se compose de 103 pages ; 13 feuillets blancs 
se trouvent à la fin du texte, ils sont destinés pour les 
exercices. 

Règles du jeu des échecs adoptées par la Société des 
amateurs d’échecs de Saint-Pétersbourg comme base du 
Code universel de ce jeu, Saint-Pétersbourg, 1834, in-8. 

Echiquier de trente et quarante..., Paris, 1836, 1 feuille 
in-plano. 

Jeu de la guerre d’Orient..., Paris, 1836, in-16. 

Quelques mots sur les combinaisoiis..., Paris, 1836. 

Application de l’analyse aux sauts du cavalier, par 
Slyvons, Bruxelles, 1836. 

Recueil d’études progressives sur les fins de parties au 
jeu des échecs, composées seulement du roi et des pions, 



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FRANCE. 



iii 



illustré de 180 diagrammes, par M. Jean Préti, Paris 
(18o6), in-8 de 11 feuilles 1/2, chez l’auteur. 6 fr. 
Belle édition, imprimée sur beau papier. 

La Régence, journal des échecs, 2‘ série, Paris, 1 8S6, 
in-8. Cette série a été rédigée par M. Arnous de Ri- 
vière. 

Traité complet, théorique et pratique sur les fins de 
parties au jeu des échecs, illustré de 3 iO diagrammes, 
par Préti. Paris, 1858, in-8, chez l’auteur. Prix, 12 fr. 

Cet ouvrage forme le complément des Etudes pro- 
gressives du même auteur. 

Choix des parties les plus remarquables, jouées par 
Paul Morphy en Amérique, en Angleterre et en France, 
annotées par lui-môme et d’autres célébrités, recueil- 
lies par Jean Préti, Paris, 1859, in-8 de xvi-192 pages. 
7 fr. 

Labourdonnais-Morphy. A M. Georges Allen, profes- 
seur de langue grecque à l’Université de Pensylvanie, 
auteur de la Vie de Philidor. Lettre, signée Doazan, 
écrite à M. George Allen sur Labourdonnais et Morphy. 
11 les juge ainsi : « Labourdonnais était un homme 
de sentiment et d’action, Morphy est un homme de 
pensée et de réfie vion. Les premiers de leur temps, il 
est probable qu’à aucune époque, personne n’a été 
plus habile. » Paris, 1859, in-8 de 16 pages. 2 pages 
pour le titre, 13 pages pour la lettre et 1 page blan- 
che. La Régence, 1860, p. 33, reproduit cet opuscule. 

M. Alliey. — AM, Georges Allen, professeur de phi- 
losophie de l’Université de Pensylvanie, par Doazan, 
Paris, 1860, in-8 de 16 pages. — Notice biograpliique 
sur M. Alliey. 

Nouveau Manuel illustré du jeu des échecs, par J. A. 

6 



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122 



FRANCE. 



de R. (Arnous de Rivière), etc., Paris (1860), in-8 de 
144 pages, fig. Prix, 2 fr. Contient : 

1® Pages 1 à 28, Dissertation d’après Duncan Forbes, 
sur l’origine des échecs; l’auteur fait honneur aux In- 
diens de l’invention de ce jeu. 

‘ 2® Une bibliographie trôs-abrégée et une notice 
biographique tirée en partie de Carrera; pages 29 
à 42. 

3® Les règles du jeu, p. 43 è 52. 

4® Le reste de l’ouvrage est divisé en six chapitres : 
le chapitre i*' donne la description de l’échiquier et 
de ses pièces; le chapitre ii, travail sur les ouvertures; 
le chapitre ni, sur les parties à avantage; le chapitre iv, 
sur celles à but et à avantage ; le chapitre v, sur les 
fins de parties, et le chapitre vi, des études sur les 
fins de parties extraites des Chess studies de Kling et 
Harwitz. 

Recueil de problèmes, dédié aux amateurs d’échecs, par 
P. Journoud, Paris, 1860, gr. in-16 de 156 pages. 5 fr. 

Régies des échecs-Gérard, ou Jeu des batailles..., 1'*, 2* 
et 3® édition, Paris, 1860, in-8 de 11 feuilles. 1 fr. 

Un rêve, par Doazan. Paris, imprimerie Tinterlin, 
1860, in-8® d’une feuille. Petite causerie échiquienne. 

La Régence, revue spéciale des échecs, paraissant le 

de chaque mois, publiée sous la direction de M. P. 
Journoud (3® série). 

U® année, 1®' numéro, janvier 1860, 32 pages. Prix 
annuel : 20 fr. Paris, imprimerie Tinterlin, et café de 
la Régence, 1860, in-8. 

2® année, Paris, 1861, in-8. 

Le Jeu des eschez, trad. en vers français du poème de 
Vida, par Vasquin Philieul ; réimprimé sur le seul 



L. G-, ;lq 



FRANCE. 



123 



exemplaire connu..., par M. P. L., Paris, J. Gay, 1862, 
petit in-12 de 36 pages. 

Le Jeu des eschets, trad. en vers français du poème 
latin de Vida, par M. D. G. ; réimprimé sur le seul 
exemplaire connu, Paris, J. Gay, 1862, petit in-12 de 
36 pages. 

La Nouvelle Régence, journal des échecs, 3* série, 
faisant suite au journal la Régence; rédigée par M. P. 
Journoud. Paris, 1862 et 1863, in-8. 

Réglement du jeu des échecs, extrait du Traité élémen- 
taire..., et suivi du règlement de Philidor, avec notes, 
Paris, 1863, in-8 de 19 pages. 

Traité élémentaire du jeu des échecs..., avec cent par- 
ties des joueurs les plus célèbres, par le comte de 
Basterot. 2" édit., Paris, 1863, in-8 de SU pages. 7 fr. 

Délices royales, ou le Jeu des échecs, son histoire, ses 
régies et sa valeur morale, par Aben-Ezraet Aben-Yé- 
H’ia, rabbins du xiii' siècle, traduit de l’hébreu par 
Léon Holloenderski, Paris, 1864, in-12 de 104 pages. 

Le Palaméde français, revue des échecs et autres 
jeux de combinaison, faisant suite à la Nouvelle Ré- 
gence, publié sous la direction de M. P. Journoud. Im- 
primerie Lahure, 1864, in-8. 

Les principaux journaux français s’occupant acci- 
dentellement des échecs sont : l’Illustration française, 
rédacteur M. Arnous de Rivière; le Journal du plaisir; 
le Moniteur officiel des salons, hebdomadaire, Paris, 
1850; le Monde illustré, la partie des échecs est. rédi- 
gée par M. Journoud; le Sport, rédacteur, M. Préti; le 
Magasin pittoresque, etc. 



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FRANCE. 



124 



Cercles et Réunions. 

PARIS. 

Vers le milieu du xviii* siècle, François Procope, 
Sicilien de naissance, fonda i\ Paris un café qui de- 
vint alors le rendez-vous des joueurs d’échecs, et c’est 
dans ce café que prit naissance le club des échecs, 
dont les quatre premiers membres furent Piron, J. J. 
Rousseau, Diderot et Philidor ; Voltaire y venait quel- 
quefois. 

Tout le monde lettré vint se grouper autour d’eux, 
et ces joueurs paisibles furent obligés d’abandon- 
ner ce café pour celui de la Régence, situé alors 
place du Palais-Royal. Mais le calme de cet endroit ne 
tarda pas à être troublé : on y vit venir Mirabeau, 
Danton, Robespierre, Barrôre et autres, et les ama- 
teurs abandonnèrent ce café pour celui de la Terrasse 
des Feuillants, Corazza et le Café militaire, rue Saint- 
Honoré; ce n’est que sous le Consulat que le Café de la 
Régence vit revenir à lui les amateurs d’échecs, qui ne 
l’ont plus quitté depuis. 

En 1783, un club d’échecs fut établi à Paris, près 
du Palais-Royal, sous la protection du comte de Pro- 
vence, plus lard Louis XVFII, qui était lui-mème 
membre du club. La souscription annuelle était de 
4 louis (100 fr.). Parmi les membres étaient : Bernard, 
Cartier, Verdoni, Leger, Garnier, le comte de Bissy, 
les chevaliers de Beaurevoir, de La Pallu et d’Anselet. 

En 1787, il existait un Club d'Échecs, interdit pen- 
dant quelque temps, parce qu’on craignait qu’il ne 



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FRANCE. 



135 



devint politique. II fut rétabli quand on eut la certi- 
tude que ce n’était réellement qu’une académie 
d’échecs. (Courrier de l’Europe, n® 42.) 

Alexander fonda un hôtel dit de l’Echiquier, auquel 
il dut un moment de bien être, puis sa ruine. Cet 
hôtel a été vendu en 1836 avec le Café et un Cercle 
d’échecs, fondés par le môme, pour la somme de 10,000 
francs, et revendu l’année suivante pour 100,000 francs. 
Ce cercle disparut en 1836. 

Cercle des échecs, rue Richelieu, n® 89, et rue de 
Ménars, n® 1 . Réglement intérieur. Paris, imprimerie 
GondeUer, 1836, in-4 d’une feuille. 

Cercle des panoramas. Statuts. Paris, imprimerie De- 
zauche, 1836, in-4 d’une feuille. 

Cercle des échecs, place du Palais-Royal, 243, maison 
du Café de la Régence. Statuts. Paris (1851), in-16 
d'une feuille. Il se composait de 59 membres associés 
et 12 membres honoraires. Ce cercle est la suite de 
celui de la rue de Ménars, qui disparut lorsque celui- 
ci fut fondé, et il prit fin lui-méme en 1854, lorsque 
la maison du Café de la Régence, à la place du Palais- 
Royal, fut démolie. 

Aujourd’hui, nous n’avons plus à Paris de cercles 
d’échecs ; les joueurs se réunissent principalement au 
Café de la Régence, quelques-uns au café d’Orsay, etc. 

Hommage au nouveau club des échecs, par M. Dumon- 
cheau, commandant, imprimé dans le Palaméde, 1836, 
p. 192-193. 

Lettre datée de Chambord (au sujet d’un article inti- 
tulé : les Mystères du cercle des échecs, signée Delannoy), 
imprimée dans le Palaméde, 1843. 

Alph. Delannoy, collaborateur du Palaméde, 2® série, 



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126 



FRANCE. 



et de la Régence, t'*, 2‘ et 3* séries. On a de lui les 
articles : Sur le Café de la Régence, dans le Palaméde, 
1842, 1. 1, p. 107 à 117; dans rj/lustra<ton, 1850, et dans 
la Régence, en 1851; les Mystères du cercle des échecs, 
dans le Palaméde, 1843. Plusieurs réclamations ont 
été faites sur ce dernier article. 

The Café de la Régence, by G. Walker, publié dans 
Chess and Chess player’s Chronicle. London, 1850, in-8, 
p. 148 ; dans the Frazer’s magazine, décembre 1840, et 
en français, dans le Palaméde, 1843, p. 298-312. 

Houssaye (Arsène), donna une étude sur le Café de 
la Régence, en 1842, Paris, 2 vol. in-8. 

La Patrie, journal politique, publia dans ses colon- 
nes, le 2 juillet 1860, un article historique sur le Café 
de la Régence, par M. Edouard Fournier. 

Le Monde illustré, 18 août 1860, publia des Etudes sur 
les cercles de Paris, par M. Jules Noriac. On y trouve 
des passages relatifs au Café Procope, à celui de la Ré- 
gence, et aux clubs et joueurs d’échecs contempo- 
rains. 

Dans les départements, les cercles d’échecs contem- 
porains sont ceux d’Angers, au café Serin ; — de Bou- 
logne-sur-Mer, fondateur et président M. Renaud, 
pharmacien; — de Marchiennes (Nord); — à Nantes, 
le Cercle des Beaux-Arts compte, parmi ses membres, 
quelques-uns des plus forts joueurs des départements. 
Cette société engagea, en 1861 et 1862, des défis par 
correspondance contre les cercles de plusieurs autres 
villes, Reims, Angers, Lyon, Saint-Étienne, et fut 
presque toujours victorieuse; — d’Orléans; de Tou- 
louse; Société générale des échecs, 18* année, exer- 
cice 1850. Dernières paroles du fotidateur, 2* partie, si- 






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FRANCE. 



127 



gné Alphonse Desplages père, Toulouse, imprimerie 
Bellegarigue, 1830, in-4 d’une feuille; — de Versailles, 
le cercle était présidé en 1849, par M. Chamouillet; 
de Vitry-le-Français — et du 73* de ligne. 

Perpignan est une ville qui s’occupe beaucoup d’é- 
checs, s’il faut en juger parles réponses aux problè- 
mes insérées dans V Illustration française et dans le 
Monde illustré, 1864, 1" semestre. Les noms des joueurs 
qui ont répondu à ces problèmes sont MM. Numa 
Lloubes, Blaché et Tourndt Ceux des lieux de réunion 
sont : le 'Cercle Laborie, celui du Roussillonnais, le 
Café Serres et le Café Olive. 

Joueurs français au XVIII” siècle. 

Les joueurs de premier ordre du xviii® siècle étaient : 
le marquis de Grosminy et son frère, de Lagalle, le che- 
valier de Feron, le chevalier du Son, auteur d’un 
traité d’échecs resté inédit et qui passa en la posses- 
sion du prince de Conti. 

Les joueurs de second ordre étaient : le chancelier 
d’Aguesseau et son fils, le président de Nicolaï, le duc 
de Mortemart, de duc de Mirepoix, l’abbé Chenard, 
l’abbé Maillot, Foubert, de Saint-Paul, etc. 

Célébrités. 

Aguesseau (lechev.d’) jouait avec M. Legalle, qui lui 
demanda, pour un abbé de ses amis, une place vacante 
à Vincennes, que le chevalier concéda par suite d’une 
partie d’échecs.* 

Ai-liey (Cam. Théod. Fréd.), juge à Privas, mort en 



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128 



FRANCE. 



1 856, possesseur de la plus riche collection d’ouvrages 
sur le jeu des échecs. Cette collection, la première 
faite dans ce genre spécial, passa à sa mort à la biblio- 
thèque de Grenoble avec ses travaux manuscrits. 

On a de lui une Bibliographie sur le Jeu des dames, 
une sur le Jeu de trio-trac, et une manuscrite sur le 
jeu des échecs, annoncée dans le Palamède, 1838. 

11 est traducteur, en français, des ouvrages : d’Ac- 
tius, Palamède, 1847; de Cancellieri; de Christie (J.), 
Palamède, 1844; de Clodius;<de Damiano; d’Ercole del 
Rio; de Heinsc; d’Hirsche; d’Hock; deKanny; de 
Lambc; de Leibnitz; de Nachtigal; d’CËttinger; de 
Ponziani; de Salvio (A.); de Sagittarius, Palamède, 
1847 ; de Sardenheim; de Twiss; d’Uflacker; de Wahl 
(Gunther) ; de' Wieland. La plupart de ces traductions 
sont imprimées dans le Palamède, 2® série, et dans la 
Bégence, 1'* série. 11 donna aussi dans ce dernier 
journal des articles intitulés : Bibliographie échi- 
quienne. 

On lui doit déplus des traductions françaises : l°du 
poème latin de Vida, qu’il a fait suivre d’une biblio- 
graphie assez complète du texte et des traductions de 
ce poème, dans toutes les langues ; 2° du poème polo- 
nais de Kochanowski ; 3“ du poème anglais de W. Jo- 
nes ; 4® du poème allemand de Fischer ; 5® du duel 
des échecs de Tuccius ; 6® des poèmes de Ludovic!, de 
Raince, de Mommeiano, de Piccigallo, de Ch. Salvio 
et de Lemaure. 

Le Palamède, 1845-1846, donna un travail de cet au- 
teur, intitulé : Musée de l’échiquier. C’est une curieuse 
description de tableaux, miniatures, gravures et ob- 
jets d’art sur ce jeu. 



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FRANCE. 



129 



Le môme journal, en 1847, donna du même auteur 
une Description historique sur les noms du jeu des échecs 
et de, chacune des pièces qui le composent. 

Arnods de Rivière (J.), rédacteur de la Régence, 
2* série, 1856; auteur du Nouveau Manuel illustré du 
jeu des échecs, etc. Paris (1860), in-8. 

Aülnoy (comtesse d’). Parmi les qualités remarqua- 
bles de sa charmante Chatte blanche, elle savait jouer 
fort bien aux échecs. 

Aycard (Marie), est auteur des Nouvelles suivautes : 

Jean-Jacques Rousseau et le Prince de Conti, sur une 
partie d’échecs jouée par cet auteur avec ce seigneur, 
imprimée dans le Palaméde, 1843. 

les Echecs à Pomponne, un ministère perdu pour 
deux parties d’échecs ; nouvelle historique, imprimée 
dans le Palaméde, 1842, t. II. 

Une Partie d’échecs de MéAmef-AK, imprimée dans le 
Palaméde, 1844. 

le Tigre et les Echecs, imprimée dans le Palaméde, 
1847, t. VII, p. 36 à 42 et 83 à 89. 

Les Trois Parties d’échecs, nouvelle signée Marie 
Aycard ; imprimée dans le Palaméde, 1842, t. 1, p. 30 
à 37. 

Dans le môme journal, p. 97, se trouve la remarque 
suivante : « Les Anglais n’ont pas eu depuis 17.. à la 
tête de l’épiscopat de Cantorbéry un jeune homme 
capable d’enlever ainsi les fillettes. Le plus jeune ar- 
chevêque de Cantorbéry ne l’a pas été avant l’âge de 
67 ans. C’est sans doute encore un âge à faire de belles 
parties d’échecs, mais à renoncer aussi à beaucoup 
d’autres choses. » 

Barbe YRA c (Jean), mort en 1747. Dans son Traité du 

6 . 



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130 



b'KANCË. 



je«, Amsterdam, 1709, et Amsterdam, 1737, au mot 
Échecs, on trouve des recherches sur l’ongine de ce 
jeu, — s’t/ aiguise l’esprit, — s’il porte par lui-méme à 
tromper et à aimer trop la guerre, — s’il sert à former ou 
à nourrir f orgueil, —vray temps d’y jouer, — exemples 
d’un prodigieux attachement de plusieurs personnes pour 
ce jeu, — nom de la Cour de l’ Echiquier en Angleterre, — 
d’où il vient. 

Barbier. Lettre à M. Kiéséritzky sur les pièces d’échecs, 
Clermont, 1851 ; imprimée dans la Régence, même an- 
née, p. 132. 

Basterot (le comte) est auteur d’un 'Traité élémen- 
taire du jeu des échecs, Paris, in-8, 2* édit., un fort vol. 
de 608 pages, et du Réglement du jeu des échecs, in-8. 

Batle (Pierre), mort en 1706, parle de Boï (de Sy- 
racuse), de Giachino Greco et de l’Automate joueur 
d’échecs, dans son Dictionnaire historiqtie et critique. 

Boncourt. Une de ses parties d’échecs, jouée avec 
M. de Labourdonnais, donna lieu ù l’article suivant : 
Une Partie d’échecs de mémoire, imprimée dans la Revue 
de Paris, 1830, et dans le Palamêde, même année. 

Bontemps, auteur d’un article intitulé : Nouvelle 
Mission du congrès de Londres, publié dans la Régence, 
1850. 

Bordelon, dans ses Diversités curieuses, Paris, 1647, 
p. 101, cite deux parties d’échecs jouées par le prési- 
dent Nicolaï avec M. R... (Racine fils). 

Boüillet, dans son Dictionnaire universel des sciences 
et arts, parle des échecs. 

Caraman (duc de), président du Cercle des échecs de 
Paris en 1851, auteur d’un article imprimé dans la Ré- 
gence, 1851 : Soirée du 26 ?nars. 



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FRANCE. 



13t 



Chamouillet, président des Cercles des échecs de Pa- 
ris en 1842, et en 1849 de celui de Versailles : Lettre 
sur une partie d’échecs faite par lui avec M. Kiésé- 
ritzky, imprimée dans le Talamède, 1842, 1. 1, p. 77 à 
99. 

Chapelle. Lettre du major Jaenish, traduite en fran- 
çais et imprimée dans la Régence, 1860, p. 289. 

Charlemagne (Charles 1*', roi de France), né en 742, 
empereur d’Occident en 800, mort en 814. 

C’est sous son règne que l’on place l’inlroduction 
des échecs en France. Ce jeu devint alors une passion; 
tout noble devait le connaître, et l’empereur, d’après 
le dire de ses historiens, en était grand amateur. 
(Voir les Romans de la table ronde, les Douze Pairs de 
Charlemagne, le Poème de Garm de Monlglave, etc.) 

Selon une tradition de J. Doublet, dans son Histoire 
de l’abbaye de Saint-Denis, p. 342 et 1213, on conser- 
vait dans le trésor de ce monastère un certain nombre 
de pièces d’un jeu d’échecs donné par Charlemagne. 
Voici les paroles de Doublet : « L’empereur et roi de 
France, saint Charlemagne, a donné au trésor de 
Saint-Denis un jeu d’échecs avec le tablier, le tout d’i- 
voire ; lesdits échecs, hauts d’une paulme,fort estimés; 
ledit tablier et une partie des échecs ont été perdus 
par succession du temps, et est bien vraisemblable 
qu’ils ont été apportés d’Orient, et sous les gros échecs 
il y a des caractères arabes. » 

Cette tradition est mentionnée également dans l'Etat 
manuscrit conservé à la Bibliothèque impériale de 
l’envoi fait à cet établissement, le 19 décembre 1793 
(20 nivôse, an II), de seize pièces diverses d’ivoire 
provenant de Pranciade (Saint-Denis). Elles sont ainsi 



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132 



FRANCK. 



désignées: «... que l’on appelait anciennement les 
échecs de Charlemagne, parce que l’on supposait 
qu’elles faisaient partie des présents que le calife 
Âaron-Raschid envoya à cet empereur. » De ces seize 
pièces une seule porte sous la hase ces caractères 
arabes dont parle J. Doublet, et celle-là seule peut 
passer, sans trop d’invraisemblance, pour avoir fait 
partie des présents faits à Charlemagne. Cette remar- 
quable pièce est certainement d’origine asiatique; elle 
a été fabriquée, comme nous l’apprend la forme des 
caractères, du temps d’Aroun-al-Rascbid, par un ou- 
vrier arabe, car l’inscription a été traduite ainsi : Ou- 
vrage de Joussouf-al-Nakali ou de Joussouf, de la tribu 
de Bahaïly : toutes les autres pièces du jeu faites par 
ce Joussouf avaient été perdues, et celle-ci était con- 
fondue avec quinze autres pièces d’un ou plusieurs 
jeux d’échecs déposés en môme temps à la Bibliothè- 
que impériale. Ces quinze pièces sont d’une époque 
moins reculée et n’ont certainement pas fait partie du 
môme jeu ; elles accusent plutôt une origine byzan- 
tine et paraissent remonter au xi* siècle, tandis que la 
pièce du jeu dit de Charlemagne doit avoir été exé- 
cutée en Asie, à la fin du ii® siècle de l’hégire ou 
IX® siècle de notre ère. Elle représente un éléphant 
portant sur son dos une tour crénelée ; sur la plate- 
forme de la tour un roi hindou assis à la mode orien- 
tale, il est nu, porte une couronne ornée de pierreries, 
un collier et des bracelets. Sur un rebord extérieur 
de la plate-forme sont rangés huit guerriers à pied de 
garde du roi, l’épée à la main, le bouclier au bras. 
Sur la tôte de l’éléphant, on distingue des vestiges de 
la figure du kornac qui, sans doute, le dirigeait de ce 



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FRANCE. 



133 



poste élevé. Un homme, que l’éléphant a lancé en 
l’air, s’accroche à ses défenses, tandis que l’animal, 
au moyen de sa trompe, enlève un cheval avec le ca- 
valier. En bas du socle qui porte l’éléphant, sont 
rangés quatre guerriers à cheval, armés d’épées et de 
haches ; ils sont tous couronnés ; peut-être sont-ce des 
vasseaux du grand roi. Sous la base est gravée en 
creux une inscription arabe, en caractères coufiques, 
en partie détruite. 

M. Frédéric Madden, dans une savante dissertation 
sur les origines des échecs, fait remarquer qu’il ne' 
faut pas oublier que les historiens, qui ont minutieuse- 
ment détaillé les présents du calife Haaron-al-Raschid, 
ne mentionnent pas de jeux d’échecs. (Voyez Archœo- 
logia, t. XXIV, p. 209.) 

Charles VllI, roi de France, défendit, par une or- 
donnance de 1483, aux prisonniers du Châtelet de 
jouer aux dés; il permet seulement aux personnes de 
qualité, arrêtées pour des causes légères et purement 
civiles, de jouer au tric-trac et aux échecs. 

Charlot, fils de Charlemagne. Dans le Roman d’Ogier 
le Danois (publié par Ant. Vérard en 1500), chap. xvi, 
il est rapporté que ce prince cassa la tête à Baudoin, 
fils d’Ogier, avec une pièce d’échecs. Cette brutalité 
fit naître une guerre qui dura plus de sept ans : 

« Baudoin cependant se montroit très-attentif à ser- 
vir Chariot, et ne perdoit pas une occasion de cher- 
cher à lui plaire. Ce prince aimoit à jouer aux échecs, 
et le jeune Baudoin, qui excelloit à ce jeu faisoit sou- 
vent sa partie. 

« Un jour Chariot étoit vivement piqué d’avoir perdu 
deux parties de suite, il crut pouvoir, en prenant uqo 



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134 



FHANCE. 



pièce, donner échec et mat à Baudoin ; mais celui-ci 
l’atlendoit dans le piège qu’il avoit tendu; il eut le 
tort de faire un léger sourire en faisant Chariot échec 
et mat pour la troisième fois. Ce dernier se lève fu- 
rieux, et saisissant le pesant échiquier d’or dont 
ils se servoient, en porte un coup sur la tête de 
Baudoin, la lui brise et le fait tomber mort dans la 
chambre. 

« Effrayé de son crime, craignant la vengeance re- 
doutable d’Ogier, Chariot se cache dans l’intérieur du 
palais..., etc. » — La Fleur des batailles, traduction du 
comte de Tressan, Paris, 1782, t. II. 

Dans le Roman de Galyen, publié également à Paris 
par Ant. Vérard, en 1500, se trouve un passage où il 
est dit que Galyen, une fois, après souper, se mit à 
jouer aux échecs avec un de ses oncles, Thibert, qui, 
à la suite d’un mat, lui donna un violent coup à la tète 
et l’appela bâtard, fils de putain. Galyen va trouver sa 
mère et lui demande : 

a Dictes moy comment vous fustes premier depu- 
cellée et qui est mon père et de quelle parente ie suis. 
Beau filzle lui respont sa mèreiene vous quiersia riens 
celer. Une fois fut que Charlemaigne et les douze pers 
de France en reuuenant du Saint-Sepulcre de Hierusa- 
lem passèrent par cy et mon père les logea et leur fist 
moult grand honneur. La nuyt quand ils furent cou- 
chez se prindet a gabber et un g clerc qui ouyt les gabz 
le vint rapporter à mon seigneur mon père lequel 
iura qu’il les feroit mourir silz n’accomplissoient ce 
qu’ils avoient dit. Lors lun deulx nome le comte Oli- 
vier dit que s’il m’auoit à son coucher que quinze lois 
auroit ma compagnie sans soy reposer. Mon père me 



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FRANCE. 



435 



bailla à lui que ic nosay refuser et acomplit ce qu’il 
auoit dit et en reste maniéré fustes engedre sachez 
que rien ne vous ay cele. » 

Les Quatre Fils Aymon, duc de Dordonne, à Paris# 
pour la vefue Jean Bonfons, s. d., in-4, raconte une 
histoire analogue à celle de Galyen^ les personnages 
sont Barthelot, neveu de Charlemagne, et Régnault 
fils d’Aymon, 

Chatbe (le marquis de), dans ses Jeux d’esprit et de 
mémoire (Cologne, 1694, in-12), parle souvent des 
échecs en homme qui les aimait. Il nous raconte que 
le grand Condé était un des bons joueurs de son 
temps. « Son Altesse, dit-il dans son détestable style, 
d’ordinaire, après son dîner, demandait les eschets. 11 
s’avisa de nous dire qu’il avoit trop d’attachement 
pour ce jeu, pour n’en avoir pas voulu apprendre la 
véritable origine et sçavoir à quelle nation on doit at-. 
tribuer l’honneur de l’invcnlion de cet agréable amu- 
sement. Je sçay que les cschets ont toujours passé pour 
un jeu royal ou plutôt pour le roi do tous les jeux, et 
que Tesseira nous apprend, par tous termes, qu’ils 
sont venus de Perse. Grégoire le Toulousain, en attri- 
buant l’invention aux Hébreux, assure, dans sa tra- 
duction des Croniques de Mircoud, que les peuples de 
Perse reçurent deux livres de philosophie et un jeu 
d’eschets de la part de leurs bons amis et confédérés 
les Indiens, pour leur faire comprendre le peu de sta- 
bilité et la vicissitude des choses du monde, dont on 
ne peut tirer aucun avantage, qu’en usant d’une pru- 
dence non commune. Les Persiens crurent qu’il y al- 
loit de l’honneur de leur nation de rendre aux Indiens 
un présent de même nature, ils envoyèrent un jeu de 




186 



francb;. 



tric-frac qui vouloit signifier, qu’encore que la pru- 
dence soit requise pour notre avancement dans les 
emplois de la vie, il falloit ûtre encore favorisé de la 
bonne fortune, sans laquelle on ne pouvoit avoir un 
heureux succès dans nos entreprises. » 

Le même marquis de Châtre, dans ses Nouveaux En- 
tretiens des jeux <f esprit et de mémoire (Lyon, 1709, 
in-12), cite le marquis de Praslin parmi les bons 
joueurs d’échecs. « Ce seigneur, dit-il, me demanda si 
je ne sçavois point jouer aux eschets, jeu fort estimé 
en Espagne et en Portugal : il me fit faire réflexion 
sur la disposition des pièces de cet admirable et spiri- 
tuel jeu, qui sont les Roys, les Dames ou Reynes, les 
Chevaliers, les Fous, les Tours et les Pions. Quelques- 
uns l’appellent le jeu de la Guerre et des Roys. Y a-t-il 
rien au monde qui nous fasse mieux comprendre la 
vicissitude des cours des monarques, la déroute de 
leurs armées et la mort, que la fin d’une partie 
d’échecs, où les Roys et les Reynes, les Chevaliers, les 
Fous et les Pions sont pêle-mêle, les Tours même aug- 
mentent le monceau. » 

Choisv. Dans la Vie de Monsieur l’abbé de Choisy, Lau- 
sanne et Genève, 1 748, p . 3, on lit : « Le père de M. l’abbé 
de Choisy était fils d’un provincial, qui fut introduit 
à la Cour d’une manière assez extraordinaire. Voici 
comment la chose arriva : Il revenait d’une petite 
terre, nommée Balleroy, qu’il avait en Normandie. 
Etant arrivé à Meulan, le marquis d’O., alors surin- 
tendant des finances, survint en même temps dans 
l’hôtellerie. Ils font connaissance, soupent ensemble, 
jouent aux échecs, M. de Choisy, qui n’était pas sot, 
ise laisse donner mat. Le surintendant le trouva si fort 



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FRANCE. 



437 



à son gré qu’il l’introduisit à la Cour, et l’employa de- 
puis dans les affaires les plus importantes. Le roi 
Henri lit le fit conseiller d’Etat. M. de Choisy fut fort 
aimé de ce monarque, de même que de son succes- 
seur Henri IV. Ces deux princes l’admettaient à leurs 
jeux et à leurs divertissements, si nous en croyons 
M. de Bassompierre. » 

Cohen (Henri). TJn Mot sur les deux parties jouées si- 
multanément à Glasgow, par M. Harrwitz. Régence, 1849. 

Voyage de M. Harrwitz. Régence. 18b0. 

Article bibliographique sur l’ouvrage de M. Poirson- 
Prugûeaux. Régence, 1850. 

CoMNARD (Laurent). Dans son ouvrage : Deux cents 
nouveaux Problèmes du jeu de dames, Paris, 1823, in-12 
de 115 feuillets. Préface, p. 8, l’auteur dit que le jeu 
de dames, inépuisable dans ses calculs, surpasse en 
imagination tous les autres jeux, sans excepter celui 
des échecs. Il entre, à ce sujet, dans diverses considé- 
rations et raisonnements qui ne convaincront aucune 
personne familière avec les deux jeux. 

CoNDÉ (Louis H de Bourbon, prince de), mort en 
1686, jouait souvent aux échecs; il se faisait porter ce 
jeu à l’armée, on l’y voyait jouer la veille des fameuses 
journées de Fribourg, de Rocroi, de Sens, de Nord- 
lingue et de Senef. {Lettre de M*** touchant le jeu des 
échecs, 1694.) 

Les Divertissemens innocens, publiés en .1694, citent 
cette opinion du prince de Condé que, pour, devenir 
un bon général, il fallait commencer par apprendre à 
jouer aux échecs. 

CoNTENDORvirxE ct Ic marquis de Paulmy. Dans le 
Précis d’une histoire générale de la vie privée des Fran- 



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138 



FHANCE. 



çois. Paris, 1779, in-8, p. 384, ces auteurs font l’éloge 
du jeu des échecs, qu’ils regardent comme étant une 
invention indienne, et ils comparent ce jeu à la mu- 
sique : 

« Après tout, il n’y a que seize pièces de chaque 
côté aux échecs, dont huit principales et huit subal- 
ternes, et le damier, sur lequel elles se promènent, 
n’est que de soixante-quatre cases. Il n’y a de même 
que six à sept tons dans la musique, douze ou treize 
sons qui s’arrangent sur cinq lignes. En les combi- 
nant, on exécute la musique la plus difficile, comme 
on fait des coups variés presque à l’infini sur un 'échi- 
quier. » 

CoNTi (prince de), élève du chevalier de Lorency. 
Une de ses parties d’échecs, jouée avec J. i. Rousseau, 
se trouve reproduite dans le Falamède, 1843. 

Corneille Le Brun. Dans son Voyage au Levant (La 
Haye, 1673) se trouve une gravure représentant six 
Turcs jouant aux échecs. 

Delondre (docteur). Pensées physiologiques à l’usage 
des joueurs d’échecs, imprimées dans le Falamède, 1843, 
p. 56 à 60. Hygiène à suivre et qualités à acquérir 
pour devenir fort joueur d’échecs. 

Des Chapelles, fort joueur d’échecs. Plusieurs de ses 
parties se trouvent reproduites dans nos recueils d’é- 
checs. 

On a de lui une Lettre sur les échecs, imprimée dans 
le Falamède, 1836, p. 292, et un article intitulé : Sup- 
plément à labataille d’Iérux, p. 23-25, même journal, 
même année. 

En 1808, après la bataille d’Iéna, l’armée française 
arriva à Berlin. M. Des Chapelles se présenta au Cercle 



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FRANCE. 139 

d’échecs de cette Aille ; il joua contre les membres de 
ce Cercle deux parties d’échecs qu’il gagna. 

De Thoü. Lettre (sur les échecs) imprimée dans le 
Paîaméde (1836, p. 109-130), au sujet de la défense de 
jouer à ce jeu, faite par saint Louis. 

Delvau (Alfred), dans son Histoire anecdotique des 
cafés et cabarets de Paris, 1862, in-12, p. 134 à 141, 
donne une étude très-curieuse sur le Café de la Ré- 
gence, le jeu et les joueurs d’échecs. Nous demandons 
la permission d’en donner ici un passage : 

« Je ne suis entré dans ce temple du gambit qu’a\ec 
le plus grand effroi et le plus grand respect, — pré- 
senté à quelques-uns des habitués par mon excellent 
ami F. Vialay, un joueur expert, à ce qu’il paraît, qui 
a eu l’honneur de faire sou ventes fois vis-à-vis à Alfred 
de Musset. Je dis avec respect, parce qu’ils méritent 
qu’on les respecte, les gens qui continuen t les traditions 
d’Ulysse et de Palamède, de Tamerlan et d’Alexandre 
le Grand, de Parménion et de Sésostris, de Confucius 
et de Mahomet, de Sélim 11 et de Lusignan, de Char- 
lemagne et de Renaud de Montauban, de Lancelot du 
Lac et d’Orchan, de François 1'^ et de Charles-Quint, 
de Flamine Barberigo et de Boï le Syracusain, de 
Lolli et du Calabrois, de Philidor et du chevalier de 
Barneville, de Macdonnell et du capitaine Evans. Je dis 
effroi, parce que le jeu, sous toutes ses formes et sous 
tous ses noms, m’a toujours beaucoup effrayé, comme 
étant une sorte de folie froide, — pour ne pas employer 
un mgt plus désagréable. Certes, il vaut mieux passer 
huit heures d’horloge à pousser le bois, ou l’ivoire, ou 
le carton, ou l’os, sans proférer une seule parole, sans 
boire ni manger, — oui, cela vaut cent fois mieux que 



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140 



FRANCE. 



d’employer ce temps à calomnier, de la langue, son 
prochain et sa prochaine; mais, sauf erreur, je crois 
que l’homme intelligent a dans la vie d’autres fonc- 
tions et d’autres devoirs que le jeu et la médisance. 
Le calomniateur est un gredin, mais le joueur est un 
inutile, — et nous avons tous quelque besogne hon- 
nête à faire : ceux qui s’y refusent, pour une raison ou 
pour une autre, sont des déserteurs, et je ne verrais 
aucun inconvénient à ce qu’on les fusillât comme tels. 

« — Mon cher ami, me répondit Vialay le jour où 
j’eus l’audace de lui dévoiler ainsi ma pensée à l’en - 
droit des joueurs, — mémo des joueurs d’échecs;'mon 
cher ami, je suis forcé de vous citer à ce propos l’opi- 
nion de Méry, que je sais par cœur comme si elle était 
la mienne... Il serait à désirer que la science de l’échi- 
quier fût cultivée dans les collèges, où nous apprenons 
tant de choses fastidieuses qui ennuient l’enfant et ne 
servent pas à l’homme. 11 y a, au fond du jeu d’échecs, 
une philosophie pratique merveilleuse. Notre vie est 
un duel perpétuel entre nous et le sort. Le globe est 
un échiquier sur lequel nous poussons nos pièces, sou- 
vent au hasard, contre un destin plus intelligent que 
nous, qui nous maXe à chaque pas. De là tant de fautes, 
tant do gauches combinaisons, tant de coups faux! 
Celui qui, de bonne heure, a façonné son esprit aux 
calculs matériels de l’échiquier, a contracté à son insu 
des habitudes de prudence qui dépasseront l’horizon 
des cases. A force de se tenir en garde contre des 
pièges innocents tendus par des simulacres de bois, 
on continue dans le monde cette tactique de bon sens 
et de perspicacité défensive. La vie devient alors une 
grande partie d’échecs, où l’on ne voit, à tous les loin- 



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FRANCE. 



141 



tains, que des fous qui méditent des pointes contre 
votre sécurité. Tout homme qui vous aborde est une 
pièce ou un pion; alors, on le sonde, on le devine, et 
on manœuvre en conséquence. Il ne faut point 
craindre, toutefois, que cette tension continuelle d’es- 
prit dégénère en manie, et préoccupe les facultés 
au point d’altérer la sérénité de l’âme. Les joueurs 
d’échecs sont des gens fort aimables et fort gais; M. de 
Labourdonnais, homme d’esprit charmant, fait sa par- 
tie en semant autour de lui les bons mots et les 
joyeuses saillies, ce qui ne le détourne jamais d’un 
coup de mat. Ainsi, grâce à l’habitude, l’homme se 
fait une seconde nature de la combinaison perpé- 
tuelle : il ne sent môme pas fonctionner en lui ce mé- 
canisme d’intelligence qui ne s’arrête jamais; les res- 
sorts mis en jeu par une première impulsion le serveht 
à son insu et dans l’ordre de sa volonté. Combien de 
joueurs d’échecs se sont tirés dans le monde d’une 
mauvaise position pai- d’habiles calculs, sans se douter 
qu’ils dussent leur science de conduite au culte de la 
combinaison ! » 

Devinck, son portrait se trouve dans la Bégence, 1847 ; 
fort joueur d’échecs, président honoraire du cercle de 
Paris, en 1851, collaborateur de la Régence, 1849. 

On a de lui plusieurs mats et parties d’échecs re- 
marquables. (Kicséritzky, Cinquante parties jouées..., 
40 ®et 43' parties.— Alc.\ander, Collection des plus beaux 
problèmes.,.). 

Diderot (Denis) est auteur d’une Lettre à PMlidor, 
joueur d’échecs, imprimée dans la Réponse à une soirée 
d’ermites, 1838, in-8, p. 11-12, et dans les Chroniques 
et Légendes des rues de Paris, p. 266-267. 



m 



' FRANCE. 



Il parle aussi des échecs dans son Neveu de Rameau : 
«... Paris est l’endroit du monde, et le Café de la Ré- 
gence l’endroit de Paris où l’on joue le mieux à ce 
jeu; c’est là que font assaut Légal le profond, Philidor 
le subtil, le solide Mayot; qu’on voit les coups les plus 
surprenants, et qu’on entend les plus mauvais propos ; 
car si l’on peut être homme d’esprit et grand joueur 
d’échecs comme Légal, on peut être un grand joueur 
d’échecs et un sot comme Foubert et Mayot. » 

Diderot. Deux Parties sans voir l’échiquier, imprimées 
dans le Palaméde, 1837, p. 5-9. 

Doazan. Lettre sur le jeu de combinaison des Romains, 
imprimée dans le Palaméde, 1838, p. 125, et en 1843, 
p. 496. 

L’auteur s’applique à faire descendre les échecs des 
latruncules et des pessos. 

Collaborateur du Palaméde, 2“ série, et de la Ré- 
gence, et auteur de : 

— Labourdonnais. Morphy àM. G. Allen. Paris, 1859. 

— Alliey. A M. G. ^llen, etc. Paris, 1860, in-8. 

— I7n Rêve. Paris, 1860, in-8. Pensées mélancoli- 
ques écrites en souvenir de la société échiquienne 
passée. 

— Un habile Joueur gagné par une maiette, nouvelle 
imprimée dans la Régence, 1845, p. 268. 

— ÜÆtraits, imprimés dans le Pa/amétie, 1843, d’un 
manuscrit italien du xvi® siècle ou du commencement 
du xvn®, renfermant : 56 parties ou débuts de Giulio- 
Cesare Polerio; 19 de Giov.-Domenico Tarsia; 35 de 
Giov. Leonardo ; 4 d’Avalos ; 2 de Busnardo ; 2 de Sco- 
vara; 1 de don Antonio Porto; 3 fins de parties di- 
verses, et 3 de Damiano. La rédaction de cet ouvrage 



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FRANCE. . 



143 



est fort incorrecte, remplie de fautes qui dénatu- 
rent le sens et rendent plusieurs passages inintelli- 
gibles. 

Egmont fHenry). Le Cercle des échecs, le Palamède, le 
Mat du commandeur, articles imprimés dans le journal 
le Siècle et dans le Palamêdc, 1830. 

Ferrand. Richer, moine de Sénones, dans Yllistoire 
de son abbaye,^ raconte que Ferrand, comte de Flan- 
dres, maltraitait toujours sa femme lorsqu’il jouait 
avec elle aux échecs et qu’elle le matait. C’est la suite 
d’une partie ainsi terminée qui donna lieu à la ba- 
taille de Bouvines (le 12 juillet 1214), où le comte 
Ferrand fut fait prisonnier (amené à Paris les fers 
aux pieds et aux mains) et enfermé à la tour du Lou- 
vre. La comtesse Jeanne sa femme, eut alors la li- 
berté de gouverner seule ses États et de faire sa partie 
d’échecs avec un joueur plus galant. 

Fleuri (Claude), dans son Traité du choix et de la 
méthode des études, Paris, 1 686, dit que la fatigue d’es- 
prit que donnent les combinaisons des échecs est plus 
forte que le plaisir que l’on y éprouve. 

Fontenelle, dans ses œuvres : Eloge du marquis de 
Dangeau, cet auteur fait quelques remarques sur le 
fond des jeux et conclut que les jeux les plus savants, 
même les échecs, ne sont pour la plupart des gens 
que de purs jeux de hasard. 

Fournier (Édouard), dans ses Chroniques et légendes 
des rues de Paris, 1864, in-12, p. 229 à 274, chap, xiv. 



1. Comtesse Jeanne do Flandres, fille de l’empereur de Con- 
stantinople et pupille de Philippe Auguste. 



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144 



. FRANCE. 



parle du Café de la Régence et raconte beaucoup 
d’anecdotes relatives aux joueurs d’échecs. 

François I*’’, prisonnier en Espagne après la bataille 
de Pavie, charmait les ennuis de sa captivité en 
jouant aux échecs. 

Grosdehange. On a de lui plusieurs problèmes in- 
sérés dans le Monde illustré. 

Guiton (N.), dans son Traité complet du jeu de tric~ 
trac, etc., Paris, 1816, 1822, in-8, chap. xv, compare 
les échecs à ce jeu. 

Güyot (Guill .-Germain), dans ses Nouvelles Récréations 
physiques et mathématiques, Paris, 1769-1770 et 1786, 
t. Il, p. 230, à la 60* récréation, donne la manière de 
faire parcourir par le cavalier les 64 cases de l’échi- 
quier, et diverses fins de parties (tirées d’A. Salvio et 
de Stamma). 

Henri IV, roi de France. « Le cardinal Duperron, 
jouant aux échecs avec ce monarque, lâcha un pet au 
moment où il plaçait un cavalier. Il se fit pardonner 
cette liberté en disant au roi, qui en rit beaucoup : 
M Au moins, sire, ce cavalier n’est pas parti sans trom- 
« pette. » Ménage, qui raconte cette anecdote, dit la 
tenir de Racan. 

Herbelot (Barth. d’), parle des échecs dans sa Bi- 
bliothèque orientale aux mots : Ba%urge-Mihir, schah et 
scheh, schahrohk et rohk. 

Janin (Jules) faisait souvent sa partie d’échecs au 
Café Talma. [Histoire anecdotique des cafés et cabarets 
de Paris, par Delvau, p. 131.) 

JoüRNOüD (P.), rédacteur-gérant de la Régence, jour- 
nal des échecs, 3* série, en 1860, 1861 et 1862; de la 
Nouvelle Régence, en 1863 et 1864; chargé de la partie 



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France. 145 

des échecs dans le Monde illustré, et éditeur du Recueil 
de problèmes dédiés aux amateurs d’échecs, Paris, 1860. 

Kebuy, habile joueur du xviii* siècle et maître d’é- 
checs de Philidor. 

La Bourdonnais (L. C. de), mort en décembre 1840, 
rédacteur du journal le Palaméde, 1" série, 1836-1837- 
1838, 3 vol., et auteur du Nouveau Traité du jeu des 
échecs, 1833-1834 et 1842. 

Le jeu de Labourdonnais, à l’opposé de celui de 
Philidor, consiste à sacrifier toutes les pièces et les 
pions, à l’effet d’obtenir une attaque décisive. 

M. Doazan, dans la brochure publiée en 18S9 sur ce 
joueur, nous dit que Labourdonnais était un homme 
de sentiment et d’action. 

Le Palaméde, 1842, publia un article intitulé : Jforl 
de Labourdonnais, signé Saint-Amant. 

Labruvère, dans ses Caractères, n’admet pas que la 
capacité aux échecs soit une preuve de génie. 

La Cohbe, dans son Dictionnaire d’anecdotes, parle 
des échecs. 

Lacroix (Paul), bibliophile Jacob, pense que l’oni- 
gine des jeux de cartes (voir sa dissertation portant le 
même litre, publiée à Paris, en 1835, in-8), se rap- 
porte à celle des échecs. Il a depuis complété et dé- 
veloppé ce système dans son ouvrage intitulé : Le 
Moyen âge et la Renaissance. 

Médianoches, Paris, 18.3.5, 2 vol.; Lettres de Fanny 
Linder à une amie d’enfance. Ludovic est si pensif que 
ses deux cousines se croyaient chacune aimées pour 
elles-mêmes. Hélas! elles se trompaient fort; car, le 
pressant d’avouer son amour, il leur répondit que ce 
qui le rendait si pensif, c’était la préoccupation de ses 

7 



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146 



FRANCE. 



parties d’écliccs avec un vieux baron allemand et non 
leurs beaux yeux : « Qu’esl-cc que l’amour et ses plus 
(loin es jouissances, leur dit-il, auprès du jeu des 
échecs et de ses admirables combinaisons? » 

I.ALouiiÈBE (Sim. de), membre de l’Académie fran- 
çaise, mort en 1720. Envoyé extraordinaire près le roi 
de Siam en tCS7-S8 ; dans ses relations sur ce royaume, 
il parle des échecs chinois et donne un aperçu de leurs 
régies. 

Lakocue, fort joueur d’échecs. On lui doit l’anno- 
tation des 6% 10% 20", 37*, 42' et 49' parties du Eecueii... 
de Kiéséritzky. 

Plusieurs de ses mats ont été insérés dans la Collec- 
tion..., d'Wcxandcr, et dans le Palnmêde, 2' série. 

Las Cases (comte de). Mémorial de Saint Hélène, Pa- 
ris, 1842; l’on y voit une gravure représentant Napo- 
léon et Bertrand jouant aux échecs. 

Lavali.ée (Joseph). On a de lui : De VVtilité des échecs, 
chronique arabe du vui' siècle de l’hégire (xiv siècle), 
imprimée dans le Palamède, 18.42, t. H, p. 262. 

La Partie d'échecs interrompue, anecdote chinoise, 
imprimée dans le Palamède, 1842, p. 278. 

La Partie d’échecs du diable, nouvelle avec problème, 
imprimée dans le Palamède, 1843, p. 418. On y trouve 
une note intéressante sur le jeu des latruncules. 

Dans les Chroniques de Flandres, en 1131, on trouve 
uue nouvelle fantastique, réimprimée dans le Pala- 
mède, 1830, sous le titre de la Partie d’échecs du diable. 

La Mothe Le Vayer (François de), dans ses Œuvres 
publiées à Paris, en 1669, t. 1, p. 212 à 216, article 
pour V Instruction du Dauphin, parle des cartes, des detz, 
du tric-trac et des eschetz. 



FRANCE. 



U7 



Laverpiluère (de). Moralité des échecs. Causerie, 
signée de F.av..., imprimée dans le Palaméde, 1842, 
t. 1, P 38-39. 

LécRivAiN, auteur d’une Lettre (au sujet de l’article 
intitulé Les Mystères du Cercle des échecs, par Dclannoy) ; 
imprimée dans le Palaméde, 1843. 

Et d’un article nécrologique sur Lavagnini ; imprimé 
dans le même journal en 1844, p. 41. 

Légal, habile joueur du xvin' siècle, auteur de la 
Partie des pions. (Alexander, Collection des plus beaux 
problèmes...) 

« Philidor et Légal étaient les joueurs d’échecs les 
plus célèbres, et n’ont point trouvé de rivaux. » (Note 
du Poème des échecs, de l’abbé Roman, p. 176.) 

Lenglet-Düfresnoy (Nicolas), mort en 1753, dans 
le glossaire qu’il a joint à son édition du Roman de la 
Rose (Paris, 1735, 3 vol. in-12), parle du jeu des échecs 
qu’on jouait sous Charlemagne, etc. 

Leqcesxë, habile joueur d’échecs, collaborateur du 
journal la Régence, 1860, 61, 62, et auteur d’un travail 
sur le problème du cavalier aux échecs. 

Le Monde illustré publia de ses problèmes d’échecs. 

Le Sage, dans la Valise trouvée, 1699, in-8, p. 46, 
parle des joueurs d’échecs au Café de la Régence. 

LÉvÊQt E de PociLLi (Louis), dans sa Théorie des senti- 
ments agréables, dit : « Lorsque nous voyons un joueur 
d’échecs si absorbé dans ses combinaisons qu’il est in- 
sensible à ce qui l’entoure, ne croyons pas que sa 
fortune ou le bien de l’Etat soit en jeu ; cette profonde 
émotion est causée par l’exercice de son esprit pour 
bien mener à fin sa partie. 

* Levée (Jér Balth.), donna une traduction en prose, 



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148 



FRANCE. 



assez estimée, du poëme latin des échecs, de Vida. 

Cette traduction, qui parut* avec le texte latin, à 
Paris, en 1 809, dans Les Vers à soie, suivi du Poème des 
échecs, in-8, p. 82 à 140, a été réimprimée dans le Pa- 
latnède, 1838, p. 13. 

Lorencv (le chevalier de), bon joueur et maître d’é- 
checs du prince de Gonti, avait pour coutume d’écrire 
les parties qu’il faisait ou celles dont il était le té- 
moin. Il existe de lui plusieurs manuscrits de celte 
sorte. La partie de J. J. Rousseau et du prince de 
Conti, décrite par Marie Aycard, est une de celles con- 
servées de cette façon. 

Louis VI. De Serres raconte dans l'Inventaire généra 
de l histoire de France, Vie de Philippe J", qu’à la suite 
d’une insulte faite par Louis de France, plus tard 
Louis VI, dit le Gros, à Henri, fils de Guillaume le Bâ- 
tard, celui-ci prit un échiquier et en frappa le prince, 
qui aurait été tué s’il n’avait pu parer le coup. Cette 
brutalité fut la cause de la longue guerre entre les 
Français et les Anglais (en 1116). 

« Bobert et Henri, fils de Guillaume le Conquéran t, 
étant un jour en Normandie, se délibérèrent aller sa- 
luer le Roi de France, Philippe P’’, qui était à Con- 
llans, où ils séjournèrent quelques jours. Et comme 
ledit Henri jouait aux échecs après dîner avec Loys, 
fils de Philippe, icclui Loys, voyant qu'il perdait, en 
colère appela ledit Henri fils de bâtard, et lui jeta l’é- 
chiquier au visage. Henri leva l’échiquier et en frappa 
ledit Loys de si grande force, qu’il le fit saigner, et 
l’eût occis si son frère qui survint ne l’en eût empê- 
ché. Et ce fait, Robert et Henri se sauvèrent, d’où il 
advint une grande et longue guerre, etc. » 




FRANCE. 149 

{Histoire et chronique de Normandie, Kouen^ 1589, 

p. 118). 

.M. Gaillard, dans une dissertation lue, en 1778, à 
l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, révoque 
ce fait en doute. 

En 1119, les Français, battus à la journée de Bren- 
neville, fuyaient devant le duc de Normandie. Un An- • 

glais saisit la bride du cheval de Louis le Gros, en 
criant : «Le roi est pris. » Le roi répondit en riant : 

« Ne sais-tu pas que, même au jeu des échecs, on ne 
prend jamais le roi? » En parlant ainsi, il portait à ce 
soldat un coup de sa masse d’armes, et l’abattait mort 
à ses- pieds. 

Louis IX. Joinville dit, dans son histoire de ce roi, 
que « le soudam de Babiloine venoit tous les jours 
jouer aus eschez après le relevé sur les nates qui 
estoient au piez de son lit. » 

Louis XV, dans sa jeunesse, montra du goût pour 
le jeu des échecs; ce fut pour flatter ce penchant que 
le savant Fréret lut dans une séance de Y Académie 
des bel les- lettres sa curieuse dissertation sur ce jeu, en 
présence de ce prince. (Note du Poème des échecs, de 
l’abbé Roman, p. 180.) 

Louvet de Couviiay (Jean-Bapt.), mort en 1797, dans 
ses Amours du chevalier Je Faublas, dépeint très-bien 
le joueur d’échecs voulant faire retomber ses fautes et 
la perte de sa partie sur les soupirs du pauvre amou- 
reux murmurant le nom de sa maîtresse : « Maudits 
soient les amoureux! — Comment, Monsieur? Je ne 
comprends pas. — Vous ne comprenez pas I Eh bien I 
regardez : un échec à la découverte I — Qu’a de com- 
mun cet échec... — Comment, ce qu’il a de communl 



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150 



FRANCE. 



Il y a une heure que vous tournez autour de moi : Eh 
ma chère Sophie par-ci, et ma jolie cousine par là ! 
Moi, j’entends vos fadaises et fais des fautes d’écolier. 
Monsieur, quand on est amoureux, on ne vient pas au 
Café de la Régence. » 

Mably (l’abbé), dans son ouvrage publié en 1783, De 
la manière d’écrire l’histoire, dit que « Voltaire, dont 
l’exactitude va jusqu’au scrupule, nous avertit que 
nous estropions le nom de Confucius, et qu’il s’appe- 
loit Cong fut-see; il voudroit que nous appellassions 
les eschecs, le jeu de stack, etc. » 

Mau.et (Pierre), dans son traité du Jeu de dames, etc. 
Paris, au Palais, en la grande salle, 1668, de 64 et 
452 pages, compare le jeu de dames à celui des échecs ; 
aux pages 203 à 209, 215 à 216, 221 à 230, 270 à 278 
et 303 à 314, l’auteur s’occupe des échecs en détail, il 
reconnaît en eux un jeu d’esprit, de science, de phi- 
losophie et de mathématiques, ne tirant rien du ha- 
sard ; il enseigne la manière de placer l’échiquier, sa 
composition, et donne des versions sur l’invention et 
l’inventeur du jeu d’échecs, ajoute que les Turcs, les 
indiens, les Tartares, les Grecs, les Arabes et tous les 
Orientaux y jouent aussi bien que les Allemands, les 
Espagnols et les Italiens; parle de l’ouvrage de Sele- 
nus, du village des échecs (Volspergan) dans le duché 
de Brunswick; de la manière d’y jouer de ses habi- 
tants; compare le jeu de dames aux échecs, mais il 
donne la prééminence aux dames, ne croit pas aux Es- 
pagnols et aux Portugais jouant à cheval en voyageant, 
ni aux singes joueurs d’échecs cités par divers ; rap- 
porte l’opinion de Montaigne sur ce jeu, et reconnaît 
que les plus grands hommes et les plus célèbres capi- 




FRANCK. 151 

laines se sont adonnés et divertis, à toutes époques, 
au\ échecs. 

Mknage parle des échecs dans son Dictionnaire éty- 
mologique de la langue françoixe, 17Ü0, 2 vol. in -fol. 

Ménestrieb (C. Fr.), jésuite, mort en 170.'}, compare, 
dans sa Bibliothèque curieuse et instructive, t. 11, p. 174 
et 186, les échecs avec les cartes et donne l’avantage 
à ces dernières. 

MEnccRE GAi.ANT. On y trouve une Lettre, insérée 
dans les numéros de juin 1683, d’août 1688 et de dé- 
cembre 1693, parlant de Boi et de Gioachino Greco. 
Cette lettre annonce aussi une publication projetée 
de leçons d’échecs de Boi et de Gioachino Greco. Le ma- 
nuscrit, dit elle, a été longtemps entre les mains d’un 
des premiers joueurs d’échecs de France, qui a 1 hon- 
neur d’y jouer avec Son Altesse M*' le duc de Chartres, 
1693. 

Cet article est reproduit en partie dans le Diction- 
naire historique de Bayle, articles Boi et Gioachino 
Greco. 

Méby, rédacteur du Palaméde, 1” série, en collabo- 
ration avec M. de Lahourdonnais. 

Le Palaméde, 1842, p. 127 à 130, donna de cet au- 
teur : J. J. Rousseau au Café Procope, anecdote sur une 
partie d’échecs, publiée alors pour la première fois. 

Le Palaméde, 1843 : Plus d’ennui avec un lit et un 
échiquier, conte indien. 

La Régence et le Journal du Plaisir, IS.'il , donnèrent, 
du môme auteur : les Joueurs d’échecs, le Chevalier de 
Barneville, et une Lettre sur Philidor. 

Le Joueur d'échecs, imprimé dans Les Français peints 
par eux-mémes, Paris, 184., in-8. 



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1S2 



FRANCE. 



Montfauc;on (Bernard de), morl en 1741 ; il donne 
quelques détails curieux sur le jeu des latruncules, 
dans son Antiquité expliquée, t. III. 2* partie, chap. x, 
p. 33fi, IV-V. 

MoHTEMART-BorssE (Ic baron de), dans sa Vie élégante 
à Paris, 2* édition, 1858, p. 178, dit du jeu des échecs : 

« Les échecs sont du nombre des jeux qui sont adop- 
tés par les personnes réfléchies et posées. Les deux 
Rousseau, Voltaire, les maréchaux de Saxe et de Ri- 
chelieu, l’empereur Joseph II, Franklin, Marmontel, 
Diderot, Champfort, Bernardin de Saint-Pierre , le 
marquis de Bièvre, le général Bonaparte, l’amiral 
Dumont-d’Urville, avaient le goût dont les célèbres 
Philidor, Des Chapelles et de La Bourdonnaye avaient 
l’habile talent. » 

Mouhy (le chevalier' de). Dans La Mouche ou les 
Aventures de M. Bigand, on trouAC l’histoire d’un fa- 
meux joueur d’échecs espagnol, nommé don Carlos. 

Môuret (François-Jacques), mort en 1837, conduisit 
pendant plusieurs années l’aTitomate joueur d’échecs. 
Il a perfectionné l’un des débuts de Philidor, connu 
par les amateurs sous lè nom de la Partie du pion du 
roi un pas. Le Palaméde, 1837, a reproduit environ cin- 
quante de ses parties. 

On St de lui un ÏVaifé élémentaire et complet du jeu- 
d'échecs. Paris, 1838. 

Murat (Joachim), roi de Naples; mort eh 181.5, avait 
une véritable passion pour lès échecs ; il a sou\ant 
forcé le duc de Bassano à veiller sur l’échiquier une 
bonne partie de la nuit. 

Musset (Alfred de) venait souvent au Café de la Ré- 
gence jouer aux échecs ; son jèti était assez habile, et 



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FRANCE. 



16 S 



dans ses jours lucides, il passait pour un joueur de 
force recommandable. Il faisait sa parlie avec Raver- 
gie, le peintre, Provost, de la Comédie-Française, Eu- 
gène de Mirecourt, Blesse, le libraire, F. Vialay, De- 
legorgue, le tueur d’éléphants. 

M. Alfred Delvau, dans son Histoire anecdotique des 
cafés et cabarets de Paris, Paris, 1862, in-12, p. 1862, 
raconte que, dans l’après-midi du 24 février, il com- 
mençait une partie avec Delegorgue, lorsque des coups 
de fusil vinrent l’interrompre forcément; le roi Louis- 
Philippe était fait échec et mat par le peuple parisien. 
Alfred de Musset était trop véritablement joueur pour 
s’émouvnir de si peu, et il eût volontiers- continué sa 
partie, qu’il considérait déjà comme gagnée, si Dele- 
gorgue, en qui les ardeurs belliqueuses venaient de se 
réveiller aussitôt, ne lui eût brûlé la politesse pour 
aller brûler quelques amorces sur la place du Palais^ 
Royal, avec les gardes nationaux, en train d’enlev» 
le poste du Château-d’eau. 

En 1849, la Régence publia de cet écrivain, un mat 
en 5 coups. 

Napoléon !•', avant d’étre empereur, jouait souvent 
au Café de la Régence. Ses débuts étaient mauvais; 
si son adversaire calculait trop longtemps, il se pinçait 
les lèvres, frappait du pied et battait du tambour avec 
impatience sur le bord de l’échiquier, ce qui ne lais- 
sait pas que de faire danser les pièces et de troubler le 
jeu. S’il perdait, c’était bien pis encore; il donnait 
quelquefois de grands coups de poing sur la table et 
faisait tout sauter. Cependant, lorsque l’action était 
une fois bien engagée, quand la mêlée devenait vive, 
U avait souvent des coups très-brillants. 

7 . 



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154 



FRANCE. 



Il jouait souvent aux échecs chez Joséphine. M.Thiers 
a rappelé, dans l’Histoire du Consulat et de VEmpire, 
t. IV, p. 603-604, d’après les Mémoires inédits de ma- 
dame de Rémusat, la partie qu’il fit à la Malmaison 
pendant qu’on jugeait le duc d’Enghien à Vincennes, 

En Egypte, Napoléon jouait aux échecs avec 
M. Poussielgue, ordonnateur de l’armée d’Orient, ou 
avec M. Amédée Jaubert. M. Poussielgue était d’une 
force supérieure, et battait quelquefois le vainqueur 
des Pyramides. Pendant la campagne de Pologne, 
l’ambassadeur persan fut introduit devant l’Empereur; 
une partie d’échecs était engagée avec Berthier. Na- 
poléon ne se dérangea point et donna audience tout en 
poussant ses pièces. 

Pendant la campagne de Moscou, l’Empereur jouait 
aux échecs avec Murat, Bourrienne, Berthier et le duc 
de Bassano. L’Empereur, selon le duc de Bassano, dé- 
butait assez mal, mais au milieu de la partie l’homme 
supérieur se révélait et voyait au delà de 3 ou 4 coups. 

Napoléon charmait avec les échecs les ennuis de sa 
longue traversée à bord du Northumberland. A Sainte- 
Hélène, il faisait chaque jour sa partie. 

L’Empereur était un joueur à la tour. {Palamède, 
1836, p. 12-16.) 

Napoléon 111 jouait aux échecs en Angleterre et 
passait pour être très-habile à ce jeu. {Annuaire des 
échecs, Londres, 1856, p. 31.) 

Nicholaï (le président) passait pour le meilleur 
joueur d’échecs qu’il y eût en France ; cette réputa- 
tion lui suscita un jour un envieux, qui vint exprès de 
soixante lieues pour la lui disputer. On apporta des 
échecs, le président perdit la partie, et l’inconnu le 



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FRANCE. 



155 



quitta sans qu’il pût le décider à jouer une seconde 
partie, ni savoir qui il était. (Diversitez curieuses. Arast., 
1699, t. I, p. 101. 

Noei. et Charpentieb, dans leur Nouveau Dictionnaire 
des Origines, Paris, 1833-34, parlent des échecs, de 
l’échiquier de Louis Xlll et de la salle d’échecs de don 
Juan d’Autriche. (Voir Automate, échecs etjeujc.) 

OzANAM, dans la préface de ses Récréations mathéma- 
tiques, après avoir avancé que l’on pouvait soumettre 
tous les jeux à des règles mathématiques, pense néan- 
moins qu’il n’est pas vraisemblable qu’on en trouve 
jamais de certaines pour gagner même aux échecs. 

Pasouiër (Estienne), mort en 1 61 5, dans ses Recherches 
de France, 1560-lo6o, in-fol., liv. IV, chap. xxxi, fait 
observer, à propos du jeu des échecs, « qu’il n’y a rien 
qu’un roi doive tant craindre en son Estât que la ré- 
volte de sa noblesse. D’autant que celle du menu peu- 
. pie se peut aisément étouffer, mais en l’autre, il y va 
du changement de l’Estat. » Quant aux tours, dit-il, ce 
sont les villes fortes qui servent au besoin de dernière 
retraite pour la conservation du royaume ; il énumère 
ainsi toutes les pièces de l’échiquier, en faisant remar- 
quer qu’il n’y a rien qui ait tant d'autorité sur les 
rois que les dames, non pas celles qui leur sont légi- 
times, mais bien leurs maîtresses. 

Paul 1'% empereur de Russie, dans son voyage à 
Paris, vint au Café de la Régence, sous le nom de 
comte du Nord. C’était à l’heure des grandes batailles 
de l’échiquier, c’est-à-dire vers quatre heures; Paul 
s’approcha d’une partie bien engagée, et paria sur un 
coup difficile. Son enjeu était d’un louis, il gagna, 
prit l’argent et partit. Rien jusque-là ne l’avaât fait 



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156 FRANCE. 

reconnaître, mais il n’était pas dehors que les excla- 
mations du garçon le trahissaient. En passant, il lui 
avait donné pour boire tout ce qu’il avait gagné. (Cité 
par Prudhomme dans son Miroir historique de Paris, 
1807, in-12, t. Il, p. 225.) 

Pblletak. Phrénologie sw le buste ^ Labour donnais, 
moulé après sa mort par M. Deville. Imprimé dans le 
Paiatnède, 1. 1, 1842. 

Cet article est un résumé de l'examen' critique que 
fit de ce buste le docteur Elliot, dans son rapport pré- 
senté à la Société phrénologique de Londres. 

Petis de la Gamx, traducteur d’un manuscrit persan 
sur les échecs. Le texte et la traduction fi-ançaise, ma- 
nuscrit in-12 de 13 feuil., papier de Chine, a été 
vendu, en 1 851 , à la vente Toussaint-Grille, n® 1 526. 

Philidor (Fr. André Danican), mort en 1795, célèbre 
joueur d’échecs, élève de'Kermy. A dix-huit ans, il 
joua, le dos tourné à l’échiquier, une partie d’échecs 
avec l’abbé Chenard. En 1747, il défia Stamma et lui' 
gagna huit parties sur dix, et les deux autres furent 
remises; 

Dans son Analyse du jeu des échecs, < composé en Hol- 
lande en 1748, l’auteur se distingue parla marche sa- 
vante de ses pions; il est le premier qui établit en 
principe qu’on ne pouvait parvenir à être' bon joueur 
sans savoir bien jouer les pions, qu’il appelle l’éme 
des échecs, et que de leur bon ou mauvais arrange- 
ment dépend toujours le gain ou'la perte de la partie. 

Cet ouvrage, dit la Régence, 1850, est loin d’étre 
complet. La édition est de Londres, 1749, in-8 de 
170 pages; (Vente Potier, en 1860, 10 fr.) 

A cette époque, l’auteur avéit vingt-trois tuas, et était 



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KKANCh;. 



1«7 



regardé comme le plus grand joueur de son temps. 

Cette édition ne contient que neuf parties, et la dé- 
monstration du mat de la tour, sur lequel les auteurs 
précédents, entre autres Salvio et Carrera, n’étaient 
pas d’accord. 

Les autres éditions sont de Londres, 1752; Amst. et 
Leipzig, 1752, 1754; Paris, 1757, 1762; Londres, 1767, 
1777, gr. in-8 de 310 pages et portrait de l’auteur par 
Bartolozzi, une liste de 280 souscripteurs, où l’on re- 
marque les personnages les plus distingués d'alors, 
entre autres le frère du roi d’Angleterre, l'électeur de 
Saxe, le prince de Hesse, d’Aguesseau, le maréchal 
de Saxe, de Belgioso, de Beauveau, de Choiseul, de 
Duras, Diderot, de Luynes, de Koenig, Mac-Donald, de 
Marmontcl, de Manchester, de Marlborough, de Vol- 
taire, etc. Cette édition est la plus complète et la meil- 
leure. (Vente du citoyen ***, 23 brumaire an vi (1797), 
12 liv. 15 s.; — Vente Legendre, 13 fr.); — 1790, 2 vol. 
in-8; — Paris et Strasbourg, an xi (1803), in-12, por- 
trait de l’auteur; 1812, tiré à 500 exemplaires, 1820; 
Philadelphie, Johnston, 1821, in-8 de 76 feuillets et 
42 pL, édition estimée des amateurs d’échecs; Paris, 
1830, in-18 de xviii-236 pages et portrait de l’auteur; 
— (1844), Ch. Warée, in-18 de 7 feuilles 2/3 ; — (1844), 
Delarue, in-12 de 7 feuilles 2/3 ; — 1848, Delarue, 
in-12, fig. 

M. Georges Walker a recueilli 62 parties de Phili- 
dor, qui ont été imprimées dans le Palamède, 2* série, 
t. VII et Vin. 

G. Allen a donné une notice biographique sur Phi- 
lidor. 

Pbiliooh (Léon Danican), petit-dls du célèbre joueup 






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158 FRANCE. 

d’échecs, collaborateur du journal la Régence, en 

1849. 

Pluchonneac aîné, de l’Isle-Bourbon. Du jeu des 
échecs dans l’Inde, petites anecdotes, parues dans le Pa- 
lamède, 1842, p. 202-203. 

Lettre datée de Paris, 15 décembre 1843, à M. Saint- 
Amant, au sujet de l’article sur la passion du jeu, im- 
primé dans le Palamède, 1843, et une autre lettre sur 
Palamède, môme journal, môme année, p. 559. 

Préti, bon joueur d’échecs contemporain, éditeur 
et auteur des ouvrages suivants : 

Recueil d’études progressives sur les fins de parties. 
Paris, 1856, in-8. 

Traité complet... sur les fins départies... Paris 1858, 
in-8. Ouvrage illustré de 300 diagrammes. 

Choix de parties jouées..., par M. Paul Morphy, re- 
cueillies et annotées. Paris, 1859, in-8. 

Quercetano (Don Diego Cavalero del). Son Egide de 
Pal las, Paris, 1727, in-8, comprend un discours pré- 
liminaire en 6 pages, où il regarde Palamède comme 
l’inventeur du jeu de dames, qu’il croit plus ancien 
que celui des échecs. 

Quercetano parle du jeu d’échecs aux p. 1 et 32; il 
donne la description de l’échiquier, auquel il fait 
prendre le nom de damier dès qu’il sert au jeu de 
dames, étant composé du môme nombre de cases, 
mais dont seulement 32, la moitié, servent aux dames. 
11 ajoute qu’aux dames comme aux échecs, c’est la 
pure habileté qui décide du gain, et que l’on n’y perd 
jamais que par sa faute ou par son ignorance. 

Robespierre. M. Ed. Fournier, dans ses Chroniques et 
Légendes des rues de Paris. 1 864, p. 260 à 262, raconte 



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FRANCE. 



159 



sur ce personnage une anecdote relative aux échecs, 
mais dont l’authenticité paraît fçrt douteuse : 

« U U soir que Robespierre était au Café de la Ré- 
gence, un petit jeune homme élégant entra dans la 
salle et vint sans façon s’installer à sa table, il poussa 
une pièce sur l’échiquier placé devant Robespierre, 
celui-ci en fit autant, la partie fut engagée et perdue 
par ce dernier; on en recommença une seconde qu’il 
perdit également. Voyant cela, Robespierre, piqi é 
d’honneur, demanda quel était l’enjeu de la partie, le 
jeune homme répondit : « La tète d’un homme, je l’ai 
« gagnée, donne-la-moi... » Robespierre tira de sa 
poche une feuille de papier et donna l’ordre de 
mettre en liberté le jeune comte de R..., enfermé à-la 
Conciergerie. Ce petit jeune homme n’était autre que 
la fiancée du comte. » 

Rochefort (César de). Dictionnaire général et cu- 
rieux, etc. Lyon, 1685, in-fol. (Voir Echecs et Jeu.) 

Rousseau (J. J.), mort en 1778, parle dans ses Con- 
cessions de son début aux échecs. 

« Il y avait un Genevois, nommé Bagneret, lequel 
avait été employé sous Pierre-le-Grand à la cour de 
Russie, un des plus vilains hommes et des plus grands 
fous que j’aie jamais vus; toujours plein de projets 
aussi fous que lui, qui faisait tomber les millions 
comme la pluie, et à qui les zéros ne coûtaient rien. 
Cet homme étant venu à Chambéry pour quelque 
procès au Sénat, s’empara de maman (M™' de Wa- 
rens) comme de raison, et pour ses trésors de zéro 
qu’il lui prodiguait généreusement, lui tirait ses pau- 
vres écuspiôceà pièce. Je ne l’aimais point, il le voyait, 
avec moi, cela n’est pas difficile : il n’y avait sorte de 



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160 l'HANCE. 

bassesse qu’il n’employat pour me cajoler. Il s’avisa 
de me proposer d’apprendre les échecs, qu’il jouait un 
peu. J’essayai, presque malgré moi et après avoir tant 
bien que mal appris la marche; mon progrès. fut si 
rapide, qu’avant la fin de la première séance, je lui 
donnais la tour qu’il m’avait donnée en commençant. 
11' ne m’en fallut pas davantage : me voilà forcené des 
échecs: j’achète un échiquier, j’achète un Calabrois; 
je m’enferme dans ma chambre j’y passe les jours et 
les nuits à vouloir apprendre par cœur toutes les par- 
ties, à les fourrer dans ma tête bon gré mal gré, à 
jouer seul sans relâche et sans fin. Après deux ou trois 
mois de ce beau traveiil et d’efforts inimaginables, je 
vais au café, maigre, jaune et hébété. Je m’essaye, je 
i<ejoue avec M. Bagneret : il me bat une fois, deux fois, 
vingt fois; tant de combinaisons s’étaient brouillées 
dans ma tète; et mon imagination s’ était si bien amor- 
tie, que je ne voyais plus qu’un nuage devant moi. 
Toutes les fois qu’avec le livre de Philidor ou celui de 
Stamma, j’ai voulu m’exercer à étudier des parties, la 
même chose m’est arrivée, et après m’ôtre épuisé de 
fetigue. je me suis trouvé plus faible qu’auparavant; 
du reste, que j’aie abandonné les échecs, ou qu’eti 
jouant je me sois remis en haleine, je n'ai jamais 
avancé d’un cran depuis cette première séance, et je 
me suis toujours retrouvé au même point où j'étais en 
la finissant. Je m’exercerais des milliers de siècles, 
que je finirais par pouvoir donner la tour à Bagneret 
et rien de plus. » 

La partie d’échecs jouée par lui, à Motiers-Travers, 
avec l’abbé Roman est parfaitement décrite dans le 
_ (^hant IV du poème des échecs, de ce dernier. 



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FRANCE. 



Kil 



J. J. Rousseau au Café Procope, par Méry. Imprimé 
dans le Palaméde, 1842. 

La H® planche de la Nouvelle Héloïse est une gra- 
vure représentant une partie d’échecs. (Alliey, Musée 
de l’échiqum, Régence, 184o, p. 328.) 

Roiiven.\t (Charles). Une Partie d'échecs au temps des 
guerres de religion, nouv elle (imprimée dans le Pala- 
méde, 1843, p. 173 à 183) roulant sur une partie 
d’échecs entre Philippe 11 d’Espagne et le duc de Fé- 
ria, faite en 1308. 

Saint-Amant (P. Ch. F. de), fort joueur d’échecs con- 
temporain, rédacteur du Palaméde. 2® série. 

11 donna, en 1831, un article biographique sur A. 
Alexander, imprimé dans la Régence, p. 3 à 13, et en 
1839 dans la préface du Choix des parties les plus remar- 
quables jouées par M. Moi'phy, un article biographique 
sur ce joueur d’échecs. 

Sunt-Elm-Le-Dcc. , collaborateur du Palaméde, 
2® série. 

Souvenirs du Café de la Régence, imprimés dans le 
journal le Palaméde, 1843, p. 19 <\ 33. 

La Régence, 1831, p. 113 à' U 6, publia un article bi- 
bliographique de cet auteur sur les Chess Siudies or 
Endings of game, de Kling et Horwitz. 

Saint François DE Sales, évéque de Genève, était ama- 
teur du jeu des échecs. 

Tinghy (le prince de), lieutenant général et cheva- 
lier du Saint-Esprit, est mort, en 1787, comme il jouait 
aux échecs. 

Sasias, collaborateur de la Régence, 1849 ; il entre 
dans l’ouvrage Cinquante Parties jouées... pour les 4®, 
H® et 30® parties! 



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162 



FRANCE. 



Skvv AL, Antiquités de Paris, 1724 et 1733, nous dit 
au sujet du jeu des échecs à la cour : « Nos rois l’ont 
aimé de tout temps ; et présentement on les voit, à 
portes ouvertes, passer le temps aux échecs, au tric- 
trac et aux dez. » 

Saxe (Maréchal Maurice, comte de), mort en 1750, 
nous a laissé deux problèmes d’échecs, imprimés dans 
le Palaméde, 1837, p. 140. 

Schwartz (M.), donna, en 1842, une Défense de la 
dame. M. Kiéséritzky en a fait le sujet d’un article in- 
séré dans le Palaméde, même année, f. II, p. 19. 

SÉGUIN (G, A.), habile joueur d’échecs contempo- 
raioj donna dans le journal la Régence, 1831, un article 
intitulé : Grand Festival au Cercle des échecs. 

SÉvTGNÉ (Marie de Rabutin, dame de Chantal, mar- 
quise de), morte en 1696, parle du jeu des échecs dans 
une lettre écrite à la comtesse de Grignan. Cette lettre 
a été reproduite dans le Palaméde, 1842, t. II, p. 232. 

Elle disait que le jeu des échecs était le plus beau 
et le plus raisonnable de tous les jeux. Elle le trouvait 
d’ailleurs très-difficile, comme elle l’avoue dans ces 
vers de Corneille qu’elle adressait à Corbinelli, son 
professeur d’échecs : 

t 

Seigneur, tant de prudence entraine trop de soin. 

Je ne saurois prévoir un échec d’aussi loin. 

Sperun (de), est auteur d’un traité ; Le Jeu des es- 
chets. A Lausanne, s. d., in-12 de 120 pages. 

* Tbouret, à l’imitation du comte de Gungelin, ce 

joueur d’échecs apprit à jouer à ce jeu aux habitants 
du village de Bouvignie (départ, du Nord). Une partie 
jouée par cet écrivain et les ti ois plus forts joueurs 



FRANCE. 163 

de celle commune a 616 reproduile dans le Palaméde, 
183S, p. 127. 

Thigault (le Père), jésuile, parle dans ses 6crils d’un 
magistrat chinois qui perdit, pour trois ans, toutes scs 
dignit6s pour s’6tre trop adonn6 au jo'u des 6checs. 
{Diversitez curieuses de B*** [Bordelon].) 

Voltaire (Arouet de), mort en 1778, était assez fort 
aux échecs. Lorsqu’il se livrait à ce jeu, comme à 
n’importe quel travail, rien ne pouvait le distraire. 
(Note du poëme de l'abbé Roman, p. 181.) 

Voltaire jouait souvent à ce jeu à Ferney a^ec le 
P. Adam. (Twiss, Chess, 1787, p. 6.) 

Wace, dans son Botmin de Bou et des ducs de Nor- 
mandie, écrit au xii* siècle, nous dit que le jeu des 
échecs était fort pratiqué à la cour de Robert et par 
Guillaume le Conquérant; il attribue une grande ha- 
bileté aux échecs à Richard l'% fils de Guillaume de 
Longue-Épée (942-946). 



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GRECS ET LATINS 



Anecdotes historiques. 

Le jeu des Romains des calcuK, des latruncules, est 
le même que celui des pesaos chez les Grecs^ et devait 
exiger chez les joueurs habiles des facultés aussi 
rares que notre jeu des échecs. 

Celui-ci, qui, dès son origine, réclamait une sé- 
rieuse attention, a dû nécessairement être perfec- 
tionné plus lard; nous voyons, par un passage de Sé- 
nèque (ép. H7), que certaines positions demandaient 
de profondes combinaisons. « L’homme, dit-il, qui 
court pour sauver sa maison embrasée, ne s’arrête 
pas à regarder sur l’échiquier comment il sauvera 
une pièce enfermée. » 

Ce noble jeu des calcul! ou latrunculi excitait à 
un si haut point l’attention et l’amour-propre, que 
cette excitation pouvait l’emporter sur l’amour même 



GRECS ET LATINS. 16 S 

de la vie. Nous en voyons un exemple frappant dans 
Sénèque. (De Tranq. anirrd, lib. XIV.) 

Le Panégyrique de Calpurnim Pii^on comprend un 
passage très-curieux, commençant ainsi : « Te si fortè 
juvat studiorum pondéré fessum non languere tamen 
lususque movere per artcm, » où il démontre que les 
latruncules avaient plusieurs marches, et si l’on sup- 
pose qu’ils étaient tous de même forme et de même 
nature, il faut croire alors qu’ils devaient ces marches 
variées à certaines positions qu’U était, dès lors, très- 
important d’occuper ou d’éviter. La division de l’échi- 
quier en dix zones séparées par une ligne sacrée, 
l’importance que l’on mettait à franchir cette ligne, 
importance attestée par le proverbe : Movere calculum 
a Sacra, tout cela peut faire penser que les pièces 
changeaient de puissance selon la zone qu’elles occu- 
paient, et l’on conçoit que ces mutations continuelles 
devaient donner lieu ù des combinaisons très-pro- 
fondes. 

Jacques Sirmond, jésuite, mort en 1651 parle de 
l’origine des échecs et fait venir ce jeu des latrun- 
cules. 

« Le mot eschets, nous dit-il, vient du mot larrons ou 
latruncules. Ce dernier étant passé des Latins aux peu- 
ples de l’Orient, ceux-ci en ont exprime la significa- 
tion en leur langue par scach, qui chez eux signifie 
larcin. On trouverait un sermen!, dans les capitulaires 
de Charles Chauve, où le mot lanon est joint à celui 
de scachator. Les Italiens ont fait de ce mot scach, 
scachi, et nous eschets, en mettant selon notre coutume 
une e devant les mots qui commencent par une s, 
comme dans esprit, eshuk, espée, Espagne, etc. » 



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166 



GRECS ET LATINS. 



Lenclavius croit aussi que le nom échecs \ient du 
mot larro7is, et dans scs Pandectes de l'histoire tur- 
qucsque, il nous dit : « Le nom des Turcomans n’estoit 
pas alors moins infâme que l’est aujourd’huy celuy de 
ces voleurs que nous appelons Uscoques, d’où le mot 
de nos escliels est venu. » 

Du Gange, dans son Glossaire, fait dériver le nom 
échecs de celui de latrunculorum. 

Dans un passage de Boions Prassées, où il parle du 
jeu des échecs, on lit : « Ce que vous concevez être 
huit pièces et huit stations, n’en sont pourtant que 
cinq, de manière que le jeu des échecs, considéré 
dans scs éléments, ne parait ni plus ni moins que le 
Pettia. » {Bibliothèque britannique, t. XVIII, Lt«., p. 193- 
194.) 

« La présence d’esprit que les échecs exigent, en 
captivant l’attention des Grecs, leur fit oublier les 
peines d’un siège de dix années. Ces peuples, dont 
l’esprit était naturellement élevé, trouvèrent ce jeu si 
noble qu’ils s’y appliquèrent tous. Les dés disparurent, 
ou du moins il n’y eut plus que la vile populace de 
l’armée qui y jouât; les personnes de distinction qui, 
par leur caractère, approchaient le plus près de la di- 
vinité, introduisirent les échecs dans les temples, e 
comme la religion entrait jusque dans leurs plaisirs, 
ils sacrilièrent aux dieux les méditations sérieuses 
qu’ils faisaient sur ce jeu. » (Œuvres de Chevrier. 
Londres, 1774, t. III.) 

Louis Diibois, dans ses Recherches, regarde les la- 
truncules comme l’ancien jeu de dames, et fait re- 
marquer ce passage : « Obligat ipse duos. » Ce n’est, 
dit-il, qu’au jeu de dames qu’un pion peut en prendre 



ÜRECS ET LATINS. 



167 



plusieurs d’un seul coup. Les Romains jouaient ce jeu 
avec viiigt-quatre scrupules, nombre qui ne convient 
qu’aux dames et non aux échecs. 

« ... Les Romains aimaient, sur tous les jeux, celui 
qui leur représentait la guerre; pour ce sujet, ils 
avaient donné à leurs pièces le nom des soldats, car 
non-seulement en notre proverbe, mais encore dans 
le langage de leur république, qui dit soldat dit lar- 
ron... » (Opinion sur le nom du jeu des eschels, par Sar- 
razin.) » 

CoLCMNA, mort en 1292, dans son Histoire du siège 
de Troie, fait mention du jeu des échecs. 

Poésies. 

Desuillons (François-Joseph-Terrasse), jésuite, mort 
en 1 789 ; il est auteur d’une fable sur le jeu des échecs : 
Latrunculorum ludus, fabula. Strasbourg et Liège, 1779, 
2 tomes in-12, fable xxxu, 13' livre : 

« Au jeu des échecs, roi, reine, soldats à pied et à 
cheval exercent leurs fonctions variées, chacun à son 
poste et à son tour; mais la partie finie, tous rentrent 
pêie-méle dans le même cofl'ret. 

(I Les destinées humaines sont diverses pendant la 
vie, la mort les met de niveau. » 

In.nocext lit, pape, mort en 1216. On lui attribue 
une pièce de vers intitulée : Moralitas de scaccario. 

Mommei-vn (B.), auteur d’un poème latin : « Ludi la- 
trunculorum brevis descriptio. » Parisiis, 1560, in-4 de 
4 feuillets. 

M. Frédéric Alliey en a donné une traduction fran- 
çaise, imprimée dans le Palaméde, octobre 1847. 



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i68 



GRECS ET LATINS. 



Il n’eiiste pas d’édition de lo.'JO. 

PoLiGNAc (Melchior de), cardinal, archevêque d’Auch, 
membre de l’Académie française, mort en 1741, au- 
teur de : Anti Lucretius, scu de Deo et Naturà, 1747, 
in-8 et in-t2. Dans cet ouvrage, plusieurs fois réim- 
primé et traduit en français, il compare les différentes 
combinaisons des atomes à celles des pièces du jeu des 
échecs, dont il fait, en quinze vers, une description 
très-élégante. (Lib. III, v, 392.) 

Raince est auteur d’un poème latin traduit en fran- 
çais par Frédéric Alliey. 

Sylwardüs Simon, poète anglais, écrivit en 1453 un 
poème latin : De Ludo Schaccorum, cité par Th. Hyde, 
lib. II, p. 183. 

Tuccius (Julius Ascanius), est auteur d’une ode latine 
sur le jeu des échecs : Duellum ludo schaccorum, etc., 
imprimée dans les Delitiæ poetarum italicorum, col- 
lectore Ranutio Ghero (Jano Grutero), 1008, p. 1187 
à 1189. Elle se trouve aussi dans l’Amphitheairum Sa- 
pientim Socraticœ, 1619, 1. 1, p. 632. Cette pièce de poé- 
sie comprend 20 strophes; elle a été traduite en vers 
italiens par Burchelati (Trévise, 1389, in-4), et de l’ita- 
lien en français par Alliey. 

La traduction française se trouve dans le Palamède, 
1847, numéro d’avril. 

Vida (Marc-Jérôme), évêque d’Albe, né à Crémone 
en 1470, mort en 1356, est le premier auteur qui ait 
décrit une partie d’échecs en vers latins : De Ludo 
schaccomm, composé vers l’an 1 300. Rarement imprimé 
seul, on trouve ce poème dans les nombreuses édi- 
tions latines des œuvres de cet auteur, publiées en 
1327, 1329, 13.34, 1336, i::41, 1347, 1348, 1330, 1354, 



GRECS ET LATINS. 



169 



Ioo9, 1567, 1578, 1581, 1592, 1604, 1605,1606, etc. Des 
traductions en ont été faites dans toutes les langues eu- 
ropéennes. Frédéric Alliey en a donné une bibliogra- 
phie spéciale dans la Régence, 1850, et dans les Poèmes 
sur le jeu des échecs, traduits, etc. Paris, 1851, in-8. 

On assigne à ce poëme le second rang parmi ceux 
latins. Le critique Dussault disait dans ses Annales lit- 
téraires qu’il aimait autant lire Philidor; mais ce ju- 
gement n’est pas reçu des amateurs de poésie, ni même 
des joueurs d’échecs. Auguste Couvret, dans ses Be- 
cherches sur le jeu des échecs, imprimées^en tête du 
Poème des échecs de l’abbé Roman, le Palaméde, 1836, 
p. 27 (alors rédigé par Labourdonnais), Warton et 
autres critiques anglais font un grand éloge de la 
clarté et de l’élégance qui y régnent. 

Vida est le seul qui ait fait un bon poëme latin sur 
les échecs ; la langue latine, avec ses formes pittores- 
ques et son énergique concision, se prêtait bien à un 
pareil sujet. Vida n’a point seulement décrit une par- 
tie d’échecs, mais il a chanté une bataille; il a expli- 
qué admirablement la marche et la force des pièces. 
La fiction en est très-belle : l’Océan jouait à ce jeu de 
tout temps sous l’onde avec les nymphes marines ; il 
l’apprend aux dieux qui assistèrent à ses noces avec la 
Terre; dans la suite, Jupiter ayant séduit Scacchide, 
nymphe d’Italie, lui donna pour prix de ses faveurs 
un échiquier précieux et des échecs,'dont il lui mon- 
tra l’usage, et c’est de celte divinité inférieure que les 
hommes le tiendraient, elle aurait eu la gloire d’y at- 
tacher son nom (Scacchi). Le fout est parfaitement 
narré en 658 vers latins. 

Les traducteurs français de ce poëme de Vida sont : 

s 



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170 



GRECS ET LATINS. 



I “ Louis des Masures ; 2" Vasquin Philieul ; 3“ M. D. C. ; 
4» Masturio (?) ; 3® Levée (J. B.), et 6® Frédéric Alliey. 

Liber fratris Jacobi de Cesolis, ordinis Frædicatorum, 
de moribus hommum et officiis nobilium, super ludo Scoc- 
chorum. A la fin de ce manuscrit, in-12 vélin, qui se 
trouve dans un Recueil de la bibliothèque de Mont- 
pellier, sous le numéro tO et H, on lit ces mots : Et 
ego Arnoldus de Misinte, scripsi die sabbati, 24 martii 
4380. Complevi in nocte. 

Ce volume est aux armes de Bonnier de la Mosson. 
Le premier traité (celui des échecs, de Cessoles) est 
précédé de l’éloge du jeu d’éqhecs en 33 vers latins. 

« Incipiunt carmina de ludo Scacchorum. » 

Ludum Scacchorum, si quis vult scire décorum. 

Hoc carmea discal, si docte ludere gliscat. 

{Catalogue général des manuscrits des bibliothèques 
publiques des départements, t. I, p. 262.) 

Poema de Shahiludio, tempore Saxorum Anglia, car- 
mina politiœ elaboratum, imprimé dans Th. Il j de; dans 
Clodius, p. 131 ; dans le Palamêde, 1837, p. 439-440. 

Bibliographies spéciales. 

Hyde (D' Thomas), d’Oxford, mort en 1703, secré- 
taire-interprète' pour les langues orientales sous les 
règnes de Charles II, Jacques II et Guillaume III. Il 
publia en latin un ouvrage sur les échecs paru sous 
les divers titres suivants : 

Historia nerdiludii, hoc est dicere latrunculorum, cim 
quibusdam aliis Arabum, Persarvm, etc. Oxonii, c théâ- 
tre Sheldoniano, IC94, deux parties in-8, fig. 

De Ludis oriental ibus libri dm, quorum prior historiam 



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GRECS ET LATINS. 171 

shahüudii, etc. Même ville, même année, deux parties 
in-8. 

Mandrayorias, seu historia shahiludii, i. e. ^usdeni 
origo, antiquitas, accédant de eodem Rabbi Abraham 
Abbeni-Esra, etc. Même ville, même date. 

Ouvrage curieux ; l’auteur y parle des échecs chi- 
nois, indiens, arabes et persans. Le premier livre tout 
entier est consacré au jeu des échecs, à l’origine de 
ce jeu et à ses diverses modifications; il comprend 
aussi le texte et la traduction du poème de Abraham 
Ben-Esra et les deux petits traités de Jahia. Le 
deuxième livre parle des autres jeux de l’Orient et cite 
plusieurs écrits orientaux sur les échecs. 

ilemoriœ bistorico-criticæ, librorum rariorum, auctorc 
Aug. Beyer. Dresdæ et Lipsiæ, 1734, in-8, et 1743, 
in-8. 

On trouve dans ce volume une bibliographie latine 
sur les ouvrages écrits sur les jeux, où sont mention- 
nés surtout ceux qui traitent des échecs. 

Bibliotheca manuscriptorum, autore Bern. de Mont- 
faucon. Dans cet ouvrage, l’auteur cite plusieurs ma- 
nuscrits écrits sur le jeu d’échecs. 

Bibliotheca lusoria, sive noticia scriptorum ludis, auc- 
tore H. J. Clodio. Lipsiæ, 1761, in-8 de 166 pages, titre 
gravé. 

# “ 
Célébrités. 

Cands (Julius), accusé injustement d’avoir conspiré 
contre Caligula, était condamné à périr (vers l’an 37 
avant J. G.). L’heure du supplice arriva, il jouait alors 
aux ca'culi (échecs). Le centurion vient le chercher. 



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172 



GRECS ET LATINS. 



Forcé de le suivre, Canus quille le jeu ; mais, à ce mo- 
ment suprême, il ne songe pas à cette mort qui l’attend 
et qui devait être quelque chose de plus que la mort, 
car elle était ordonné par ce Caligula qui disait à ses 
bourreaux : « Frappez-les do manière qu’ils se sentent 
mourir. » Toute la sollicitude de Canus est pour cette 
partie qu’il ne peut achever. Il compte les pièces; il 
fait remarquer à son adversaire que lui, Canus, en a 
une de plus, qu’il a la position, que la partie pst 
gagnée. Il invoque le témoignage du centurion : « ...Ne 
va pas profl ter de ma mort pour nier ta défaite, » dit- 
il à son joueur. Son avantage bien reconnu et bien 
constaté, il marche tranquillement au supplice. (Sé- 
nèque, De Tranq. animi, lib. XIV. — Doazan, art. sur 
les jeux, imprimé dans le Dahmède, 1843, p. 494.) 

Claude. On lit dans Suétone, Claud., cap. xxm, que 
cet empereur romain aimait tellement le jeu, qu’il 
écrivit un traité sur l’art de jouer. 

CoMNÈNE (la princesse Anne). Dans la vie de son 
père Alexis Comnène, empereur de Constantinople, 
elle atteste que le jeu des échecs, qu’elle nomme zatri- 
cioTi, a passé des Persans aux Grecs. 

Eubipide, mort en 487 avant J.-C, dans sa tragédie 
à’Iphigénie en Aulide, rapporte qu’Ajax et Protésilaüs 
jouaient aux échecs en présence de Mérion, d'ülisse et 
d’autres Grecs célèbres. 

Lucii.ius, poète et chevalier romain, grand-oncle de 
Pompée, mort à Naples vers l’an 103 avant J.-C., 
trouve dans le jeu des échecs l’image d’un combat 
naval ; il prend l’échiquier pour un canal, et ses pièces 
pour des navires. (Sarazin, Dissertation sur le jeu des 
eschets.) 



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GRECS ET LATINS. 



173 



Nicépuore I«', empereur de Constantinople, l’an 802, 
serait le premier qui aurait mentionné le jeu des 
échecs modernes en Occident, dans une lettre adres- 
sée au calife Haaroun Al-Raschid, commençant ainsi : 
«... L’impératrice, à laquelle j’ai succédé, t’a consi- 
déré comme un roc et s’est regardée comme un pion : 
elle s’est soumise en conséquence à te payer un tribut, 
tandis qu’elle aurait dû en exiger un de toi deux fois 
plus considérable. » Cette lettre se trouve dans les An- 
nales musulmanes. 

Ovide (De arte amat., lib. II, v, 204, et lib, III, v. 363), 
conseille, comme moyen de plaire à la femme que 
l’on aime, de lui laisser l’avantage au jeu. 

« ...Aux échecs, arrangez-vous pour que vos guer- 
riers de verre succombent sous les siens. » 

Après avoir indiqué aux femmes mille moyens de 
séduction, Ovide leur recommande la connaissance de 
plusieurs jeux, entre autres celui des échecs. « Je 
veux, dit-il, qu’une jeune femme ne soit pas tout à 
fait ignorante aux échecs; qu’elle prévoie qu’une 
pièce ne peut résister à l’attaque de deux ennemis, 
que celle qui n’est pas soutenue est exposée à être 
prise et doit souvent revenir sur scs pas. » 

Philippe de Macédoine. Athénée, lib. IV, cap. xvii, et 
lib. X, cap. x, parle de ce roi jouant aux échecs. 

ScÆvoLA, savant jurisconsulte et vénérable pontife, 
mort l’an 4;i avant J. C. 

Quintilien, lib. XI, cap. ii, raconte que Scævola 
perd une partie d’échecs. Il part ensuite pour la 
campagne, et, chemin faisant, il repasse dans sa tête 
la suite des coups de la partie entière; il reconnaît à 
quel moment il a fait la faute qui a causé sa perte. Il 



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17 * 



GRECS ET LATINS. 



revieot sur ses pas, va trouver son adversaire, et ce- 
lui-ci convient de la parfaite exactitude des souve- 
nirs de Scævola et de la justesse de ses observations. 

Cicéron, De Orat., lib. I, cap. l, dit de Scævola : « Un 
homme excelle dans un art; il vient par la suite à en 
apprendre un autre; si l’on voulait en conclure que 
le dernier fait partie de celui qu’il savait déjà, autant 
vaudrait dire que les échecs font partie du droit civil, 
parce que Scævola était habile à ce jeu. » 

VopiscDs (Flavius), vivant au iv' siècle de notre ère. 
Dans son article sur Procule, parle d’Onésime (auteur 
dont les ouvrages ne nous sont pas parvenus). Cet his- 
torien, dit-il, rapporte que ce fut d’abord en plai- 
santant que Procule fut proclamé Auguste : « Comme, 
à la suite d'un festin, Proculus s'était mis à jouer aux 
échecs (latruncules), il en sortit dix fois emitereur. (C’é- 
tait probablement par le nom d’empereur que les Ro- 
mains désignaient les vainqueurs aux échecs.) Alors 
un des plus nobles convives lui dit en badinant : Je te 
salue, Auguste. Puis, ayant fait apporter un manteau de 
pourpre, il lui en couvrit les épaules et fléchit le genou 
devant lui. » (A. Thierry, dans son Histoire des Gaules, 
rapporte le môme fait.) 



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HÉBREUX 



Anecdotes historiques. 

Le Talmud (tract. Kethouboth 5) parle des échecs^ 
ainsi que son commentateur Raschi. (Note des Délices 
royales, Paris, 1864, p. SO.) 

Alexander donne à penser que le jeu des échecs ou 
un jeu analogue devait se jouer dans la Judée, par le 
passage suivant, extrait du premier Livre des rois, 
chap. n, verset 14. Abner dit à Joab : « Que les jeunes 
hommes se lèvent et jouent devant 7ious... » Plus loin 
« ils s'assirent les uns de ce coté-ci de la mare (la mare 
est le ruisseau que l’on voit encore aujourd’hui au mi- 
lieu de l’échiquier chinois et de divers jeux de guerre), 
les autres de ce côté-là... » Ce fut à Joab de jouer le pre- 
mier; le jeu joué de même force de chaque côté, il y 
a de part et d’autre douze pièces de perdues. Le ver- 
set dit ; (( ils tombèrent, et non : ils moururent. » Cela 



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176 HÉBREUX. 

voudrait diie que les pièces furent enlevées et non 
détruites. 

... Abner fut battu (Abnor succombait). 

M Je ne pense pas, dit l’auteur, qu’on m’accusera 
de légèreté à l’égard des paroles de l’Ecriture sainte, 
tous les' traducteurs rendent ils jouaient par qu'ils 
jouent; ils ont seulement omis le soin de nous dire de 
quel jeu il est question. » 

Poésies. 

Ezza, Ezra ou Esrat (Rabbi-Abraham-Aben), mort 
en 1174, écrivit sur le jeu des échecs un poème hé- 
breu intitulé : Les Délices des rois. Le texte, avec une 
traduction espagnole, a été publié dans la Bibliotheca 
espanola, deJos. Rodr. de Castro. Madrid, 1781, in-fol., 
t. 1. 

Une traduction latine eCharusim al sechokshach Math. 
Carmina rhytmica de ludo Shah-mat. Hebraïcè et lat. 
(75 vers), dans Tb. Hyde, Mandragorias. Oxonii, 1694. 
In-8, lib. I, part, ii, p. 2-9. 

Les Deliciae Regis, seu de Shahiludio, hist. pros. ario- 
nymi, hebr, et lat., dans le Mandragorias, 1694, 1” par- 
tie, p. 18-71. Le Palaméde, 1836, a reproduit la trad. 
lat. de Th. Hyde. 

Une traduction allemande, publiée sous le litre 
Neuerœffnete Kunststvcke des Schachspiels, etc. Franck- 
furth und Leipzig, 1743, pet in-8 de 104 pages; 2* édi- 
tion en 1743. (Clodius, Biblioth. lus.) 

Une traduction française vient d’ètre donnée par 
M. Leon Holloenderski. Paris, impr. Jouaust, 1864, 
in-12 de 104 pages. 



HÉBREUX. 



177 



Jahia ou Jachia (Rabbin-Ben), auteur de deux pe- 
tits traités hébreux sur los échecs. Une traduction la- 
tine a été faite par Th. Hyde, et imprimée dans le 
t"' livre, 2* partie, p. 10-17, de Mandragorias, sous le 
titre : Melizah zachàch al zechoh haschak. Oratifi elegans 
de ludo scaque quam composuit gloria oratum Bonse- 
nior Abben-Jachia, Hebraicè et latinè. 



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HOLLANDE 



(Johannes de Cessolis) Boec vati dm Tyherdriyfedelre 
heren ende vrouwren als van den Scaecspul. Ter Coude, 
Gérard Leeu, 1479, 2 ocfober. (1 vol. in-fol. de 
ü8 feuillets, caract. goth. à 2 col. de 35 lignes.) 

(Le livre du passe-temps des nobles hommes et 
dames, c’est-à-dire du jeu des échecs. Gouda, 1479.) 

C’est la première édition du plus ancien ouvrage 
flamand ou hollandais que l’on connaisse sur le jeu 
des échecs. 

Boek van dm Schachspele. 

Van Dogbeden unde van gerden Zeden secht dyt Bok, 

Wol dat vaken overlesl de west ok des Schackspeles Klok. 

1 vol. in-8, s. 1. n. d. (du xve siècle). Ce volume, 
très-rare, est décrit dans la Bibliotheca spenceriana de 
Dibdin, t. IV, p. 54t. Une autre édition, imprimée à 



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HOLLANDE. 



179 



Delft, en 1403, in-4, a été adjugée à 5 gainées à la vente 
Heber. Cet ouvrage a été réimprirné à Anvers en 1329^ 
De Nederlansch Palamèdes, tijdschrift voor het sohaak- 
spel. Journal édité à La Haye, en 1843, par MM. Wes- 
termann et fils, libraires. Le prix par an était de 6 flo- 
rins. (Bulletin du Bibliophile belge, 1845, t. Il, p. 176.) 

Schackzeitung (Gazette des échecs d’Amsterdam, revue 
mensuelle), 1849. (Régence, 1849, p. 225.)- 
Amsterdam (Cercle des échecs). 

Kotterdam (Cercle des échecs). 

Van Nieveld a imaginé le moyen d’égaliser les forces 
en déplaçant les pièces avant de commencer la partie, 
et c’est le sort qui décide de leur nouvelle place. Ail- 
leurs, on a trouvé une combinaison pour jouer trois 
où quatre personnes ensemble. En France, le célèbre 
joueur Légal inventa, à la fin du siècle dernier, la 
partie des pions. (Alexander, Collection des plus beaux 
problèmes.) 



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I 



INDES 



Sassa ou Sessa, fils de Dauih. La Société asiatique 
(de Londres) possède un traité sur les échecs, qui sem- 
ble avoir été écrit sous le règne de Timur ou quelque 
temps après. L’auteur anonyme de cet ouvrage donne 
trois versions différentes sur l’origine des échecs; il re- 
garde Sassa, non comme l’inventeur de ce jeu, mais 
comme l’ayant modifié. 

Le premier de ces récits est celui d’un roi indien, 
nommé Kaid, qui, après avoir successivement battu ^ 
tous ses ennemis, se trouvait condamné au repos, et, 
tandis que ses peuples jouissaient des douceurs de la 
paix, se trouvait plongé dans une noire mélancolie ; 
ce monarque pria Sassa, son ministre, de lui trouver 
un moyen de le distraire agréablement. Sassa sim- 
plifia le jeu des échecs et le présenta au roi son maî- 
tre, qui en acquit rapidement la pratique et en fit ses 



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INDES. 



181 



délices ; il oftrit à son ministre ce qu’il voudrait pour 
récompense. Sassa se contenta seulement d’autant de 
dirams d’argent qu’il y aurait de cases dans l’échiquier, 
en doublant à chacune. L’énormité du chiffre que cela 
produisit en rendit impossible le payement, et le sage 
ministre refusa toute récompense, préférant, disait-il, 
la science et la sagesse à toute autre richesse. 

Dans le second récit, le roi Fur meurt, laissant sur 
le trône un 61s unique encore très-jeune ; les rois voi- 
sins s’approchent de tous côtés ; le conseil des grands 
dignitaires de l’Etat fut réuni par le jeune monarque; 
il leur dit : Guidez mon inexpérience; que dois-je 
faire ? — Il faut tirer le sabre contre l’ennemi. — Mais 
je n’ai jamais vu la guerre, comment puis-je être le 
chef de braves troupes?.... Sassa, 61s de Dahir, était 
premier ministre du prince ; il abrégea le « parfait jeu 
d’échecs » et apporta l’échiquier- au prince, en lui di- 
sant : « Voici qui vous apprendra à faire la guerre. » 
Guidé par lui, le jeune roi s’appropria rapidement les 
principes du jeu, puis il 6t la guerre, battit tous ses 
ennemis et revint chérissant les échecs, qui lui avaient 
sauvé l'honneur, son royaume et sa vie. 

Dans le troisième récit, deux princes, unis par le 
sang, se disputent l’empire ; ils vont trouver leur mère 
et lui disent ; « Quel est celui de nous deux qui doit 
régner après vous? » La mère, qui les aimait égale- 
ment, répond : « Celui qui sera le plus brave au com- 
bat, le plus sage dans le conseil et le plus aimé du 
peuple et de l’armée. » , • 

Gau et Ralkland se retirent mal satisfaits; leurs que- 
relles s’envenimèrent bientôt et la guerre civile éclata. 
Dans la première bataille, les soldats de Ralkland fu- 



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18S 



INDES. 



rent complètement défaits, et lui-môme expira de 
douleur à la vue du triomphe de son frère. L’infortu- 
née mère s’imagina que Gau avait causé cette mort ; 
elle ne voulut plus le revoir. C’est alors que Sassa, fils 
de Dahir, modifia l’ancien jeu des échecs; il apporta 
l’échiquier et ses pièces devant la reine, lui montra 
l’ordre du combat ou Balkland, enveloppé par ses enne- 
mis, était mort par la rupture d’un vaisseau du cœur. 
La reine prit un triste plaisir à ce jeu, qu’elle jouait 
journellement avec Sassa, et à la fin elle reconnut 
l’innocence de son fils. 

Dans le Shahnama, ou Livre des rois, poème de Fer- 
doussy, on trouve le récit précédent, seulement le 
poète en fixe l’époque au temps du grand Cosroès, le 
roi père des deux princes se nomme May, le premier de 
ses fils Gar, et le second Talachand; la mère des deux 
princes, veuve du roi May, se nomme Faritchera, ou 
Ueauté évangélique. 

Cette dernière origine se trouve aussi dans un livre 
intitulé Pherthangh Suaxiri, que Th. Hyde aurait reçu 
des Indes. 

Au commencement du v® siècle de l’ère chrétienne, 
régnait aux Indes un jeune monarque dont le royaume 
était situé à l’embouchure du Gange; son père avait 
agrandi ses Etats, rendu tributaires les rois ses voisins, 
et laissé de grandes richesses. 

Le jeune prince oublia qu’il devait être le père de 
ses sujets, et que ceux-ci composent la force et la puis- 
sance des souverains. Il opprima ses peuples et s’a- 
bandonna aux excès de la cruauté et des plaisirs. 

Les Rajahs et les Brahmines lui firent des représen- 
tations. Enivré des grandeurs, il méprisa leurs sages 



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INDES. 183 

remontrances et fit mourir ceux qui osaient désap- 
prouver sa conduite. 

On fut effrayé : la crainte éloigna du prince ceux qui 
pouvaient lui donner des conseils utiles ; il resta aban- 
donné à quelques flatteurs dangereux, qui le portè- 
aux derniers excès.xLe peuple, tyrannisé, se révolta; 
les rois tributaires, convaincus que le monarque avait 
perdu toute sa force en perdant l’amour de ses sujets, 
secouèrent leur joug et lui déclarèrent la guerre. 

Un philosophe indien, nommé Sessa, touché des 
malheurs de sa patrie, entreprit d’éclairer le roi sur 
les funestes effets de sa conduite. Dans cette vue, il 
imagina le jeu des échecs et l’enseigna au monarque ; 
il n’ouhlia pas de lui montrer que, dans cette image 
des combats, le roi n’a aucune force seul, que son sa- 
lut dépend quelque fois de la pièce la moins impor- 
tante, qu’il ne peut attaquer ni se défendre sans le se- 
cours de ses soldats. 

Le prince avait de l’esprit ; il se fît l’application des 
leçons du Brahmine, changea de conduite et prévint 
les malheurs qui le menaçaient. 

Al-Sephadi, auteur arabe, parle de l’invention des 
échecs par le mathématicien Sessa, fîls de Daher, Le 
roi son maître {Ardsr.hir) en fut comblé de joie, et lui 
offrit en récompense tout ce qu’il voudrait. Sessa lui 
demanda seulement autant de grains de blé qu’il y a de 
cases dans l’échiquier, en doublant à chacune d’elle. 

Pour satisfaire à cette demande, il eût fallu 16,384 
' villes, dont chacune eût contenu 1 ,024 greniers, dans 
chacun desquels il y eût eu 174,762 mesures, et dans 
chaque mesure 32,768 grains, ce qui forme un total 
de 87,076,425,546,692,636 grains. 



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184 



INDES. 



Le comte de Basterot, dans son Traité élémentaire 
du jeu des échecs. Paris, 1863, donne,, le chiffre de 
18,446,744,073,709,551,613, et il ajoute « que le fro- 
ment récolté actuellement en France et accumulé 
pendant cent neuf mille six cents ans, ne suffirait pas 
pour payer intégralement la dette/du roi indien. » 

Le Bhaouichya Pouràn, écrit par Goténda, célèbre 
jurisconsulte et philosophe des Indes, contient une des- 
cription en forme de conversation entre Youdhichthir 
et Yyasa, célèbre anachorète, théologien et poète in- 
dien, vivant, selon les uns, au xv* siècle avant J, C., et 
selon les autres au xn* siècle, qui, à la demande du 
monarque, lui expose les règles d’un ancien jeu d’é- 
checs indien, nommé TcAaterangfa, plus connu sous le 
nom de Tchatiiradji ou les Quatre Rois ; sous le plan 
d’une guerre siipulée, il lui en développe les princi- 
pales règles. Vyasa ajoute, à la suite de cette descrip- 
tion, que les plus anciens livres de jurispriMence fai- 
saient mention de ce jeu, et que l’épouse de Râvan, 
roi de Lancâ, l’inventa pour amuser son mari avec 
une image de la guerre, tandis que sa capitale était 
bloquée par Râma. 11 nous apprend aussi que les 
brahmanes de Gaur ou du Bengale étaient jadis célè- 
bres par leur habileté à ce jeu. 

Yoddhishthira perdit toutes ses possessions dans un 
hasardeux défi avec Shahu7ii au jeu du Chaturanga. 

Pallas, dans le t. 111 de son Histoire des découvertes 
faites par divers voyageurs, Berne, 1781, fait observer 
que les Kalmouks avancent trois pions en commençant 
la partie. 

« Un joueur d’échecs indou, qui est en ce moment 
à Londres, fait les choses les plus étonnantes. Il joue 



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INDES. 



18 S 



trois parties les yeux bandés, et les gagne ; il joue en 
même temps aux cartes et gagne. On touche une son- 
nette toutes les deux ou trois secondes pendant qu’il 
joue, et il dit combien de fois elle a été touchée. Un 
individu lui jette, un par un, des petits cailloux dans 
le dos, et il les compte. Puis après, il récite un poème 
qu’il a composé pendant qu’il jouait. » (La Presse, du 
28 mars 1864). 

Rahdass, natif de Kattiwar, était connu, dans les en- 
virons de Bombay, pour sa force aux échecs et pour 
jouer sans voir l’échiquier. (Postans, Indes orientales, 
le nomme en parlant de Bombay et ses envirojts.) 

Trevangadacharya Shastree, natif des Indes, fort 
joueur d’échecs, professeur de sanscrit, et connu pour 
jouer, sans voir l’échiquier, jusqu’à quatre parties à 
la fois. 

Il a traduit un manuscrit indien sur le jeu des 
échecs, intitulé : Vilas muni munjuri (c’est-à-dire « le 
diamant en fleur ou le bouton de fleur pour Vamuse- 
ment, etc.), en langue anglaise, sous le titre : Essays on 
chess, adaptcd to the curopean mode of play, œnsisting 
principaly of positions or critkal situations, etc.; publié 
pour la première fois à Bombay, en 1814, pet. in-4. 

Une deuxième édition a paru dans la même ville, en 
1817, in-4 de 178 pages. 

Le Palaméde, 1837, donne des extraits traduits en 
français do cet ouvrage. 

.M. Lewis en a donné plusieurs passages dans son 
traité Oriental Chess, en 1817. 

Cet ouvrage indien, traduit sur les instances de 
MM. Warden et du major Will. Cooper, se compose de 
100 coups ou parties. — Les 64 feuillets du traité sont 



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180 



INDES. 



des mats exécutés avec un pion, lorsque, conformé- 
ment aux règles de l’Indoustan, le côté perdant con- 
serve au moins une pièce sur l’échiquier. Les quatre 
longs pétais sont quatre parties entières, dans lesquelles, 
suivant les mêmes règles, les joueurs, de part et d'au- 
tre, débutent par quatre, huit ou douze coups sem- 
blables. Les 16 pédoncules sont des problèmes de mats 
exécutés avec une pièce quelconque à la manière des 
Européens. — Les seize fruits sont des problèmes de 
pions coiffés et de parties de qui perd gagne dans les 
situations les plus compliquées, et souvent combinées 
de telle manière que le joueur peut, à volonté, donner 
l’échec et mat avec un de ses pions, ou se le faire don- 
ner à lui-méme avec un pion de l’adversaire. 



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ITALIE 



Bibliographies. 



CARHEnA, dans son oiivrage intitulé : Il giuoco degli 
seacchi, div. in 8 libri, in Militello, 1617, pet. in-4, 
donne une liste des auteurs qui ont parlé avantageu- 
sement des échecs. 

Dissertazione del Ch. Signore D. Benedetto Rocco, 
napoletano, sul giuoco degli scacchi, ristampata da Fran- 
cesco Cancellieri, romano, con la Bibliotheca ragionata 
degli scritori su lo stesso giuoco. Roma, Bourlié, 1813, 
in-8 de 58 pages. 

Roma, Bourlié, 1817, in-8 de 58 pages. 

Cette deuxième édition comprend 123 articles et ci- 
tations. 

Troisième édition. Venezia, Orlandelli, 1824, in-12. 



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188 



ITALIE. 



Poésies. 

Dl'cchi (Grég.), lié à Brescia vers 15oü, est auteur 
d’un poème italien : La ScaccJieide, overoil giuoco degli 
scacchi... en 6 chants et en octaves. 

Ce poème a été terminé par l’auteur, à Brescia, sa 
patrie, en 1580 ; il comprend 5752 vers italiens. 

Ce n’est qu’une allégorie Cgurée dans la description 
des combats de deux princes, l’un africain et l’autre 
Scythe; il n’est nullement question d’échecs. 

Cet ouvAige est dédié à la marquise de Soragna. 

11 parut à Vicence, en 1586, in-4 de 6 feuillets prél. 
et 66 feuillets chiffrés (Gancia, en 1860, 20 fr. — Po- 
tier, même année, 10 fr. — Libri, en 1847, 15 fr. — 
Perret, en 1860, 30 fr.) 

Les exemplaires non vendus furent remis à neuf 
avec titre et préface nouvelle, et forment une seconde 
édition, Vicence, 1607. Mais le corps du texte n’a eu 
rien de changé. 

L’abbé Roman, dans son poème d’échecs, en a 
donné une analyse, reproduite dans le Palaméde, P® 
série. 

Boi, auteur de quatorze vers italiefts : Il Matto delV 
anwre. 

Lemaure est auteur d’un poème et de vers italiens 
sur les échecs, édités par Ch. Salvio, traduits en fran- 
çais parAlliey et publiés dans la^ Régence, 1850. 

Lodovici est auteur d’une élégie sur les échecs, 
écrite vers 1710, reproduite avec la traduction fran- 
çaise par Fréd. Alliey, dans le Palaméde, 1847. 

J. B. Marini a donné dans son poème Adone, chant XV', 







ITALIE. 189 

une imitation italienne du poëme latin des échecs de 
Vida. 

D. G. PicciG^LLo. Son poëme italien sur le jeu des 
échecs a été traduit en français par F. Alliey, et im- 
primé dans la Régence, novembre 1849. 

Célébrités. 

Arétin (Pierre), dans son Dialogo nel quale si parla 
del gimco, Vinegia, l.'*4o, in-8, et La terza et ultima 
parte di Ragionamenti... S. 1., 1589, in-8; l'auteur y ' „ 
donne des anecdotes curieuses relatives an.v joueurs 
les plus célèbres du xvi« siècle. 

Asselani, de Gênes, professeur et auteur d’ouvrages 
sur les échecs. Plusieurs de ses mats se trouvent dans 
le Traité complet de M. Préti. 

Berni (Fr.), messer Pietro Paolo da san Chirico, est 
regardé comme l’auteur d’un livre singulier, imprimé 
pour la première fois à Rome, eu 1520, in-4, litre gravé 
sur bois, et à Venise, en 1534, in-8, sous le titre : 
Capitolo del giuoco délia Primiera. Volume rare, dans 
lequel, à propos d’un Capitolo sur la Primiera, jeu fort 
en vogue en Italie, on parle des échecs et de beau- 
coup d’autres jeux, et où l’on raconte diverses anec- 
dotes curieuses relatives à plusieurs personnages cé- 
lèbres de rilalie.* 

Le prix moyen des exemplaires- de chacune des deux 
éditions est d’environ 15 fr. dans les ventes. 

Boccace parle des échecs dans le Philocopo; voir plus 
haut, page 78. 

Boï (PAoi.o),de Syracuse.mort en 1 5 98, fameux joueur 
d’échecs, très-recherché dans les cours d’Europe. 



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190 



ITALIE. 



Carrera raconte que Boi jouait à Venise avec un 
joueur qui le gagnait toujours. Voyant cela, Boi s’arma 
d’un rosaire avec des reliques, reçut le saint Sacrement 
et gagna alors son adversaire, qui lui dit : « Je vois 
que vos moyens sont plus forts que les miens. » 

Il joua souvent avec Philippe II d’Espagne, qui lui 
fit de riches présents et lui donna le revenu annuel de 
certains offices de Syracuse, produisant 500 scudi. Il 
joua aux échecs avec dom Sébastien de Portugal, et 
gagna, à ce jeu, à Lisbonne, dans une seule journée, 
8,000 scudi. 

Le pape Urbain VIII ‘ l’attira à lui et lui fit offrir un 
bon évéché pour sa science aux échecs, mais ce joueur 
refusa. {Lettre insérée dans le Mercure galant. Août f 688 
et décembre 1693.) 

Ayant été pris par des corsaires algériens et vendu 
comme esclave à un Turc, grand amateur d’échecs, 
Boï gagna à son nouveau maître une somme considé- 
rable, sa liberté et un présent de 2,000 secchini. 

Il voyagea en Espagne, en Hongrie, en Turquie et 
en Italie. 

Il retourna à Naples, où il fut empoisonné et volé 
par sa servante, en 1398, à l’agc de 70 ans. 

Calvi, de Modône, capitaine dans l’armée piémon- 
taise, en 1842, bon joueur d’échecs.^ 

Collaborateur du Palaméde, 2® série. Plusieurs de 
ses mats ont été recüeillis par Alexander, dans sa Col- 
lection des plus beaux problèmes et dans le Palaméde, 2* 
série. 



1. Il y a erreur : l’auteur veut parler de Pie V. 



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ITALIE. 



191 



Carrera (Don Pierre), Sicilien, mort en 1647, était 
un des plus habiles joueurs d’échecs de son temps. 
Son traité d’échecs : Il giuoco degh scacchi, div., in § li- 
bri... In Militello, Gio de Rossi da Trento, 1617, petit 
in-4 de 42 feuillets, .056 pages, est un des plus recher- 
chés; il y donne des remarques curieuses sur l’origine 
du jeu des échecs, sur la manière d’apprendre à jouer 
sans voir l’échiquier et y fait mention des plus forts 
joueurs de son temps qui jouaient de la sorte. Il attri- 
bue l’invention des échecs à Palamède. 

Cet ouvrage a été commenté par la plupart des re- 
cueils d’échecs. 

Carrera avait inventé deux nouvelles pièces pour 
être ajoutées A celles du jeu actuel; l’une d’elles était 
nommée campione, et il la plaçait entre le Roi, le Ca- 
valier et la Tour; sa marche était à la fois celle de la 
Tour et celle du Cavalier. L’autre pièce, nommée Cen- 
taure, était placée entre la Reine, le Cavalier et la 
Tour, et avait la marche du Fou et du Cavalier. 11 y 
avait aussi dans son échiquier di.x pions au lieu de 
huit. 

Cette innovation n’a pas survécu à son auteur. 
(Tvviss, Chess, p. 72.) 

Carrera, dans ses Avvertimenti, recommande aux 
joueurs d’échecs de ne point trop manger et de se pur- 
ger avant de commencer à se mettre à jouer, afin d’a- 
voir l’esprit libre. 

Ceron (Alph.) al Girone S. Zerone, fort joueur d’é- 
checs espagnol, vivant vers 1590, cité par Carrera 
comme jouant sans voir l’échiquier. Il était, aux 
échecs, de la même force que Ruy-Loper. 

Libello agit « De Juego del Axedres» sive de Latrun- 



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192 



ITAI.IK, 



culorum ludo, quem exactissime comprehcnderal. 
(Nie. Antoini, Biblioth. hisp., 1. 1, p, 13.) 

Costa (Sleph.). On a de lui un traité intitulé : De 
Ludo, imprimé dans ses Œuvres en lo78 et dans l’ou- 
vrage: Tractatus universi juris ;\enise, 1584-86, in-fol., 
I. VII, p. 161-168. 

Cozio (comte Carlo), auteur de II giuoœ degli scacchi, 
div. en 4 livres. Torino, 1766-67; 2 vol. in-8, avec dé- 
dicace à S. A. R. il sig. duca di Savoia. 

Cet ouvrage a été tiré à petit nombre; il est devenu 
rare. 

,,Le début de l’auteur est assez bon pour celui qui 
donne le Gambit, il finit presque toujours par rega- 
gner son pion. Le Palamède, 1838, p. 328-29, l’a repro- 
duit. 

Ercole DEL Rio, dit I’Anonyme de Modène, magistrat 
de cette ville et joueur de première force, auteur de 
VOsservazioni pratiche’s(yprà il giuoco degU scacchi. Mo- 
dena, 1750, in-4 de 100 pages; 1769; Venezia, 1773, 
1824; Borna, 1829, e\. Milano, sur l’édition de 1750, 
1831, in-8 de 110 pages. 

L’ouvrage se divise en deux parties ; l'a première 
s’occupe des ouvertures; elle se compose de vingt-trois 
chapitres avec nombreux renvois et variantes; l.i se- 
conde partie comprend trois chapitres de fins de par- 
ties. 

Ce traité est très-estimé ; l’attaque et la défense y 
sont tort bien analysées. I.’auteur est l’antagoniste dé- 
claré du Gambit du Bot, qu’il condamne absolument 
comme un jeu dangereux et peu sûr. Cette sentence 
n’est-elle pas trop rigoureuse? Quoi quil en soit, ce 
gambit abo nde en combinaisons très-fines et très -di- 



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ITALIE. 



193 



rerlissanfes. Le Cozio en a public un grand nombre 
qui méritent d’être étudiées. (Poirson-Prugneaux, In- 
trod. pratique, p. 139.) 

Lettre de l’Anonyme de Modène renfermant quelques 
préceptes sur la pratique des échecs. Signée N. N., im- 
primée dans le Palamède, 1836, p. 167. Le but de l’au- 
teur, en composant ce début, a été de prouver que 
Philidor a eu tort de blâmer, pour celui qui a le trait, 
la sortie du Cavalier du Roi à la 3° case de son Fou. 

Gunotio della Mancia (Hor.), auteur d’un bon traité 
d’échecs renfermant plusieurs jolis coups : Libro nel 
quale si ti'atta della maniera di giuocar'a schacchi, cou 
alcuni sottilissimi parliti, Turin, 1397, in-4 de 104 pa- 
ges, fig. 

Lavallière, en 1783, n» 2144, 3 liv. 10 s. — Potier, 
1860, 25 francs. 

Gioachino Gheco, dit le * .alabrois, d’une naissance 
obscure, était joueur d’une si haute force qu’il ne 
trouvait pas son égal. Il voyagea dans toutes les cours 
de l’Europe et il s’y signala au jeu des échecs d’une 
manière surprenante. 

Il trouva à la cour de France des joueurs qui étaient 
célèbres, le duc do Nemours, Arnaud le Carabin, 
Chaumont et Lasalle ; mais quoiqu’ils se piquassent 
d’en savoir plus que les autres, aucun d'eux, ni tous 
ensemble, ne purent lui résister : il leur gagna 
3,000 scudis. En Angleterre, on lui vola cette somme 
et il faillit y perdre la vie. 

Gioachino est auteur du Traitato di nobüissimo et 
mlitare esserdtio de ’ Scacchi, dont la première édi- 
tion a paru en 1610 ou 1616. Son jeu est agréable, il 
traite les gambits plus à fond qu’aucun autre au- 

9 






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194 ITALIE. 

leur, il donne des coups très-subtils. (Stein, Manuel, 
p. 15t.) 

Il y a un reproche à faire à l’ouvrage de Greco : le 
blanc qui gagne toujours, joue comme un joueur de 
première force, qui croit pouvoir tout hasarder avec 
son adversaire; le woir,’qui joue mal, serait de force 
à recevoir facilement une toui\ (Palaméde, 1836, p. 34, 
note.) 

Les auteurs, auxquels Greco paraît avoir le plus em- 
prunté, sont: Damiano, Ruy-Lopez, Carrera. 

La première édition de la traduction française porte 
la date de Paris, 1 605 ; il existe de nombreuses réim- 
pressions; celle de 1669, pet. in- 12, est dédiée par l’au- 
teur au marquis de Louvois, alors ministre de la 
guerre. 

Rosa Linobi, Vénitienne célèbre par sa beauté et son 
talent aux échecs. Boï, jouant à ce jeu avec elle, en 
devint passionnément amoureux ; il lui adressa à cette 
occasion un petit madrigal {Il Matto dell’ amore), qui 
lui ferma les portes du palais Linori. 

Lolli (Giambatista), né à Modène, est auteur d’un 
fort commentaire, assez bon, mais peu clair, de l’ou- 
vrage d’Ercole del Rio, qui parut sous le titre : Osser- 
vazione teorico-pratiche sopra il giuoco degli scacchi 
esposto da G. B. Lolli (Observations théoriques et pra- 
tiques sur le jeu des échecs). Bologna, 1763, in-fol. 
de 2 feuillets, 632 pages. 

Cet ouvrage, enrichi de notes importantessur le jeu 
des échecs selon la méthode italienne, comprend à la 
fin du volume une centaine de bonnes positions cri- 
tiques de lui et de différents auteurs. 

La Régence, 1851, en annonçait un exemplaire en 




ITALIE. 



195 



vente au prix de 60 fr. — Grassot, en 1860, vendu 
20 fr. — Potier, en décembre 1861, n® 560, vendu 
8 fr. 50 c. 

Cette Centurie de Lolli a été imprimée, en italien, 
à Vérone, en 1817, in-4, et dans le Recueil de Poirson- 
Prugneaux, en français. Elle comprend 1 2 problèmes 
de Damiano, 12 de Stamma, 13 d’Ercole del Rio, 10 de 
Lolli, 5 de J. B. Cantarelli, 4 de Salvio, 3 de Gioachino 
Greco, 1 de Ludovico del Monte (ex-vicaire général de 
Modène), 1 du P. Bellincini du Mont-Cassin, 2 de Gas- 
peroni, 1 duP. Parenti, 1 de Tavernarini (gentilhomme 
modenois), 1 de Michel di Mauro, 1 de l’abbé Ro- 
main, 1 du P. Giannoti, 1 de Genovino, 1 de Salvador 
Albino, 1 du capitaine Bertin, 5 d’anonymes divers. , 
— Un exemplaire se trouve à la bibliothèque de 
Vienne. 

Léonabdo (!)'■ Giovanni) de Cutri, surnommé II Put- 
tino, à cause de sa petite taille, vivait et étudiait à 
Rome vers 1570. Il négligea de bonne heure ses 
études et s’adonna au jeu d’échecs, très en vogue 
alors. 

En 1 574, Ruy-Lopez vint à Rome pour solliciter du 
pape un bénéfice. Ayant entendu parler de la renom- 
mée de Léonardo, il le rechercha et le gagna deux 
jours de suite, ce qui vexa tant noire jeune homme, 
qu’il partit immédiatement pour Naples, où il resta 
deux ans à se perfectionner aux échecs. 

Etant allé à Cutri, lieu de sa naissance, il apprend 
que son frère et plusieurs de ses compatriotes sont 
pris par un pirate. Le corsaire fixa leur rançon à 200 du- 
cats j Léonardo joua aux échecs avec le capitaine à 
raison de 50 scudi la partie, et non-seulement il gagna 






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106 



ITALIE. 



la rançon de son frère, mais encore 200 ducats de 
plus, que le capitaine, comme beau joueur, paya in- 
tégralement au vainqueur. 

Le roi de Portugal, Sébastien, lui donna le titre de 
Cavalière errante et le combla de présents pour son ta- 
lent aux échecs. , 

Le roi d’Espagne, Philippe II, ayant entendu parler 
de la force de Leonardo, lui fit proposer un défi contre 
Ruy-Lopes et Zérone. Cutri en sortit vainqueur et re- 
çut du monarque 1,000 scudi, des bijoux et des foui^ 
rures précieuses. 

Il mourut en Calabre, âgé de 46 ans, empoisonné 
par un rival, comme il visitait le palais du prince 
Bisignano. 

Plusieurs de ses parties d’échecs nous sont parve- 
nues. 

Salvio a écrit la Vie et les Aventures de Léonardo de 
Cutri. 

Deux morceaux de poésie de Léonardo, traduits en 
français, se trouvent imprimés dans le Palamêde, 1837. 

PiACENZA (Fr.), est auteur d’un ouvrage assez cu- 
rieux sur l’origine et l’ancienne pratique du jeu des 
échecs, publié à Turin : Il Campeggiamenti degli scac- 
chi, etc. (les Campements des échecs, ou Nouvelle 
discipline de l’attaque et de la défense), 1683, in-4 de 
136 pages. 

L’auteur expose dans son ouvrage une modification 
du jeu des échecs d’après le système de Carrera. 

PoLERio (Giulio-Cesare), de Lanciano (ville des Ab- 
bruzzes), était un des plus forts joueurs d’échecs de 
Rome, élève de Léonardo. 

Il est auteur d’un traité d’échecs intitulé : Ordrni di 





ITALIE. 



1S7 



giuochi degli scacchi di Giulio, etc. (Une copie se trouve 
à la Bibliothèque impériale, manuscrits n” 8109!^), et 
de Modo di giocare a scacchi... (Un exemplaire manus- 
crit, in-4, se trouve à la Bibliothèque impériale, 
n” 2669, supplément.) 

56 de ses débuts ont été conservés dans un manus- 
crit italien du xvi® siècle. 

Un manuscrit, intitulé : Giuochi piant di diversi 
valentissimi giuocatori, in-4, contenant des parties 
d’échecs de ce joueur, ainsi que de J. Léon et autres 
personnages du temps, est mentionné dans le Cata- 
logue des livres de M***. Paris, Silvestre, 1841, n® 756. 

PoNziANi (Dom. Canonico), auteur d’un bon traité 
intitulé : Il Giuoco incomparabile degli scacchi, impri- 
mé à Modène en 1769, in-4 de 383 pages; en 1782, 
2® édit, revue et corrigée, Modène, in-4 (Potier, dé- 
cembre 1861, 3 fr. 50 c.); en 1801, in-8, môme ville ; 
en 1812, in-8 de viu-380 pages. 

'Après a\o.'r traité des ouvertures, il expose les mats 
les plus usuels, les positions des pions seulement, et, 
cntin, il donne une série de 50 positions de gains ou 
nullités composées par Ercole del Rio et par lui-môme ; 
les 20 dernières n’ont pas de solution. Lewis les a 
insérées dans son volume de Problèmes d'échecs. 

M. Préti, dans son Traité complet..., p. 12-14, rectifie 
une erreur faite dans l’article de la tour contre le roi; 
jusqu’alors tous les auteurs qui avaient copié cette 
solution de Ponziani, ne s’étaient pas aperçus que cet 
auteur italien perdait un temps. 

Porto (Don Antonio). Une de ses parties d’échecs se 
trouve conservée dans un manuscrit de la fin du xf ® 
siècle. 



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198 



ITALIE. 



11 se fit désigner comme auteur du Libro da impa- 
rare. Bologna, Rossi, 1606, et Venise, Frari, 16t8, 
tandis qu’ii n’a fait que copier littéralement l’œuvre 
de Damiano. 

Saccbetti, dans la Novella XVIII de son recueil de 
Novelle, raconte ceci : « Un curé, jouant aux échecs, 
avait l’habitude de sonner la cloche d’alarme lorsqu’il fai- 
sait son adversaire échec et mat. Un jour, le feu prit à la 
maison, la cloche sonna en vain, et personne ne vint à son 
secours. 

Ce curé jouait ordinairement avec un de ses voi- 
sins, qu’il gagnait cinq fois sur six, ce dont ce der- 
nier ne voulait jamais convenir; un jour qu'il le fit 
échec et mat, au milieu de l’échiquier, la même 
contestation s’éleva; alors le curé, sonnant la cloche 
d’alarme, fit venir ses paroissiens pour les rendre 
juges du coup. 

Ce fait s’étant renouvelé plusieurs fois, les parois- 
siens s’en plaignirent et résolurent de ne plus se dé- 
ranger. 

Un jour, le feu prit à sa maison et personne ne ré- 
pondit au son de la cloche que le pauvre curé agitait 
en vain. Comme il s’en plaignait le lendemain : « Nous 
croyions que vous nous appeliez pour votre partie 
d’échecs, lui fut-il répondu. — Hélas! je jouais aux 
échecs avec le feu, dit-il; mais il m’a fait échec et 
mat. 

Les 3®, 18* et 68* Nouvelles font mention des échecs. 

Dans la 18*, on trouve le récit suivant : 

« Carmiano fut appelé à décider une dispute entre 
deux joueurs d’échecs. Comme il ne connaissait rien 
au jeu, il jugea en faveur du plus pauvre, sachant 



ITALIE. 



199 



bien que si le riche avait eu le plus petit droit, le 
pauvre lui eût donné raison de suite. » 

Le Passe-Temps agréable, publié à Paris, attribue 
cette histoire au cardinal Salviati. 

Sacchetti était contemporain de Boccace, il mourut 
en 1408; ses Nouvelles ont été publiées pour la pre- 
mière fois en 1724, à Florence. Elles ont été réimpri- 
mées en 1795, en 1804, en 1815. 

Sacchieri. Keysler, dans la Relation (en allemand) de 
ses voyages en Europe, publiée à Hanovre en 1751, 
dit que le P. Sacchieri, de Turin, était doué d’une 
mémoire si prodigieuse qu’il pouvait jouer aux échecs 
avec trois différentes personnes à la fois sans voir les 
échiquiers, tout en soutenant la conversation avec la 
galerie ; si quelque dispute s’élevait sur l’une, il di- 
sait la marche qui avait été suivie non-seulement par 
lui, mais par son adversaire depuis le commencement 
de la partie. (Twiss, Chess, p. 20.) Verdi ajoute que le 
P. Sacchieri jouait parfaitement quatre parties à la 
fois. 

Salvio (don Pietro Aless.), habile joueur d’échecs 
du XVI* siècle. Philippe II lui fit une pension de 200 
scudi. 

Auteur du Trattato delV invenzione delV arte liberale 
del Giuoco degli scacchi. Napoli, 1604, in-4 de 4 feuil- 
lets, 186 pages; 1618; 1634, in-8 de 8 feuillets, 64 pa- 
ges, et 1723. 

Dans cet ouvrage, l’auteur traite pour la première 
fois le Roque italien complet, tel qu’il est adopté actuel- 
lement à Hambourg. On y trouve aussi une bonne 
défense du gambit, réimprimée dans le Palaméde, 
1837, p. 47, plus 44 parties et 18 fins. 



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300 



ITALIE. 



Il Puttim, seu Discorso sopra il giuoco, etc. (Vie et 
Aventures de Léonardo de Cutri), publié à Naples, en 
1634, in-4 de 4 feuillets et 71 pages. Une traduction 
française a été imprimée dans le Palaméde, 1837. 

Severino (Marc-Aurelio), professeur à Naples, mort 
en 1656, est auteur de : 

1“ Modo facile per intendere il vago, etc. (Théorie des 
échecs.) Venetia, Val. Martali, 1674, in-8, et chez Dom. 
Lovisa, 1817, in-8. 

2* La Filosofia, ovet'o il Perche degli scacchi. Naples, 
1690, in4 de 120 pages. Cette édition a été publiée 
aux frais d’ Antonio Bulifon. 

3® Deir Giuoco degli scacchi, délV Antica pettia, overo 
cke Palamede non e stato Vinventor degli scacchi. Napoli, 
1690, in-4 de 82 pages et portrait de l’auteur. Ce der- 
nier ouvrage se trouve souvent relié à la suite de la 
Filosofia. 

Tasso (Il Torqdato), dans son Seconde Gonzaga, dil, 
en parlant des échecs, qu’il est bon parfois de se 
laisser battre à ce jeu, dans la vue d’un avantage plus 
grand. 

Tarsia (Giov. Dom.) di Arminio, de Rome. Habile 
joueur d’échecs, traducteur de l’ouvrage espagnol d ■ 
Ruy-Lopez : Il Giuoco degli scacchi di Ruy-Lopez, spa~ 
gnuolo, nuovamente tradotlo in lingm ital.; Venetia, 
Corn. Arrivabene, 1584, in-4 de 216 pages, fig. sur 
bois. 

Cet ouvrage n’a pas une grande valeur bibliogra- 
phique. Son prix varie beaucoup. (Grassot, en 1860, 
3 fr. — Perret , même année, 5 fr. 50 c. — Gancia, 
même année, 18 fr. — Potier, même année, 30 fr.) 
Les exemplaires sont lo ; d’être rares. 




ITALIE. 



201 



Jaucourt et le Palamède, 1836^ parlent d’un ouvrage 
du même auteur sur l’invention des échecs, imprimé 
à Venise, in-8 ; mais il y a probablement erreur. La 
Régence, 1849, cite une édition de Venise, iSo4; cela 
me semble aussi une erreur de typographie. 

Verci (Giambatista). Lettere (viii) sopra il giuoeo degli 
seacchi. Venetia, 1778, in-12 de H 6 pages. Curieux re- 
cueil d’anecdotes relatives aux échecs. (Potier, en dé- 
cembre 1861, n® 561, 2 fr.) 

Vebdoni ou Vehdini. Philidor le regardait comme le 
meilleur joueur d’échecs de son temps ; il est un des 
auteurs du Traité des amateurs. Paris, 1775. 



9 . 



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RUSSIE ET POLOGNE 



Cercles et Réunions. 

( 'lub des échecs de Saint-Pétersbourg, fermé par or- 
donnance du gouverneur général, le 15 juin 1862, 
pour cause politique. 

Herbestein {Muscovit Comment.), nous dit que dans 
la Moscovie l’on joue beaucoup aux échecs durant les 
grands froids qui régnent dans les contrées septen- 
trionales. 

L’Anglais Coxe, qui était en Russie en 1772, remar- 
qua durant son séjour à Moscou que les échecs étaient 
beaucoup joués dans cette ville, môme par les gens du 
peuple, qui s’y amusaient dans les rues. 

Poésies. 

Rocbanowsei (Jean), mort en 1584, auteur d’on 
poème polonais sur les échecs, imprimé dans Car- 



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RUSSIE ET POLOGNE. 303 

mina... Krakau, 1639, in-4, et dans Dziela Polskie, 
en 1803, 1. 1. Une traduction française, par Alliey, pa- 
rut dans la Régence, 1851, p. 165-178, et à. Paris, avec 
trois autres poèmes, la même année, in-8. 

Célébrités de l’Echiquier. 

Jaenisch (J. F. de), major russe, auteur de l’Analyse 
nouvelle des ouvertures, etc., 1842, des Béeouvertes sur 
le cavalier aux échecs, 1851, et du Traité des applica- 
tions de l’analyse mathématique au jeu des échecs, Saint- 
Pétersbourg, 1864, 3 vol. in-8; collaborateur du Pala- 
mède, 2* série, et de la Régence, série. 

Ses principaux articles sont : 

1® Mémoire sur les lois du jeu des échecs, imprimé 
dans le Palaméde. Dans le même journal, même an- 
née : Linguisttgue de l’échiquier- russe; Début de deux, 
cavaliers du roi. 

2® La Partie a quatre avec forteresse, de M. Pétrow, 
traduite en français, publiée dans la Schachzeitung der 
Rerliner, février 1851; et dans la Régence, même année. 
C’est l’art de jouer à quatre aux échecs. 

Le czar Jean le Terrible, mort en 1584, d’une atta- 
que d’apoplexie, comme il faisait une partie d’échecs 
avec un de ses courtisans. {Histoire des Rassies, de 
Michel Karazène.) 

Michaïloff (Victor), était rédacteur de la colonne 
d’échecs du journal le Verbe russe, appartenant à M. le 
comte Kousselief, un des bons joueurs de la Russie. 

PÉTROFF, de Varsovie, bon joueur d’échecs contem- 
porain. On a de lui une défense estimée, reproduite 
dans le Choix des parties de Paul Morphy. Paris, 1859.^ 



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204 RUSSIE ET POLOGNE, 

En 1834, il publia à Saint-Pétersbourg un traité fort 
estimé, écrit en langue russe, sur les échecs : Theui ie 
und Praktik des Schachspiels. 2 vol. 

L’auteur professe une admiration sans bornes pour 
Philidor, qu’il place au-dessus de tous les joueurs ai 
ciens et modernes. Dans son traité, il ne donne qu’un 
exposé théorique complet du principe des pions, et 
l’élucide ensuite par des commentaires détaillés sur 
les parties classiques et les fins de parties contenue-^ 
dans Philidor. 

Zytogorskt, Polonais, fort joueur d’échecs et auteur 
d’ouvrages sur ce jeu. 

Le Cbess playefs Chronicle, 1843, a publié plusieurs 
de ses belles analyses d’échecs ; mais il n’a pas traité 
complètement le spjet ; tous les coups de la défense 
n’ont pas été produits; il a cru donner les meilleurs ; 
mais MM. Kling et Kdipeb ont démontré, dans le Pa~ 
laméde, 1846, qu’il s’était trompé dans un de ses ar- 
ticles sur une position de Loixi. 



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SCANDINAVES 



DANEMARK. 

Dans le Nordymra, fragment de manuscrit islandais, 
contenant un récit de l’invasion des Danois dans le 
Northumberland, dans le cours du ix* siècle, il est fait 
mention d’un guerrier nommé Sigurd Smk^s-eye, qui 
jouait aux échecs avec Huitserk the Bold, lorsque des 
messagers anglais arrivèrent; ils étaient envoyés à Ivar 
par le roi Ella, pour lui annoncer la mort de son 
père. Au moment où le message fut ouvert, Huitserk 
et Sigurd cessèrent leur jeu, écoutant attentivement 
ce qui était dit. Huitserk, dans son émotion, pressa 
tant l’échiquier avec ses mains qu’elles en saignèrent. 

Célébrités. 

Brede (von L.), fort joueur d’échecs et auteur d’un 
Almanach für Freunde xxm Schachspid, AUona, s. d. 



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S06 



SCANDINAVES, 



(1844-45), in-12 carré, 176 pages et 112 tableaux litho- 
graphiés. Petit ouvrage comprenant de nombreux dia- 
grammes, des situations critiques, problèmes, etc,, des 
poésies sur les échecs, etc., etc. Tomlinson, dans ses 
Amusemevis of chess, Londres, 1845, in-8, a reproduit 
plusieurs 6ns de parties de Brede. 

Ogier de Danemark, dans sa prison, jouait aux 
échecs avec l’archevêque Turpin. 

SUÈDE ET NORWÉGE. 

Cercles et Réunions. 

Stockholm. (Cercle des échecs.) 

Célébrités. 

Charles XII, roi de Suède, mort en 1718, aimait 
beaucoup les échecs ; il y perdait presque toujours 
pour trop exposer le roi. Etant prisonnier à Bender, 
il charmait les ennuis de sa captivité en jouant tous 
les jours à ce jeu avec le général Poniatowski, ou avec 
son trésorier Grothausen. (Voltaire, Vie de Charles XII.) 

Lorsqu’il était assiégé par les Turcs, et que la mai- 
son qu’il habitait fut bien barricadée, il se mit à jouer 
aux échecs, tranquillement, avec son favori, Grothau- 
sen, comme si tout eût été dans une sécurité pro- 
fonde. 

Olaüs Magnds, archevêque d’Upsala (Suède), mort en 
1560, avance dans son Hist. Gentibus sept., etc., Rome, 
1555, que les passions de l’esprit, le courroux, l’ennui, 
l’amour-propre, l’avarice, la folie, etc., se découvrent 



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SCANDINAVES. 



207 



au jeu des échecs, et que, pour cette raison, les sei- 
gneurs de Gothie et de Suède, avant de marier leurs 
filles, ont coutume d’éprouver principalement aux 
échecs le mérite de ceux qui les demandent en ma- 
riage. 

ISLANDE. 

Pendant les longues nuits qui durent trois mois, les 
habitants de ce pays gardent le lit souvent pendant 
plusieurs jours de suite et passent ce temps à jouer 
aux échecs. (Purchas Pilgrims, en 1563.) Ce fait est rap- 
porté dans le Recueil de voyages publié par Parchas, 
Londres, 1625, in-fol. 

Eggert Olasson a voyagé en Islande, en 1756, et 
a publié, en 1772, ses Voyages en langue danoise, en 
2 vol. Deux ou trois pages de ce livre contiennent des 
détails sur le jeu et les joueurs d’échecs de l’Islande. 

« Les échecs ont été depuis longtemps le jeu favori 
des habitants de l’Islande; beaucoup d’entre eux, pay- 
sans aussi bien que gentlemen, sont de très-habiles 
joueurs. Les règles sont les mêmes que dans les autres 
pays, à quelques exceptions près. Les mots et les 
phrases, dans le jeu, sont ceux qui étaient adoptés par 
les anciens Norwégiens. 

« Les joueurs prennent souvent des seconds. » 

Dans les Commentaires écrits par Paul Widalin, chef 
de justice de l’Islande, il est fait mention d’un écrit 
intitulé ütskiring Tafl-listarennar, ou Explication des 
échecs, ouvrage qu’il suppose avoir été écrit avant la 
XIII* siècle, car il est noté dans Sturlunga, c’est-à-dire 
dans l’histoire de la République d’Islande, laquelle a 
été écrite avant 1300. 



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SOS SCANDINAVES. 

Camot. Dans Snorra Stwrlxtsonar's Heim KriTigla, ou- 
vrage écrit en islandais et publié à Stockholm, 1697, 
in-fol., se trouve le récit suivant : 

« Le roi Canut et le comte Ulf étant à Jouer aux 
échecs, le roi fit une grande erreur, en conséquence de 
laquelle le comte lui prit un de ses cavaliers, ce que 
le roi ne voulut permettre ; il replaça la pièce et in- 
sista pour que le comte jouât différemment. Ce dernier 
s’emporta, renversa l’échiquier et partit; lors le roi 
l’appela en lui disant : « Ulf, tu es un poltron, car tu 
fuis, n Le comte se retourna à la porte et lui répon- 
dit : « Vous auriez bien autrement fui, dans la rivière 
Helga, si je n’étais point accouru à votre secours lors- 
que les Suédois vous battaient comme un chien; vous 
ne m’avez point appelé alors Ulf le poltron. » Sur ces 
mots, il se retira, et le lendemain le roi le fit tuer. 



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VARIÉTÉS 



Automate joueur d’échecs. 

Cet automate, dû au fameux mécanicien le baron 
de Kempelen, parut à Presbourg, en 1770, pour la 
première fois. Il défiait les plus forts amateurs à un 
combat dont il était sûr d’avance de sortir victorieux. 
Presque tous les recueils ptriodiques de l’époque en 
ont parlé ; ils regardaient l’inventeur de cette ma- 
chine comme un nouveau Prométhée, toutes les com- 
binaisons du jeu d’échecs leur semblaient avoir été 
prévues par son génie, tant était admirable la'préci- 
sion des mouvements de l’automate en réponse aux 
coups de son adversaire 

L’automate parcourut l’Allemagne, l’Angleterre et 
la France. Accueilli partout avec une grande curio- 
sité, il arriva à Paris en ,773, et fut, pour la première 
fois, vaincu au café de la P igence. A Berlm, l’aùto 



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ïio 



VARIETES. 



mate défia tous les seigneurs de la cour du grand Fré- 
déric, et fut môme admis à l’honneur de se mesurer 
avec ce prince, grand amateur d’échecs. 

Frédéric l’acheta, et connaissant le secret de cette 
machine, il la relégua dans un des garde-meubles de 
son palais, où elle demeura, près de trente ans, enfouie 
et oubliée. Ce ne fut qu’à la présence de Napoléon I®' 
à Berlin que l’automate dut sa résurrection. Le prince 
Eugène l’acheta 30,000 fr. et le laissa continuer ses 
exploits en Europe et en Amérique sous la direction 
de Maclzel. On sait qu’un homme de petite taille, bon 
joueur d’échecs, était caché dans cette mécanique. 
Mouret, que nous avons cité dans les célébrités aux 
échecs, était le joueur qui accompagnait Maelzel. 

En 18S5, l’automate devint la propriété deM. Mit- 
chell, professeur de Philadelphie. 

Les ouvrages français et étrangers' publiés sur ce 
sujet, sont : 

Lettre sur un automate qui joue aux échecs; par L. Du- 
tens. Presbourg et Vienne, 1770 (et non 1694), in-8. 

Lettres de Ch. Gottlieb de Windisch sur le joueur d’é- 
checs, etc,, trad. de l’allemand, par Chrétien de Méchel. 
Basle (1783), in-8 de 58 pages, 3 grav. en taille-douce 
représentant Vautomate. 

Môme ouvrage. Paris, Jombert, s. d., in-8 de 36 p., 
figures. 

Chess player, the automaton, exposed and detected. Lon- 
don, 1784, in-8. 

Nachrichten von d. berîthnten Schachspiel; von J. K. 
Ebert. Leipsig, 1785, in-8. 

Observations sur Vautomate joueur d’échecs qu’on 
montre actuellement à Londres. Une édition a été pu- 




211 



’ VARIETES. 

bliée en anglais, à Londres, en 1819, in-8 de 32 pages. 

Attempt to analyse the automaton Chess, etc. London, 
1821, in-8. 

La Vie et les Aventures de l’automate joueur d’échecs, 
par M. de Tournay, imprimé dans le Palaméde, 1836, 
p. 81 à 87. 

Georges Walker, l’auleur de Chess and chess-players 
(Londres, 1830, in-8), donne (p. 1 à 37 de cet ouvrage), 
sous le titre : The Chess automaton, une notice intéres- 
sante. 

Edgar Poé est auteur d’une étude sur plusieurs 
automates, entre autres sur celui des échecs du baron 
de Kempelen. LeMonde illustré, 1862, n'274, 12 juillet, 
en donne une traduction faite par M. Ch. Baudelaire, 
sous le titre : Le Joueur d’échecs de Maehel. 

L’auteur nous apprend qu’après avoir visité l’Eu- 
rope, dans ses dernières années, l’automate visita les 
principales villes d’Amérique, sous la conduite de 
Maelzel, et qu’à la mort de celui-ci, en 1835, M. Mit- 
chell en était devenu propriétaire. 



Blason. 

L’échiquier est l’hiéroglyphe de la guerre ; il répré- 
sente un champ de bataille, et les échecs des deux cou- 
leurs, rangés vis-à-vis les uns les autres, sont comme 
les soldats des deux armées. 

Les échecs furent autrefois en si haute estime, que 
nous en trouvons des traces dans les armoiries d’une 
foule de familles nobles ; il y en aurait vingt-trois en 
France, et selon l’Eeraldry d’Edmonson, trenle-six 



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S12 



VARIÉTÉS. 



familles ea Angleterre portent des rocs et des échi- 
quiers dans leurs armoiries. 

La reine Elisabeth envoya à sir Charles Blount, très- 
galant jeune homme, depuis duc de Devonshire, une 
retTje d'échecs en or qu’il mit dans ses armes avec une 
faveur rouge. Le comte d’Essex voyant cela, dit avec 
un mépris affecté : « Maintenant je m’aperçois que 
chaque fou aura une faveur. » Sur ce mot, sir Charles 
le provoqua; ils se battirent dans Marybone-Pœrk. Essez 
fut désarmé et blessé à la cuisse. ('Twiss. Chess, part. I, 
p. 25.) 



Danse. 



Colonne (Fr.), mort en 1520, dans son Hypneroto- 
machia, ou Songe de Poliphile, écrit en 1467 et publié 
en 1499, donne une partie d’échecs par personnages. 

Rabelais, mort en 1553, parle des échecs dans son 
Pantagruel, et dans le livre V, chap. 24 et 25, Comment 
fut faict ung bal ioyeulx en forme de Toumay. Comment 
les trente-deux personnages du bal combattent, il donne 
une description curieuse d’un bal d’échecs où les dan- 
seurs avaient le costume des pièces du jeu des échecs, 
et où l’on avait cherché à imiter les attaques et les dé- 
fenses de ce jeu comme on le jouait alors. 

Don Juan d’Autriche, fils naturel de Charles-Quint, 
avait pour échiquier une des salles de son palais; les 
différentes cases étaient représentées par un pavé de 
marbre noir et de marbre blanc, et les pièces de son 
jeu étaient des soldats déguisés. 

Innnocent Rhinoiebi, dans ses Cinquante jeux cfA«n- 




VARIÉTÉS. 



218 



nesies entretiens, eic, Lyon, 1554 et 1555, in-4, raconte 
une partie d’échecs par personnages. 

Béroalde de Ver ville décrit, dans son Tableau des 
riches inventions, ou Songe de Poliphile, trad. de l’ita- 
lien de Colonne, Paris, 1600, in-fol., une partie d’é- 
checs par personnages. Cette partie est jouée par des 
nymphes devant leur reine, vêtues de livrées diffé- 
rentes. 

La Masquarade des eschets. Cette masquaradc fut dan. 
sée devant Henri IV en 1607, et imprimée dans le He- 
cueil de Masquarades et jeu de prix d la course du Sara- 
zin, faits ce caresme-prenant en la présence de Sa Ma- 
jesté à Paris. Paris, 1607, in-8 de 55 pages. 

« L’ordre estoit tel, que deux hommes masquez 
estcndoient un grand cschiquier de toile sur la place 
dont les quarrez ou casiez estoient blancs et rouges 
environ d’uu pied et demi !n granvleur. 

« Apres cela les violons commençoient à sonner : 
Et deux habillez à l’espagnole, avec chacun une longue 
baguette à la main, entroient dançants un balet d’une 
mesure grave : Et se plaçoient chacun sur une esca- 
belle des deux costez de la sale, uis-à-vis l’un de l’au- 
tre. Dès qu’ils estoient assis, sur un autre air de balet 
entroient les huict pions incarnats; c’estoient petis en- 
fans qui dançoient fort ioUment, et qui flrent entr’eux 
un balet de plusieurs et différentes figures : Et à la 
dernière chacun se trouua de rang sur sa case. Les 
autres huict pions blancs eurent aussi leur balet par- 
ticulier bien différent en airs, pas et figures ; puis se 
rendirent en leur place, droit à droit des autres. Les 
quatre rocs firent leur entrée, et après plusieurs 
figures se placèrent derrière les pions, chacun en sa 




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VARIÉTÉS. 



914 

case. Pareillement les cheualiers dancerent leur en- 
trée, et se rangèrent en leurs places. Aussi les fols, ar- 
mez de marottes et boucliers en la main, avec cer- 
taine forme de combats et différentes figurés se 
trouuoient à leur case. Les entrées finies, le Roi et la 

Reine chacun de son cosfé se rangea à son quarré, 

les rouges avec les rouges, et les blancs avec les 
blancs. Après que toutes les pièces furent ainsi ran- 
gées de quatre à quatre au son de leurs différents ba- 
lets, les deux Espagnols montèrent chacun sur son es- 
cabelle : lors commença le grand balet à l’air duquel 
toutes les pièces de part et d’autre dançoient, comme 
s’ils eussent ioué : et iustement à. la cadance des deux 
Espagnols les frappoient, suiuant l’ordre qu’il faloit 
pour les faire desmarer ; et chacun en sa desmarche 
d’eschec se trouvoit en prise, et se chassoient hors de 
l’eschiquier l’un l’autre, iusqu’à ce que les quatre 
pièces principales demeuroient seules, et la partie but 
à but. Les Espagnols descendoient, et cela chacun à la 
teste de ses pièces faisoit un tour par la salle : et pas- 
sans tous par deuant la compagnie tinissoient. » 

On trouve dans la Maison des jeux académiques, Paris, 
1654, 1665 et 1668, Lyon, 1674, in-8, le moyen d’exé- 
cuter une partie d’échecs par personnages. 

La Gazette de Bavière, 1843, parle d’un bal masqué, 
donné par le roi,.où il fut exécuté une partie d’échecs, 
dirigée par deux sorciers. De jeunes ofdciers sous de 
riches costumes figuraient les pièces de ce jeu. 

M. Paul d’Ivoy cite, dans le feuilleton de l’Indépen- 
dance belge, octobre 1860, une danse alors en vogue à 
Paris, connue sous le nom de Danse des échecs, mais 
n’ayant aucun rapport à ce jeu. 




Variétés. 



215 



Echecophobes. 

PÉTRARQUE, dans ses Entretiens, désaprouve le jeu et 
les joueurs d’échecs. 

Nous citerons, parmi les personnages qui défen- 
dirent de jouer aux échecs, le cardinal Thomas de Vio 
Cajetan, et Casimir II, roi de Pologne, mort en 1 1 94. 

Le cardinal Pierre Damien, évêque d’Ostie, mort en 
1072, condamna un évêque de Florence pour avoir 
joué aux échecs toute la nuit, dans une auberge, à ré- 
citer trois fois de suite le psautier, à laver les pieds de 
douze pauvres, et à leur compter un écu par tête. 
(B. P. Damian, Opusc. XX, cap. vu.) 

Ce cardinal comptait, du reste, le jeu des échecs 
parini ceux de hasard, dans son Epüre au pape Alexan- 
dre IL 

Frain dü Tremblay, dans ses Conversations morales, y 
condamne tous les jeux et y blême jusqu’à celui des 
échecs; l’abbé Fleury blâme le temps qu’on passe pour 
bien conduire une partie d’échecs. (Du choix et de la 
conduite des études.) 

Makrisi, dems sa Description historique et topographi- 
que de l’Egypte et du Caire, nous apprend que dans 
cette ville plusieurs personnes furent battues par or- 
dre du kalife Hakem, dans le mois de rébi, an 403 de 
l’hégire, pour avoir joué aux échecs. 

Jean Hoss, mort en 1415, dans ses Traités dogmatiques 
et moraux, Nuremberg, 1713, 2 volumes in-foL, t. I, 
épist. 1, se plaint du temps que l’on perd aux jeux, 
même à celui des échecs, et des passions fâcheuses 
que l’on y ressent. 




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816 VARIÉTÉS. 

Jacques VI, roi d’Ecosse (Jacques I", roi d’Angle- 
terre en 1603), dans son Présent royal, ouvrage fait par 
ce monarque pour l’instruction de son fils Henri, lui 
défend de jouer aux échecs. 

Ingold (Maître), dominicain du xiv* siècle, est auteur 
d’un traité de morale écrit en allemand et intitulé : Le 
Jeu (ïor, comprenant sept autres jeux comparés aux sept 
péchés mortels. Le premier de ces jeux est celui des 
échecs, comparé à l’orgueil. « Témoin un certain ec- 
clésiastique que sa grande connaissance au jeu d’échecs 
avait rendu d’un orgueil insupportable et d’un empor- 
tement qui allait jusqu’à la fureur... » 

Un exemplaire de cet ouvrage se trouve à la Biblio- 
thèque impériale, relié à la fin du Liber de Processu 
Satanæ tenebrarum principis, etc., 1472, in-fol. 

Louis IX, dit saint Louis. Dans le Traité de la police 
ancienne, Lyon, 1740, l'auteur remarque qu’en 1234, 
ce monarque défendit, sous eine d’amende le jeu des 
échecs, parce que ce jeu est trop sérieux et qu’il jette 
le corps en langueur par une trop grande application 
de l’esprit. 

Cette défense fut confirmée en 1233 par le concile 
de Béziers. 

Michel Montaigne, mort en 1392, dans ses Essais, 
livre 1, chap. l, dit des échecs : « Je Thaï et fui de ce 
qu’il n’hest pas assez jeu, et qu’il nous esbat trop sé- 
rieusement, ayant honte d’y lournir l’attention qui 
suffirait à quelque bone chose. » L’auteur y blâme 
aussi Alexandre le Grand, de Macédoine, de s’y être 
adonné. 

Navarre. Ce docteur, jadis célèbre, regardait, à ce 
que nous dit Thiers, dans son Traité des jeux, les échecs 





variétés. 



2)7 



comme le plus impertinent de tous les jeux, parce 
qu’il était celui de tous qui le divertissait le moins. 

On trouve dans le Recueil des lois anglaises une loi, 
rendue en 1464, sous le règne d’Edouard IV, qui 
prohibe l’introduction du jeu d’échecs en Angleterre. 

Sai.nt BEBiNAnD, parmi les louanges qu’il donne aux 
Templiers, dans son Tract, de nom milit. seu Exhort. ad 
Milit. Templi, Ep. 74, ad archidiac., remarque avec 
satisfaction qu’ils ont en horreur le jeu des échecs. 

Jean Petit de Sarisbéry, évêque de Chartres, mort en 
HS2, dans son Polycratius, lib. I, cap. 5, regarde les 
échecs comme un jeu pernicieux ; il n’y a rien de plus 
misérable que de se peiner beaucoup pour une chose 
qui ne rapporte guère de profit, et on pourrait beau- 
coup mieux employer le temps qu’on y donne. 

J. B. Thiers, dans son Traité des jewx (Paris, 1686, 
in- 12), chap. xxvi, conseille aux chrétiens d’éviter tous 
■les jeux et divertissements qui fatiguent autant l’esprit 
que le jeu des échecs. 

Eu 1126, l’évûque Guy menace d’excommunication 
les prêtres qui joueraient sur les lombes dans les ci- 
metières. 

Le synode de Langres défend ce jeu aux ecclésiasti- 
ques, ne leur permettant que d’y jouer rarement... Le 
concile provincial du Mexique, en 1585, le permet aux 
ecclésiastiques, pourvu que ce ne soit pas en public, ni 
dans les académies, et qu'ils n’y jouent pas beaucoup 
d’argent. 

Eudes de Siti.uy, évêque de Paris, mort en 1208, dé- 
fendait à ses clercs d’avoir chez eux un échiquier. 

Le Journal du règne de Charles Vil rapporte qu’en 
1420, le frère Richard, cordelicr, attirait cl Boulogne 

10 



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218 



VARIETES. 



tout Paris par ses sermons. 11 prêcha un jour avec tant 
d’éloquence et de succès contre le luxe et le jeu, que 
les Parisiens qui l’avaient entendu, à peine de retour 
chez eux, se hâtèrent de brûler dans les rues leurs 
jeux de tables, etc. — Ed. Gourdon, Bois de Boulogne, 
t8o4, p. 73. 

Dans un écrit publié à la fin du xviii® siècle, en Angle- 
terre, intitulé : Mammoth; or Iluman natur displayed, 
l’auteur dit qu’il est singulier que ce soient des gens d’in- 
telligence qui, au lieu de reposer leur esprit par des 
exercices corporels, s’absorbent dans les combinaisons 
du jeu des échecs, tandis que le vulgaire, fatigué par 
les travaux physiques, prend ses récréations à des jeux 
tels que celui du cricket, etc. 



Échiquiers. 

L'Échiquier était un tribunal supérieur en Norman- 
die, composé de juges ecclésiastiques et de juges laïcs 
pour juger sur les appellations des inférieurs. Cette 
compagnie s’assemblait deux fois l'année, vers la fête 
de Pâques et vers celle de Saint-rdicliel. Elle se réunis- 
sait en différents lieux ; c’était tantôt à Rouen, tantôt 
A Caen, et quelquefois à Falaise. Louis Xll rendit ce 
tribûnal perpétuel et sédentaire dans la ville de 
Rouen, l’an 1499, et le composa de quatre présidens 
et de vingt-huit conseillers. François 1“^ lui donna le 
nom de Parlement, l’an lois. (Dict. de Moreri.) 

Le nom de l’Échiquier, s’il faut en croire YEncÿclo- 
pédie, viendrait de ce que le piemier échiquier, qui 
fut celui de Normandie, se tenait dans une salle dont 



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VARIÉTÉS. 



il9 

le pave était de pierres carrées, noires et blanches al- 
ternativement, comme celles de l’échiquier qui sert à 
jouer aux échecs. D’autres auteurs pensent que ce 
nom aurait été donné à ce tribunal, parce qu’il y avait 
sur le bureau un tapis échiqueté de noir et de blanc. 

En 1189, au couronnement de Richard D', six' comtes 
et barons portaient des échiquiers avec les insignes 
royaux pour représenter la Cour de l'Échiquier, insti- 
tuéeà Londres par Guillaume le Conquérant, en 1079. 
(Twiss, 2' partie, p. 3i5.) 

L’échiquier se compose de soixante-quatre cases, 
huit en largeur, huit en hauteur, alternativement 
blanches et de couleur généralement noire. 

Les Russes ont un échiquier pour quatre joueurs 
il la fois. Twiss, dans ses Anecdotes, ajoute que les 
joueurs se mettent deux contre deux. Les pièces de cet 
échiquier sont également plus nombreuses que dans 
le nôtre. M. Jaenisch, major russe, a donné un travail 
spécial sur cette manière de jouer. 

Vers l’an 870, Drofen le Géant, père nourricier de 
Harold-Rarfagra, envoya il son élève, alors roi de Nor- 
wége, un magnifique échiquier. 

l'n historien arabe, en parlant des magnificences de 
Cosroës (022-28), rapporte qu’il avait un jeu d’échecs 
dont la moitié des pièces était éli rubis et l’autre moi- 
tié en émeraudes. Un autre historien dit que la moin- 
dre de ces pièces valait trois mille dinars d’or (envi- 
ron 30,000 fr.). 

Dans Kroka Refs saga (Vio de Ref le Rusé), Islandais 
du x® siècle, il est fait mention d’un jeu d’échecs cu- 
rieusement sculpté, fait de dents de morse, lequel fut 
envoyé d’Islande à Harold le Juste, roi de Norwége. 



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220 



VARIÉTÉS. 



Th. Hyde, p. 60, donne le dessin du magnifique 
échiquier en ivoire que lui avait vendu Daniel Shel- 
don, marchand des Indes orientales. 11 datait de prés 
de deux siècles ; ses cases étaient historiées. 

Un magnifique jeu d’échecs et son échiquier, venant 
du Zollverein, a été exposé à Londres en 1831 . Le 
Roi représente Charles-Quint. l.es cases de cet échi- 
quier sont de nacre, de perles et d’écaille ; les pièces 
d’or et d’argent. La valeur est d’environ 1,200 liv. st. 
(30,000 fr.) 

Dans VOratoriæ Artis Epitoma... Venetiis, 1483, pet. 
in-4, fig., volume fort rare, dont la dernière partie est 
ornée de curieuses figures mnémoniques gravées sur 
bois, on remarque un tableau de l’ancien échiquier, 
garni de ses pièces, qui fournit matière à quelques 
observations sur les variations de ce jeu. C’est d’après 
celte édition qu’a été exécuté le fac-similé donné dans 
le t. 111 de la Bibliotheca Spenceriana (Leber, Catalogue, 
t. I, n» 1238.) 

Chrestien do Troyes, dans son Roman du San-Graal, 
écrit en 1188, raconte que messire Gauvain, chevalier 
de la Table-Ronde, voyant un magnifique échiquier 
garni d’échecs d’or et d’ivoire, porta la main à une de 
ses dernières pièces, voilà que les échecs d’or saillent 
à leur tour contre lui, sans que nul n’y touche et le 
matent par deux fois; il essaie une troisième partie 
pour prendre sa revanche, mais voyant la chance 
tourner encore contre lui, il se lève tout stupéfait 
d’un semblable enchantement et dépèçe le jeu. 

Extrait de l’ouvrage de M. le marquis de Villemar- 
qué. Romans de la Table-Ronde. Paris, Didier, 1860, 
p. 422, Rérédur, ou le Bassin magique. Le Jeu des 



[ 



G 



VARIÉTÉS 



221 



échecs : « Cet échiquier est, à n’en pas douter, celui 
que le barde Merdhyn offrit à son patron, le roi Gwen- 
doleu, fils de Keidio, et qu’il emporta dans sa tombe 
avec douze autres merveilles de l’ile de Bretagne. Se- 
lon la tradition, l’échiquier était d’or et les échecs 
d’argent; ils jouaient d’eux-mémes. Selon le roman- 
cier, toujours porté à exagérer, il était d’or fin, peint 
de riches couleurs ; les pions, d’or poli, d’émeraudes 
et de rubis; ils jetaient une grande lumière et attes- 
taient l’habileté d’un artiste maure qui en avait fait 
présent à la fée Morgane, de laquelle le tenait le pro- 
priétaire actuel. Suit une longue description de la par- 
tie d’échecs : Perceval est battu, il prend sa revan- 
che, il l’est encore; il revient à la charge, mais saps 
plus de succès; alors il entre en fureur, saisit les 
échecs, les met dans un pan de son haubert pour les 
jeter dans le lac, et dit : 

Jamais ne materez 

Nul chevalier; n’est mie droit! » 

Van der Werfk s’occupa, dit-on, pendant dix-huit ans, 
à sculpter un échiquier en buis et en ébène. Le fini 
précieux des tableaux de ce célèbre peintre se retrouve 
dans ce petit chef-d’œuvre, conservé à Rotterdam, 
dans sa famille. 

Les pièces sont montées sur piédestaux, excepté les 
Tours. Les Rois sont vêtus d’une peau de lion ainsi 
que les pions. Les Fous ont une posture grotesque. 
Les Pions représentent huit nègres et huit blancs, 
et sont d’aspect et d’dge dilT’érent. 

Philidor a vu, en 1747, à Rotterdam, dans un café, 
un échiquier avec ses pièces, lesquelles avaient trois 



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2S2 



VARIÉTÉS. 



puucos de bailleur, et étaient en argent. Ces pièces 
n’étaient point de couleurs différentes; mais elles re- 
présentaient une armée européenne et les autres une 
armée asiatique. Cet échiquier avait été fait pour le 
prince Eugène. (Twiss, Chess, 1787, part, i, p. 3.) 

Jacob Mennel, dans son ouvrage De htdo laimnculo- 
rim, fait mention d’un échiquier remarquable décrit 
par Alliey, dans son Musée de l'échiquier. 

Jean, sire de Joinville, dans sa Vie de Luiiis IX, dit 
saint Louis, chap.rvi, en rendant compte de l’ambas- 
sade du prince des Bédouens, connu sous le nom du 
Vieux do la montagne, nous apprend que, parmi les 
présiyits que fit cet ambassadeur, il se trouvait un 
échiquier avec ses pièces en cristal, montées en or. On 
le voit aujourd’hui au Musée de Cluny. 

Cet échiquier est un ouvrage du xiii® siècle, dont les 
pièces à division, dites gothiques, paraissent avoir été 
travaillées en Syrie. M. Du Sommerard en fait mention 
dans son Histoiredes arts au moyen âge, Paris, 1841, in-8. 

Louis XIII, ennemi des jeux de hasard, qu’il ne souf- 
frit point à la cour, avait pour les échecs un. goût tel- 
lement prononcé qu’il y jouait mémo en carosse. Les 
pièces étaient garnies, à leur pied, d’aiguilles; elles 
sclichaieut dans un échiquier rembourré, de manière 
que le mouvement ne pouvait les faire tomber. 

Cela avait déjà été pratiqué à Rome pour l’empe- 
reur Claude, d’après le rapport de Suétone. 

Pierre Mallet, dans son Traité du jeu de dames, Pa- 
ris, 1 CC8, mentionne un échiquier remarquable, d’am- 
bre blanc et jaune. 

On voit aujourd’hui, au Mtisée des Souverains, au 
Louvre, un riche échiquier avec ses pièces, donné à 



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VAHIETES. 



Napoléon I" par sa sœur la reine de Naples, Caroline 
Murat. 

M. Léon Hollœnderski, dans sa traduction des Délices 
des rois, Paris, 1864, p. bl, note 2, dit que, dans le Mu- 
sée de Paris, il existe un échiquier dont toutes les 
pièces et la table sont en cristal de roche, et que cet 
échiquier avait appartenu à Louis XVllL 

Estampes, Gravures, Lithographies. 

The approaching ckeck mate. L’Echec et mat inévitable. 
20 centimètres environ sur 2b. 

Jeune femme jouant aux échecs avec un jeune 
homme, et une autre personne dans le fond les regar- 
dant jouer. 

Gravé par Henry Meyer, d’après Chalon. 

Retallation. La Revanche. 

Le jeune homme embrasse la jeune femme, sans 
doute comme prix de la revanche qu’il a gagnée. 

Gravé par Henry Meyer, d’après Chalon. 

Collection de problèmes tant pour les échecs que pour 
les dames. 

Chacun de ces problèmes forme un petit carton dont 
le dos contient la solution. Le prix était, en 1849, de 
2 fr. bO c. Ils se vendaient au bureau du journal la 
Régence. 

Diagrammes imprimés en blanc, avec les pièces im- 
primées séparément et gommées pour former les po- 
sitions. A Paris, chez Préti; 60 c. 

Echiquiers imprimés en rouge et annotés en noir. 
Lille et Paris, vers 1848. Prix des 100 ex. doubles ou 
200 planches. 1 fr. 80 c. 



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«4 VAKIÉTÉS. 

Echec au Czar, litho^jr. de C. Deshayes. Paris, 1854, 
H. Gâche. 

^lat! lithogr. par C. Deshayes. Paris, Gâche, 1854. 

Echec et Mat ! gravé par Henriquez, d’après Vanloo. 

Echec et Mat (en anglais). Caricature faite à New- 
York, représentant Napoléon, alors premier consul, 
jouant aux échecs avec l’empereur d’Allemagne, con- 
seillé par l’empereur de Russie, et donnant échec et 
mat à son adversaire. 

Cette pièce a été faite au sujet de la bataille de Ma- 
rengo. 

Grand tableau des joueurs d’échecs. Pendant la lutte au 
cercle des Echecs, entre MM. Staunton et Saint-Amant. 
Le sujet représente la 19* partie du match. Lithogr. 
de Marlef. Se vendait 25 francs. 

La même scène, texte anglais. 

Grande Bataille des échecs, livrée au calé de la Ré- 
gence. Lithogr. publiée par Aubert. Paris, 1844. 

The impending mate. 

Jeune seigneur du règne de Louis .XV, jouant aux 
échecs avec une jeune dame, sa maîtresse. 

Mated. 

I.a partie est perdue et le jeune seigneur déclare 
son amour à la dame. 2 planches.grav. d’après Franck, 
par W. H. Simmons; publiées à Londres, chez Gam- 
bart et C*. 

Le Jeu des échecs, par Nicolas Arnoult, dessinateur et 
grav. 1680-1700). H. 263 millim., larg. 185. 

Le Jeu des échecs, gravé par Lépicié, d’après Moor, 
en 1746. 

GescA/age» (échec, ma chère), gravure allemande, titre 



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VARIÉTÉS. 



22S 



\ 

allemand et anglais, publiée à Berlin, représentant un 
homme faisant échec à une femme. 

Le Jeu des échecs, par Retzsch ; avec un texte lithogr, 
de Chevalier. Paris, Dazario, impr. Lemercier. 

Allégorie figurant un songe, où Satan joue aux 
échecs avec un homme dont il a l’iime. Le lieu où se 
passe l’action est aussi diabolique que l’on peut se l’i- 
maginer, c’est une des salles de l’enfer. 

Un tombeau est tranformé en échiquier; d’un côté 
un jeune homme assis, la tôle appuyée dans sa main, 
suit d’un air inquiet la partie entamée. En face, à la 
droite du tombeau, son adversaire Satan, enveloppé 
dans les plis d’un long manteau ; les traits de ce der- 
nier sont nobles, mais ils laissent percer tous les vices 
qu’on peut donner à ce personnage. 

Plus loin, entre les deux joueurs, on aperçoit un 
ange, que le jeune homme, son protégé, ne voit pas, 
mais que Satan est obligé de tolérer, ne pouvant pas 
l’éloigner. 

Le jeu du diable représente : le Roi, Satan; laitetne, 
la volupté. Six autres pièces : la Paresse, à la tête de 
porc; la Colère, sous la forme d’un dindon; l’Orgueil, 
déployant sa queue de paon sans se soucier d’avoir 
mis par là à découvert sa nudité ; VAsttice a une tête 
de chat, une de ses mains repose sur son cœur, eu signe 
d’assentiment, et l’autre, cachée derrière son dos, tient 
un poignard ; l'Envie et l’Avarice sont confondues en une 
seule personne ; et l’Ina'édulité, ornée de cornes, les 
mains sur ses hanches ; d’un pied elle jette la croix 
de côté. Les pions figurent le Doute, ressemblant à des 
harpies aux dents aiguës et aux ailes de chauve-souris. 

Les échecs du jeune homme représentent : un Roi, 

10 . 



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S26 



VARIÉTÉS. 



qui est son âme, sous la forme d’un papillon; la Aetwe, 
r.’est la Foi; les autres pièces sont l’Espérance, la Vé- 
rité, la Faix, Vllumilité, l’Innocence et l’Amour, deux 
enfants entrelacés dans leurs bras, et le visage collé 
l’un contre l’autre. Les pions, des tètes figurant la 
prière. 

Ce jeu d’échecs représente le combat spirituel des 
l'fces contre les vertus chrétiennes. Le jeune homme, 
entraîné par ses passions, est bien près d’ètre maté, 
comme le fait observer l’artiste religieux. 

Maurice Retzsch donna un dessin sur les joueurs d’é- 
checs, édité en 1831, par Ern. Fleischer, de Leipzig. 
Alliey en fait une description intéressante dans son 
Musée de l’échiquier, imprimé dans le Palaméde de sep- 
tembre 1845. 

Les Joueurs d’échecs, caricature d’après Hasenclever. 
Titre en français, en anglais et en allemand, faisant 
partie du Musée des rieurs et du Musée omnibus, Paris, 
chez Goupil. A Londres, à Berlin et à New-York. 

Les Joueurs d’échecs, d’après Uroz. Paris, photogr. 
Richebourg, 1862. 

Portrait de Philidor, joueur d’échecs, né à Dreux. 
Porte, grav. par Aug. de Saint-Aubin. Rare. 

Alexander, joueur d’échecs, par son neveu, M. Alexan- 
dre Laemlein, placé en tète du Palatnéde, 1844. 

Un beau tableau sur bois, de 1362, représentant la 
famille de lord Windsor, le père et la mère jouant aux 
échecs, SC trouve aujourd’hui au château de Cardiff, 
comté de Glamorgan. (Alliey, Mr'sée de l’échiquier.) 

Illustration française, n® du 18 août 1860. Figure de 
rébus : Un échiquier avec 1 Tour, 1 Cavalier, 4 Fous et 
I Pion renversés. N® du 25 août 1860, Explication du 



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VARIÉTÉS. 2Î7 

rébus : Il n’y a pas que les Fous qui ont la tête à l’en- 
vers. 

La Partie (Péchecs, peinture de M. Armand Leleux. 
salon 1864, n® 1176. 

Gambits. 

fiambit vient du mot italien gambetto, ou crot-en- 
jambe. C’est une ouverture où l’on sacrifie un pion, 
quelquefois une pièce, pour obtenir une attaque. 

Voici les principaux auteurs qui s’en sont occupés : 

Gioachino Greco, qui traite les gambits plus à fond 
qu’aucun autre auteur, dans son ouvrage : Trattado da 
nobilissimo e militare cssercitio de scacchi. 

Muzio. Son début est l’une des plus jolies ouvertures 
du jeu que l’on connaisse. Salvio, dans son ouvrage, 
l’a fait connaître; c’est un Cavalier sacrifié poür ga- 
gner plusieurs temps. 

M.M. Walker ; James Cochrane, employé du service 
civil do Madras, vers 1829; le lieutenant-colonel Don- 
pon; de Santo-Vito, mort à Vienne en 1830, ont donné 
des travaux remarquables sur ce gambit. 

Ghulam-Kassin. Analysis of the Muzio gambit, etc.; 
by Ghulam-Kassin and J. Cochrane, esq., etc., Madras. 
1829, in-4 de 63 pages. Ce petit traité contient plu- 
sieurs variantes du gambit Muzio, alors inconnues en 
Europe, un match de deux parties entre Madras et Hy- 
derabad ; l’auteur dirigeait les parties de Madras. Le 
Palaméde, 1837, p. 86 à 90; 1838, p. 280. 1842, t. I, 
p. 309 à 312, a donné plusieurs travaux sur ces va- 
riantes. 

La défense est bonne dans une foule de cas, parti- 
culièrement avec un adversaire sans expérience, mais 



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228 



VARIÉTÉS. 



clic donne un assez mauvais jeu avec un adversaire 
érudit et correct, qui sait éviter les pièges nombreux 
de ce début. 

CuNiNGHAM, savant distingué et fort joueur d’échecs, 
auteur du gambit des trois pions, plus connu sous le 
nom (Je gambit de Gurmin-Gliarr. 

Ce gambit estimé a été traité par Philidor et impr. 
dans le Palaméde, 1837, p. 191-193. 

Le capitaine J. Berlin, dans son ouvrage publié à 
Londres, en 1735, The noble game ofchess..., in-8 de 
78 pages, traité contenant quelques parties et fins de 
parties assez bonnes, est le premier qui parle du 
gambit inventé par Cuningham. 

Ponziani, dans son gambit du centre, qu’il donne 
commg une bonne défense, a été approuvé par 
MM. Lewis et Walker. V’oir le major Jaenisch, dans son 
Analyse, p. 134. 

Allgaier donna un gambit estimé dans lequel M. 
Schulten a travaillé. 

Bryan, fort joueur d’échecs, est auteur d’un gambi 
estimé, dans lequel a travaillé M. Preuss, d’Altona. 

La Régence, 1849 et 1851, en a donné plusieurs va- 
riantes. 

Cozio. Son gambit est assez estimé. 

Evans de Milfort (W. D.), capitaine de la marine an- 
glaise, et l’un des plus forts joueurs d’échecs de la 
Grande-Bretagne. Le sacrifice du pion du Cavalier de 
la dame au 4® coup, par celui qui a eu le trait, cons- 
titue le gambit Evans. 

Ce gambit se trouve dans les Leçons progressives de 
W. Lewis, publiées à Londres. 

Le Palaméde, 1838, p. 181 à 186, démontre que ce 



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variétés. 229 

début est loin de donner le gain de la partie à celui 
qui fait le sacrifice. 

Kiéséritzky est auteur d’un gambit estimé, dans le- 
quel ont travaillé MM.Kolisch et le comte deKousche- 
leff Besborodko, gentilhomme russe. Voir la Régence, 
1860, p. 166-169. 

Benonic Reiganum oder die Vertheudigungen. Gam- 
bitzûge. Francfort, 182o. Ouvrage dans lequel on ren- 
contre quelques jolis gambits. 

Bas Gambit oder Angriff und Vertheidigung gegen 
Gambitzûge, 1826, Brunswick, 1829, in-8 de 222 pages. 

Guerre. 

(t Tout le monde sait que le jeu des échecs est une 
imitation de la guerre, puisqu’on y retrouve exacte- 
ment toutes les différentes manières de combattre, soit 
pour la conduite qu’on doit tenir en attaquant ou en 
se défendant, soit pour l’arrangement avantageux des 
troupes. On doit donc considérer ce que fait un bon 
général dans une bataille rangée; il poste avantageu- 
sement son armée, il a soin non-seulement de s’assu- 
rer qu’elle est en bonne défense et en bonnes posi- 
tions; mais il est encore toujours prêt à agir offensive- 
ment aussitôt qu’il y aura lieu de le faire, en fAchnnt 
de fondre sur l’endroit le moins fort de l’armée enne- 
mie; il en est de même pour les échecs. » (Slamraa.) 

Pyrbuüs, roi'd’F.pire, mort en 272 avant J. C., habile 
en stratagèmes militaires, avait imaginé de faire en- 
seigner l’art de la guerre sur un échiquier. (Donat. in 
Eunnuch. Terentii, acte IV, scène vu, v. 13. — Jean de 
Sarisbéry, 'Polycratiis...) 



I 



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230 



VARIÉTÉS. 



. Weickhm vnn (Christ.) est auteur d’un jeu de guerre, 
paru sous le titre de Neuerœffnetes grosses Koenig-Spiel, 
welches sich zivar mit dem Schach-Spiel in etwas verglei- 
chet, etc. (Le Grand Jeu royal, nouvelle combinaison 
du jeu des échecs, étendu à quatre, six et môme huit 
joueurs, et appliqué aux principes de la politique et 
de l’art militaire.) Ulm, Kuhnen, 1664, in-fol., fig., 
7 feuillets, 264 pages et 7 feuillets pour la table. Ou- 
vrage dédié à l’électeur de Cologne. 

Jeu de la guerre, ou Raffinement du jeu des échecs, par 
M. M.; Prague, 1770, in-8 de 75 pages. 

L’échiquier y est agrandi, on y trouve des canons 
au lieu de tours; mais la partie est toujours bornée à 
la prise du Roi, et on ne peut, comme aux échecs, 
mouvoir à la fois qu’une seule pièce. 

Versuch eines auf dos Schachspiel gebaueten taktischen 
Spieles; von Hellwig, gouverneur des pages de Bruns- 
wich-Lunebourg. Leipzig, 1780-82, 2 volumes de 200 
et 192 pages. 

Ce traité donna lieu à celui de Fréd. Cramer, Précis 
des régies du jeu de la guerre, rédigé d’après l’analyse 
de ce jeu, par Helwig, et mis en français avec diverses 
modifications, par Ch, Fréd. Cramer. Paris, an xii 
(1804), in-16 de 22 pages. Fig. 

Fréd. Cramer ouvrit à Paris, en 1803, un cours du 
jeu de la guerre selon la méthode de M. Helwig, et 
publia cette traduction incomplète. 

Le cours avait lieu au domicile de l’auteur, rue des 
Bons-Enfants, les mardi, mercredi et jeudi, de 1 heure 
û 4. Le prix était, par mois, de 36 et 24 fr. Les prix 
des jeux variaient de 200 à 500 francs. 

Nouveau jeu d’échecs, ou le Jeu de guerre, par Franc. 



Digiiijc:: l'.. 




VARIÉTÉS. Î31 

Giacometti. Gènes, Barth. Como, et Paris, Fournier, 
an IV (1801), in-S, fig., publié au prix de 2 fr.; et Paris, 
1803, in-8. Un extrait se trouve dans le Paiaméde, 1837. 

Ce jeu, annoncé à Turin en 1793, fut alors bien ac- 
cueilli. Depuis, l’auteur a substitué au roi une forte- 
resse qu’il s’agit de prendre. C’est le but vers lequel 
se dirigent toutes les pièces et toutes les opérations. 
Lorsqu’il est obtenu, la partie est gagnée. 

Cent cinquante-trois cases, alternativement blanches 
et noires, sur neuf cases de largeur et dix-sept de lon- 
gueur forment l’échiquier, qui figure un champ de 
bataille séparé par une rivière. Chacune des deux ar- 
mées a sa forteresse, qu’elle défend, tout en attaquant 
celle de l’ennemi. Le livre apprend comment on doit 
faire mouvoir les pièces, qui consistent en infanterie, 
cavalerie, canons, bastions, etc. 

Dos Kriegsspiel, etc. (le Jeu de la guerre.) Berne, Soc. 
typographique, 1807, in-8. 

Ce jeu est fondé sur le principe que, dans la guerre, 
le succès ne dépend pas toujours de l’excellence et de 
la valeur des troupes, mais beaucoup plus souvent de 
la combinaison des marches et de la bonne disposition 
des différents corps dont l’armée est composée. Les 
guerres anciennes et modernes, et les événements mi- 
litaires qui ont eu lieu en Allemagne vers la fin de 
1805, ont confirmé ce principe et fait naître l’idée de 
ce jeu, qui, en réunissant l’utile et l’agréable, offre 
aux militaires une récréation instructive, en imitant 
une carte géographique quelconque, les mouvements 
des deux armées ennemies, et en réduisant l’adver- 
saire, par des combinaisons de tactique et de straté-» 
gie, à céder la partie, 



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VARIÉTÉS. 



432 , 

Maineux (le chevalier), dans son roman Céleste Pa- 
léologue (soi-disant), trad. du grec, Paris, 1811, 4 vol. 
in-12, donne un exposé du jeu des échecs militaires. 

Le Jeu de stratégie, ou les Echecs militaires, par le 
comte de Firmas-Périès, maréchal de camp des ar- 
mées du roi. 2* édit. Paris, 1815, in-12 de 146 pages et 
2 planches in-plano. 

3® édit. Paris, impr. Egron, 1816, in-12 de 5 feuilles 
1 /2 et 2 planches. 2 fr. 50 c. 

Ce jeu peut être joué par deux, quatre, ou six per- 
sonnes. Cette application, très-compliquée, est l’ou- 
vrage de M. Helwig, revu avec soin par le comte Fir- 
mas-Périès. Le prix de l’échiquier, convenablement 
fait, de 2,640 cases ou seulement de 1617, avec les 940 
pièces nécessaires, était de 5 livres st., soit 125 fr. 

Avec d’habiles joueurs, la partie peut se prolonger 
d’une journée à plusieurs semaines, et souvent avec 
une chance très-inégale. On peut mouvoir plusieurs 
pièces à la fois ; les cases représentent, par les diffé- 
rences de leurs couleurs, un terrain très-inégal, et 
dont les joueurs peuvent à leur gré augmenter ou di- 
minuer les irrégularités. Des champs, des forêts, des 
villages, des rivières, des marais, des montagnes, tan- 
tôt impraticables, tantôt accessibles, varient et embar- 
rassent souvent les opérations. 

Chaque général (c’est le joueur qui remplit cette 
fonction) a une armée composée d’infanterie, de ca- 
valerie légère, de cavalerie de ligne, d’artillerie de 
siège, d’artillerie de campagne, de mortiers, d’obu- 
siers et d’un équipage de pont ; les hommes sont in- 
dépendants de leurs chevaux. Chaque armée a ses di- 
visions, commandées par des généraux divisionnaires. 



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VARIÉTÉS. 



233 



Jeu de la gueire de tene et de mer, et les derniers cha- 
pitres de Tristram Shandy , trouvés dans les papiers 
d’Yorick. Avec figures (par Sterne). Paris, 1818, in-12 
de 11 feuilles 1/2, fig. et pl. Se vendait 3 fr. 30 c. 

Les pièces, pour chacun des joueurs, sont de 17, le 
matériel de guerre, 6 ; total 23 pièces pour chaque 
armée de terre et de mer, et les deux réunies, 46. 

r.e jeu comprend quatre échiquiers typographiques 
coloriés. 

La première carte représente le champ de bataille 
de Denaiti, dessiné parDarmel, et lithographié par En- 
gelmann; la deuxième carte, le camp de Boulogne, par 
les mêmes; la troisième carte, Ilellespont et Troade, 
par les mêmes, et la quatrième carte, le Roi prisonnier 
et le siège. 

Trois des échiquiers ont cases, et le quatrième 
a 81 cases 

L’auteur annonce qu’il a retrouvé un manuscrit 
écrit de la main d’Yorik, qui forme les derniers chapi- 
tres de Tristram-Shandy, et d’après lequel l’oncle To- 
bie serait l’inventeur du jeu de la guerre de terre et 
de mer. Songeant un beau matin aux montagnes, aux 
collines, aux tleuves, aux forêts et à la mer, il dit au 
caporal Trimm : « N’est-il pas pitoyable, camarade, 
que l’inventeur de ce noble jeu (les échecs) n’ait pas 
placé même un monticule ni un filet d’eau sur son 
échiquier? » 

A peine celte idée eut-elle frappé le sensorium de 
mon oncle Tobie, qu’un torrent d’esprits animaux, 
accourant de tous les points de son cerveau sous la 
forme d’inductions et de conséquences, y développa 
instantanément l’invention des échecs appliqués à 



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234 VARIÈ'ïKS. 

toutes les opérations de l’art militaire. (Kxtrait de la 
préface de l’ouvrage). 

Jeu militaire sur un plan topographique. Paris, 1818, 
in-8 de 3/4 de feuille, 1 pl. 

Le prix du jeu eu carie sur toile pliante, avec étui et 
boîte en carton maroquiué pour contenir les pions, au 
nombre de 42 pièces en buis. tofr. 

On y fait usage de ponts volants, de pions et d’offi- 
ciers qui sautent à un ou deux pas, à pieds joints, par- 
dessus l’ennemi. 

Constitution royale et impériale des échecs, jeux fran- 
çais de la victoire, conçus à Vile d’Elbe, enfantés à Sainte- 
Hélène par Napoléon. Recueillis, médités, constitués et 
publiés par un ingénieur français, vétéran de VEcole poly- 
technique (J. B. Loysel); suivis des échantillons patrioti- 
ques ci-aprés de quelques poésies fugitives du même ingé- 
nieur. Paris, 1829, in-8 de 2 feuilles. 

Nouveau Jeu royal et militaire, ou Jeu d’échecs et de 
dames-échecs décimal, par brevet d’invention, de Bordier 
Marcet et C«, ingénieurs lampistes, rue Sainte-Elisa- 
beth. Paris, 1833, 3 feuilles in-plano. 

Jeux de la Victoire, inventés par Jean-Baptiste Loysel, 
l’un des vétérans de l’Ecole polytechnique, etc., publiés 
par la Société des jeux de la victoire, sous la direction 
de M. Edouard Loysel. Marseille, 1838, in-4 de 2 feuil- 
les et 1 tableau. 

Jeux de la bataille, ou Exposition de sa composition, de 
la manière d'y jouet' et de ses règles, par L. Douce. Pa- 
ris, Palais-Royal, 1841, in-12 de 3 feuilles 1/2, plus 
3 planches. 

Jeu de la guerre d'Orient, ou Doubles échecs. Paris, 
1856, in- 16 d’une 1/2 feuille. 



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VAHIÉTÉS. 235 

Ce jeu a été iuAenté parM. Fr. Gilot, horloger à Ci- 
vray (Vienne), en 1855, au moment où les journaux 
ont annoncé la prise de Sébastopol, qui a succombé au 
double échec porté par les alliés sur chacun des points 
différents, lequel double échec a décidé la victoire. 
{Journal de la librairie, 1856, n°5898). 

Quelques mots sur les combinaisons des échecs, et idée 
d'un double échiquier. Marseille, 1856, in-8 de 3/4 de 
feuille. 

Règle des Echecs-Gérard, ou Jeu des batailles, r®, 2* et 
3® éditions, revues et corrigées, Paris, 1860, in-8 de 
11 pages, 1 fr. 

Une analyse de cet ouvrage se trouve dans la Ré- 
gence, 1860, p. 187. 

Jîirisprudence. 

Th. Actius, dans son ouvrage De ludo Schuccorum in 
legali méthode tractatus, Pisauri, 1583, in-4, portr. et 
réiiupr. à Venise en 1584, dans le t. VII, vol. 9 de la 
collection Tractatus unie, juris, y expose le droit en 
donnant des leçons d’échecs; il déploie dans ce livre 
une érudition prodigieuse; suivant l’usage des juris- 
consultes de son temps, il y entasse péle-méle des ci- 
tations tirées des livres saints et des auteurs profanes. 

Cancellieri en donne une analyse détaillée. 

Mathématiques. 

Le Très-excellent et ancien jeu pythagorique , dict 
Rhythmomachic, fort propre et trés-u tile à la récréation 
des esprits vertueux, pour obtenir vraye et prompte 



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236 



VAKIKTES. 



habitude en tout nombre et proportion. Nouvellement 
illustré par M* Claude de Boissiôre. Paris, G. Cavellat, 
1354-1536, pet. in-8, fig. 

Cet ouvrage sur la bataille des nombres est regardé 
comme une application aux échecs. Boissière en a 
donné deux éditions, une latine et une française. 

Ce traité est fait d’après l’opuscule de Fabri ou Le- 
febvre d’Etaples, publié par H. Estienne, en 1514; mais 
Boissiôre l’a beaucoup perfectionné. 

Cl. Gaspar Bachet, de Méziriac, membre de l’Aca- 
démie française, mort en 1638, est auteur d’un traité 
d’arithmétique appliqué aux échecs, publié sous le ti- 
tre : Problèmes plaisants et délectables qui se font par 
les nombres... r* édit. Lyon, mdcxii (1612), in-8 de 
8 feuilles, 172 pages, titr. grav.; 2* édit. Lyon, 1624, 
in-8, 288 pages. 

Echiquier de trente et quarante, indispensable à tout 
spéculateur, par G. Grégoire. Lithogr. impr. à Paris, 
1856, in-plano d’une feuille. 

Tableau des figures que produit le jeu, avec indica- 
tion des coups à jouer. 

Will. Fulke. Ludus scacchico-mathemat,, uhiScacchi, 
Tabulae mathemut. aptati qua suis proposit. arithmet. 
et geometr. resoluunt. E. W. Londini, 1634, in-12. 

Metromachia, sive Ludus geometr. Londini, 1566, in-4. 
— Le môme ouvrage. — Id., 1578, in-4 de 51 pages, 
1 tableau. — Le môme ouvrage, avec fig. Ib., s. a. 
Excud. Vantrollerius. 

OOpavoixaxta, hoc est Astrologorum ludus ad bonor, 
artium et astrol. studiosorum, relaxationem, compara- 
tus. Londini, 1571, in-4. — Le môme ouvrage. Ib., 
1572. — Le môme ouvrage. Ib., 1375. 



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VARIÉTÉS. 



237 



I/échiquier du jeu astronomique est rond, et les 
pièces représentent deux sortes de planètes se battant 
pour l’empire des deux. 

Origine astronomique du jeu des échecs, expliquée par 
le Calendrier égyptien, ou Mémoire relatif à la mé- 
thode de formation et à l’exposition d’une table qui 
présente d’une manière distincte, et dans le plus petit 
espace possible, toutes les combinaisons d’un nombre 
de signes donnés, suivi d’une application de cette mé- 
thode aux sept jours de la semaine, représentés par 
les sept planètes connues des anciens; application de 
laquelle il résulte un Caleîidrier perpétuel et complet 
pour toute division hebdomadaire du temps, et notam- 
ment un triple calendrier pour l’année vague des 
Égyptiens, pour leur grande période solaire et pour 
l'année et la période égyptienne lunaire, triple calen- 
drier, dont le je des échecs offre la fidèle représenta- 
tion, par F. ViLL' r, garde des archives de Paris. Paris, 
182o, in-8 de 3 feuilles 3/4, plus 1 planche. 2 fr. 30 c. 

Un nouveau tirage, même année 1823, chez les mê- 
mes. 3 fr. 30 c. 

Une analyse bibliographique, par M. Doazan, a été 
impr. p. 129 de la Régence, 1800. 



Notation du jeu. 

La notation consiste en l’art d’écrire les parties d’é- 
checs. Les principaux auteurs qui s’en sont occupés 
sont : Adam jeune, de Rouen, Nouvelle Notation de l’é- 
chiquier, impr. dans le Palaméde, 1 843, et dans la Ré- 
gence, 1849; Moïse Azevedo, sa notation a servi au Jeu 



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23S 



VAS 1 ÉTÉS. 

des échecs, ou parties, etc., Bordeaux, 1833 ; Behr, ingé- 
nieur en chef des ponts et chaussées, en Belgique; 
Guyot, Nouvelle Notation... Paris, 1823, in-8; le géné- 
ral Haxo, pair de France, qui publia, dans le Pala- 
mêde, 1836, p. 333 fi 339, un article sur diverses no- 
tations d’échecs; la sienne est estimée ;Mosés Hirschel, 
hahile joueur d’échecs allemand, qui modifia la nota- 
tion de Stamma; L. Kiéséritzky, qui donna l’annota- 
tion imprimée dans V Almanach des échecs, public en 
1832; Paul Loquin, Lettre sur la notation d'Adam, im- 
primée dans la Régénce, 1849 ; Philidor, qui prend pour 
point de départ le côté de l’échiquier où se trouvent 
les blancs, et remontant les rangées jusqu’au jeu des 
noirs, les numérote par 1, 2, 3, 4, 3, 6, 7 et 8, de 
gauche à droite, et désigne les huit colonnes par les 
lettres a, b, c, d, e, f, g, h, de manière ù ce que 
chaque case soit couverte par un chiffre et une lettre. 

Ce système a été employé par beaucoup d’auteurs; 
on le trouve notamment dans l’Encyclopédie d’Alexan- 
dre, le Ilandbuch allemand, et dans les ouvrages du ma- 
jor Jaenisch; il est en vogue aujourd’hui par toute 
l’Allemagne. C’est à la fois ce qu’il y a de plus simple 
et de plus complet. {Nouveau Manuel ilh, p. 36.) 

Poirson Prugneaux, Nouvelle Notation pour les par- 
ties ou les coups d’échecs, etc. Commercy, t83(>, in-18. 

I.a notation de Ponziani est assez estimée. 

Vandermonde, mort en 1796, donna, dans un mé- 
moire présenté à V Académie des sciences, une nota- 
tion d’échecs. 







VARIÉTÉS. 



23U 



Origine du jeu des échecs. 

L’origine de ce jeu se perd dans la nuit des temps; 
aujourd’hui, vouloir lui assigner un lieu ou une date 
positive est chose impossible. 

Le jeu d’échecs semble avoir été inventé aux Indes, 
et de là avoir passé en Égypte; de l’Éigypte en Judée; 
de la Judée, d’une part, en Scythie, en Chine, et de la 
Chine au Japon; d’autre part en Grèce dans les temps 
les plus reculés. Notre jeu actuel serait celui reçu des 
Indous par les Persans au v** ou vi'' siècle de notre 
ère. 

On trouvait dans les pessos grert, la rivià'e ou mare que 
l’on voit encore de nos jours dans l’échiquier chinois 
et qui existait, d’après le passage du texte hébreux du 
Livre des rois, chap. iij verset 14, dans l’ancien jeu de 
la Judée. L’usage des dés dans le jeu indien du chafu- 
ranga se retrouve dans celui des pessos. 

Le jeu des latruncules {larroti ), ou des calculi, dérive 
des pessos, avec des changements notables, bien en- 
tendu. 

f.es larrons étaient, à Rome, ainsi qu’à la cour de 
Charlemagne, des gens de guerre fort estimables, et 
leur jeu ne pouvait être qu’un jeu de guerre. La rivière 
du jeu des pessos se retrouve sous le nom de ligne sacrée 
dans celui des latrimcules; les pièces avaient plusieurs 
marches, celle du cavalier, d’après un passage du Pa- 
négyrique de Calpumiiis Vison, était la même que de 
nos jours. Le jeu des latruncules était fort attachant, 
comme on peuten juger par diverses anecdotes qui nous 



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2;o variétés. 

sont parvenues : celles de Julius Gains, de Scævola 
et autres. 

Chez les anciens Egyptiens, un jeu de combinaison 
analogue à celui des échecs se jouait au moyen de 
latruncules; les échiquiers qui nous eu sont parvenus 
ne donnent aucune idée précise de ce qu’il pouvait 
être; mais il est certain, par leur grand nombre, 
qu’il était fort en vogue chez eux. 

La rivière que les Chinois adoptèrent, à cause de 
la nature de leur pays, ne se trouve pas dans l’échi- 
quier persan, non plus que dans celui des Indiens, où 
le climat n’est plus le même. 

Presque aussitôt son apparition en Perse, ce jeu se 
répandit avec rapidité chez tous les peuples voisins, 
et il pénétra en Occident, où les mœurs oisives de 
l’époque l’accueillirent avec empressement. 

Sa première apparition en France daterait de l’an 
7o7, 800 ou 802. 

Selon l’opinion de M. Duncan-Forbes {History of 
chess, Londres, 1801, in-8), l’histoire des échecs se 
diviserait en trois périodes distinctes. La première est 
celle de l’ancien jeu des Indous, appelé chaturanga, 
dans lequel les coups et la puissance de toutes les 
pièces employées auraient été à peu près les mêmes 
que de nos jours; son origine se perd dans la nuit 
des temps. L’échiquier avait, comme aujburdhui, 
04 cases, mais non coloriées. On jouait à ce jeu quatre 
personnes à la fois, chacune ayant un roi, une tour, 
un cavalier et un fou (représenté par un navire), plus 
quatre pions. 

Le roi, la tour, le cavalier et les pions, avaient alors 
la même marche que de nos jours, excepté que ces 



piniti" 




variétés. 



^41 

deraiers ne pouvaient faire qu’un pas en commen- 
çant; les fous se mouvaient diagonalement à chaque 
3® case, passant par-dessus leur case voisine;, sur la- 
quelle ils n’avaient pas d’action, qu’elle soit occupée 
ou non par une autre pièce. 

. Les deux joueurs face à face étaient alliés contre 
les deux autres, et les traits se décidaient en jetant un 
dé oblong à quatre côtés, sur lesquels étaient les 
nombres 2, 3, 4 et o, les 2 et 5 vis-à-vis l’un de l’autre, 
comme le 3 et le 4. L’ancienneté de ce jeu peut re- 
monter, selon le môme auteur, à trois ou quatre mille 
ans avant le vr siècle de notre ère. 

Il est probable que l’usage du dé a été abandonné 
de très-bonne heure, les plus anciennes lois des Indes, 
telles que celles du Thann, etc., la loi et la religion 
des anciens Indous prohibant strictement ces sortes de 
jeux de hasard combinées avec l'habileté. 

La seconde période, celle du Shatranj, occuperait, 
selon l’historien anglais, un millier d’années, antérieu- 
rement au VI® siècle >de noire ère. La marche des 
pièces reste la même ; mais les deux forces alliées se 
sont réunies sur un seul côté de l’échiquier, un des 
deux rois devient une pièce secondaire dont le nom 
est Ferjin ou Wajir, ce qui signifie conseiller ou 
minislre avec une puissance réduite de moitié de celle 
qu’il avait comme souverain indépendant. Lu même 
temps la tour est transportée au coin de l’échiquier 
et le fou placé où il est resté depuis. 

La troisième période, commence au vi® siècle; on y 
voit : t® l’extension de la puissance donnée au fou : on 
lui permet d’agir sur toute la longueur de la diago- 
■ nale, au lieu de borner son action à la 3* case; 2“ l’é- 

11 



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Î42 VARIÉTÉS. 

norme pouvoir combiné de la tour et du fou donné à 
la reine, etc. 

Nicolas Fréret, membre de l’Àcadémie française, 
mort en 1749, Le discours de ce savant sur l’Origine 
du jeu des échecs a été prononcé par lui dans une 
séance extraordinaire de l’Académie, où se trouvait 
Louis XV; il a été inséré dans le t. V, p. 230 à 239, de 
l’Histoire de l’Académie royale des inscriptions et belles^ 
lettres, Paris. 1729, in4; dans les ÛEuures de cet au- 
teur, Londres, 1776; Paris, 1792, t. III, an vu (1799); 
Didot, 1823, et dans le Palaméde, 1836, p. 138 à 143. 

Une analyse détaillée de ce discours a été donnée 
dans le Journal des savants, 1729, p. 642. 

Fréret n’est pas persuadé que les Grecs et les Ro- 
mains aient eu connaissance des échecs ; il croit que 
c’est uniquement des ^écrivains orientaux qu’on en 
peut apprendre Forigine : les Persans avouent, selon 
lui, qu’ils le tiennent des Indiens, et les Chinois, qui 
le connaissent sous le nom de jeu de l’Éléphant, font 
le môme aveu. Il indique l’occasion qui fit inventer 
ce jeu dans les Indes, examine les noms que portent 
les pièces et qui n’ont de signification raisonnable, 
selon lui, que dans les langues de l’Orient. 

Dans cette dissertation, Fréret fait observer que la 
première mention qui ait été faite des échecs dans 
l’Occident est due à nos vieux romanciers, et que c’est 
uniquement des écrivains orientaux qu’on en peut 
apprendre l’usage. 

Le chevalier de Jaucourt donna une Notice histo- 
rique sur les échecs, tirée de la Dissertation de Fréret ; 
dans le Dictionnaire encyclopédique de Diderot et de 
d’Alembert, articles Jeu et Echecs. 



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VARIÉTÉS. 



243 



Louis-Fr. Dubois, de l’Institut, est auteur de Recher- 
ches sur le jeu des échecs, imprimées (à Paris) en 180o, 
in-8 de 16 pages, et dans le t. 1, 1806, du Magasin en- 
cyclopédique, p. 48 à 62. Il cite les sources d’où il tire 
ce qu’il avance. 

Arrhæologia, or Miscellaneous Tracts relatùig to anti- 
quity. Published by the Society of Antiquaries of London. 
London, 1804 à 1844, 30 vol. in-4. Le 1. IX comprend 
Count de Brühl and M. Barrington on chess, p. 1 4-38 ; 
les Echecs en Italie, p. 26-27; inventés en Chine, 
p. 17-33; joués au Thibet, p. 17; chez les Grecs et les 
Romains, p. 17, 21 ; introduits en Europe, etc., p. 26, 
28, 29, 32, 33, 36 et 37. Le t. XI parle des échecs aux 
p. 397 à 410. Le t. XXIV, p. 204 à 208, 239-240, 273 à 
283-288. 

Ahmed Ben Sirim, ’Ex tûv népouv xal AlKvimuv, Ttepi 
Zaïpixiou. DeZatricio, exPersarum et.Egyplorium dis- 
ciplina. (Des Echecs en Perse, en Egypte, etc.) Voir 
Achmetis Filii Seizim Oneiro-critica, ed.Nic. Rigaltio. 
Lutetiœ, 1603, in-4, cap. ccxxxxi, p. 218. (Imprimé 
dans V Artemidori F. Oneiro-critica. Ibid. eod. anno, 4, 
und Apomasar, Apotelesmata, Francof., 1377, in-8, 
p. 331.) (Cité par Clodius, p. 23. — A. Schmid, p. 98.) 

Voltaire dit que « l’esprit des Indiens paraît dans 
les jeux de leur invention. Le jeu que nous appelons 
les échecs par corruption fut inventé par eux, et nous 
n’avons rien qui en approche, il est allégorique 
comme leurs fables. C’est l’image de la guerre 

Thom. Hyde regarde les échecs comme une inven- 
tion indienne. 

Will. Jones est auteur d’une Dissertation sur le jeu 
des échecs dans les Indes, insérée dans The Transactions 



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m 



variété?. 



of the Asiatic society, etc., traduite en français par La- 
baume, t. Il, desRecJierches asiatiques. Paris (1805), in-4. 
Il pense que le jeu des échecs est originaire des Indes, 
qu’il y était connu depuis des temps immémoriaux 
sous le nom de tchaiurunga, qui signifie les quatre 
angas ou parties intégrantes d’une armée *. Que ce jeu 
serait passé des Indes en Perse, au vi* siècle de notre 
ère. 

La France littéraire, le Palamêde, 1836, p. 60, ont re- 
produit en partie cette dissertation, sous la signature 
de Pichard. 

M. Fréd. Madden est auteur d’une savante disserta- 
tion sur les échecs ; il conclut que l’invention de ce 
jeu est indienne. (Voir Archæologia, t. XXIV, p. 209.) 

M. Francis Douce, dans une communication sur l’o- 
rigine des échecs, imprimée dans Y Archeologia, donne 
-la même conclusion que M. Madden. ^ 

Voici l’étymologie du nom Palamêde ; est 

un des héros des Homérides qui figurent dans la Petite 
Iliade et dans les Cypriaques. Son nom vient probable- 
ment de nà)iTi, lutte, combat, et MéSto, commander. 

La mythologie le donne comme fils de Namphius, 
roi de l’île d’Eubée, parti avec les princes grecs pour 
la guerre de Troie; il y aurait inventé le jeu d’échecs 
(du Pettia) pour contenir la patience de ses soldats et 
en même temps leur apprendre l’art de la guerre. U 
aurait dédié ce jeu au temple de la Victoire, 

Alexandri Allexandro, liv. 111, chap. xxi, De Lad. 



1. Il est dit dans l’Amaracôcha que ces quatre parties sont : 
Hastyasouarafhapddàthan, ou les éléphants, les chevaux, tes 
chars et les fantassins. 



VARIÉTÉS. 



Ui 



gen., pense que les échecs furent inventés par Pala- 
mède à la guerre de Troie. 

Cassiodore, dans la 31® de ses Epitres, regarde les 
échecs comme inventés par Palamëde. 

Homère, vivant 900 ans avant J. C., rapporte que 
Palamède aurait inventé le jeu des échecs pendant la 
guerre de Troie, et il cite, dans son premier livre 
de VOdyssée, les amants de Pénélope, jouant à ce jeu 
devant la porte de cette reine. 

Pausanias, dans scs Corinthiaques, et Philostrate, 
dans ses Eérotques, attribuent l’invention des échecs 
à Palamède. Les traducteurs ont rendu le mot pessos 
par tessera, dé. C’est là une des sources de la con- 
fusion dans laquelle tombent plusieurs commentateurs 
au sujet de divers jeux anciens. 

Servius Maurus, dans ses commentaires sur l'Enéide 
de Virgile, liv. Il, donne à Palamède l’honneur de 
l’invention du jeu d’échecs. 

Saint Grégoire de Nazianze, dans la première de 
ses Invectives, cite Palamède comme inventeur des 
échecs. 

Sophocle regarde Palamède comme inventeur des 
échecs. 

Joh. Meursius est auteur de la Grœcia ludibunda, sive 
de ludis Gracomm liber singuîaris; accedit D. Souterii 
Palamedes, sive de tabula lusmia, aléa, et variis ludis, 
Lugd. Bat. Elz., 1622, pet. in-8 de 70 pages. Brunet 
évalue, dans le Manuel du libraire, ce volume de 5 à 
6 fr.; un exemplaire figure au catalogue Boulard, 
t. IH, p. 592, n» 4370. — Lugd. Batav. Elzev., 1625, 
3 parties, pet. in-8. Tross, 10® cat. 6 fr. ; Gouttard, 
12 fr. 



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VARIÉTÉS. 



à4(i 

Ammieu Marcellin, liv. XXIV de VHistoire rotmine, 
dfe Pyrrhus comme inventeur des échecs. 

Donat, dans ses Commentaires sur Térenee, attribue 
l’invention des échecs û Pyrrhus. 

Ephore, de Sparte, regarde Pyrrhus comme inven- 
teur des échecs. [Extraord. du Mercure galant, p. 38t.) 

Sidoine Apollinaire, évéque de Clermont, dans le 
livre I de ses Epîtres, donne à Attale, roi de Pergame, 
en Asie, l’honneur d’avoir inventé les échecs. 

Jean de Meung, dans sa continuation du Roman de 
la Rose, cite Attalus, mathématicien, mort 200 ans avant 
Jésus-Christ, comme inventeur du jeu des échecs. 

Jean de Sarisbéry, dans son Polycratius, liv. I, ch. v, 
regarde Attale, roi de Pergame, en Asie, en l’an 620 
de la fondation de Rome, comme inventeur du jeu des 
échecs. 

Grégoire, le Toulousain, Syntag. Juris, liv. XXXV, 
chap. IV, attribue l’invention du jeu des échecs aux 
Hébreux. 

Nicolas de Saint-Nicolaï, dans ses Parties du jeu des 
échecs, attribue l’invention de ce jeu à un chevalier et 
à une dame lombards présents au siège de Troie. 

Sénèque, Traité de la colère, liv. II, chap. xiv, donne 
à Chilon, Lacédémonien, Tun des sept sages de la 
Grèce, l’honneur de l’invention du jeu des échecs. 

Texeira, lib. I, cap. xxxv, dit que le jeu des échecs 
est venu de Perse, et que le nom latin scacchia vient 
de celui de son inventeur, persan de nation. 

Jean de Vignay regarde Diomène, grec contemporain 
d’Alexandre le Grand, comme inventeur des échecs et 
auteur d’ouvrages sur ce jeu. 

Xercès, ministre d’Enimelderacus ou d’Evilmerodac, 



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VARIÉTÉS. 



247 



fils de Nabuchodonosor, voyant son maître se livrer à 
tous les excès de la tyrannie et de la cruauté, inventa 
les échecs dans l’espérance que les attraits qu’offre ce 
jeu le ramèneraient à de meilleurs penchants. Extrait 
de Cessoles, Ludi schaccorum de moribus et offtciis nobi- 
h'um,..; de Grég. Ducchi, /a Scaccheide; de Polydore 
de Vergile, De inventoribus rerum. Amst. Elzev., 1671, 
liv. 11, chap. xni. 

John Barrow, dans son Voyage en Chine, Londres, 
17..,in-4, chap. 4, pense que le jeu des échecs est 
d’origine chinoise. 

An Inquivy irUo the ancient greeh game supposed to 
bave been invented by Palamedes, antécédent to the siégé 
of Troy, uHth reasons for believing the same to hâve been 
hnown from remote antiquity in China, etc. (Recherches 
sur l’ancien jeu grec supposé avoir été inventé par 
Palamède, avant le siège de Troie, avec les raisons 
propres à montrer que ce jeu doit avoir été connu 
très-anciennement, en Chine, aux Indes, en Perse et 
en Europe, et modifié successivement) ; by J. Christie. 
London, Bulmer, 1801, in-4 de 169 pages et figures. 

Une analyse française très-détaillée de cet ouvrage 
tiré en grande partie de Th. Hyde, Hist. nerdiludi, a 
été donnée par Sénébier, et imprimée dans le t. XVIII 
(Belles-Lettres), de la Bibliothèque britannique, p. 183. 

Alliey a dû en donner aussi une traduction fran- • 
çaise. 

J. Christie pense que le jeu des latruncules était le 
même que notre jeu do dames, et que le jeu grec du 
pettia, qui aurait de l’analogie avec nos échecs, aurait 
été inventé par les Scythes et serait passé de là en 
Grèce. Ce dernier jeu existe en Chine, où on le joue 



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;248 



VAIUKTËS. 



aujourd’hui ; le jeu chinois a les cinq cailloux qui se 
meuvent sur les lignes ; on y trouve la ligne sacrée ; 
on y prend les pièces de la même manière ; mais il a 
l’allure militaire; les cailloux sont appelés soldats, et 
la ligne sacrée, une rivière qu’il faut traverser. 

Eglès Irvin donna une Lettre curieuse sur le jeu des 
échecs chinois, datée de Canton, 14 mars 1793, impri- 
mée dans les Mémoires de l’Académie de Dublin, t. IV, 
et dans les Archives littéraires de l’Europe, t. 111, 1804, 
p. 233 à 243. L’auteur cite des extraits curieux tirés 
du Concum, ou Annales chinoises, et conclut que les 
échecs auraient été inventés en Chine. 

Averani (Giuseppe), florentin, mort en 1738, est 
auteur de : De Calculorum seu Latrunculorum ludo Dis- 
serlatio. Voir Miscellanea di varie operette. In Venezia, 
app. Tomm. Bettinelli, 1743, in-12, vii-160 pages. 

Daines Barrington, membre de la Société royale des 
sciences de Londres, mort en 1800, a inséré de cu- 
rieuses recherches sur les échecs, dans ses Disquisitions 
on the game of chess, impr. dans V Archœlogia, t. IX, 
p. 10. 

J. Fr. Sarrasin, secrétaire des commandements du 
prince de Conti, mort en 1634, adressa à M. d’Arnauld, 
maréchal de camp, général des carabiniers du 
royaume, une lettre intitulée : Opinion du nom et du 
■ jeu des eschets, imprimée séparément, en 1633, in-12; 
et dans les œuvres de cet auteur, publiées en 1646, 
1636, 1638, 1663, 1664, p. 239; 1664, p. 237; 1683, 
t. 1, p, 392; 1694, t. I, p. 237, édit. d’Amst.; 1694, 
t. I, p. 392 ; et dans le journal le Palamède, 1836, 
p. 236. 

P. M. Sagittarius, recteur du Gymnase d’Altem- 



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VARIÉTÉS. 



349 



bourg, publia une Dissertation latine sur les échecs et 
autres jeux anciens. Fréd. Alliey en a donné la traduc- 
tion française dans le Palaméde, 1847. 



Pédagogie et philosophie. 

« On dit que les gens de la campagne sont fins pour 
leurs intérêts; oui, pour de petits intérêts!., mais ils 
n’entendent point leurs grands intérêts. Peu de culti- 
vateurs sont en état de profiter d’un meilleur procédé 
qu’on leur offrirait pour labourer, semer, planter, etc. 
Nous regardons les échecs comme la logique du culti- 
vateur. » {Dictionnaire des jeux, de Panckoucke, 1792, 
article échecs.) 

Ce jeu, avec les diverses situations delà vie, le met 
au-dessus de tous les autres. En apprenant à jouer aux 
échecs on apprend à se gouverner. Voici l’opinion de 
Franklin à ce sujet : « Le jeu des échecs offre par lui- 
même assez d’intérêt pour n’avoir pas besoin de l’ap- 
pêt du gain ; plusieurs bonnes qualités d’esprit, utiles 
dans le cours de la vie, s’acquièrent et se fortifient par 
son aide, de façon à tourner en habitudes prêtes pour 
toute occasion, car la vie est une partie d’échecs. En 
jouant à ce jeu nous acquérons : 1 ® la pénétration; 
2® le coup d’œil ; 3® la prudence; et 4® à ne pas nous 
décourager par l’apparence présente d’un mauvais 
état de nos affaires. » 

V C’est un jeu tout noble, étant consacré à l’honneur 
et à la gloire. L’avarice n’y a point de part comme 
dans les autres jeux ; on n’y cherche point d’autre 

11 . 



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350 



VARIÉTÉS. 



gain que celui de la victoire... 11 convient à toutes 
sortes de personnes et de condition^, au.v gens d’épée, 
de robe et d’église. Ce qui le rend convenable à la pro- 
fession ecclésiastique c’est que ce jeu est sérieux, 
grave, d’un grand recueillement et d’une méditation 
continuelle... Tout dépend de l’esprit et de la con- 
duite du joueur; comme on étale d’abord toutes les 
pièces sur l’échiquier, il n’y a pas lieu de faire des 
tours de souplesse et de surprise... Vida a tellement 
cru que ce jeu était sortable aux gens d’église, que 
dans son beau poème, il donne l’institution do ce jeu 
comme étant divine, et il y fait jouer les dieux aux 
noces de l’Océan, dont l’eau, qui en est l’élément, 
figure l’innocence et la pureté. Ce jeu est un préser- 
vatif contre les jeux de hasard. En Chine, on fait ap- 
prendre de bonne heure aux tilles à jouer aux échecs, 
avec le même soin qu’on leur apprend ailleurs à chan- 
ter et à danser. » Extrait de la Lettre à M***, touchant 
le jeu des échecs, 1 694, impr. dans le Eecueil de pièces 
curieuses. La Haye, 1694, in-8. 

Les romans de Tristan de Léonnois, de Florimont, etc., 
nous apprennent que les échecs faisaient partie de Té- 
ducation des nobles au moyen âge. 

Vers le milieu du xv® siècle, il a été écrit un poème 
français intitulé les Echecs amoureux. Un manuscrit 
sur vélin, de 143 feuillets à 2 col. â la page, écriture 
gothique, initiales et miniatures, se trouve à la biblio- 
thèque de Dresde; il est marqué au catalogue O. 66. 
Ce manuscrit ne porte ni titre, ni inscription, ni nom 
d’auteur; il commence ainsi : 

Tous les amoureux gentils 

Spécialement aux soubtilz 



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VARIÉTÉS. 25i 

Qui aiment le beau Jeu nottable, 

Le jeu plaisant et délectable, 

Le jeu très soubtil et très gent, 

Veuil enuoyer et leur présente 
Geste escripture cy présente, 

‘Car ils y trouueront comment 
Il fuy au ieu na pas gramment. • 

Ce livre curieux parait n’dtre point terminé. A la 
6n du 143* et dernier feuillet on lit ce mot : « Remul- 
teplyer. » 

Prosper Marchand, dans son Dictionnaire hütorigue, 
t. Il, p. 98j col. 2, parlant des Echecs amoureux ou 
Echecs d'amour : * C’est, dit-il, un ouvrage traitant de 
la Mythologie ou Explication de l’ancienne fable du 
paganisme, de la philosophie, de la physique et de la 
morale, et quelquefois même de la théologie, mais 
continuellement ramenée au jeu des échecs. » 

11 existe à la Bibliothèque impériale deux manus- 
crits, l’un n® 6808, intitulé ; 

Eschet amoureux et archiloge sophie, laquelle traicte 
de divers arts; in-fol. vélin à 2 col., 31 belles minia- 
tures grandes et petites, vignettes autour des grandes 
miniatures et initiales. (Premières années du xvi« siè- 
cle, par Jacques le Grand, augustin ; dédié à Louis de 
France, duc d’Orléans.) 

On ne trouve dans ce manuscrit qu’un commen- 
taire en prose sur certains passages des Echecs amou- 
reux. Quelques phrases de ce commentaire, qui sont 
parfaitement conformes au système orthographique 
du xm* siècle, peuvent le faire supposer de cette date. 

L’autre manuscrit du même commentaire, coté 
n® 7570, semble antérieur à celui-ci d’un demi -siècle 
environ. 



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252 



VARIÉTÉS. 



On y lit : « Ce livre présent fut fait et ordonné prin- 
cipalement à l’instance d’un aultre, fait en ryme n’a 
gueres et de novel venu à cognoissance qui est inti- 
tulé des Echecs amoureux et des Echecs d’amour, » 

Ce commentaire se rattache presque uniquement à 
l’explication des fables de la mythologie païenne et 
des systèmes cosmogoniques de l’ancienne philoso- 
phie. 

Ce manuscrit a sans doute été exécuté pour le jeune 
comte d’Angoulôme, depuis François 1'^. Dans la pre- 
mière vignette se trouve l’écu d’Orléans (dé France au 
lambel d’argent, dont chaque pendant est chargé d’un 
croissant de gueule) parti de Savoie (de gueule à la 
croix d’argent), surmonté d’un diadème, ou cercle de 
couronne royale. Dans la première miniature on voit 
autour d’un échiquier aux armes d’Orléans, le dos 
d’un jouvenceau, jouant avec une dame jeune encore, 
et derrière cette dame, un homme d’un âge mûr, dé- 
coré de l’ordre du Roi, et tenant un chien en laisse. 
Tout porte à croire que cette miniature représente le 
jeune François, comte d’Angouléme, Marguerite sa 
sœur, depuis reine de Navarre, et enfin, Artus de 
Gouffîer, chevalier de l’ordre du Roi et gouverneur 
des enfants du comte d’Angouléme. 

Les miniatures du n” 6808 sont de la main de l’ar- 
tiste qui décora un autre manuscrit. Les Histoires de 
Troyes, par Raoul Lefebvre. Manuscrit de la Biblio- 
thèque impériale, portant le n“ 6896. Voir M. Paulin 
Paris, Manuscrits français, t. VI, p. 209 à 21b; Mont- 
faucon, p. 785, col. 1. 

Un exemplaire manuscrit du Livre des Eschetz d'a- 
mour se trouve aussi à la Bibliothèque royale des ducs 



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VARIÉTÉS. SS3 

de Bourgogne, à Bruxelles; il provient des fonds 
barrois. 

Prosper Marchand, dans son Dktimmire, cite un 
manuscrit de cet ouvrage, se trouvant alors dans la 
bibliothèque du comte Charles Bentick, comprenant 
une table fort détaillée, un prologue assez étendu et 
441 feuillets; le tout parfaitement bien écrit sur vé- 
lin, et orné de très -belles miniatures et lettres d’or et 
d’azur. 

Le prologue commençait ainsi : 

« Chi commence l’acteur de che présent livre à dé- 
clairier aulcunement la rime dudit livre Rimet, » et 
finit par ces vers : 

Je lairray doncq ceste matere, 

Tant soit-elle de grant mystère. 

Je ny puis, briefment plus entendre, 

Ne ma nef plus avant estendre; 

Face qui voelt le romannant : 

Il me convient ailleurs déduire; 

Et Dieu voelle ma hef conduire. 

L’ouvrage est en prose. Par le langage, il parait 
avoir été écrit en Picardie; le che pour ce, comme che 
livre, chette femme, y régnent partout. 

Âmédée Conrad PfelTel, mort en 1809, donna un pe- 
tit article philosophique sur les échecs, traduit de 
l’allemand en français, dans le Magasin pittoresque, 
1840, p. 181, col. 2. 

Th. Murner est auteur du Ludus Studentium Fribur- 
gensium cwn prophetia mirabili in fine; iaipr. en loi 2' 
pet. in-4 de 15 feuillets et titre gravé, fig. en bois. 

La figure du titre représente deux personnages de 
l’époque, assis chacun sur un tabouret devant une 
table portant un trictrac avec ses pièces. 



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354 



VARIÉTÉS. 



I 



La gravure du !•' chapitre représente une main dont 
les pointes des doigts sont marquées de voyelles ; 
1 gravure au 3* chapitre ; au 4* chapitre se trouve 
l’échiquier de 15 cases sur 14, avec l’inscription : 
« Scacus quantitates syllabarum vocales quinque, cum 
earum figuris loti accommodati; » au 5* chapitre se 
trouve un trictrac avec des dés ; 1 flg. au chapitre 7 ; 
un échiquier de 210 cases au chapitre 9. 

Dans sa préface, Th. Mumer fait remarquer qu’il 
n’est pas un joueur, et que son seul but est d’ensei- 
gner des syllabes d’une manière nouvelle. 

L’ouvrage se divise en 10 chapitres ou parties diffé- 
rentes, ayant chacune un titre et une pagination par- 
ticulière. C’est un jeu orthographique qui est appliqué 
aux échecs. 

11 existe une édition antérieure, datée de 1511, in-4 
de 1 1 feuillets, avec 6 gravures sur bois. 

Gratian Dupont, dabs ses Controverses des sexes mas- 
culin et féminin (Toulouse, 1534, 1536, 1540 et 1541, 
liv. 11), donne des leçons de morale basées sur le jeu 
des échecs. 

La Philosophie royale du jeu des eschets pour Hf*' le 
Dauphin, et autres œuvres mêlées, par G. du Peyrat, 
aumOnier de S. M. (Henri IV). Paris, Mettayer, 1608, 
in-8 de vi-148 pages. 1 feuillet pour le titre, 3 feuil- 
ets pour la dédicace au roi de France, 2 feuillets pour 
la dédicace au Dauphin. La première partie de 38 feuil- 
lets est la Philosophie des échecs. 

Le Génie et la philosophie des échecs (sans nom d’au- 
teur). Hambourg, 1799. 

Le fond de cet ouvrage semble être tiré de la Philo- 
sophie royale du jeu des échecs. U a été réimprimé en 



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VARIÉTÉS. 



255 



partie par Labourdonnais dans son journal le Pala- 
méde, 1'® série, sous le titre : Théorie du jeu des échecs, 
et dans le Palamède, 2* série, 1844, p. 156 à 162 et 253 
à 264. 



Pièces du jeu. 

ROI. 

Le flot se nomme Schah chez les Persans, Scheh chez 
les Arabes; il donne son nom au jeu; il ne peut se 
mettre ni rester en échec, et lorsqu’il ne peut couvrir 
l’échec, la partie est mat ou perdue. 

Chez nous, il marche de case en case ; chez les Chi- 
nois, il ne peut marcher que d’un pas et seulement à 
angle droit. Son nom, chez les Islandais, est Koningr. 

Le Roi est pat ou la partie est nulle, lorsque le 
Roi se trouve la seule pièce à jouer, et qu’il ne peut 
bouger sans se mettre en échec. Le mot mat, d’après 
le docteur Duncan-Forbes, dériverait du persan mand, 
qui veut dire épuisé. 

Le flot dépouillé, c’est lorsque le Roi a perdu toutes 
ses pièces. En islandais, Bert. En anglais, Bare. 

DAME ou REINE. 

La Dame est la pièce la plus importante du jeu des 
échecs. Son nom, en Pci-se, est Ferz, ou Fierzin, ou 
Pherzan, ce qui signifie uizir ou ministre d'Etat. Chez les 
Chinois, elle est remplacée par les deux princes (sou) 
se plaçant de chaque côté du Roi. Au moyen âge, 
nous nommions cette pièce Fercia, Fierce, Fierche el 
Fierge, ce qui signifiait vierge. 



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256 



VARIÉTÉS. 



Anciennement la Dame était, comme elle est encore 
aujourd’hui en Orient, une pièce de peu d’importance ; 
elle ne fait qu’un pas à la fois et elle ne peut s’éloi- 
gner du Roi de plus de deux cases. 

Le poème de la Vieille, dit : « Le Roi, la Fierge et 
le Paon saillent un point, font un pas. » 

Chez nous, la Dame réunit à elle seule la marche 
de la Tour et celle du Fou; sa valeur est de huit 
pions. 

En Allemagne et en Russie, la Reine avait, en plus 
de ses marches ordinaires, celle du Cavalier. 

ARTIPICIEHS. 

Les Artificiers (poo) sont des pièces particulières au jeu 
d’échecs chinois ; ils sont placés sur la troisième ligne 
horizontale et devant les cavaliers; ils sont très-impor- 
tants et d’un jeu très-origiual; ils ont exactement la 
marche d’un artifice, ils voltigent par-dessus les pièces 
et vont saisir l’adversaire à l’autre extrémité du jeu. Ils 
marchent en lignes droites et en angles droits comme 
nos tours. 

Ces pièces sont d’une origine très-ancienne; elles 
étaient d’usage en Chine longtemps avant que nous 
eussions connaissance de la poudre. 

TOUR. 

La Tour se nommait au moyen âge rokh. 

Rokh est le nom d’un oiseau fabuleux, et qui rem- 
place dans l’échiquier des Arabes ce que nous appe- 



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VAR[ÉTÉS. 257 

Ions la tour. C’est de là que vient l’expression de 
roquer *. 

Selon d’Herbelot, dans sa Bibliothèque orientale, 

« rokh, dans la langue des anciens Persans, voulait 
dire vaillant homme, qui cherche des aventures, un 
héros, et ce qu’on appelait autrefois dans nos romans 
un preuœ, un chevalier errant. C’est de là que vient le 
mot dans les échecs, dont le jeu esl venu de Perse jus- 
qu’à nous. Les Espagnols l’appellent el-rocco, les Ita- 
liens rocca, et parce que ce mot italien signifie aussi 
une roche et une forteresse, nous avons donné le nom 
de tour à cette pièce. » 

Cette seconde définition peut être juste jusqu’à un 
certain point ; mais nous croyons qu’il n’y a qu’un 
oiseau qui peut donner lieu à roquer, il n’est pas ad- 
missible qu’une tour puisse sauter par-dessus le roi. 

Rabelais, dans son Pantagi-uel, Bal de la Quinte, 
nomme les tours custodes de la roque. 

Dans l’échiquier chinois, les tours se nomment tché 
ou chariots de guerre. 

La tour parcourt perpendiculairement et horizon- 
talement dans toute leur étendue les lignes de l’échi- 
quier; sa valeur est de cinq pions. 

Chez les Islandais, les tours représentent des petits 
capitaines que les écoliers d’Islande appellent centu- 
rions : ils portent des sahres à leur côté, ils ont les 
joues enflées comme s’ils soufflaient dans la corne 



1. Note de M. de Hammer, insérée dans les Contes inédits 
des Mille et une nuits. Paris, 1828, 1. 1, p. 139. 



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S58 < VARIÉTÉS. 

qu’ils tienneut dans leurs deux mains. (Twiss, Chess, 
part. IJ, p. 179.) 

Le roc s’effectue du côté du roi en plaçant le roi à la 
case du cavalier et la tour du côté de la dame, et en 
plaçant le roi à la case du fou de la dame, et la tour 
de la dame à la case de la dame. 

Le roc ne peut avoir lieu que si la tour ni le roi ne 
se trouvent sous le coup d’un échec et si ces pièces 
n’ont pas été jouées. 

Les Italiens admettent une grande variété de roc. 

FOU. 

f 

Chez les Orientaux, cette pièce se nomme fil, c’est-à- 
dire éléphant; les Français au moyen âge la nom- 
mèrent auphin, puis dauphin, nom du prince le plus 
proche du trône, et enfin fol ou fou. Les Espagnols la 
nommèrent delfil et arfil, aujourd’hui alferez; les Ita- 
liens alfiere ou sergent de bataille. Chez les Chinois, le 
fou se nomme tchong ou mandarin; chez les Islan- 
dais, biskup; chez les Anglais, bishop (évêque). 

11 parcourt diagonalement les lignes de l’échiquier, 
s£^ valeur est d’environ trois pions. 

CAVALIER. 

De toutes les pièces de l’échiquier, le cavalier est la 
seule pièce dont les mouvements n’aient jamais subi 
de variations 

Son nom primitif était simplement cheval, en sans- 
crit Asva, en chinois Emia, en persan Asp, en arabe 
Para, en italien Cavallo, en russe Kogn, en islandais 
Riddare. 



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VAHIÉTÉS. Î59 

Sa marche consiste à sauter sur la deuxième case 
opposée à sa couleur, sa valeur est d’environ trois 
pions. 

Le Problème do cavalier consiste à faire parcourir 
avec un cavalier toutes les cases de l’échiquier, sans 
revenir deux fois à la môme place et en commençant 
par une case donnée. 

L'Encyclopédie, édition de Genève, nous apprend 
que l’origine du problème du cavalier aux échecs se' 
perd dans la nuit des temps, que les brahmines, prê- 
tres indous, possédaient, il y a deux mille ans, un 
système qui parait s’ôtre transmis dans cette caste 
de génération en génération jusqu’à nos jours, car 
des voyageurs qui ont parcouru la presqu’île de l’Inde 
ont affirmé avoir vu plus d’une fois résoudre le pro- 
blème par des prêtres instruits qui faisaient un mys- 
tère de leur méthode. 

Vers le milieu du siècle dernier, cette même ques- 
tion occupa vivement l’attention du monde savant. 
L’Académie des sciences de Berlin proposa, en 1759, 
un prix de 4,000 francs pour le meilleur mémoire sur 
ce sujet. 

La plupart des recueils scientifiques de la seconda 
moitié du xviii' siècle ont donné des travaux sur 
cette question. 

Remarques sur Its problèmes de situation, avec 2 pl. 
(Voir VHistoire de l’Académie royale des sciences, 177t.) 
Paris, 1774, p. 506-574. L’auteur est anonyme. 

Un anonyme donna, en juin 1842, dans le journal le 
Palaméde, un problème et une solution comprenant 
8 vers alexandrins, dont la clef est dans la marche 
du cavalier. Ce problème et la solution se trouvent 



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260 VARIÉTÉS. 

reproduits dans V Introduction pratique de Poirson- 

Prugneaux. 

Franchir chaque degré d’un monde noir ou blanc; 

"Galoper en tous sens du Midi jusqu’à l’Ourse, 

Voilà co qu’un cheval peut faire; mais pourtant 
Quatre fois seize pas doivent borner sa course. 

Au but ainsi marqué, toi qui peux parvenir. 

Tremble qu’au même point ton coursier ne repasse : 

Tu verrais sous tes pieds un abîme s’ouvrir. 

Change toujours d’allure et fuis ta propre trace. ' 

.Alexander donna, dans sa Collection des plus beaux 
problèmes d'échecs, un travail sur celui du cavalier, 
le meilleur selon l’expression de l’auteur. 

Andersen travailla sur ce sujet. {Palamède, 1842, 
t. II, article Troupenas.) 

Baillière de Laisement fit paraître à Rouen, chez 
Racine, en 1782, un ouvrage in-8 de iv-74 pages et 
7 planches, intitulé Essais sur les problèmes de situa- 
tions, où l’on trouve différentes solutions sur le pro- 
blème du cavalier. 

Beverley (Sir W.). La Schachzeitung der Berliner, fé- 
vrier et mars 1849, et la Régence, même année, p. 169- 
318, publièrent une solution sur le problème du ca- 
valier, de cet auteur. 

CiccoLiNi donna à Paris, en 1836, un ouvrage inti- 
tulé : Del cavallo degli scacchi, in-4 de 70 pages et 
23 planches. « L’auteur divise l’échiquier en quatre 
carrés de seize cases chacun; il établit qu’il y a 1024 
cas susceptibles de conduire ainsi le cavalier en 64 ca- 
racoles, à partir d’une case quelconque jusqu’à une 
dernière autre case, alors éloignée de la première d’un 
-saut assigné au cavalier. Il en indique plus de 300 for- 



Digili.^ed b 



VARIÉTÉS. 



U\ 



mules numériques. Poirson-Prugneaux, dans son Intro- 
duction 'pratique..., p. 32.0-32S, en donne une analyse. 

CoLiNF. Le Journal encyclopédique, publié à Bouillon 
en 1772, donna une Réponse à un problème sur le jeu des 
échecs, par Colini..., adressé aux amateurs de ce jour- 
nal et imprimé dans le t.. VI, 3' partie, p. 433 à 462; 
f. VII, 1'® partie, p. 112 à 118, et 2® partie, p. 228 
à 300. 

L’année suivante parut à Manheim, chez Tobie 
Lœffter, une Solution du problème du cavalier au jeu 
des échecs, par M. G*** (Colini), in-8 de 2 feuillets, 60 
pages et I errata. Cette combinaison est assez estimée. 

L’abbé Dürand donna, dans ses Etudes théoriques et 
pratiques, une règle relative au trajet du cavalier aux - 
échecs, imprimée aussi dans la Régence, 1860. Il peut, 
en commençant par une case donnée, finir par celle 
qui lui est désignée à l’avance. 

EnT.ERflt paraître, en 1766, un premier essai, sous le 
titre : Solution d’une questi m curieuse qui ne parait sou- 
mise à aucune analyse, imprimé dans r/I<s<où’e de l’A- 
rudémie royale des sciences de Reri in, 1766, in-4; dans 
le Dictionnaire des jeux mathématiques, Paris, an vu ; 
et dans Y Introduction pratique de Poirson-Prugneaux, 
p. 320. 

Lequesne (E.). Lettre au directeur du journal la Ré- 
gence, au sujet de l’article sur le parcours du cavalier 
aux échecs fait par M. Solvyns, par E. Lequesne, im- 
primée dans la Régence, 1860, p. 370, contenant des 
solutions de ce problème. 

Selon cette lettre, le travail de M. Solvyns peut 
avoir un intérêt mathématique, mais .4 coup sûr, au 
point de vue des échecs, il laisse beaucoup à désirer. 



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262 



VARIÉTÉS. 



I.iBHi. Le Palamède, 1842, donne un extrait du Mé- 
moire de M. Libri sur le problème du cavalier, lu, le 
29 août, même année, à l’Académie des sciences. 

Maiban a donné aussi une solution du problème du 
cavalier. Les premiers sauts se font en ligne droite, 
ainsi que les 13, 14 et 15, les 19, 20 et 21, les 20, 27 
et 28, et les 38, 39 et 40. 

La méthode de Mairan présente de curieuses parti- 
cularités. Les angles droits sont fréquents. Poirson- 
Prugneaux en donne un aperçu dans son Introduction 
pratique, p. 318. 

Malababe. Dans la solution présentée sous le pseu- 
donyme Un Malabare, le cavalier finit sa course à la 
case voisine d’où il est parti. L’Introduction pratique 
de Poirson-Prugneaux l’a reproduite, p. 322. 

La méthode de Moivre est simple et fort ingénieuse. 
11 y a deux manières de jouer le 62' saut. Celle d’O- 
zanara serait la meilleure. Poirson-Prugneaux, dans 
son Introduction pratique, p. 317, l’a reproduite. 

Dans la solution de Monneron, comme dans celle 
d’Euler, après les 64 sauts, le cavalier se trouve à 
un saut delà case d’où il est parti. Cette solution est 
reproduite dans l’ouvrage de Poirson-Prugneaux, In- 
troduction pratique, dans l'Encyclopédie de Diderot et 
d’Alembert, article Échecs. 

Dans la solution de Montmoht, les sauts 47, 48 et 49 
sont en ligne droite. L’Introduction pratique de Poirson- 
Prugneau.x l’a reproduite, p. 319. 

OzANAu, dans ses Récréations mathématiques et phy- 
siques, 1694, 1720, 1778 et 1790, p. 25 à 35, donne 
trois solutions sur le problème du cavalier. 

PoLiGNAc. Dans la séance de l’Académie française 



VARIÉTÉS, 



m 

du 29 avril 1861, le prince Camille de Polignac ex- 
posa une nouvelle solution du cavalier. 

SoLVYNs. AppliccUion de l'analyse aux sauts du cavalier, 
par E. Slyvons (Solvyns). Bruxelles, 1856, planches. 

Mémoire très-savant, où l’auteur démontre mathé- 
matiquement qu’il existe 20,160 manières différentes 
de résoudre le problème. . 

Dans cette solution, aussi simple qu’elle est satisfai- 
sante, de même que dans ceJle de l’abbé Durand, on 
voit qu’on peut résoudre le problème en se faisant 
désigner une case pour point de départ, et une autre 
de couleur différente pour point d’arrivéet 

Stamma donna, dans ses Essais sur le jeu des échecs, 
une solution sur ce problème. 

M. SüANBERG a travaillé aussi sur le Problème du Ca- 
valier. — Cité dans la Régence, 1 830. 

Solution de Troüpenas, donnée comme étant d’Euler, 
conformément sans doute aux Mémoires de l’illustre 
géomètre. 

De la 64* case on peut revenir A la !'• par le saut du 
Cavalier. 

Cette combinaison offre deux suites de sauts, l’une 
parcourant les 32 cases inférieures de l’échiquier; 
l’autre les 32 cases supérieures. La f® communique à 
la 2® au 32® saut; la seconde le peut en gagnant la f® 
case de la première suite au 64* saut — Imprimé 
dans VIntrod. prat. de Poirson-Prugneaux, et dans le 
Palaméde, 1842. 

Dans la solution de Vander-Monde, faite d’après celle . 
de Troüpenas, le Cavalier, parvenu à la 64® case, est 
éloigné de la première d’un saut de Cavalier, comme 
dans la solution d’Euler. — Imprimée en 1771, dans les 



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_J64 variétés. 

Mémoires de l’Académie des sciences. Reproduite dans 
l’Introduction prat. de Poirson-Prugneaux. 

Xe Journal des comptes rendus de l'Académie, 2 sept. 
t7îi0, donna un Mémoire de Volpicelli, renfermant 
deux solutions générales et analytiques sur la marche du 
Cavalier aux échecs, La Régence, 1850, p. 291 A 292, en 
donna un extrait d’après le rapport inséré dans la Ga- 
zelle de France. 

Lettre adressée aux auteurs du Journal eruyclopédique 
sur un problème de l’échiquier, par le chevalier W., 
capitaine au régiment de Kinsky, datée de Prague, le 
20 avril 1773. {Journal encyclopédique, 1773, vol. VI, 
p. 123 à 125.) 



PION. 



Son nom, en sanscrit, est padata ou valica, qui, 
aussi biert que son nom persan piada, signifie simple- 
ment fantassin. Les Arabes changèrent ce mot en 
baidach. En Chine, son nom est ping. En l^rance, au 
moyen âge, on le nommait poannet, paonnier, paonne 
oipaxn. Rabelais, dans son Bal de la quinte, appelle les 
pions nymphes, d’autres auteurs garçons ou garçon- 
nets. 

Dans l’échiquier chinois, les pions sont au nombre 
de cinq, ils se placent sur la quatrième ligne, devant 
le Roi, les Mandarins ou Eléphants et les Chars. 

Dans notre échiquier, ils sont au nombre de huit. 

Leur marche est d’un pas en avant ; ils prennent en 
oblique sur les premières cases en avant; ils ne peu- 
vent jamais reculer, et arrivés à la huitième bande, 
ils deviennent dame. 



a» 



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VARIÉTÉS. 265 

Les auteurs qui se sont occupés particuliérement du 
jeu des pions sont : 

Philidor, dans son Analyse. 

Le comte Bjissy d’Anglas, dans la Partie des pions : 
sur le jeu et la valeur de ces pièces dans les différentes po- 
sitions, travail imprimé dans le Paluméde, 1 837, p. 1 7 
à 24, et dans la tiéyence, 1849-aO; il est très-curieux, 
la plupart des recueils d’échecs en ont fait mention. 

Le major Jaenisch, Mémoire sur le principe des pions 
considéré comme principe fondamental du jeu des échecs, 
impr. dans le Palaméde, 1844. 

Chez les Indiens, lorsque le pion atteint la derniôro 
bande du jeu, il devient Fou, Cavalier,Tour ou Reine, 
selon la case oïl il est parvenu ; mais il ne peut arri- 
ver à cela que si la pièce adversaire a été prise ; autre- 
ment, on tient le pion en réserve, jusqu’à ce que la 
pièce que l’on a envie de faire soit retirée du jeu. 

PLACE DES PIÈCES. 

Sur la quatrième case du premier rang de l’échi- 
quier, celle opposée à sa couleur, se trouve placé le 
Roi; à côté de lui la Dame. Les Tours sont à la pre- 
mière case de chaque côté de ce rang; les Cavaliers 
entre les Tours et les Fous. Les Fous se placent sur la 
troisième Ciise de chaque côté. 

Les huit pions occupent les huit cases du second 
rang. Les pièces des deux adversaires doivent se faire 
vis-à-vis, c’est-à-dire 1a Dame en face la Dame, le Roi 
en face le Roi, etc. 



12 



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266 



variétés. 



Politique. 

l.NNOCE.NT 111, pape en H98. On atlribue à ce pape 
une petite pièce de vers de 2 pages, existant en ma- 
nuscrit, en Angleterre, sous le litre : Moralitas ex 
schaccario seu ludo scaccorum, au collège Saint-Jean-Rap- 
liste à 0.\ford, sous le n® 176S, et dans celui de Saint- 
Bennet à Cambridge, n“ 1392; mais, selon Th. Ilyde, 
Shahiludium, p. 171», l’auteur de cet ouvrage ne serait 
qu’un simple moine anglais qui l’aurait écrit vers 
l’an 1400. (Twiss, Chess, 1789, t. II, p. 4, donne une 
traduction anglaise de cet opuscule.) 

Cessoi.es (Jacques de). Jacobin Picard, du xm' siècle, 
est le premier auteur qui se soit avisé d’appliquer le 
jeu des échecs à la morale et à l’économie. Peu de 
temps après la publication du fameux livre de Gilles, 
de Rome : De Degimine prineipum, il fit paraître la 
SIoraHté des hommes nobles et des gens du peuple sur le 
jeu des échecs, écrit en latin, vers 1290. 

Cessoles aurait lu attentivement le traité de Gilles, 
de Rome,elaurait eu l’idée d’appliquer aux piècesd’é- 
cbecs les instructions adressées aux personnes de toutes 
classes par le célèbre archevêque de Bourges ; il prit 
un jour pour texte de ses sermons les rapports qu’il 
était facile d’établir entre les rois, ministres, nobles, 
prêtres, magistrats et gens du peuple, avec le roi, la 
reine, les cavaliers, fous et pions des échecs. De là 
ressortaient des enseignements qui, sans doute, obli- 
gèrent le prédicateur à distribuer son parallèle en 
plusieurs discours. On lui fit de grands compliments 



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VaRIIÏTÉS. 



267 



de son procédé, et son traité de morale et de politique 
devint très en usage parmi les grands et les gens du 
peuple; il est vrai que l’on n’avait alors guère de meil- 
leurs ouvrages pour l’insfitulion des mœurs. Les ma- 
nuscrits en sont très-nombreux et généralement assez 
incorrects. La première édition du texte a paru sous 
le titre : Incipü solcUium ludi sihacchorum... Ego frater 
lacolus de Thessalonin. In-fol. de 39 feuillets, sans 
cbilTres, réclames, ni signatures, à longues lignes avec 
les caractères dont Nie. Ketelaer et Gérard de Leempt 
se servaient à Ltrecht en 1474. (Vente La Sema, en 
180t, 140 fr.) 

Les autres sont : 

De 1479, imprimé à Milan, Paulin! de Suardis, in- 
fol. de 24 feuillets à deux colonnes non chifirés. 

S. 1. n. d. (vers 1480), in-4 goth., signé de a b 's à h 

S. 1. n. d. (vois 1480), pet. in-4 goth., 29 lignes à la 
page, signatures A. G. — M. J, G. en 1844, vendu 
100 fr. 

Mediolani, 1497, in-fol. — Panzer, t. II, n® o24. — 
Hain, t. IL 

Viennæ Austriæ, Joh. 'Winterburgii (150o), in-4 de 
32 feuillets, fig. sur bois. 

Peu de temps après l’apparition du texte latin de 
Cessoles, deux auteurs français, Jean de Vignay et Jean 
Ferbon, traduisirent ce long sermon. La traduction de 
Ferron porte la date du 4 mai 1347, et celle de Vignay 
fut exécutée de 1318 à 1330, époque où Jean, fils du 
roi Philippe de Valois, avait le titre de duc de Nor- 
mandie. Les deux traducteurs ne se doivent rien l’un 
à l’autre, leur travail est complètement différent. 

La traduction de Ferron porte souvent le nom de 




268 



variétés. 



Vignay; celle erreur vienl de la célébrilé de ce der- 
nier que les copislcs jugeaienl convenable de nommer 
pour donner plus de valeur à leurs manuscrils. 

La Iraduclion de Jean de Vignay esl dédiée à Jean, 
duc de Normandie; celle de Ferron à un seigneur 
Berlrand Auber de Tarascon. Les manuscrils de ces 
deux Iraduclions sonl forl nombreux el souvenl ornés 
de vignelles el de miniatures. 

Antoine Vérard imprima à Paris, en 1304, une mau- 
vaise copie de la traduction de Vignay, suivie de l’Ordre 
de chevalerie et d’un Dialogue entre Mèlibée et Prudence. 
Un exemplaire sur vélin se trouve à la Bibliothèque 
impériale. Une deuxième édilion aurait été faite par 
le même en 1314. Michel-le-Noir publia aussi à Paris, 
en 1305, une édition de la traduction de Vignay; on y 
trouve à la fin un Traité de chevalerie. 

Beauchamp, dans ses Recherches sur les théâtres, 
1733, t. 1, p. 234, regarde à tort la Moralité des échecs 
de J. de Cessoles comme faisant partie des anciennes 
pièces dramatiques, dites Moralités. 

L’ouvrage de Cessoles a été traduit dans presque 
toutes les langues européennes; quelques-unes de ces 
traductions sont de grande valeur comme curiosité 
typographique. 

La Bibliothèque impériale possède, sous les n«‘ 7068, 
f>* 140 à 207; 7072, 33 f»% 71 à 100 ; - 7690; — 7330; 
— 7386 ; — 7387 ; — 7388 et 7389, des traductions de 
la Moralité du jeu des échecs de Cessoles. 

William Caxton est l’imprimeur du The game and 
playe of the chesstranslatcd out of the french. Fynysshid 
the last day of marche, the year of our lordGod a Thou- 
sand foure hondred, etc. (1474), in-fol. de 72 feuillets. 



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VARIÉTÉS. 2fi9 

dont les pages entières portent 31 lignes, âg. sur bois. 
C’est la première édition. Cette traduction anglaise est 
faite sur la traduction française de l’ouvrage latin de 
Ccssoles ; on la regarde comme la première production 
typographique avec date, imprimée à Westminster. 
M. Dibdin croit qu’elle doit avoir été faite dans les 
Pays-Bas, et pour justifier son opinion, il fait observer 
qu’on n’a pu trouver jusqu’à présent les mêmes ca- 
ractères dans aucune édition de Caxton, tandis qu’au 
contraire on les reconnaît dans les deux éditions du 
Recueil des Histoires de Troye qu’a données Caxton 
dans les Pays-Bas ou à Cologne. 

Cet ouvrage a été vendu, avec 6 feuillets manuscrits, 
54 liv. 12 sh. à la vente Alchorne, soit 1,365 fr., et 
60 liv. 10 sh., vente Hodgson, en 1855 (avec la table 
et 2 feuillets manuscrits). M. Georges Walker dit, dans 
le Palaméde, 2“ série, qu’il a été vendu, dans une vente 
de Londres, au prix de 80 guinées (plus de 2,000 fr.). 
Le British Muséum le paya une somme beaucoup plus 
élevée. 

La 2® édition, s. 1. n. d., in-fol. de 84 feuillets à 24 
lignes à la page et 2i figures sur bois (les mémos que 
celles de la P® édit.), a de plus une préface de Caxton 
au commencement du volume; elle est aussi très- 
rare. 

A lu vente Willett, un exemplaire a été adjugé 173 
livres 5 sh., soit 4,331 fr. 25 c.; à celle de Inglis, 
31 liv. 10 sh., soit 787 fr. 50 c. . 

Une réimpression fac-similé du The game of the 
Chess, de W. Caxton, a été faite à Londres, en 1860, 
pet. in-fol., au prix de 25 fr. 

Conrad de Ammenliusen donna, en 1337, une tra- 



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Î70 



V.UUÉTÉS. 



daclion en vers allemands, du traité de Cessoles. Un 
exemplaire de cette traduction se trouve à la Biblio- 
thèque impériale, manuscrit 7834. 

Middleton, a game at chess, édité en 1610, 1624 et 
1628. Nous y reviendrons plus loin. 

L’Eschiquier de la cour, s. 1., 1617, in-8. Petit pam- 
phlet en vers français. 

Nouvelle manière de jouer aux échecs, trouvée chez 
madame de P*** (Polignac), à Versailles, sans indica- 
tion d’auteur, de date, ni d’éditeur. 1 page in-8. Petit 
pamphlet très-violent, en vers. 

Jean de Meung, dans son Roman de la Rose, discou- 
rant sur la fuite de Corradin, qui se prétendait roi de 
Naples, et sur Henri, 01s du roi d’Espagne, dit ainsi : 

Ces deux, comme fols garçonnets, 

Et fols 1, et rocs * et pionnets®. 

Et chevaliers * au jeu perdirent, 

Et hors l’eschiquier saillirent, 

Telle peur eurent d’être pris 
Au jeu qu’ils s'eurent entrepris; 

Mais qui la vérité regarde. 

D’être pris ils n’avoieiil pas garde, 

Puisque sans Roy ils combatoient. 

Échec et mat ne redoutoient. 

Etienne Pasquier, dans scs Recherches de France, 
liv. IV, chap. 31, dit à ce sujet ; « On ne fait pas au 
Roi (aux échecs) le déshonneur dé penser qu’il soit 
pris; on le fait mat, mais on ne le prend point. Et 



1. Fous. 

2. Tours. 

3. Pions. 

4. Cavaliers. 



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VARIÉTÉS. 271 

c’est pourquoi Jehan de Meung, voulant excuser l’indi- 
gnité que Charles d’Anjou (frère de saint Louis) avait 
exercée en faisant mourir Corradin (en 1263), il dénie 
la qualité de roi en ce jeune prince. » 

Proverbes et Dictons. 

La Vie est une partie d'échecs, a dit Michel Cer- 
vantes. « Partout sur la terre les hommes jouent des 
rôles différents; comme aux échecs, qui des rois, qui 
des fous, qui des chevaliers, qui des simples soldats, 
selon la fortune et la naissance. Et quand la partie est 
finie, la mort entre en scène et passe le niveau de l’é- 
galité, de môme que pour les échecs replacés dans 
leur boîte. « Dans son roman de Don Quichotte, 
entre autres dans le chap. vi, l’auteur fait mention 
des échecs. 

Les Fous sont aux échecs les plus proches des Rois. 

(Récmer.) 

Les Aiabes, pour signifier qu’il ne faut janiais 
mépriser la faiblesse de son ennemi, disent, en forme 
de proverbe : Farobba ma camarat, ou Comarat belbei- 
dak, alschach. « Un pion embarrasse et emporte souvent 
le Roi des échecs. » {Bildiothécfie orient. d’Herbelot.) 

Lorsque la maison est en feu, il n’est pas bon de jouer 
aux échecs. 

Dame)' le pion, d’après Richelet, dans son Diction- 
naire, c’est emporter sur quelqu’un une affaire pour 
laquelle on est en concurrence avec lui. Selon Miége, 
dans son Dictionnaire, c’est supplanter quelqu’un. 
Leroux, dans son Dictionnaire comique, donne la môme 



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272 VARIÉTÉS. 

explication. Le Dictionmire de l’Académie, 1776, 2 vol., 
dit : « Renchérir sur lui en quelque chose. Il préfen- 
doit exceller en cela, mais il a trouvé un homme qui 
lui a damé le pion. » 



Singes joueiirs d’échecs. 

Pline dit que les singes jouent bien aux échecs. (P. 
Mallet, Traité du jeu de Dames, p. 311.) 

Jean Sleidan nous apprend queCharles-Quint, jouant 
aux échecs avec son singe, celui-ci lui fit Yéchec du 
berger. L’empereur, vexé d’étre ainsi maté, lui jeta 
son échiquier à la tête. Ayant de nouveau forcé son 
singe à jouer, cet animal, sur le point de lui faire 
échec et mat, pour éviter un nouveau coup, fit vive- 
ment un plongeon sous la table. 

Le Facétieux réveil-matin. Troyes, p. 3a, raconte une 
histoire analogue, sans nommer le personnage en 
question. 

Un exilé de la Révolution, à son retour en France, 
se fit remarquer par la science d’un singe à qui il 
avait montré à jouer aux échecs. Ils faisaient leurs par- 
ties au café du Mail, au coin de la rue du Mail, à Paris. 

Le Singe et le Gascon. Cette histoire ressemble fort à 
celle du singe de Charles-Quint. « Un personnage es- 
pagnol, célèbre comme joueur d’échecs, nommé don 
Gabriel de Roquas, a un singe qui est ausssi de pre- 
mière force à ce jeu. Un Gascon, surnommé le cheva- 
lier de l’échiquier, ayant appris ce fait, part de sa 
ville de Bordeaux pour se rendre à Cordoue, voit l’Es- 
pagnol jouant avec son singe une partie d’échecs. 



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variétés. 



273 



prend la place du maître ; le singe le mate. Le Gascon 
saute sur le singe^ le frappe d’un coup de poing, con- 
vient de son tort vis-à-vis du maître de l’animal, fait 
une nouvelle partie; enfin, après avoir joué quelques 
coups peu marquants, le singe avance un pion, et, s’é- 
chappant aussitôt, grimpe sur une armoire. Le Gas- 
con, surpris, en demande la cause au maître, qui lui 
montre un mat en deux coups. » Palaméde, 1836, 

p. 280. 

On lit aussi une anecdote analogue, dans Roger- 
Bontemps en belle humeur, Amst., 1763, t. I, p. 93. 
Cette anecdote se trouve reproduite dans plusieurs re- 
cueils de ce genre. 

Synon3rtuie du mot échecs '. 

Allemand Schach. 



Anglais Chess. 

Arabe Shek (roi ou seigneur). 

CuiNois Chomj-ki (jeu royal). 

Espagnol Ajedrez, a.eedrez. 

I Moyen âge ; esquiez, eschez. 
Itenaissance : eschets. 
Moderne : échecs. 



Ancien jeu : pessos. 

Jeu moderne : zatricion et Xatricion, 



1. « Chez les Siamois, il y a deux variétés principales de jeu 
d’échecs, le jeu ordinaire, ressemblant à celui des Indiens, s’ap- 
pelle mak-roak, le second se nomme len-koua-kin-ngoa (les 
tigres mangent le bœuf). » 

(Note communiquée par M. Léon de Rosny.) 

12 . 



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VARIÉTÉS. 



274 

Hollandais.,.. Srhaaks. 



Italien Scacchis. 

Japonnais fio. 

Ancien jeu : latrunculorum. 

Nouveau jeu : schaccoruni. 

( Schatrengc. 

I Schatrak. 

Russe Chakmatmiaigra. 



Théâtre. 

Middlelon est auteur d’une comédie, A game at chess, 
publiée à Londres en 1 610, in-4 de 68 pages et I front., 
en 1624 et en 1628. 

C’est une espèce de controverse religieuse, où la par- 
tie est jouée entre l’Kglise d’Angleterre et celle de 
Rome. La première remporte la victoire. Cette pièce 
fut regardée comme un pamphlet politique et fit met- 
tre son auteur en prison, par ordre du roi Jacques. 
(Hyde, Lud. orient. iSi‘,Ci.otavs,Biblioth.lus., p. 105. 
Palaméde, 1836, p. 230.) Devenues rares, les diverses 
éditions de cette comédie se payent de 2 à 4 guiiiées 
dans les ventes publiques de Londres. 

La Scaccaide, trag. da P. Al, Salvio, Napoli, Lazare 
Sorrizio, 1612, in-8. 

Le Joueur d’échecs, vaudeville en 1 acte, représenté 
pour la première fois sur le théâtre Montansier (du 
Palais-Royal), le 13 vendémiaire an ix (1801). Paris, 
1801, in-8 de 36 pages; réimprimé, en 1844, dans le 
Palaméde, p. 599-617. 

Le 19 thermidor, an vm (1800), il avait été donné. 




VARIÉTÉS. 



275 



sup le théâtre des T roubadours, un vaudeville intitulé : 
l'Automate qui joue aux échecs. Cette pièce n’avait pas eu 
le succès qu’on en attendait, le fond en étant presque 
nul et non racheté par quelques couplets saillants. 
Lfi Joueur d’échecs parait avoir ou plus de chance, en 
voici le résumé : Léandre, jeune offlcicr, est amou- 
reux d’Isabelle. Cassandre, grand amateur d’échecs, 
veut un gendre passionné pour ce jeu, et celui-ci se 
lasse trop vite d’y jouer. Léandre sachant que le père 
d’Isabelle voudrait acquérir l’automate joueur d’é- 
checs, qui faisait alors grande sensation dans Paris, en 
prend le costume et se fuit porter ainsi chez son futur 
beau-père. La fraude ne tarde pas à se découvrir. 
Cassandre s’indigne d’abord, puis se radoucit et finit 
par accorder la main de sa fille Isabelle. 

Echec et Mat, drame en cinq actes et en prose, par 
M.M. Oct. Feuillet et P. fioccage, joué à l’Odéon pour 
la première fois, le 23 mai 1816. Paris, 1846, in-8. 

Dans le Bourru bienfaisant, de Coldoni, joué à Paris 
en 1771, on parle des échecs ; dans le second acte, on 
trouve le dialogue suivant : 

« Voyons ce coup d’hier. 

DOHVAL, d’un ton compatissant. 

Vous le perdrez. 

GÉRONTE. 

Point du tout : voyons. 

DOHVAL. 

Vous le perdrez, vous dis-je. 

GÉRONTE. 

Je suis silr que non. 

DORVAL. 

Si VOUS ne le secourez pas, vous le perdrez. 



-«•-s, - ■ — — 



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276 

Qui? 



VARIÉTÉS. 

GÉRONTE. 



DORVAL. 



Votre neveu, 

GÉRONTE, vivement. 
Eh 1 je parle du jeu, moi. » 



fl N. 



\ 



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ADDENDA 



Nous ajouterons ici quelques renseignements 
curieux qui nous sont parvenus après l’imprcssiop 
des feuilles précédentes; nous saisissons celle oc- 
casion pour adresser aux personnes qui onl bien 
voulu nous les communiquer : MM. P. Journoud, 
Paul Lacroix, Gust. Brunet (de Bordeaux) et 
J. Loëwenthal (de Londres), clc., nos vifs remer- 
cîments de leur complaisance. 

CuER Monsiel'u Gay, 

J’ai lu avec un vif plaisir les épreuves que vous 
avez bien voulu me communiquer de voire travail sur 
le jeu des échecs. Joueur des plus inhabiles, je n’ai 
nullement à m’en occuper. 

Je veux seulement vous entretenir de quelques 
points de bibliographie. ^ 



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278 



ADDENDA. 



La liste que vous dressez des principaux ouvrages 
relatifs aux échecs est intéressante; mais vous n’avez 
point prétendu la rendre complète, et vous avez raison; 
les bibliographies spéciales ne sont que trop surchar- 
gées d’écrits sans valeur. Toutefois, il me semble que 
quelques indications nouvelles peuvent s’ajouter à 
votre excellent travail. Qui peut se flatter d’avoir tout 
vu, de tout connaître? 

En envisageant d’abord ce qui concerne les pro- 
ductions du moyen fige, je vais indiquer ici un manus- 
crit latin qui est au Musée britannique (fond Sloane, 
4020); l’auteur, resté anonyme, compare les huit car- 
rés {octo functa) de l’échiquier aux huit espèces d’hom- 
mes qui, selon lui, peuplent la terre; mais il n’en 
indique que six : les sages et les méchants, les ecclé- 
siastiques et les laïques, les riches et les pauvres. 

Un petit poème, sans date ni titre, que l’on peut 
faire remonter au milieu du xiii' siècle, se trouve 
aussi au Musée britannique (fond Cotton); il occupe 
neuf pages à deux colonnes, quaraPte vers par page. 
11 est en langue française; en voici le début : 

Seignors un poi mentendez 
Ki les gius des' esches amez, 

E ieo vne partie vus dirrai 
Selum iceo ke apris en ai. 

Cet écrit, un des plus anciens qu’il y ait sur cette 
matière, ne donne d’ailleurs, sur la marche des di- 
verses pièces, sur les moyens d’amener tel ou tel coup, 
que des renseignements obscurs et imparfaits, dont il 
est fort difficile de bien saisir le sens. Mais il résulte de 
cette lecture pénible la conviction que les joueurs, à 
cette époque, ne manquaient point d’habileté, et qu’ils 



Digi*'"' : by vïOOgk 




ADDENDA. 



276 



avaient profondément médité sur toutes les combinai- 
sons auxquelles peuvent conduire les marches et con- 
tre-marches des pièces d’un échiquier. La première 
partie a lieu entre dut barons ke des esches vrent apris; 
l’un met pour enjeu sa tète, et l’autre sa fille. 

A la suite de ce poème, vient un fragment en vers 
latins sur le mouvement des diverses pièces dq l’échi- 
quier. Il suffira d’en citer le début. 

It pedes ad bellurn prior incipit ipse duellum, 

Pergit in obliquum punctum feriens inimienm, 

Alpbeus in trineis parat in>idias inimicis, 

Pugilat potenter temptatque ferire latenter. 

L'n autre manuscrit du Musée britannique (fond 
royal, 13 A. xviu) renferme la marche d’un grand 
nombre de coups, la relation de diverses parties fort 
compliquées ; il ne contient pas moins de deux mille 
vers. Des noms particuliers sont donnés à cinquante 
coups différents, et quelques-uns de ces noms mériteut 
d’étre reproduits; il en est qui s’enveloppent d’une 
forme proverbiale. 

« Le guy de dames. 

(I Le guy de damoyseles. 

« Le guy de alfins. 

« Le guy de unel. 

« Ki perd sey salve. 

« Bien troue. 

« Mieut vaut engyn ke force. 

« Fol sy prent. 

« Ly desperez. 

« Ly mervelious. ‘ 

« Fol si sey fie. 

« Mal veysyn. » 



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ADDENDA. 



28t 



lant jaloux d’une dpcusc plus jolie que sage; il ne faut 
rien moins que rattcrition nécessaire à une grave 
partie d’échecs pour détourner un moment la vigi- 
lance de l’argus; ce moment est funeste pour lui, et 
quelque brillants que soient sur l’échiquier les succès 
du mari, à coup sûr c’est lui qui perd la partie. 

Marie de France, dans son Lai d'EKduc, repré- 
sente un roi d’Angleterre comme amateur passionné 
des échecs ; il donne des leçons à un chevalier étran- 
ger. 

Les vieux statuts du Savoy Hospital, à Londres, 
interdisent expressément tous jeux de cartes ou de dés, 
mais les échecs sont permis en tout temps : « Statui- 
musquod nullus magister, capellanus aut aliquis alius 
minister, ad talos, cartas vel aliquos alios jocos illicitos 
clam vel palam quo quomodo ludet. Poterinf enim 
omne tempore luderc ad scacchos. » 

Les pièces de l’échiquier étaient souvent, au moyen 
âge, faites de substances précieuses. Je ne regarde pas 
comme autorité positive les témoignages du roman de 
Parise la Duchesse (publié par M. de Martonne, 1836), 
qui mentionne des pièces en or et en cristal; du ro- 
man du Saint-Graal : « puis voit l’esebiquier et ly es- 
chets assis au tablier d’or, les uns d’yvoire, les autres 
d’or; » du poème d’Alexandre, qui décrit un échiquier 
d’or fin, d’émeraude, de saphir, de rubis; du Roman 
delà guerre de Troye, qui ûgimla un Scacchier d’or et 
d’argent; les documents historiques nous offrent des 
assertions plus positives ; c’est ainsi que l’inventaire de 
la garde-robe d’Édouard I" (fragment curieux publié 
par la Society of Antiquaries), signale les deux articles 
suivants : 



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283 



ADDENDA. 



(I Una familia pro scacario de jaspide et cristallo, in 
uno coffro. 

« Una familia de eborc pro ludendo ad scacca- ’ 
rium. 0 

Dans le récit de la translation des reliques de saint 
Stremon (Acta sanctonm ord. S. Benedicti, sæc. III) 
on trouve les mots suivants : « Pro reverentia B. mar- 
tyris plurima reliquit insignia, scilicet scachos chrys- 
tallinos et lapides preciosos et auri plurimum. » 

A l’égard de Jacques de Ccssoles, auteur de ces 
échecs moralisés qui eurent tant de vogue au moyen 
ûge, je vous signalerai une curieuse notice du savant 
bibliographe Leber, insérée dans le Bulletin du Biblio- 
phile (seconde série, 1837, p. 527). Leber discute avec 
la sûreté habituelle de son érudition les divers témoi- 
gnages consignés dans les écrits de la Croix du Maine, 
delà Monnoye, de Prosper Marchand, delà Sema San- 
tander, dans la Biographie universelle, etc., au sujet de 
ce personnage, dont le nom a été souvent étrangement 
défiguré. On le trouve en effet écrit : Cæsolis, Cesulis, 
Cussalis, Castulis, Casulis, Cesolis, Cesolus, Cessole, 
Casolis, Cossolis, Cessulis, Cesolis, Cezoli, de Cezolis, 
Sesselis, Tessalis, Tesselis, Thessalis, de Thessalonia, 
de Thcssalonica, de Thessolus. La liste est longue. 
L’article inséré dans le Dictionnaire historique de Pros- 
per Marchand est ce qu’il y a de plus étendu et do 
plus instructif sur ce sujet ; il n’est pas épuisé, mais 
le savant biographe a relevé bien des erreurs; il 
est vrai qu’il en a commis quelques-unes, et celles 
qu’il avait signalées ont souvent été reproduites après 
lui. 

Leber mentionne les énormités que présentent les 



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ADDENDA. 



283 



éditions primitives du Jeu des échecs moralises ; on se 
souciait fort peu de la correction dans la plupart des 
imprimeries du quin/âèmc siècle où s’élaboraient des 
livres français; des protes fort négligents lisaient mal 
des mots corrompus par l’ignorance des copistes, et 
se préoccupaient fort peu de n’imprimer que ce qu’ils 
comprenaient. Dans l’édition de Verard, si nous ou- 
vrons au hasard la traduction de Jacques de Vignay, 
nous tombons sur le chapitre iv, nous trouvons l’his- 
toire de la continence de Stipon Aiiffriquen. C’est une 
traduction un peu libre de Scjpio Afi'icunus. 

Les traducteurs, faisant fausse route, se tournent 
le dos dans la même ornière. Jacques Fréron, tradui- 
sant Cessoles, déclare que la reine, aux échecs, est 
assise à la gauche du roi pour les accolements de son 
mari, et celte position de la reine retrace, selon lui, 
les figures du verset 6, chapitre ii, du Cantique des can- 
tiques *. Jean de Vignay, traduisant le même passage, 
dit au contraire que la reine s’assied A la droite. Ce 
qui est curieux, c’est que ces deux interprétations 
contradictoires ne sont pas plus recevables l’une que 
l’autre, les deux reines figurant toujours en face, la 
noire de la blanche, dans l’ordre des pièces de l’échi- 
quier; il est évident que si la noire prend ladroilede 
son roi, la blanche doit nécessairement se contenter 
de la gauche au point oppposé. Observons cependant 
que cette conclusion ne serait juste qu’à l’égard des 
règles modernes du jeu. 11 parait qu’au moyen âge 



1 . Lœva ejus suO cnpite meo, et deytera illius amplexabi- 
tur me. 



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284 



ADDENDA. 



les conventions étaient dilTérentes et que les deux 
reines prenaient place sur la même couleur. M. Leber 
en trouve la preuve dans un rare et curieux volume : 
Oratoriæ arlis epitoma. Insuper et perquam (acüis me- 
morice artis modus Jacobi Publicii Ftorentium, (Vene- 
tiis, 149 j, 4’). Parmi les figures qui décorent ce livre, 
est un alphabet de lettres grotesques suivi d’une table 
d’échiquier garnie de ses pièces. La case blanche 
du roi ou de la tour est i la droite du joueur, comme 
dans la régie moderne, et les deux reines occupent 
chacune la case blanche à la gauche de chaque roi. 

Terminons ce qui regarde Jacques de Cessoles en 
remarquant que, quelques manuscrits indiquant pour 
son nom Jacobits de Thessalonia, des érudits n’ont 
pas hésité à avancer qu’il était né à Thessalonique. La 
Sema Santander suppose, dans son Dictionnaire biblio- 
graphique du quinzième siècle (t. I, p. 292), que le 
mot Thessalonia est là pour Thesselarum ludus, jeu de 
tables, ou, si l’on veut, d’échecs, de sorte que le mo- 
raliste, habitant du couvent des Dominicains de Reims, 
se serait appelé Jacques de l'Echiquier. M. Leber sup- 
pose, avec bien plus de raison, que Jacques était origi- 
naire de la Thiérasche (Théorascine), au nord du 
Laonnais; un copiste ignorant ou distrait aura écrit 
Thessalonia, et c’est ainsi que d’un moine picard on a 
fait un Macédonien. 

Vous avez fait mention du chapitre relatif au jeu 
des échecs qui se trouve dans les Gesta Romanorutn 
(ch. 13a, p. 382 du Viol icr des hisloires romaines, qui 
fait partie de la Bibliothèque elzévirienne). Un examen 
attentif des réflexions religieuses et morales que dé- 
veloppe l’auteur pourrait jeter du jour sur les régies 



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ADDENDA. 



285 



du jeu adoptées au moyen Age. Je me bornerai à vous 
signaler ce qu’il dit des Alphim « qui cheminent 
« contre mont et contre val, et signifient les sages du 
« monde qui ont (rois choses, entendement, raison et 
« force; ceulx-cy deussent à Dieu fendre par les œu- 
« vres de miséricorde contrcmont, mais ils tendent 
« contre has par humaine déception et éloquence, 
« courant lattéralcment au coing par les trois points 
a qui signifient les gloutons, les ravisseurs du bien 
« d’autrui et les orgueilleux en l’affiuence de leur 
B beaulté et richesse, ceulx-cy voyant lattéralemenf, 
B et enfin par le dyable d’enfer, signé par le roc sont 
B perdus. » 

A propos [des échecs chez les anciens Israélites (et on 
doit bien reconnaître qu’à cet égard les témoignages 
positifs font défaut), je vous signalerai un érudit 
allemand, Jean-Jacques Schudt, qui, dans ses Judische 
Merkwurdigkeitcn (Francfort, 1724, in-4®), avance 
(partie IV, ch. xxxv, p. 382) que les Juifs avaient 
beaucoup de goût pour les échecs, et que les femmes 
Israélites y jouaient depuis une époque fort reculée, 
ainsi que le montre un passage de la Gemare (Reta- 
both, fol. fl)-; ce jeu s’appelait Ithkakith (voir aussi 
W'agenseil, Dcscript. Norimb., 1. I, ch. xxn, p. 108). 

Parmi les écrivains anglais qui ont parlé des 
échecs, je ne vois pas figurer dans votre livre Joseph 
Strutl, auquel on doit un livre curieux et estimé : The 
Sports U7id Pastùnes of the pcople of Englaud, Londres, 
1841 ; le IV® liv., ch. ii, renferme, p. 303-310, huit 
paragraphes relatifs aux échecs. En voici la liste : 
Choss, ils antiquity; the Morals of chess, Early chess 
play in France and England; the Chess-board; the 



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2P0 



A on EM) A. 



Pièces and their forms ; lhe Varions games of choss ; 
Ancient games similar to chess ; lhe Philosopher’s game. 

J’ai dans un de mes carions une brochure assuré- 
ment rare en France; c’est un livret de vingt-quatre 
pages, intitulé Bihliotheca Scaccariana, ou Catalorjuc des 
ouvrages sur le jeu des échecs que désire acheter la maison 
Truebner et C'®, de Londres. Un avant-propos fait con- 
naître qu’un collectionneur distingué a chargé cette 
maison de rassembler les livres indiqués sur ce cata- 
logue ; il ajoute : « De toutes les bibliographies spé- 
ciales, celle des ouvrages sur le jeu des échecs est la 
plus difficile à faire d’une façon complète. Malgré 
YEncydopédie des Echecs, publiée à Paris en 1837, et 
les trois bibliographies très-étendues publiées en 
Allemagne (Koch, Massmann, OKtlinger), il reste 
encore bien des traités sur ce jeu célèbre, tant im- 
primés que manuscrits, qui n’ont point été signalés ». 

J’ai relevé parmi ces desiderata ceux qui ne figu- 
rent point à la table des auteurs et des ouvrages qui 
accompagne l’ouvrage de Schmid ( Litteratur des 
Schachspieh) et je crois qu’afiri de compléter une bi- 
bliographie échiquinienne, il y a quelque intérêt à 
mentionner ces ouvrages restés iuaperçus du laborieux 
écrivain qui a mis à profit tous les travaux antérieurs 
à son livre. 

Voici donc celle liste rangée dans l’ordre alphabé- 
tique : 

Allamura, Billiotheca Dominicanorum, Romæ, 1677, 
în-fol. On y trouve l’ouvrage d’Ilolcot : De îudo latrun- 
culorum. 

Analekten fur PoHtik, Philosophie und Literatur, Leip- 
zig, 1787, in-8®. 



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ADDENDA. 



287 



Andrae (H. -F.), Dos Schachspiel mit histor. Bemerhin- 
gen erîæutert, Halle, 1796, in-8®. 

Anweisnncj {deutliche) zum Schachspiel (sans indica- 
tion de lieu), 1740, in-8°. 

Anzeiger {allgemciner) lüerarischer, Leipzig, 1798, 
in-4°. Le numéro 33 continue le travail d’Anton : Veber 
die Namen der Schachsteine. 

Bibliothèque universelle, Genève, 1809, t. V. 

Eckarlshausen, Aufschlusse zur Magie, Munich, 1791, 
t. 111. 

Eroerterungen {Neue) der Erkenntniss und des Yer- 
gniigens, Francfort, 1734, in-8“. 

Fabricius, Bibliotheca mediœ latinitatis; on y trouve 
l’ouvrage d’Holcot déjà mentionné. 

GenÜeman’s {the) Magazine (journal mensuel), july 
1807. 

Jacobson, Technologischcs Woerterbuch, Berlin, 1794, 

t. VIL 

Journal (Asiatic). Voir les t. VIII, IX et X (1819- 
1820), contenant l’ouvrage de Caïssa sur les échecs 
indiens; le tome XIII (1822); Essai d’analyse d’une 
défense du gambit du roi, le tome XIX (1823); Moralité 
des échecs, le t. XXIV (1827). 

Jugendzeitung (Neue),\ou J.-L. Dolz, 1820. 

Literatur und Vœlkerkunde, herausgegeben, von I.-W. 
vonArchenholz, t. III. (On y trouve une notice sur la 
machine de Kempelen). 

Magazin (fioetteng’sches) der Wissenchaft und Lite- 
ratur, tome III (une notice sur le même sujet; une 
troisième dans le Magazin {Lcipziger) zur Naturkmde, 
Mathematik, etc,, 1784. 



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388 



ADDENDA. 



Monatschrift (Deutsche), 1797, p. 271; Mémoire de 
Fischer sur l’invention des échecs. 

Monje)ihlatt fur gcbildele Slaende, 1813 et 1819. 

Philusophical Magazine and Journal, avril et juin 

18 i 0 . 

Poemata didascalia, Paris, 1769, t. II. 

Posselt, Wissenschaft. Magazin fur Aufklaerung, Kehl, 
1783 (1" cahier), Kleine Schriften, 1. 1. 

Recueil de pièces curieuses et nouvelles, La Haye, 1694, 
t. I. 

Rime degli Arcadi, Rome, 1817, t. VII. (On y trouve : 
Kmiliani, Sonetto al giuoco degli Scacchi.) 

Veber Land und Meei' (journal illustré publié à 
Stuttgart par Hacklaender; il s’y trouve un grand 
nombre de parties d’échecs figurées). 

Wallace (J.-S.-T.), Opéra mathematica, Oxford, 1699, 
2 vol. in-fol., le t. I". 

Zedler, Universal Lexicon, Leipzig, 1732-50; le 
t. X.\.\IV. 

Zeitung fur die elegante Welt, année 1816 (le n® 101), 
et année 1821. 

Il y a un point que vous avez à peine effleuré, et 
qui, ce me semble, ne manque pas d’inlérét; l’ico- 
nographie des échecs, un catalogue raisonné des es- 
tampes et tableaux représentant des parties d’échecs. 
Pressé par le temps, je me contente de vous signaler 
le tableau de M. Leleux, récemment déposé au Luxem- 
bourg, le recueil de photographies intitulé : Goethe— 
Gallerie, d’après Kaulbach; on y voit la partie d’échecs 
qui figure dans le beau drame de Goetz de Berlichin- 
gen. 

Je n’ai voulu, dans ces notes rapidement tracées, 




ADDENDA. 



289 



que vous fournir une preuve de l’intérêt plein d’at- 
tention avec lequel j’ai lu votre trôs-bon travail , 
résultat de patientes recherches , et vous prie d’a- 
gréer, etc. 



Pbilohneste Junior. 



16 octobre 1864. 



Le journal PEra, dans son numéro du 14 août 18G4, 
page 14, colonne 3, présente nn tableau complet des 
journaux anglais qui, depuis 1823, se sont occupés des 
échecs. Le premier qui leur consacra une de scs co- 
lonnes est un journal de médecine. Voici, du reste, 
textuellement cette liste curieuse : 

1. The Lancet. London. Began October 19, 1823, and 
ended with the thirteenth number of the second vo- 
lume. The Chess articles were not reprinted in the 
second édition. 

2. The Liverpool Kaleidiscope. Conducted by Egerton 
Smith, published a long sériés of Chess Problems be- 
fore 1833. 

3. Bell's Life in London and Sporting Chronicle. Began 
to publish Chess games and news January 4, 1833; 
but a regular column did not appear until October 12, 
1843. Edited by George Walker. 

4. New court Gazette. A FashionaLle Guide. London. 
From May 19, 1840, to December 3, 1840. Quite evi- 

- dently conducted by Howard Staunton. Discontinued 
« from complaints of an overdose. » 

13 






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290 



ADDENDA. 



5. The Batk and Cheltenham Gazette. Bath. From Sep- 
tember 8, 1840, toOclober21, 1846. Apparently edited 
by Elÿah Williams. 

6. The British Miscellany. 8vo. London. Only three 
numbers published. Febmary to April, 1841. Edited 
byH. Staunfon. From this periodical sprang the well- 
known Chess Player's Chronide. 

7. The Saturday Magazine. London. From January 2, 
1841, to Dec. 28, 1844. Charles Tomlinson, Editer. 

8. The lllmtrated London News. Began June 25, 1842. 
Edited by H. Slaunton since Febmary 15, 1845. 

9. The Pidoinal Times. London. Febmary 5, 1845, 
to Jan. 8, 1848. 

10. South Devon Literary Chronide. 1846 (?) 

1 1 . The Lady's Ncwspaper, with which i$ incorporated 
the Pictorial Times. London. January 15, 1848, to Oc- 
tober 25, 1851. 

12. The Gateshead Observer (at Urnes The Gateshead 
and County of Durham Observer.) From July 22, 1848, 
to February 21, 1852. 

13. The Family Friend. 12mo. London. July 1,1849, 
to October 27, 1854. Conducled by D. Harrwitz from 
January 1, 1850. Revivcd January, 1862, to April, 
1862, by J. Loewenthal. Again revived January, 1863. 

14. r/te Home Cirde. 8vo. London. July 7, 1849, to 
July 23, 1854. Apparently edited by H. C. Mott. 

15. Glasgow Citizen. 1849 (?) 

16. lllustrated Historié Times. London. 1850 (?) 

17. Hartlepool Advertiser, Shipping Gazette, andRail- 
way Time List. Novcmber 23, to December 21, 1850. 

18. West of England Conservative and Plymouth and 
Devonport Advertiser. July 23, 1851, to October 12, 




ADDENDA. 291 

1853. Western Courier prefixed to the old tille Novem- 
bcr 24, 1852. 

1 9. The Field, the Farm, the Garden : The Country 
Gentleman’ s Neiospaper. London. January 1, 1853, lo 
October 28, 1854. Elijah Williams. New sériés began 
April 24, 1858. S. S. Boden. 

20. Southern Times. 1853 (?) 

21 . Cassell’s Illustrated Family Paper. London. Began 
December31, 1853. H. C. Mott. 

22. The Era. London. Began February 19, 1854. 
J. Loewenthal. 

23. The Birmingham Mercury. March 11, 1854, to De- 
cembcrC, 185(5. 

24. The Sunday Times. London. April 28, 1857, lo 
November 6, 1859. Ernest Falkbeer. 

25. The London Journal, and Weekly Becord of Lite- 
rature, Science and Art. September25, 1858, to July,23, 
1859. George Frederick Pardon. 

2(5. Family Herald : A Domestic Magazine of Useful 
Information and Amusemmt. London. June 19, i858,to 
April 28, 18G0. J. Lœwcnthal. 

27. The Review; or, Country Gentleman’s Journal. 
London. 1858. Captain Rawdon Crawley (pseudonym ) 

28. Ipswich Exj>ress, Essex and Suffulk Mercury. Be- 
gan Oct. 19, 1858. 

29. The illustrated News of the World, and Drawing- 
room Portrait Gallery of Eminent Personages. London. 
October 30, 1858, to Septeraber 5, 1863. J. Lœwen- 
thal. 

30. Reynolds’s Miscellany of Romance, General Literor- 
tare, Science and Art. London. Decembcr 4, 1858. 

3 1 . The Norfolk News, Eastem Counties Journal, and 



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292 



ADDENDA. 



Norwich, Yamouth, and Lynn Commercial Gazette. Began 
October iîi, 1859. F. G. Rainger. 

32. The Parlour Journal : a Weekly Record of Enter- 
tainment and Instruction, adapted for Readers for ail 
âges. London. Jan. 7, 1860. 

33. The Potteries' Méchantes’ Institution Magazine. 
Hanley. 1860. 

34. The Weekly Guardian and Express. Manchester. 
1860. C. 11. Stanley. 

33. The Dial. London. January 4, 1871, to March 7, 
1863. J. Lœwenthal. 

36. The Daily Chronicle and Northern Counties Adver- 
tiser. Newcastle. 1861. C. P. Lloyd. 

37. Newcastle Daily Journal. 1801. 

38. The Irish Sporting Times. Dublin. 1861. 

39. The Drawing Room and Dilettanti Review. Lon- 
don, 1861. 

40. Belfast Weekly Post. 1861. 

41. Bristol Daily Post. 1861 to 1864. A. Holloway. 

42. Dundee Courier and Argus. July 14, 1862. G. B. 
Fraser. 

The Iluddersfleld Chronicle, and several others News- 
papers, though having no regular column, bave fre- 
quently published Chess games and news. In the co- 
lonies, the following bave, \ve believe, devoted a 
portion of their space regularly to the game : — 
Madras Athenœum: J. 

44. Madras Examiner. 

45. Bombay Gazette. 

46. Delhi Gazette. 

47. Adelaide Observer. 

48. Canadian National Magazine. 






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addenda. 



La collection des Bollandistes, dans la Vie d’Erenfrid et 
de Matilda, noua apprend que les saints ne dédaignaient 
pas de jouer aux échecs, et que Dieu lui-méme em- 
ployait ce jeu pour servir à ses vues. 

Erenfrid gagna, à la suite de trois parties d’échecs, 
la main de la sœur de l’empereur d’Allemagne 
Othon III. 



On lit dans les Adresses de la ville de Paris, par 
Abraham du Pradel (Paris, v* de Denis Nion, 1691, 
in-S, page 49) : « Les jeux d’échets et triquetracs se 
vendent chez les tablettiers du Marché-Neuf et de la 
rue des Assis. » 








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RECTIFICATIONS OU ADDITIONS A FAIRE 

AUX PAGES SUIVANTES : 

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Page 12. Le duc de Lunebourg, Aug. de Brunswick, était ué 
en 1579. Le pseudonyme de Selenus Tient du grec 
selini, lune, la première partie du mot Lune- 
bourg. 

— 38, au lieu de lord Chatam, lisez lord Chatham, 

— 60, au lieu de Rive, lisez Rives. 

— 72, au lieu de Crevena, lisez Crevenm, et au lieu de 

Antnnii, lisez Antonio. 

— 8t, au lieu de Degrand-Boulogne, lisez De Grand, de 

Boulogne. 

11 est auteur de plusieurs solutions poétiques, im- 
primées dans la Nouvelle Régence, 1863, octobre et 
décembre. 

— 89, au lieu de l'échec du berger, lisez l'invention du 

mat du berger. 

— 118, au lieu de : il s’arrête beaucoup sur le mat du Fou 

et sur celui du Cavalier, lisez du Fou et du Ca- 
valier. 

— 143, ajouter avant l’article de Henry Egmont : 

Durand (l’abbé), de Lisieux, auteur de la Stratégie 
raisonnée des ouvertures du jeu d’échecs. Paris, 
1862. lmp. Tinterlin. Savant théoricien, collabora- 
teur assidu de la Régence, 1860; de la. Nouvelle Ré- 
gence, 1861, 1862, 1863, et du Palamède français, 
1864. 

— 144, ajouter à l’article de M. Journoud ; 

... Directeur-propriétaire de laNouvelle Régence, 
de 1861 à 1863, et rédacteur en chef du Palamède 
français, en 1864. 

— 152, lire avant l’article de Bern, de Montfaucon ; 

L. Metton, de Lisieux, collaborateur de M. l’abbé 
Durand, dans la Stratégie raisonnée des ouvertures 
du jeu (Téchecs. 



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TABLE DES MATIÈRES 



Bibliographie anecdotique du jeu des échecs i. i 

Afrique \ 

Allemagne 3 

Anecdotes historiques 3 

Poésies 5 

Bibliographies spéciales 6 

Journaux spéciaux 7 

Cercles, réunions et joueurs d'échecs 7 

Célébrités de l’échiquier 

Amérique 

Anecdotes historiques 

Béunions et cercles d’échecs 

Journaux spéciaux 

Célébrités de l’échiquier 

Angleterre 

Anecdotes historiques 

Poésies 

Bibliographies spéciales 

Journaux 

Anciens clubs et réunions de joueurs d'échecs 

Clubs conlemporains en Angleterre, Irlande et Écosse. 

Célébrités de l'échiquier 

Arabes, Persans, Turcs 

Anecdotes historiques 

Poésies 

Célébrités de l’échiquier 

Belgique 

Chine et Japon 

Traités spéciaux sur les échecs 



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298 TABLE DES MATIÈRES. 

ÉCTPTE 66 

Espagne et Portdcal 69 

Journaux 69 

Célébrités de l’échiqgier , 69 

France 75 

Anecdotes historiques 75 

Poésies 76 

Bibliographies spéciales....: 93 

Ouvrages publiés en français sur le jeu des échecs.. . 95 

Cercles ét réunions 124 

Joueurs français au xtui< siècle 127 

Célébrités 127 

Grecs et Latins 164 

Anecdotes historiques 164 

Poésies 167 

Bibliographies spéciales 170 

Célébrités 171 

Hébreux 175 

Anecdotes historiques 175 

Poésies 176 

Hollande 178 

Indes 181 

Italie 187 

Bibliographies 187 

Poésies 188 

Célébrités 189 

Russie et Pologne 202 

Cercles et réunions 202 

Poésies 202 

Célébrités de l’échiquier 203 

Scandinaves 205 

Danemark 205 

Célébrités 205 

Suède et Norwége 206 

Cercles et Réunions 206 

Célébrités 206 

Islande 207 

Variétés 209 

A utomate joueur d'échecs 209 



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TABLE DES MATIÈRES. 



299 



Blason 211 

Danse 212 

Lchécophubes 215 

Échiquiers 218 

Estampes, gravures, lithographies 223 

Gamhits 227 

Guerre 229 

Jurisprudence 235 

Mathématiques 235 

Notation du jeu 237 

Origine du jeu des échecs , 239 

Pédagogie et philosophie 249 

Pièces du jeu 255 

Roi 255 

Dame ou Reine 255 

Artificiers - 256 

Tour 256 

Fou 258 

Cavalier et son Problème. . . 238 

Pion 264 

Place des pièces 265 

Politique 266 

Proverbes et Dictons 271 

Singes joueurs d’échecs 272 

Synonymie du mot échec 273 

Théâtre 274 

Addenda 277 

RectiQcations ou additions à faire aux pages suivantes. . . 295 



FIN DE LA TABLE. 



Pans, *- iiiiprinienede Pii:ei Uis aine, 5, rue des 6ra 1 1 -au^js. os. 



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